Les primaires socialistes : une machine à perdre pour l’élection présidentielle de 2012 ?

L’affaire DSK laisse KO debout les socialistes qui pensaient que les primaires seraient une simple formalité pour choisir leur candidat à l’élection présidentielle de 2012.
Ces primaires sont en réalité un aveu de faiblesse des socialistes qui fait penser à un déficit de démocratie d’un parti incapable de dégager en son sein un leader incontestable à même d’affronter un Sarkozy , pourtant affaibli, du fait de ses promesses non tenues ,de sa légèreté et de sa vulgarité dans l’exercice de la fonction présidentielle .
Le candidat naturel des socialistes DSK étant éliminé, les éléphants du PS vont se déchirer et montrer au peuple de Gauche, une image pitoyable d’un parti qui n’a pas su se régénérer et n’a pas su se remettre en cause pour offrir une alternative crédible à un candidat président Nicolas Sarkozy, devenu pourtant très impopulaire parmi les électeurs de droite et de gauche.
Les Français sont lassés et dépités face à une classe politique de moins en moins crédible à leurs yeux, pour les sortir du marasme économique dans lequel les élites de droite et de gauche les ont conduits.
François Hollande remplace désormais Dominique Strauss-Kahn comme favori des primaires socialistes (33%), avec 10 points d’avance sur Martine Aubry (23%) et 13 sur Ségolène Royal (20%), selon le sondage CSA publié le mercredi 18 mai dernier.

