Les racailles d’Amiens-Mulhouse-Grigny sont les petits soldats d’une contre-révolution islamiste en France

Il y a quelques jours, je donnais mon point de vue sur la réaction de Jean Luc Mélenchon, s’exprimant  au sujet des événements amiénois. Vous trouverez en annexe ce que j’en disais.

Je voudrais brièvement revenir aujourd’hui, plus précisément, sur l’autre aspect du problème, sur un aspect totalement occulté par un homme qui se réclame encore parfois du marxisme, et qui n’hésite pas à rappeler sa proximité passée avec Lev Davidovitch Bronstein (Léon Trotski).

La société reste une société divisée en classes

La lutte opposant les groupes sociaux, pour le partage de la plus-value, dans un contexte marqué par l’exacerbation de la concurrence « mondialisée » (concurrence débridée, dite « non faussée », libre et sans entrave, une concurrence déréglementée à la suite des dispositions obligatoires imposées par les bureaucraties irresponsables du FMI, de la banque mondiale et de l’union dite européenne, imposant l’affaissement des Etats), reste le fondement des contradictions sociales, même si la conscience de tout un chacun ne le perçoit pas ainsi.

Je répondais à l’ancien porte-parole électoral du Front de gauche : que les incendiaires d’Amiens n’étaient pas des « crétins ». Je lui opposais, qu’ils n’étaient que les premiers contingents de la contre-révolution.

S’ils étaient des « crétins », alors les garde-blancs de Russie étaient des crétins, les SA en Allemagne des années vingt-trente étaient des crétins, les chemises brunes et les chemises noires étaient des crétins… bref, l’épithète mélenchiste n’expliquait rien. Elle désarmait face au danger.

Les événements d’Amiens ne seront malheureusement qu’un épisode, suivi d’autres, de beaucoup d’autres. Ce sont et ce seront des actions d’intimidation et de terreur. Elles n’auront qu’une apparence de spontanéité ; elles seront, autant que cela sera possible, camouflées en réaction contre des actions policières abusives. Le schéma est classique. Il  est bien rôdé, gobé et validé chaque fois par une certaine presse et par la majorité des personnages du paysage politique et gouvernemental.

En d’autres termes, un mouvement plus vaste murit

C’est un mouvement dans la société. C’est un phénomène social et idéologique dont la base est un groupe humain que le marxisme connaît bien. Il l’a appelé le « lumpen prolétariat » (« prolétariat en haillons ») ou prolétariat déclassé.

Dans ces derniers événements (Amiens, Bouxwiller, Toulouse-le Mirail), ce prolétariat déclassé est apparu, très majoritairement, issu d’un groupe humain uni idéologiquement par la fascination pour une idéologie justifiant, sanctifiant même, son parasitisme prédateur : le salafisme et le wahhabisme.

Une organisation politique émerge

Elle ne fait pas mystère de ses objectifs. Elle a même prévenu de ses intentions, il y a quelques mois, à l’occasion d’une réunion publique dans un petit cinéma municipal de Bagnolet. Ce sont les Frères musulmans.

C’est cette organisation qui lancera la guerre commencée fin novembre 1947 après le vote des Nations-Unies, « pour libérer la terre musulmane ». C’est une organisation transnationale, dont l’objectif pratique, fixé alors, était d’achever totalement la shoah : En exterminant les Juifs d’Israël  et en « jetant à la mer » ceux qui auraient survécu aux massacres.

Pour ces gens, novembre 2005, n’aurait été qu’une « répétition générale »

Parlons maintenant de l’autre pôle social, parlons des bailleurs de fonds. Ce sont ceux qui achètent les clubs de foot, à coups de centaines et centaines de milliards. Ce sont ceux achetant à la découpe des quartiers entiers de Paris, et, par bouts ou en entier, les entreprises parmi les plus importantes ou y acquièrent des positions stratégiquement décisives.

Dans les années soixante-dix, l’attention des marxistes (les marxistes qui n’étaient pas les idéologues stipendiés des dictatures totalitaires ou des bonapartismes nationalistes du type Castro) a été retenue par le phénomène des « capitaux flottants ». Ces icebergs de la spéculation  jouaient les monnaies les unes contre les autres, nomadisaient d’une place boursière à une autre. Ils naissaient en permanence de la rente pétrolière. C’étaient les pétrodollars.

Les réponses marxistes ne furent pas très précises. Elles n’y voyaient qu’un effet de l’économie de dettes, provoquée par le caractère de plus en plus social et massif de la production et des échanges mondiaux et la stagnation des forces productives incapables d’absorber dans le procès de production ce capital en surnombre. Elles n’y voyaient qu’un avatar de la contradiction entre le caractère social de forces productives et leur mode d’appropriation privé.

Dans la réalité, c’était les grandes compagnies pétrolières anglo-américaines qui achetaient ainsi les chefs des clans de la péninsule arabique

L’accumulation colossale de cette rente, la nécessité de l’employer, en la rémunérant au maximum, poussera à recourir au procédé classique de l’investissement. Dans le même temps, le phénomène avait amené la sophistication du système boursier, avec le développement des produits dérivés et la doctrine du 15% de rendement minimum pour le retour sur investissement.

Comme en toute chose, la quantité tendait à devenir qualité

En effet, quelle que soit leur voracité individuelle, leurs désirs de consommation frénétique, les Princes (les Emirs) et la pyramide des chefs de clans ne pouvaient tout consommer personnellement. Que faire du surplus ? Le surplus croissant est devenu la « finance islamique » dont Madame Lagarde est tombée follement amoureuse.

