Les prophètes aiment les bêtes !

AbattoirAlesAutant que les choses soient claires: Je ne déteste personne puisque je n’aime que les bêtes !

J’ai dû le savoir dans le ventre de ma mère, et ce n’est pas le livre d’Anne de Loisy « Abattoirs » qui me fera changer d’avis ! Elle force les mangeurs de viande à faire enfin le lien entre l’abondance de nos rayons proprets où la bidoche a l’air d’avoir été cueillie sur les arbres, et les suppliciés auxquels, la plupart du temps, on supprime, pour des raisons de rentabilité, « l’étourdissement ou mort fulgurante », comme on l’a vu dans les abattoirs d’Alès…. Pourtant, la loi impose ce coup de grâce… sauf pour des motifs religieux, ce qui est parfaitement logique dans notre État qui se dit laïque. On nous sucre les crèches de Noël et les superstitions règnent dans les abattoirs sous le prétexte imparable que juifs et musulmans se verraient (sans rire) refuser l’entrée du paradis s’ils boulottaient un animal mort autrement que par égorgement…

animauxLe témoignage de l’auteure, atrocement courageux, illustré par les images des suppliciés écorchés et démembrés vivants par des durs à cuire qu’on va chercher dans la rue, nous ont fait rentrer, à coups de pied au culte, dans le temple de la consommation pour laquelle tout, absolument tout, est permis, malgré la nouvelle loi bisounours qui décrète que l’animal n’est plus un objet mais un être sensible…. Pourtant, la mort fulgurante après une vie que nous nous sommes acharnés à rendre indigne, toujours pour les mêmes raisons, est pour les intéressés le progrès du siècle pour lequel des gens se sont courageusement battus. Il y a encore quelques décennies, le bétail était estourbi à coups de merlin et voila que ce progrès, qui nous éloigne un peu de la préhistoire, est désormais à la carte chez nous ! Car, si on peut égorger un mouton assez vite, si le couteau s’y prête, pour une vache, un bœuf ou un cheval, c’est une autre affaire … Anne de Loisy, comme tant d’autres avant elle, est allée constater les progrès de notre société de confort, d’avaleurs d’anti-douleurs mais, étrangement, insensibles à la souffrance des autres…

« Dans un abattoir halal, j’ai assisté à une scène d’une atrocité sans nom. Le sacrificateur, qui n’avait reçu aucune formation, était particulièrement maladroit, son couteau était mal aiguisé et il tranchait le cou des pauvres bêtes comme on coupe une tranche de pain. Sous les allers et retours de son couteau, les vaches se débattaient de toutes leurs forces et s’étouffaient dans leur propre sang en poussant des mugissements de terreur et de douleur »*

Car enfin c ‘est un joli nom « Sacrificateur », dont « le savoir faire » limiterait à coup sûr les souffrances des bêtes. De toute façon, quand on est tourné vers la Mecque, c’est bien connu, on ne sent plus rien… Mais de quel savoir-faire parle-t-on ? Dans quelles écoles apprend-t-on à zigouiller les bêtes sans les faire souffrir ? Où sont elles ? Quels diplômes y obtient-on et au bout de combien d’années d’études ? Qui a un bac + 3 en abattage ? Tuer ne s’apprend que sur le tas et comme si ça ne suffisait pas, les abattoirs, de toutes obédiences, brassent des chômeurs parfois sans papiers qui se font la main en pensant à autre chose et qui ne restent jamais longtemps sur place. Certains travaillent même « à la demande » quelques heures, comme pour des ménages. Pourtant, j’ ai déniché des sourates incitant à traiter les animaux comme nous-mêmes, parce qu’ils sont nos égaux et la condamnation véhémente de celui qui s’avise de les faire souffrir…

« L’incision doit être pratiquée d’un seul mouvement, en une seule fois ». On y croit tous… pour un bœuf d’une tonne! Dire et faire ce n’est pas pareil, nous dirait le voyou à la solde de la religion qu’une caméra cachée a surpris frappant les bovins à coup de barre de fer pour les coucher au sol dans un abattoir d’Indonésie… On est loin des charitables injonctions des prophètes !

Le judaïsme, aussi, est rempli d’une compassion envers les animaux, totalement irréaliste dans le système actuel ! «Il n’y a pas de différence entre la souffrance des gens et celle des autres êtres vivants » et l’animal doit être tué « avec une coupure rapide ». La pichenette sur le museau marche pas mal aussi au pays des bisounours. En poussant le raisonnement un peu plus loin, les « sacrificateurs » qui laissent souffrir les animaux de longues minutes, jusqu’à 1/4 d’heure pour les bovins, seraient donc eux-mêmes dans le péché.

La bible, au moins, fait l’économie de toute pitié et tous les curés et bonnes sœurs du monde vous diront d’un air pénétré que « dieu préfère l’homme à l’animal et qu’il a mis ces sous-êtres à notre disposition ». «Vous régnerez sur les animaux petits et grands et leur inspirerez la plus grande crainte.» BRRRRRR… Il ne faut pas s’étonner de la tournure prise par les événements.

