Les Peuples ne veulent pas payer pour des banquiers cupides…

LA CRISE ISLANDAISE

Le 7 mars 2010, les Islandais ont montré l’exemple en rejetant par référendum à 93% le remboursement par le contribuable islandais de la dette en ligne de la banque Icesave : 3,8 milliards d’euros. Il était tout à fait logique que les islandais n’acceptent pas de payer pour l’incompétence de banquiers qui sont à l’origine de la quasi faillite de leur pays.
La banque Icesave a été lancée par la Landsbanksi, l’une des trois principales banques islandaises pour attirer une clientèle anglaise dès 2006 et néerlandaise à partir de 2008, en leur proposant des produits à des taux de rémunération très élevés.
Avec la faillite de la Banque Lehman Brothers, les banques islandaises qui avaient dans leurs bilans un nombre considérable de créances toxiques ont provoqué l’effondrement des finances publiques de l’Islande.
Le Royaume Uni et les Pays Bas ont voulu faire payer aux simples citoyens islandais la facture de cette énorme escroquerie qui touche également les concitoyens européens dans leur ensemble.
L’Islande a été sauvée de la faillite suite à l’intervention conjuguée du FMI, des pays scandinaves et de leurs banques centrales respectives jusqu’à la Russie (La dette des trois banques islandaise représentait alors plus de 5 fois le PIB annuel du pays).
Le taux de chômage en Islande atteint 9,3 % de la population active en Février 2010. Le taux de chômage était inférieur à 2% avant Octobre 2008. Cette comparaison montre de façon édifiante que la faillite du système bancaire a entrainée toute l’économie islandaise au bord du chaos. L’Islande n’est pas pour autant sortie d’affaire et rien ne dit que son économie se relèvera un jour.
L’Islande avait demandé son adhésion à L’Union Européenne pour 2012, le résultat de ce référendum risque de retarder ou de compliquer son entrée dans la zone Euro.
La plupart des Banques Occidentales ont entrainé toute l’économie réelle dans la crise profonde que nous connaissons aujourd’hui.
Les Européens ont en marre du diktat imposé par leurs Gouvernements et les bureaucrates de Bruxelles qui voudraient leur faire supporter les errements du système financier international.
Ces mêmes Dirigeants qu’ils soient de Droite ou de Gauche ont cautionné pendant des années le capitalisme financier et quand en septembre 2008, les marchés boursiers se sont écroulés, ils ont tous dénoncé de façon hypocrite que les banquiers étaient devenus fous et qu’il fallait réformer, réguler et moraliser le système bancaire international.
En deux ans, rien n’a vraiment changé, car les banques continuent à spéculer, à créer des produits dérivés, à céder des créances toxiques devant un G20 qui reste impassible.
Les hedge funds et de grandes banques américaines cherchent à faire des profits à court terme en spéculant sans vergogne sur l’endettement des Etats, notamment ceux de la zone Euro.
Ces intervenants le font à travers des instruments financiers très complexes et des plus contestables. Ils utilisent un produit dérivé appelé Credit default Swap pour déstabiliser les pays les plus fragiles.
Les dérives sur événements de crédit ou couverture de défaillance ou en anglais credit default swap (CDS) sont des contrats de protection financière entre acheteurs et vendeurs.
L’acheteur L’acheteur de protection verse une prime ex ante annuelle calculée sur le montant notionnel de l’actif (souvent dit de référence ou sous-jacent), au vendeur de protection qui promet de compenser ex_post les pertes de l’actif de référence en cas d’événement de crédit précisé dans le contrat. C’est donc, sur le plan des flux financiers, comme un contrat d’assurance.
Il s’agit d’une transaction non-financée : sans obligation de mettre de côté des fonds pour garantir la transaction, le vendeur de protection reçoit des primes périodiques et augmente ses avoirs sans nul investissement en capital si aucun événement de crédit n’a lieu jusqu’à maturité du contrat. Dans le cas contraire, événement plus ou moins probable mais très coûteux, il est contraint de faire un paiement contingent, donc de fournir des fonds ex post. Il s’agit donc d’une exposition hors-bilan.
Les défauts de la Russie en 1998 et de l’Argentine en 2002 ont mis en évidence le manque de précision de ces contrats CDS.
Ces instruments financiers devraient être interdits ou du moins modifiés dans leur conception et ce afin d’éviter que ne se reproduisent des catastrophes financières et que les contribuables du Monde entier en fassent les frais.

