Les politicards se recyclent dans le journalisme de propagande

Publié le 1 septembre 2017 - par - 23 commentaires - 1 799 vues
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Ça tousse dans le landernau des Lousteau* : Macron et les magnats de l’info embauchent des chroniqueurs à la pelle. La gâche est bonne, pas même besoin d’être journaliste, la carte de presse est distribuée à la grataille, mais y’en aura pas pour tout le monde. Faut dire que le vivier journalistique à plat-ventre est tel que les pontes à Macron ne pouvaient que marcher dessus. Pour ne pas dire s’asseoir.

Trois articles essentiels ont paru dès l’annonce de l’irruption prochaine sous les projecteurs de politiciens-chroniqueurs accessoirement journalistes 

Le premier a un sous-titre alléchant, mais globalement il déçoit, même s’il assène quelques vérités : « Le rapport entre les politiques et les médias ne sera plus incestueux : il va devenir fusionnel » ; « Les politiques dans les médias : une triste cohérence », par Philippe Bilger.

« Le rapport entre les politiques et les media ne sera plus incestueux. Transparent et fusionnel, il va devenir légitime.

Il n’y a pas de quoi s’indigner ou s’étonner de voir ce mercato « politique » qui, selon des modalités diverses, va conduire un certain nombre de personnalités à un emploi ou à des interventions régulières dans l’espace médiatique (Le Monde).

Pour elles, à vrai dire, ce sera la continuation de la politique et de l’affirmation partisane mais par d’autres moyens.

« Il y a chroniqueur et chroniqueur… »  https://www.contrepoints.org/2017/08/30/297762-politiques-media-triste-coherence

Le deuxième ouvre carrément la boîte à gifles. Il est signé de Éric Verhaeghe : « Bruno Roger-Petit, ou la presse subventionnée jusqu’à l’écœurement.

Durant la campagne électorale, tous ceux qui ont osé interroger ouvertement les relations de subordination malsaine entre Emmanuel Macron et la presse subventionnée ont fait l’expérience du bannissement. Pourtant, l’entourage de celui qui est devenu Président n’a pas ménagé les pressions outrancières vis-à-vis de tout ce qui ne se montrait pas complaisant à l’égard de leur candidat.

Il n’aura pas fallu trois mois pour que les pots aux roses apparaissent. L’un des éditorialistes les plus courtisans envers le candidat Macron vient d’être nommé porte-parole de l’Élysée.

Cette collusion était bien connue avant même l’élection du Président. Mais il était de fait impossible de l’aborder publiquement sauf à passer pour complotiste, ou fasciste, ou je ne sais quoi de peu enviable.

Étrange destin d’un pays où le déni des évidences atteint parfois des paroxysmes de fièvre paranoïaque.

Challenges, l’un des titres les plus subventionnés au numéro… »

Et ça tombe comme à Gravelotte : « La presse subventionnée est ennuyeuse, convenue, courtisane, consensuelle. Elle se croit sérieuse. Mais elle est si rasoir que personne ne l’achète. Sans subvention, elle est condamnée à mourir.

Plus elle est subventionnée, moins elle fait d’efforts pour répondre aux attentes de ses lecteurs, et plus elle est rasoir.

Par un étrange retournement des valeurs, ceux qui ennuient leurs lecteurs et survivent grâce aux subventions du pouvoir se présentent volontiers comme les garants de l’indépendance et de l’objectivité face aux mécréants du Net qui seraient partisans et peu crédibles. Cette inversion des valeurs vient d’être mise en lumière avec férocité par la nomination de Bruno Roger-Petit.

En réalité, la prétendue impartialité de la presse subventionnée est désormais bien expliquée aux Français. Répétons-le : la presse « institutionnelle » est à la solde de ses financeurs, même si elle cherche à la faire oublier par des leçons quotidiennes de bien-pensance.

La collusion systémique entre la presse et le pouvoir…  Bruno Roger-Petit donne un bel exemple de fabrique du consentement en démocratie libérale, telle que Noam Chomsky l’a astucieusement démontrée. La campagne pour les présidentielles a permis de vérifier le rôle des médias dans la mise en place progressive d’un consensus autour d’une candidature jugée comme seule « démocratique » https://www.contrepoints.org/2017/08/31/297780-bruno-roger-petit-presse-subventionnee-jusqua-lecoeurement

Troisième article, H16 porte l’estocade :  « Journalistes politiciens et politiciens chroniqueurs : la porosité néfaste

Ces dernières semaines s’est illustrée une tendance, déjà présente mais qui grossit à vue d’œil : la reconversion feutrée et rapide de certains ténors de la politique dans la chronique journalistique, à tel point que le paysage audiovisuel français commence à ressembler à une maison de retraite pour politiciens.