D’après l’OABA (Ouvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs), 50 % ne seraient pas « étourdis » mais sacrifiés vivants avec de longues minutes d’agonie ; mais dans la course au rendement, qui va remettre ça sur le tapis ? Les événements malmènent les êtres humains qui ne cèdent leur place dans l’actualité qu’avec parcimonie. En général, il est indécent de parler des bêtes. Le 15 juin 2015, pourtant, une manif contre l’abattage halal s’était amorcée à Paris, avec 1500 militants, nettement moins motivés tout de même que pour le mariage gay qui en a raflé 4000… (où va se loger la pitié?…). Désopilant phénomène de mode, puisque dans les années 70/80, seule une poignée de ringards incapable de vivre avec son temps, s’ accrochait encore à ce contrat qui tuait l’amour.

Le mariage n’était plus pour personne, comme le bougonnait Brassens, et les homosexuels n ‘en auraient pas voulu même si on le leur avait donné ! 1500 compatissants donc, triés sur le volet par les organisateurs qui, comme s’ils étaient trop nombreux, ont cru bon de sélectionner les « bons manifestants des mauvais » en renvoyant les militants du FN (seul parti sensible pourtant à cette tragédie), susurrèrent des slogans de circonstance, sur la pointe des pieds et du bout des lèvres, tremblant de rencontrer les intéressés montrés du doigt, très pointilleux sur le sujet vu qu’ils nous menacent du même traitement (la sénatrice Silvie Goy -Chavent ayant fraîchement été menacée d’égorgement par les juifs) et, pire encore, d’être flashés d’islamomachin ou d’antisémitruc, insulte qui coupe court à toutes jérémiades. Et puis plus rien, chacun est rentré chez soi, bien content d’être en un seul morceau après tant de courage ! En échange, pour calmer tout le monde, on nous a donné la tête des abattoirs d’Alès, qui, comme dans les abattages rituels, faisait, sans en avoir eu comme eux la permission, l’économie de la mort foudroyante, (escamotée partout comme le dépeint dans toute son horreur, Marie Rouanet dans son livre : « Mauvaises nouvelles pour la chair »

« Dans l’abattage traditionnel, l’étourdissement est trop léger, combien de fois ne l’ai-je vu se relever? On craint, par une décharge trop forte, de briser les os de la tête et d’en répandre dans la chair »). Une mort dans la souffrance après une vie de souffrance plus effroyable encore au nom du seul dieu qui met tout le monde d’accord : le business, suffisamment abjecte sans que l’on entraîne les animaux dans des aventures mystiques qui surenchérissent à leur malheur !

Qu’en pensez vous, vous, les vétérinaires ? Qu’il s’agisse de leur vie lamentable dont vous êtes complices, vous qui déambulez en sifflotant dans les labos ou les élevages de cauchemars, comme des employés du gaz, on ne vous entend pas beaucoup sur le sujet. Quand fermerez vous TOUS votre officine un jour entier (5 stérilisations à 300 euros et 10 détartrages à 50 euros… aie!) pour descendre dans la rue et hurler à la lune : «Ils sont nos frères, arrêtez de les faire souffrir dans vos élevages dégueulasses pour les martyriser a l’abattoir ! Nous sommes prêts à mourir pour les animaux de boucherie, qui ont droit eux aussi à l’amour et au respect! » en entamant une gréve de la faim générale qui tombera bien puisque le tiroir caisse qui vous tient lieu de cœur sera fermé.

Elisabeth Saux

* Extrait du livre « abattoirs » d’Anne de Loisy _ Editions Le Seuil

« Mauvaises nouvelles pour la chair » Marie Rouanet ed Albin Michel

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17 Commentaires

  1. Si on accorde l’autorisation aux musulmans de manger halal, ce doit être EN ACCORD AVEC LES LOIS FRANÇAISES. Si les pratiquants musulmans les refusent, ils iront manger de la viande EN DEHORS DE FRANCE. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Comment peut-on accepter officiellement que des hors-la-loi fassent la loi chez nous????

  2. Merci Elisabeth Saux : quel joli texte, quel style perfectionniste, et quel sujet important. Il faut oser dire aux éleveurs qu’ils doivent se reconvertir, ils n’ont aucun avenir, le gens ne pourront bientôt plus supporter d’être des bourreaux par procuration – sauf qui vous savez….

    Alain de Peretti ( de Vigilance Halal ) ne veut pas croire que les végétariens sont ses meilleurs alliés ( j’ai renoncé au débat par email ) – et il multiplie les erreurs stratégiques ( pensant que cibler les musulmans sans jamais s’occuper du cacher est un gage d’efficacité, à moins que l’efficacité ne soit pas son objectif réel … ) – alors qu’ils sont bien les seuls à être authentiquement sensibles au sort des animaux, mais vous en faîtes encore la preuve ici.

    L’abatage rituel est une véritable honte pour la France, qui avait tous les outils nécessaires pour s’y opposer sans débat et a fait preuve d’une lâcheté immonde – ou d’une immondice abjecte.