C’est ce surplus en croissance qui s’exporte en France, se l’approprie économiquement par bouts et veut se l’approprier politiquement et globalement par la mise en œuvre de la charia

L’investissement « économique », dans ces conditions, signifiera ce que Trotski retiendra comme étant le critère fondamental de l’impérialisme moderne, l’impérialisme de la « phase ultime » du capitalisme, à savoir : l’exportation croissante du capital au-delà des frontières nationales de ses possesseurs et ses effets politiques : la soumission du pays économiquement investi.

En 2012, les Emirs qatari cherchent à s’emparer d’un secteur clé, l’aéronautique franco-allemande (AEDS).

La quantité devient la qualité

Nous ne sommes plus devant les « cheikhs » de l’aristocratie tribale bédouine jouant avec l’économie comme ils  jouèrent un temps au casino ou spéculèrent sur les monnaies.

La donne a changé

Nous sommes désormais devant une nouvelle classe capitaliste, aux ambitions classiques, aux ambitions dirigeantes immodérées, stimulées par l’ampleur de la fraction de plus-value concédée par les impérialismes américains et britanniques, combinées à la veulerie et/ou à l’aveuglement des gouvernements des pays d’investissements.

Comme ses devanciers, cet impérialisme, cette nouvelle classe d’exploiteurs, cherche à prendre politiquement pied là où il met ses pions, là où il exporte son capital, -ce capital né du partage de la plus-value d’origine pétrolière entre les Emirs et les clans et les grandes compagnies anglo-américaines prospectant, forant et extrayant « l’or noir ».

Pour revenir à Amiens, nous sommes donc confrontés à une contre-révolution qui ne fait que commencer à se déployer

Si l’on interrogeait, même avec une bonne dose de penthotal, les quelques dizaines d’incendiaires, (« cent jeunes musulmans d’Amiens », écrivent les journaux turcs, parlant à propos de ces incendies volontaires et de ces agressions, de personnes protestant contre l’oppression de l’islam en France, en agissant contre l’oppression en brûlant école et voitures de voisins), ils nieraient être des outils de cette contre-révolution dont ils n’ont pas la moindre idée.

Rien de nouveau sous le soleil : la très grosse majorité des SA et des SS n’avait pas non plus conscience d’être les outils aveugles d’un ogre totalitaire. Peu d’entre eux avait une idée précise des plats que le Führer préparait aux allemands et aux nations qui passeraient sous sa domination.

A Amiens, nous avons pu observer les balbutiements déjà audacieux de l’action de ce capital prédateur, destinée à amener en France le régime politique qui lui convient, à savoir un régime local assujetti, dont le caractère compradore sera assuré par sa dhimmisation croissante préparant une phase ultérieure. En effet, il se trouve que ce capital impérialiste possède un projet politique de type totalitaire qui lui fait investir en Lybie et ailleurs pour financer le salafisme armé.

La « guerre de religion » est devenue la classique écorce de la lutte du sommet exploiteur pour réaliser l’exploitation maximale. Les tenants de l’idéologie étant appelés à intégrer les cercles plus ou moins proches et rétribués du centre, lui assurant l’intimidation et la soumission des populations déjà conquises par l’investissement.

Ce qui déroute les personnes et les groupes qui n’ont pas jeté Marx et Trotski par la fenêtre parce qu’il y a eu Staline, Pol Pot, Walter Ulbricht, Jaruzelski, Castro, les « porteurs de valises » du FLN algériens ou les amoureux du FLN vietnamien dont la victoire provoquera le drame des centaines de milliers de « boat people », Chavez, la corruption du PT Brésilien, c’est une particularité essentielle de cette nouvelle classe d’exploiteurs exportateurs massifs de capital : cette nouvelle classe dirigeante, ce capital financier, dont la formation est différente de celui qui s’est historiquement formé en Europe, est une classe dirigeante parfaitement extérieure au pays où elle achète et triture la conscience sociale. C’est une pure classe d’exploiteurs impérialistes, au sens donné au mot par les marxistes depuis les premières décennies du 20ème siècle au sein de la seconde, de la troisième et de la Quatrième Internationale.

Cette nouvelle classe d’exploiteurs cristallise, à partir de ce nouveau capital débordant les frontières territoriales du groupe humain qui le possède (les émirats et l’Arabie wahhabite).

On comprendra mieux l’embarras de Jean-Luc Mélenchon, dénonçant « ceux qui lui font honte », si l’on n’a pas oublié : que les émirs qatari, bailleurs de fonds du nouveau lumpen prolétariat contre-révolutionnaire, furent aussi, il n’y a que quelques mois, les distributeurs de grosses libéralités, plusieurs millions d’euros destinés à faire émerger une élite sociale de la « diversité » dans ce pays.

Le gérant de ce fonds de constitution de cette élite n’était autre qu’une élue du « front de gauche » ; elle-même appartenant à cette population, au sein de laquelle les exporteurs qataris de capitaux cherchent à constituer la nouvelle élite sociale de demain, indispensable à la mise en œuvre de son projet impérialiste.

En d’autres termes, en ne réagissant alors pas, le « Front de gauche » s’était lui-même ligoté et impuissanté, face aux agissements menaçants, causes d’un grave conflit social et d’incendies dont Amiens-Bouxwiller et Toulouse-le Mirail ne sont que de premières et modestes sinistres lueurs.

Alain Rubin

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