Les racines de l’humanisme européen sont grecques, et non pas abrahamiques

Publié le 13 février 2011 - par - 3 144 vues

Dans une résolution intitulée” Islam, islamisme et islamophobie en Europe” (1), l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, élue par personne contrairement à ce que son intitulé suggère,  projette de soumettre les Européens à un lavage de cerveau :

“Les États membres devraient favoriser l’enseignement des religions, de manière à sensibiliser l’opinion publique à l’origine et aux valeurs communes du judaïsme, du christianisme et de l’islam, ainsi qu’à leur incidence sur l’humanisme européen moderne.”

On peut y lire encore:

“L’islam, le judaïsme et le christianisme – les trois religions monothéistes – partagent les mêmes racines historiques et culturelles et reconnaissent les mêmes valeurs fondamentales, notamment l’importance primordiale de la vie et de la dignité humaines, la capacité et la liberté d’exprimer ses pensées, le respect d’autrui et de la propriété d’autrui, l’importance de l’aide sociale. Ces valeurs ont trouvé un écho dans les philosophies européennes et ont été insérées dans la Convention européenne des droits de l’homme (STE n° 5).”

On reste pantois devant l’énoncé tranquille de pareils mensonges. Judaïsme, christianisme et islam se voient créditer ensemble du mérite d’avoir contribué au développement de l’humanisme européen moderne, alors que tous l’ont combattu à des degrés divers. De plus, aucune nuance n’est introduite entre eux. Dans le même temps, pas un mot n’est dit sur le siècle des lumières ni sur la pensée gréco-romaine. Les vrais pères de l’humanisme moderne sont oubliés, niés, chassés de chez eux au profit de monothéismes dont l’apport aux droits de la personne est des plus discontinus et mérite à tout le moins droit d’inventaire. Souvenons nous qu’au XIX ème siècle encore, le christianisme combattait la République et opposait droits de l’homme et droits de Dieu.

Ces trois monothéismes, dont les guerres, tant mutuelles que contre d’autres, ensanglantent l’humanité depuis qu’ils existent, savent faire cause commune pour revendiquer toute la maison ; on nous a parlé d’abord de nos “racines chrétiennes”, puis, elles devinrent  “judéo-chrétiennes”, et maintenant le pompon : nos racines seraient islamo-judéo-chrétiennes !

De quel droit veut-on modifier nos racines ? Nos ancêtres sont des Gaulois, et je n’en veux pas d’autres. Ce qu’ils nous ont peut-être légué d’humanisme, nous l’ignorons, puisque les Druides ne mettaient pas leur enseignement par écrit. Nos ancêtres spirituels dont la pensée reste accessible, ceux qui ont fait de nous les pays des droits de l’homme, étaient grecs et romains.

LES RACINES DE L’HUMANISME EUROPÉEN SONT GRECQUES

L’humanisme européen est né dans la Grèce antique. L’homme  y était la mesure de toute chose. Aucune autre civilisation ne l’a à ce point placé au centre de sa pensée. Les racines de l’humanisme européen moderne sont grecques, soit directement soit indirectement, par l’intermédiaire d’un christianisme lui-même fortement hellénisé.

En Grèce, la dignité d’être humain n’est retirée à personne, du moins dans l’art, la littérature et la philosophie. Oh ! je sais bien que, dans la vie réelle, l’esclavage existait et que l’égalité homme/femme restait à conquérir. Certes. Mais, fondamentalement, la pensée grecque ignore la notion de sous-homme, ou d’humain réduit à l’état d’animal, de démon, d’instrument passif, de force-qui-va, de champ de labour. Dans les épopées, dans les pièces de théâtre, les femmes ont chacune leur personnalité. Les déesses choisissent leurs amants (Aphrodite), ou punissent cruellement le mâle qui ose les approcher (Artémis) ; elles rendent la vie dure à leur époux adultère, fût-il roi des dieux (Héra), ou bien elles dirigent les cités et font la guerre victorieusement (Athéna).

Parmi les humains, nul n’est indigne de voir son point de vue exprimé, avec respect mais sans exclusive, par le poète : ni le père qui sacrifie sa fille (Agamemnon), ni la femme qui tue son mari (Clytemnestre), ni le fils parricide (Oedipe), ni le tyran (Créon) ni la jeune fille révoltée (Antigone), ni la femme qui a des visions (Cassandre), ni le fou (Oreste), ni l’être de sexe ambigu (Hermaphrodite), ni la prêtresse qui préside à des sacrifices humains (Iphigénie en Tauride). L’esclave peut être un dieu qui a eu des embrouilles (Apollon) ou une reine qui a eu des malheurs (Andromaque). La fille-mère pourchassée peut être la maîtresse du roi des dieux (Leto), la femme victime d’un mariage forcé devient la redoutable reine des Enfers (Perséphone). Même l’ennemi troyen est décrit comme un être humain respectable, voire sympathique (Hector, Priam, Andromaque), et une partie des dieux combat à ses côtés (Aphrodite).