    • Les lois de la République s’appliquent à tous en tous temps et tous lieux du territoire de la République. Les dérogations pour des motifs religieux sont absolument intolérables dans une république laïque ! Mais c’est tellement bon en période électorale…

  3. « La bible, au moins, fait l’économie de toute pitié »
    Exact, et c’est d’ailleurs à cause des versets bibliques que les hommes, forts de leur prétendue supériorité, ont pu exterminer des espèces animales, en toute bonne conscience.
    On peut voir la différence en comparant l’attitude des Européens, pervertis par le judéo-christianisme, qui tuaient des animaux pour s’amuser, en plus de détruire des forêts, avec celle des Amérindiens, qui ne tuaient que pour s’alimenter, et respectaient la nature.
    Eux n’étaient pas corrompus par les versets bibliques !

    • @ Pivoine

      Les deux endroits de la Terre où la méga-faune a été la plus détruite – quasiment totalement éteinte – par l’arrivée de l’homme sont l’Amérique du Nord et l’Australie.

  4. IE6fLhihihi les prophètes aiment les animaux en particulier les chèvres, les poules qui leur servent d’exutoires comprenne qui pourra…..on en parle partout dailleurs

  5. Il serait temps que notre Ministre de la Santé mette de l’ordre dans tout ça, y compris avec interdiction des usines à vaches… »rentables »? peut-être, mais qui mettent sur les étals de la viande d’animaux stressés, fatigués, épuisés, qui ne broutent jamais, ne voient jamais la nature…bonjour les toxines !! bonjour notre fameuse gastronomie française!! La maltraitance des animaux n’a pas sa place dans un pays dit civilisé, et un tel Ministère nous coûte cher en salaires et « santé » pour….RIEN !

  6. La souffrance de ces animaux est absolument horrible et inacceptable.
    Primo , en France il y a une loi sur l’abattage avec étourdissement , et elle doit être appliquée. Point.
    Secundo : pourquoi parle-t-on si peu de ce que dénoncent les vétérinaires, c a d le risque pour la Santé Publique, de cet égorgement qui fait contaminer la viande par les contenu gastrique, et qui est à l’origine de ces « épidémies » de gastro entérites qui tuent , plus qu’on ne le dit, personnes âgées et enfants!!
    Un arabe m’a dit un jour que si c’était le cas les arabes seraient malades ou morts eux aussi et ce n’est pas le cas! Avez-vous déjà vu un arabe manger de la viande saignante?? NON! chez eux tout est très cuit ! C Q F D ……..!!!!!!!!!

  7. les vrais souffrance sont dans l’abattage halal pas dans le gavage des palmipèdes ou les corridas comme tentent de le faire croire des pastèques dégénérées

    • pardon???!!! le gavage , la corrida , ne sont donc pas de la torture??? les « pastèques dégénérées » savent voir, regarder, entendre …elles!

    • ZSPTQ hum vous ne devez pas connaitre la côte de boeuf grillée à la cheminée huuum un délice parsemée de thym sel et poivre un d’huile d’olive en la servant ..la petite cote d’agneau au grill, parsemée de thym sel poivre ou menthe hummm la côte de porc à la poele cuite à la graisse de canard et des pommes rissolées hummmm…

      • v5Nhy
        @pauledesbaux. Hmmmmm!!! Vous me mettez l’eau à la bouche mais je tiendrai! J’ai adoré tout ça comme vous. Vous pouvez rajouter le foie gras aussi. Mais je ne pourrai plus y prendre autant de plaisir depuis que je suis éclairée par certaines pratiques. C’est un choix mais j’ai bonne conscience. Ma démarche serait différente si j’étais sûre que les animaux destinés à la boucherie étaient abattus avec des méthodes d’étourdissement préalable. Un abattoir n’est pas un lieu de plaisir mais il est de notre devoir de minimiser la souffrance animale. Tant que ce n’est pas le cas, je boycotte.

        • Kf6V3 chère Lara, nous avons de la chance d’habiter un pays où les éleveurs choisissent leurs abattoirs leurs équarisseurs et où nous pouvons nous approvisionner je suis en Camargue et c’est chose courante, mais j’ai aussi un éleveur dans le sid ouest qui nous livre de l’excellente viande, pour laquelle nous pouvons avoir la traçabilité, quant au foie gras je le fais moi-même ainsi que mes patés et mes rillettes c’est du booulot j’en conviens mais on ne peut pas tout avoir et faire une omelette sans caésser des oeufs….profitons de ce pays de cocagne et de faire travailler les nôtres ytant que nous le pourrons allons bon appétit quand même Lara

        • GzUIQ écrivez à VIGILANCE HALLAL du docteur Alain de PERETTI il vous donnera la liste des abattoirs de confiance

      • @BALT : Poisson, fromage, œufs… Ca fait 5 ans que je ne mange plus de viande; depuis que j’ai pris conscience de la présence de viande abattue rituellement, à l’insu même des bouchers, sur leurs étals. Les récentes vidéos, abominables, tournées y compris lors d’abattages non rituels, me confirment dans mon choix. Mangez équilibré et vous n’aurez pas de carences. Je suis professionnel de santé. Je sais de quoi je parle. En plus, vous aurez meilleure conscience et ça, c’est encore plus important.

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