Les peuples sortiront-ils de leur subjugation pour les beaux parleurs ?

Voilà ce qu’écrit, avec une bien grande naïveté car ignorant toute l’horreur du personnage, dans un vieux livre intitulé « Monuments arabes, persans et turcs », un certain Joseph-Toussaint Reinaud : « En un mot, son dévouement pour ses amis, sa douceur envers ses inférieurs, et la supériorité de son esprit, avaient inspiré un tel enthousiasme à ses disciples que lorsqu’il se purifiait, ils enlevaient l’eau qui avait lavé ses souillures, et la buvaient ; lorsqu’il crachait, ils avalaient sa salive ; lorsqu’il se coupait les cheveux, ils les ramassaient avec empressement. Ainsi, dans son dernier pélérinage à La Mecque, le prophète s’étant rasé la tête, Khaled recueillit les cheveux de Mahomet, et les porta toujours à son turban, les regardant comme les plus sûrs garants de ses victoires ». On ose espérer que lorsqu’il déféquait, ils ne se jetaient pas sur… ses rebuts pour s’en délecter !!!

On sait que les femmes allemandes, jeunes comme plus vieilles, mouillaient dans leurs petites culottes quand le soir, avant de s’endormir dans leurs couches toutes chaudes, elles pensaient au Führer, imaginant s’offrir à lui dans un élan irréfrénable. De même pour les Italiennes avec Mussolini. Et puis, il y a ces poètes soviétiques comme ce Rakhimov qui, le 28 août 1936, écrit dans la Pravda ce petit texte attendrissant (qui sera d’ailleurs mis en musique par le compositeur de génie ayant pour nom Serguei Prokofiev !) : « Ô grand Staline, Ô chef des peuples,/Toi qui fais naître l’homme,/Toi qui fécondes la terre,/Toi qui rajeunis les siècles,/Toi qui fais fleurir le printemps,/Toi qui fais vibrer les cordes musicales,/Toi splendeur de mon printemps,/Reflété par des milliers de cœurs ».

Aujourd’hui encore ce triste phénomène, cette maladie de la bave perdure, notamment vis-à-vis des chanteurs lors des concerts qui feraient faire n’importe quoi à leurs auditeurs. Mais il est valable pour les politiques et là, il me paraît vraiment dangereux. Je pense, dans notre camp, à la jeune et jolie Marion que certains aimeraient voir se hisser à la présidence de la République ; à Zemmour que tant de télespectateurs impatients attendent d’écouter sur CNews comme ils écouteraient le Christ ; à Onfray dont des milliers attendent la parution du premier exemplaire de son magazine Front populaire. Et j’en passe.

Tous ces gens se placent dans la préservation du système. Ils ne recherchent que la satisfaction de leur ego en utilisant les médias. Et ce qu’ils préconisent est du vent car ils croient ainsi sauver un corps qui va mourir dans l’instant qui va venir. Cela saute pourtant aux yeux. Bref, c’est fou comme la subjugation conduit à la naïveté, à l’infantilisation et surtout à la bêtise. Là est la dangerosité car elle fait de nous des immatures, des gens qui font l’impasse de la réflexion puisqu’ils se donnent – comme des moutons – corps et âmes pour des femmes et des hommes qu’ils prennent pour des dieux mais qui n’en sont pas, des femmes et des hommes qui ont du baratin, du bagou, rien de plus, des camelots de mots en quelque sorte qui font de nous des suiveurs qui ont fait fi de leur esprit. Tous ces gens nous hypnotisent et nous empêchent ainsi, par leurs artifices trompeurs, de réfléchir à une voie salvatrice.