LA CRISE GRECQUE

L’effondrement de la Grèce est un autre symptôme de cette économie irrationnelle qui démontre de manière éclatante que nos Gouvernants ont perdu le sens de la mesure et qu’ils ont caché à leurs concitoyens la réalité financière de leurs pays.
La Grèce s’enfonce dans la crise, car elle vient de mettre en place un plan d’austérité draconien qui risque de provoquer une récession.
Les grecs ne s’y sont pas trompés, en manifestant massivement le 10 mars 2010contre ce plan injuste et contre productif, surtout dans une période ou la croissance mondiale n’est pas au rendez vous.

Les Grecs comme les Islandais refusent de payer les pots cassés des spéculateurs qui se font de l’argent facile sur leur dos. Il est intolérable que perdurent de telles pratiques immorales, iniques et organisées par des individus cupides.
Le peuple grec a bien raison de s’opposer à ce plan d’austérité et il est en droit de demander des comptes à la classe politique qui ne peut pas se dédouaner de toutes ses responsabilités face à un système économique qui a failli.
La Crise financière de la Grèce est là pour nous rappeler que nous ne sommes pas sortis du marasme économique dans lequel nous nous trouvons.
L’Union Européenne a été déplorable avec les grecs et a démontré une nouvelle fois que l’Union était un vain mot qui n’avait plus de sens ni de réalité face aux difficultés de l’un de ses pays membres.
Il serait impensable que l’on laisse seule la Grèce résoudre ses problèmes économiques, sociaux, financiers.
Il serait injuste de lui faire supporter les dérives d’un système devenu fou et incontrôlable de part de la faute exclusive des politiques qui ont encouragé ces pratiques délétères et néfastes pour les concitoyens que nous sommes.
Pour comprendre dans quel état d’esprit se trouve la Communauté Européenne, il est bon de rappeler que les dirigeants de la zone Euro se sont contentés de déclaration de principe de solidarité avec à la Grèce, tout en précisant que c’était à la Grèce de trouver les solutions permettant de réduire ses déficits budgétaires.
Sarkozy, Merkel, Brown, Zapatero, Trichet, Junker et autres dignitaires européens voudraient donner des leçons de bonne gestion à la Grèce, alors qu’ils sont les complices d’un capitalisme dévoyé responsable de la crise actuelle.
Ces mêmes dirigeants ont soutenu contre vents et marées ce système et ils se sont contentés de déclarations démagogiques en dénonçant ses errements, sans que celles-ci ne se soient traduites dans les faits par des mesures politiques concrètes pour y remédier.
En effet ce capitalisme financier ne sert pas l’intérêt général, mais simplement une minorité de privilégiés avide de profits qui ne s’est jamais souciée des conséquences de ses actes sur le plus grand nombre de ses congénères.
La Crise grecque a révélé au grand que la construction européenne restait à faire, si nous voulons éviter que celle-ci ne se désagrège devant la passivité affligeante de ses dirigeants.
L’Europe libérale a démontré qu’elle n’était pas la solution pour juguler cette crise économique et financière sans précédent.
Il faudrait construire une Europe sur d’autres de valeurs et sur un projet de société dans laquelle la morale et l’éthique permettrait de protéger les êtres qui y vivent.
En tout état de cause, l’avenir de l’Europe se joue avec la résolution de la crise grecque.

