Les propos de Mamère, qualifiant sa suppléante de musulmane, sont colonialistes

Publié le 19 février 2010 - par

La complaisance dont bénéficie l’ineffable député-maire de Bègles, de la part des médias, montre réellement la connivence politico-médiatique qui existe entre les politiques bien-pensants, dont Mamère est une caricature, et la majorité des journalistes.

En osant affirmer, de manière mensongère qui plus est, que sa suppléante, Naïma Charaï, était musulmane et hostile à la loi contre la burqa, Noël Mamère confirme ce qu’il est : un imposteur, capable de tous les mensonges pour imposer son discours de bobo bien-pensant politiquement correct.

Voilà ce qu’il a osé dire, lors d’un débat l’opposant à Bernard Debré :

“Moi aussi, je connais des musulmans – vous n’êtes pas le seul – avec lesquels je travaille. J’ai même une suppléante dans ma circonscription qui est musulmane. Elle ne demande pas de loi, parce qu’elle dit, comme je le dis et comme nous sommes nombreux à le répéter, que cette loi sur la burqa c’est une manière de stigmatiser à la fois sa religion et elle, qui se bat pour l’émancipation des femmes…”

Naïma Charaï, la-dite suppléante, socialiste, l’a repris de volée, en contredisant publiquement son député, lui rappelant qu’elle était athée, féministe, et favorable à une loi contre la burqa.

Pour Mamère, qui rejoint totalement Le Pen sur cette question, une femme maghrébine ne peut donc être que favorable à la burqa, et croyante. Si je m’appelais Mouloud Aounit, je dirais qu’il pratique le délit de faciès.

Mais dans les faits, les propos du leader Vert sont ouvertement colonialistes. Il ne peut envisager qu’une femme d’origine maghrébine soit assez libre pour s’émanciper de la religion, et suffisamment féministe pour ne pas accepter la burqa. Cela montre, sous le couvert du discours anti-raciste bien pensant, un mépris de type colonial de l’ancien candidat à la présidentielle de 2002 pour la population arabo-musulmane.

Ce n’est pas la première fois que Mamère se fait prendre en flagrant délit de mensonge. Personne n’a oublié l’épisode parisien où il se fit prendre la main dans le sac, jurant, la main sur le coeur, n’avoir jamais pris une voiture dans Paris, et être venu à vélo, alors qu’il fut filmé descendant de taxi.

http://www.youtube.com/watch?v=EKSbbWKmnmw

Ce n’est pas non plus la première fois que Mamère montre sa complaisance avec les islamistes pro-voiles, qu’il a l’air de préférer aux femmes libres émancipées. Nous n’avons pas oublié qu’il fut le seul député à recevoir les petites soldates de l’islam, qui défendaient le voile à l’école, lors des manifestations parisiennes de février 2004.

Et nous n’avons pas davantage oublié cette scène attendrissante, montrant l’ineffable député de Bègles reçu par l’UOIF, au Bourget, en 2005, en compagnie de Saida KadaL En l’invitant, les intégristes de l’UOIF ont sans doute tenu à remercier de ses bons et loyaux services leur fidèle ami, sur qui ils ont toujours pu compter dès qu’il s’agissait d’attaquer la République laïque.

Il est par ailleurs intéressant de comparer le lynchage médiatique qu’a subi Georges Frêche, accusé de racisme pour avoir parlé de “la tronche pas trop catholique de Fabius”, avec la complaisance dont bénéficie Mamère, dont les propos sont pourtant ouvertement racistes.

Mais Mamère est ancien journaliste, et politiquement correct, lui…

Jeanne Bourdillon

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