Il faut absolument relire « Psychologie des foules » de Gustave le Bon et surtout « Discours de la servitude volontaire » écrit par un génie qui n’avait que 16 ans, Étienne de la Boétie. Ce siècle doit être (enfin !) celui des gens qui posent la réflexion, l’exercice de leur propre esprit comme priorité, tout en restant ouverts bien sûr aux phrases et aux idées qu’énoncent les beaux parleurs pour pouvoir ensuite les analyser… sans la béatitude des idiots. Bref, comme le disait Montaigne et sans être obligé de voyager, il faut « frotter sa cervelle contre celle d’aultruy », en un mot, être mature, ne pas être un petit toutou qui se tient tout de suite sur deux pattes à la voix de son maître car le maître… doit être avant tout chacun de nous. Il en va de notre avenir. Ne nous laissons pas emberlificoter !

Philippe Arnon

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12 Commentaires

  1. Cher Philippe Arnon, demander à la populace, celle qui se prosterne devant l’Âne Nouna de service, ou les musulmerde, demander à ces pleutres du vivre ensemble, de lire La Boëtie, ou Gustave Le Bon, ce n’est pas gagné d’avance …

  2. « Bref, c’est fou comme la subjugation conduit à la naïveté, à l’infantilisation et surtout à la bêtise ». C’est exactement ce à quoi je pense en lisant les tweets de Trump !

    À part les culottes des Allemandes malmenées, bon article avec conclusion nietzschéenne.

  3. Le texte correspond plutôt aux lécheurs de cul ou fellateurs de macrouille et de soros le reptilien entre autres

  4. Je confirme Psychologie des Foules est un classique et j’ajoute dans un autre domaine: Utopie de Thomas More.

  5. Beau parleur Macron? Oui! mais un éternel monologue ne peut cacher longtemps son mépris du Peuple Français, sa collaboration affichée avec la finance mondiale.
    En 2 ans il a détruit le droit du » travail de la Famille, de la Patrie ». Un militant mondialiste de droite ultra libérale pire que Pétain qui avait imposé ces 3  » valeurs » !
    Macron n’est pas De Gaulle et il n’a jamais songé à replacer au fronton des mairies le Patriotisme national, la Laïcité, la Liberté et l’égalité, non!
    Son mondialisme multiculturel, c’est où tout se vend et s ‘achète sans frontières.
    Imposer un monde tribal, avec des communautaristes ultra violents et anarchiques qui pratiquent la guerre civile.
    Leurs rituels obscurantistes et comportementaux sont devenus la « loi du nombre » contre la Loi Républicaine.

  6. Depuis des années je me demande “qu’est ce qui nous arrive?” Je viens de trouver la réponse : Lors des Protocoles de Barcelone qui vendaient l’Europe aux Arabo-musulmans pour du pétrole et avec les accords suivants pour l’immigration avec l’Afrique, nos dirigeants n’ont pas compris ce qu’ils nous préparaient. Aujourd’hui tout le monde sait que nous sommes dans la merde, mais personne n’ose bouger car personne ne veut être l’étincelle qui met le feu à la guerre religio-raciste. Alors les autorités poussent le peuple à l’exaspération pour que ce soit le peuple qui se soulève puisque les gouvernements n’est ont pas le courage.

  7. La capacité d’ admiration est une qualité et une nécessité car « nous sommes comme des nains assis sur les épaules de géants « que cela soit en philosophie,politique, musique, peinture,littérature,sciences, sport,etc,….Il en va des géants qui nous subjuguent comme du cholestérole il y a du mauvais et il y en a du bon .
    Dans le « mauvais » y a du monde dont Staline et Mahomet que vous citez.Dans le « bon » y a beaucoup de monde aussi à qui par contre on peut être reconnaissant : Kant,De Vinci,Bach,Mozart,Balzac,Proust,etc,…Chacun a sa liste de ces têtes qui dépassent et qui rendent notre vie plus belles par les oeuvres ou leurs découvertes.Il y a même des degrés chez les géants , si on descend quelques marches j’ avoue avoir été éblouie aux concerts de Lou Reed, David Bowie,Bob Dylan.

  8. léopold sedhar sengor a écrit qu’un peiple colonisé le mérite

  9. non le troupeau humain aura toujours besoin de chefs corrompus ou non.
    il préfèrera toujours un corrompu qu’il connait, à un honnête et vigoureux inconnu.

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