On se souvient ainsi de Roselyne Bachelot qui, après avoir démontré toute l’ampleur de sa cuistrerie au ministère de la Santé… »

C’est pas fini : « Dans la même veine, Laurence Parisot nous a fait bénéficier de son robinet à platitudes lorsqu’elle s’est commise comme chroniqueuse sur les plateaux de RTL et d’Europe1.

Mais avec l’arrivée au pouvoir de Macron et de toute sa nouvelle garde de trottineurs, c’est un véritable tsunami de politiciens désœuvrés qui se retrouvent à suivre le même parcours que ces deux exemples précédents.

Et c’est finalement sans grande surprise qu’on apprend qu’Orélifilipeti, l’onomatopée un moment en charge de la Culture, se retrouve à chroniquer sur RTL, bientôt rejointe par Gaspard Panzer Gantzer, le petit futé en charge de l’extraordinaire communication de François Hollande. Henri Guaino, démis de son mandat par « des électeurs à vomir », nous assommera d’un billet quotidien sur Sud Radio. Autre député sorti en juin, l’ex député PS de Seine-et-Marne Rihan Cypel va officier sur Nova. Julien Dray, lui, interviendra sur LCI, probablement pas pour parler de montres ou de cartes de crédits pendant que Raquel Garrido, porte-parlote de la France Mélenchoumise, devient chroniqueuse sur C8, sans oublier Jean-Pierre Raffarin qui sera sur France 2 le dimanche soir pour nous jouer un petit air de flûtiau certainement palpitant.

Quel déferlement ! Encore peut-on s’estimer heureux d’avoir su éviter la présence de la Reine des Neiges, Ségolène Royal, qui se voyait bien devenir chroniqueuse politique mais que les radios ou les télés se sont fort judicieusement empressées de ne pas contacter. Golène et les Glaçons devra se contenter de son job d’ambassadrice. Ouf. »

Porteurs du label certifié Engraissés à l’Argent Public  « on va donc avoir droit à un déferlement continu de leurs pensées profondes, à un véritable Niagara ininterrompu de leurs petites phrases, de leurs opinions, ou pire, de leurs conseils à la télé, à la radio et dans certains journaux trop complaisants… alors que ces gens n’ont jamais été foutus ni de diriger correctement leurs cabinets en particulier, ni la France en général (il suffit pour s’en convaincre de voir l’état dans lequel la France a été rendue après 5 ans de Sarkozy puis 5 ans de Hollande en double-coup dur), et que leurs avis, opinions et conseils ont été largement proférés urbi & orbi.

Et au-delà de cette triste perspective, force est de constater qu’un paquet de ces politiciens, dont on croyait s’être débarrassés à la faveur des dernières élections, va donc continuer de téter aux mamelles bien trop nourricières des contribuables… cette vague de politiciens débarquant dans les officines journalistiques montre à quel point est grande la porosité entre le monde médiatique et le monde politique » https://www.contrepoints.org/2017/08/30/297736-journalistes-politiciens-porosite-nefaste

Que les braves de la profession, s’il en reste, montent au créneau et redorent le blason. Sinon ne nous gonflez plus avec Londres et Hemingway.

Albert Londres affirmait : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie« . Disons plus simplement aujourd’hui : informer, sans déformer. On a souvent été loin du compte par le passé, mais cette décennie, on n’y est plus du tout. La faute à qui ? A d’abord trop de professionnels soumis au pouvoir politique via l’abondance des subventions, l’autocensure de beaucoup trop d’autres et à un public qui a renoncé à l’exigence d’être correctement informé.

« Ils et elles sont légion à sévir sur les antennes de radio et dans les studios de télévision. Qui sont-ils ? un ramassis de commissaires-politiques déguisés en journalistes. Ils sont la tare et la honte de la profession. Et l’immense majorité est au service public, grassement payée à 8000 € minimum par mois (+ les avantages de la profession) pour associer propagande, mass media et abrutissements des masses… » http://ripostelaique.com/les-peuples-vomissent-les-media-officiels.html

 

http://ripostelaique.com/bernard-de-la-villardiere-replique-a-la-meute-des-journaleux-lyncheurs.html

http://ripostelaique.com/licenciements-a-lobs-trop-chers-trop-nombreux-mauvais.html

http://ripostelaique.com/pourquoi-le-monde-sacharne-sur-rl-et-breizh-info.html

Alors, tenants des chartes du journaliste, principalement encartés doublement, DEBOUT! dans la reconnaissance de vos pigistes pisseurs de copie sans réel statut et sans voix au chapitre.