LA CRISE EUROPEENNE

L’Europe est en crise et cela n’est pas les déclarations rassurantes de nos élites qui pourront changer le jugement que nous pouvons en avoir.
La crise grecque, encore elle, est révélatrice des règles désuètes pour ne pas dire inexistantes du traité de Maastricht, touchant au manque de liquidités l’un de ses Etats membres.
Pour finaliser une relance économique, il y a deux solutions :
-Des mesures financières internes pour soutenir l’industrie
-et des mesures protectionnistes pour protéger cette industrie.
Pour pallier, à ce manque de liquidités, dont l’origine trouve sa source dans le krach financier de 2008, les banques centrales ont crée de la monnaie en achetant des bons du trésor et parfois dans ces cas graves des créances toxiques (plan TALF américain).
Par exemple la Chine en a crée pour 1000 milliards de dollars, les USA près de 2000 milliards de dollars et l’Union Européenne de l’ordre de 200 milliards de dollars.
Une autre technique consiste pour un Etat a acheté des devises étrangères. Mais celle-ci est risquée, car elle peut fragiliser un peu plus le pays avec la variation des cours et augmenter de ce fait son endettement.
Aujourd’hui seul les Etats Unis bénéficie de cette technique sans trop de risque, car le reste du Monde finance son endettement abyssal, mais jusqu’à quand, là et la question ?
Que peut faire l’Euro dans un tel contexte de pénurie de liquidités et d’accroissement de l’endettement public?
Tous les pays de la zone euro sont en crise et leurs déficits publics ont explosé et les mesures de relance qui ont été décidées ont augmenté l’endettement de chaque Etat.
Il faudra bien un jour résorber ces déficits au risque de paralyser nos économies. Pour les résorber, les Gouvernements ont décidé de diminuer les dépenses courantes en supprimant des emplois dans les fonctions d’Etat, comme si ces mesures allaient faciliter la reprise de l’économie anémiée.
Rappelons que cette monnaie commune, entre autres conditions de création, devait être la monnaie de pays dont le déficit public annuel ne devait pas dépasser le chiffre de 3% de leur PIB (Produit Intérieur Brut) et la dette publique plus de 60% de ce même PIB.
D’ores et déjà, ces critères dits « de Maastricht » sont de facto non-respectés par la majorité des Etats membres de la zone euro, soit 16 pays sur les 27 membres de l’UE. Quant à la plupart des pays qui frappent à la porte de cette zone, leur situation financière n’est pas des plus brillantes non plus.
La Grèce, le Portugal et l’Espagne connaissent une situation préoccupante qui touche la zone Euro et ne peut pas être traitée à la légère.
Les autres Pays de la Zone euro ne sont guères mieux lotis, excepté l’Allemagne, mais que ne veut pas contribuer financièrement à soutenir les autres pays membres en difficulté.
L’Europe est à la croisée des chemins et ne pourra pas longtemps repousser aux calendres grecques des mesures de soutien nécessaires pour éviter que les pays ne s’enfoncent un peu plus dans la crise avec toutes les répercussions sociales qui pourraient en découler.
Le plus grave dans ce contexte actuel, c’est que les politiques menées par nos Gouvernants aggravent les inégalités au lieu de les réduire. Le chômage, la précarité et la pauvreté augmentent dans toute la zone euro et les budgets sociaux sont réduits.
Il serait nécessaire d’adopter des remèdes qui permettent de répartir de façon plus équitable les efforts qui vont être demandés aux concitoyens pour résorber ces déficits devenus trop lourds à porter, car ceux-ci ne peuvent pas être éternellement financés par des emprunts dont le coût sera supporté par les générations futures.
Il serait indispensable et vital de revoir la fiscalité de telle sorte que celle-ci soit perçue comme étant plus juste et plus supportable pour les plus faibles.
Il y a trop d’exonérations fiscales qui ne profitent pas au plus grand nombre et qui ne sont pas créatrices de richesse et donc d’emplois pour ceux qui en sont privés.
Pour toutes ces raisons, les concitoyens Européens ne peuvent être que très sceptiques face à une Europe qui ne répond pas à leurs préoccupations.
Nos concitoyens vivent l’Europe comme une institution bureaucratique très éloignée de leurs aspirations.
Nos concitoyens ont l’impression d’être dessaisi de leur destin, en subissant des lois supranationales dont ils ne voient pas pour beaucoup d’entre elles l’utilité.
Nos concitoyens ne sentent pas protégés par les effets de la crise mondiale qui les touchent de plein fouet et dont ils rendent responsables à juste titre, les politiques qui ont participé activement à la mondialisation des échanges commerciaux.
Cette mondialisation a été voulue par les libéraux au nom du libre échange, qui s’est faite sans garde fou, ni protections douanières, générant ainsi la délocalisation des productions nationales dans des pays à moindre coût.
Nous assistons aujourd’hui, à cause de la crise dont nous ne sommes pas les responsables, mais simplement les victimes, à des restrictions budgétaires qui pénalisent les plus démunis.
Il est grand temps que les concitoyens de la zone Euro réagissent de manière à faire entendre leurs voix face à l’arrogance de leurs Gouvernants, sinon la situation déjà catastrophique ne fera qu’empirer.
Il ne faudra pas compter sur les USA pour changer un système libéral qu’ils veulent maintenir à tout prix.
Fabrice LETAILLEUR
Voir son site : http://lebloglaicdechamps.over-blog.com

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