François Hollande nouveau favori des sondages serait devenu le candidat à abattre au sein du Parti qui préparerait une candidature de Martine Aubry, avec le soutien de Hamon, de Fabius, de Delanoé et de certains strauss-khaniens pour l’empêcher de remporter ces primaires.
Il règne au sein du parti socialiste un climat délétère si l’on se réfère aux déclarations de Laurent Fabius et de ses amis :
« Franchement, vous imaginez Hollande président de la République? On rêve! » : la petite phrase de l’ancien Premier ministre lors d’une rencontre avec des étudiants de Toulouse a provoqué la fureur du camp Hollande. « Entre eux, c’est comme chien et chat », confie un député fabiusien. Principal reproche fait à l’ex-premier secrétaire : avoir délaissé le travail intellectuel du PS. « J’ai vécu l’ère Hollande, j’ai vécu l’ère Aubry : entre les deux, il n’y a pas photo », relève le député fabiusien François Loncle. »
Les autres courants ne sont pas en reste pour fusiller le soldat Hollande.
Martine Aubry aurait dit qu’elle ferait tout pour que Hollande ne soit pas le candidat des socialistes pour 2012.
On reprocherait à Hollande son manque de charisme, son inexpérience ministérielle etc…
Nous assistons à une répétition de ce qui s’était passé pour Ségolène Royal, lors de l’élection de 2007 ou celle-avait été lâchée par l’appareil du PS qui explique en partie sa défaite face à Nicolas Sarkozy qui avait un parti entièrement soudé derrière son candidat.
Lors de l’émission C Politique du 29 mai 2011 François Hollande a assuré que les Français ayant « cotisé 41 années doivent pouvoir partir à 60 ans (…) avec une retraite à taux plein », mais que ceux qui n’ont pas ces 41 années de cotisation n’auront « pas le taux plein ».
« Ce qui est écrit (dans le programme PS) et que je défendrai est que ceux qui ont cotisé 41 ans doivent pouvoir partir à 60 ans avec une retraite à taux plein », a-t-il affirmé sur France 5, alors que le gouvernement a reporté l’âge de départ à la retraite à 62 ans.
« Vous aurez le droit de partir à 60 ans. Vous n’aurez pas le taux plein si vous n’avez pas fait vos 41 années de cotisation », a assuré le député de Corrèze. « La variable d’ajustement, c’est la durée de cotisation », a-t-il insisté. « A l’avenir, il n’y aura plus d’âge légal de la retraite. Tout sera déterminé par rapport à la durée de cotisation », a assuré l’ancien patron du PS.
Le programme du PS, moins précis, indique: « pour les retraites, nous rétablirons l’âge légal à 60 ans » et « nous abrogerons la réforme de 2010″.
Évoquant d’autres propositions de son programme, François Hollande a abordé la création d' »un livret d’épargne dont l’affectation serait en faveur des PME ».
Par ailleurs, il préconise « que l’État ne gagne plus d’argent sur la hausse du prix de l’essence ». Chaque fois que le prix de l’essence augmente, l’État par la TVA récupère une partie de cette hausse, a-t-il rappelé. « Ce n’est pas acceptable ».
Le candidat socialiste à la primaire a assuré également qu’il fallait « sanctuariser l’Éducation nationale ». « Il n’y aura plus de suppression d’effectifs pendant cinq ans », a-t-il déclaré, refusant cependant de dire ce qu’il en serait dans d’autres secteurs de l’administration comme « les finances » ou « les services au quotidien ».
François Hollande semble déterminé à faire une campagne tournée vers les Français et compte sur le bon sens du peuple de gauche pour l’introniser comme le meilleur candidat des socialistes face à un Nicolas Sarkozy qu’il juge peut être à tort comme étant totalement rejeté par l’opinion publique.
L’opinion publique est versatile et elle peut très vite changer d’avis et se laisser influencer par les événements internationaux ou nationaux qui pourraient la conduire à choisir un candidat de rupture qui ne se trouve pas dans le camp des partis traditionnels de gouvernement que la France a connu depuis 30 ans.
Martine Aubry et François Hollande ne sont pas les meilleurs amis du monde et il est fort à parier que la dame de Lille fera tout pour contrecarrer l’ambition affichée de François Hollande et se servira de l’appareil du Parti pour contrecarrer ses ambitions pour accéder à la fonction suprême.
Il suffit de se rappeler le lamentable Congrès de Reims de Novembre 2008 pour se convaincre que les socialistes qui crient à tout bout de champ les louanges de la démocratie qu’ils ne se s’embarrassent pas de principe quand il s’agit d’éliminer un candidat qu’ils ne voulaient absolument pas à la tête du Parti.
Ségolène Royal a payé cher sa volonté de se démarquer du parti des éléphants en voulant changer le fonctionnement interne du PS qui s’est coupé de l’électorat populaire en devenant un parti de notables , bien éloigné des aspirations du peuple de France.
Il faut donc s’attendre à ce que Martine Aubry,  la communautariste et l’alliée des islamistes à Lille se lance dans la primaire socialiste, les cartes étant redistribuées après l’élimination de DSK, qui était le candidat de l’appareil et des médias.
La seule inconnue dans ces primaires reste le taux de participation des sympathisants socialistes à cette consultation soi- disant démocratique et le rôle qui y jouera Ségolène Royal qui ne semble pas avoir abandonné l’idée de remporter cette bataille de l’opinion de gauche contre ses anciens détracteurs de 2007.
Le parti socialiste n’est pas capable aujourd’hui de proposer une véritable politique de gauche, qui serait susceptible de redonner espoir aux millions de Français qui souffrent des effets désastreux de la mondialisation , d’une Europe libérale, de la financiarisation de l’économie, dont les élites de gauche ont soutenu sans vergogne les orientations néfastes qui ont permis aux entreprises de délocaliser leur production pour augmenter leurs profits au détriment des emplois nationaux.
La Gauche a-t-elle la volonté aujourd’hui de revenir sur tous ces maux qui paupérisent notre société, qui la fragilise face à la concurrence déloyale des pays émergents et au sein de la Communauté Européenne ?
La Gauche a-t-elle la volonté de rompre avec une politique élitiste, inégalitaire, inéquitable, qui a conduit les économies occidentales à la dérive en les livrant aux multinationales et aux puissants voulant gagner toujours plus sans se soucier un seul instant de la force productive des salariés qu’ils continuent à exploiter sur tous les continents ?
Les socialistes sont tellement remplis de certitude, qu’ils sont prêts à se quereller entre eux pour des ambitions personnelles dont le peuple de France serait comme à son habitude la victime et non pas l’allié indispensable pour changer vraiment notre de vie de labeur quotidienne.
La Gauche est-elle prête à défendre les valeurs républicaines et défendre la nation et sa cohésion face à un monde de plus en plus dangereux ?.
La Gauche est-elle prête à reconnaître que notre République une et indivisible est combattue par des islamistes radicaux qui veulent détruire notre unité nationale en imposant un islam politique et les préceptes d’une religion totalitaire, sexiste et ségrégationniste, aux antipodes des valeurs universalistes et des droits de l’homme ?
La Gauche est-elle prête à revenir sur une immigration non contrôlée qui engendre dans notre pays des fractures communautaristes qui portent en germe un délitement et une désagrégation d’une société d’assimilation et d’intégration que nous devrions soutenir quelques que soient nos origines au-delà de nos différences ?
La Gauche est-elle prête à se trouver au côté des femmes qui luttent pour leur émancipation et leur liberté contre des doctrines qui les oppriment et les asservissent ?
Quand on voit l’attitude pitoyable de la Gauche , lorsque celle-ci a du se positionner sur le port du voile intégral, étendard des islamistes et symbole de l’oppression la plus rétrograde que l’on puisse connaître contre la dignité de la femme, nous pouvons douter de sa sincérité et nous ne pouvons que constater avec amertume son manque flagrant de courage politique.
Quand on voit le refus de toute la gauche de soutenir la résolution parlementaire sur la laïcité présentée et adoptée seulement par l’UMP, l’on peut se poser la question de savoir qui défend réellement les valeurs de gauche dans notre pays.
Alors les primaires socialistes ne serviront à rien, si la gauche continue à fermer les yeux sur les doléances de nos concitoyens et persiste à pratiquer le déni de réalité sur des thématiques que seule Marine Le Pen ose aborder, qu’elle ne s’étonne pas qu’il puisse se reproduire aux prochaines élections présidentielles un 21 avril 2002 à l’envers.
Fabrice LETAILLEUR
Voir son blog
lebloglaicdechamps.over-blog.com

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