Déclaration des devoirs et des droits des journalistes   http://www.snj.fr/content/déclaration-des-devoirs-et-des-droits-des-journalistes

* La Comédie humaine, Honoré de Balzac.

Jacques CHASSAING

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23 réponses à “Les politicards se recyclent dans le journalisme de propagande”

  1. Yves ESSYLU dit :

    C’est vrai que quand on voit pérorer la bouffonne bachelot et le poussah raffarin, on se dit que la manipulation marxiste des esprits se poursuit allègrement

  2. Simone GUTIERREZ. dit :

    Le grand problème de toute oligarchie et de son Ministère de la Propagande c’ est de faire accepter par l’ opinion des concepts dont elle ne veut majoritairement PAS . Mohammed Macron et ses serviteurs de l’ anti France n’ échappent pas à la règle .
    Exemples , en France , 75% des citoyens ont une mauvaise opinion de l’ islam . Donc , comment le leur faire accepter ?
    En France , on compte au moins 6 000 000 de chômeurs réels , sans parler des travailleurs pauvres . Comment expliquer alors aux gens la politique immigrationniste du gouvernement ?
    Tout cela est très difficile , bien sûr , et les medias de propagande font de louables efforts pour satisfaire leur Maître . N’ est-ce pas BRP ?

  3. JILL dit :

    Ils sont sous la coupe du ministère de la vérité …

  4. dufaitrez dit :

    Je rigole !!! Vous vous étonnez ?
    Vous avez pourtant vécu la Résistible Ascension d’Arturo Macron !
    Vous avez vu le Mercato audiovisuel ? La Gauche aux micros !
    Bruno-Petit n’est qu’une modeste cerise sur le gâteau….
    Le dernier cran de la ceinture du Silence !

  5. Carole dit :

    Des parasites dont on n’a que trop vu le vilain museau et trop entendu les flagrantes contrevérités. Des charançons venus grignoter et saper les fondements de la maison France.

  6. aziliz dit :

    C’est totalement clair et vrai. Je n’ai plus aucun abonnement journaleux. Le dernier « Valeurs Actuelles » est aussi passé aux oubliettes.

  7. Chantal dit :

    bon article clair bien argumenté et tellement vrai sur la connivence avérée entre les journalistes et politiques

  8. Grandzebre dit :

    Voilà maintenant M BRP Ministre de la Propagande et de l’information Populaire… On ne va pas tarder à livrer aux « flammes purificatrices » les livres et journaux « malpensants »… Heureusement, un site internet est incombustible;-)

  9. madeleine dit :

    Et que dire des toujours mêmes potiches journalistes soi-disant experts qui squattent sans honte et sans gêne des émissions comme C dans l’air ? Ces girouettes tournent au gré des élections. Ils encensaient Hollande sous son quinquennat. A présent ils le critiquent pour cirer les bottes du petit Napoléon du pauvre….

    • Simone GUTIERREZ. dit :

      Chère Madeleine , si nous voyons toujours les mêmes , c’ est parce que ceux dont la pensée n’ est pas conforme au dogme de l’ oligarchie ne sont pas invités !
      Eric Zemmour l’ est parfois à cause de sa notoriété et des 500 000 lecteurs de son livre  » le Suicide Français  » , parfois Natacha Polony ou Gilbert Collard tous deux fort talentueux , sinon, vous voyez les sempiternelles potiches  » débattre  » alors que tout le monde est du même avis .
      Quand on constate que le pédophile Cohn Bendit anime toujours une chronique sur Europe 1 , vous comprenez que tout vous est pardonné quand vous êtes dans le camp du bien ….
      Imaginez un peu si Eric Zemmour avait été soupçonné de ce genre de perversion !?!?!?
      Pour Cohn Bendit , ça passe , car il a appelé à voter Macron .

  10. madeleine dit :

    Bravo Jacques Chassing. Comme toujours article fouillé et courageux.

  11. Joël dit :

    Très bel article! Clair concis et exigent avec une pointe subtile d’humour!

  12. JILL dit :

    Vous exagérez M.Chassaing ;pour intégrer la presse il faut avoir réussi l’examen de collabo,ou avoir fait ses preuves dans la spécialité …il faut montrer patte islamique .

    • lepelblanc dit :

      D’accord « JILL » mais heureusement il y a des journalistes courageux comme Mr Chassaing et d’autres qui n’ont pas peur des représailles tous azimuts. L’école des journalistes est comme celle des enseignants: que des picouzes idéologiques soviétiques. C’est pour ça que nous sommes dans la merde!

  13. Simone GUTIERREZ. dit :

    Ne perdons jamais de vue que la religion officielle est servie par des grands prêtres comme Roger-Petit , lequel se réjouit en anticipant la future élection d’ un président de la République Française magrhébin ; ou par cette drôle de petite chose jupitero-élyséenne qui affirme , entre autre ,  » ne jamais avoir rencontré l’ art français ou la culture française  » .

  14. sleazy dit :

    Le problème avec la presse a toujours existé mais a pris de l’ampleur. Un journaliste est à la fois un informateur qui parle de faits divers politiques ou autres mais en même temps ( fameuse formule de Macron) a des opinions personnelles bien définies. Il lui faut trouver un équilibre entre ce qu’il DOIT dire et ce qu’il DOIT penser.
    Heureusement qu’Internet ouvre la voie à de multiples chroniques, les unes quasiment inconnues, d’autres plus populaires qui apportent des opinions différentes des officielles. C’est le cas de ce site et aussi d’un blog comme
    http://sleazy-caricatures.over-blog.com/
    2017/08/nouveaux-chiens-de-garde.

  15. Chantal dit :

    I-Média n°165 : Bruno Roger-Petit, le journaliste lèche-bottes à l’Elysée (TV LIBERTES)
    (VIDEO)

    Une émission présentée par Jean Yves Le Gallou et Hervé Grandchamp
    Bruno Roger Petit : Le journaliste lèche-bottes à l’Elysée.
    Les journaliste Bruno Roger Petit nommé porte-parole de la présidence de la république, une récompense pour l’éditorialiste lèche-bottes. Portrait d’un ex journaliste de « qualité » roulant pour la censure et le sectarisme.

    https://www.tvlibertes.com/2017/09/01/18850/bruno-roger-petit-journaliste-leche-bottes

  16. Brouillon dit :

    Bel article. Avec les politicards dans les médias, l’information qui n’était pas brillante, va tout droit au caniveau.

  17. Sans dents & rien dit :

    Peut-on penser qu’ils ont changé de trottoir ?

  18. Bruno dit :

    « un public qui a renoncé à l’exigence d’être correctement informé »

    Ha tiens, une dépêche sur Nova : Un immeuble vient de s’effondrer à Calcuta. Information exacte, j’ai vérifié. Encore des morts, une dizaine ! A côté de ça… Mes tracas quotidiens, mais quelle importance ?

    Les Français se plaignent tout le temps pour rien :-)

  19. Spipou dit :

    « Sinon ne nous gonflez plus avec Londres et Hemingway. »

    Vous savez, je ne mettrais pas du tout les deux sur le même plan… Albert Londres était un grand journaliste, Hemingway était un grand écrivain, une grande plume (je ne pense pas au rasoir Le vieil homme et la mer, mais à des nouvelles comme celles de Men without women), mais si l’on se penche sérieusement sur sa biographie et toutes les anecdotes qui circulent à son sujet, comme journaliste, chez lui, le ver était déjà dans le fruit. A mon humble avis, du moins.

  20. Bartabac dit :

    Les « journalistes » passent leur temps à se victimiser en se demandant ce qu’ils ont bien pu faire pour que leur profession soit aussi détestée par les gens, la réponse est très simple, et tout le monde la connait: les « journalistes » sont en réalité des militants politiques qui abusent en toute illégalité de leur fonction pour répandre des mensonges, notamment sur les opposants politiques (bonjour « l’affaire » Fillon).
    Mais au fond, je crois que les « journalistes » ont tellement pratiqué le mensonge depuis des années, qu’ils ont fini par se convaincre que c’était la vérité.
    La liberté de la presse n’a jamais été la liberté d’écrire ce qu’on veut, mais la liberté d’informer les gens, et cette information, c’est UNIQUEMENT la transmission de l’information, telle qu’elle a été récoltée.

  21. Jon-Erik Harper dit :

    Ça sera sans moi. Que l’on engage Pierre Cassen ou Christine Tasin, là je deviendrai très réceptif et un grand fidèle.