L’homme grec tourne vers le ciel ses yeux et non son derrière. Se prosterner est bon pour les chiens ; l’étymologie nous le dit : en grec, “se prosterner” se dit “proskuneo”, même racine que “chien”. Eschyle nous le contait déjà dans “Les Perses” : c’est aussi pour n’avoir pas à se prosterner comme des chiens que les héros de Salamine et de Platée ont trouvé la force de mettre en échec le puissant empire perse. Pour éviter une telle offense, toute la Grèce se rassembla. Même les fachos de Sparte étaient là et bien là, au défilé des Thermopyles, quand 700 d’entre eux seulement, sous la conduite de Léonidas, se sacrifièrent pour arrêter provisoirement la grande armée perse du roi Xerxès (250 000 fantassins, 50 000 cavaliers et1 200 trirèmes), laissant au reste des Grecs le temps d’organiser la contre-attaque.

Cette mise en déroute des culs-en-l’air eut lieu près de cinq cents ans avant Jésus-Christ. La frontière gestuelle entre Europe libre et despotisme oriental était déjà tracée, et elle n’a pas bougé depuis Eschyle : un Européen ne salue pas un cacique en levrette.

Même confiné, à l’origine, dans l’imaginaire, l’humanisme grec se révéla une force invincible. Les libertés qu’il promettait mirent parfois mille ans et plus à s’incarner dans la vie réelle, mais elles finirent par y parvenir dans toutes les sociétés qui se réclamaient de l’héritage hellénique.

Quand on a reçu un tel héritage, on n’a nul besoin de s’extasier devant le supposé message d’un Abraham prêt à égorger son fils, d’un Jacob qui triche avec son frère pour lui voler son droit d’aînesse, de vieux patriarches libidineux qui couchent avec leur bru, d’un Moïse qui interdit de laisser vivre la sorcière, sans même parler du pilleur de caravane de La Mecque.

Quand a-t-il pris naissance, cet humanisme grec auquel il n’y a rien à ajouter et rien à enlever ? Les érudits en discutent, mais en gros, l’Iliade fut écrite vers 800 avant Jésus-Christ. A cette époque, Jérusalem était au mieux un village. Yahweh n’appelait pas encore à l’extermination des Cananéens, ni Allah à celle des koufars. Le génie grec et européen fut donc obligé de se débrouiller sans eux pour faire naître l’humanisme.

Pas de sous-homme chez les Grecs, mais pas non plus de surhomme parlant au nom des dieux. Pas de prophètes. Les mythes sont contés par des poètes, dans des oeuvres littéraires qui n’imposent aucun dogme et ne ferment aucune discussion. L’inspiration poétique est reconnue, mais sans faire, de l’auteur, un porte-parole des dieux ni le titulaire d’une quelconque autorité absolue.

Dans la cité grecque, les cérémonies  de la religion civique sont officielles et obligatoires ; chacun doit montrer du respect aux dieux, pour que ces derniers protègent la cité. Mais, en dehors de cela, chacun est libre de sa vie intérieure. Les dieux civiques ne s’intéressent pas à son salut individuel. Chacun peut donc le rechercher auprès de dieux spécialisés, dans les cultes à mystères, ou bien il va son chemin librement, dans la philosophie. Cette dernière discipline, plus complète qu’aujourd’hui, inclut la morale et la métaphysique, qui sont donc ouvertes au libre débat et non objet de décrets provenant des dieux ou de leurs prêtres.

Laïcité avant la lettre ?

JUDAÏSME, CHRISTIANISME ET ISLAM NE SONT PAS HUMANISTES A LA RACINE

Les trois monothéismes abrahamiques sont-ils des humanismes modernes ? La réponse sera clairement non dans le cas de l’islam, pour des raisons que chacun trouvera dans le Coran. Pour les deux autres monothéismes, elle sera plus nuancée, mais pour autant, il serait abusif de les placer à la racine de l’humanisme, au détriment des vrais pères de ce dernier.

Le judaïsme est-il un humanisme ? A la racine, c’est à dire à la lecture de l’Ancien Testament, la réponse est non. La Bible hébraïque organise une religion civique comme il y en avait tant autour de la Méditerranée. Elle ne traite que d’un contrat entre un dieu et un peuple : le dieu promet une terre au peuple ; le peuple promet obéissance au dieu. L’individu, en tant que tel, est absent des termes de l’échange. Pas une ligne du texte ne s’intéresse à son salut, pas même (ce qui pourtant ne coûte rien) pour lui promettre le bonheur dans l’au-delà. La morale est subordonnée aux intérêts du groupe. Le “Tu ne tueras pas” est contredit à chaque ligne quand il s’agit de massacrer des ennemis ou des marginaux (“Tu ne laisseras pas vivre la sorcière”). La “morale” sexuelle n’est que défense des intérêts masculins. La lapidation est courante, en particulier pour les femmes adultères mais pas seulement.

Par la suite, le judaïsme montre un potentiel d’évolution positive. Certaines de ses branches se montrent assez ouvertes à l’humanisme grec pour évoluer en christianisme. Jésus, les apôtres, Saint-Paul : autant de juifs. La période contemporaine a vu, chez certains juifs, une grande ouverture au modernisme et à la laïcité. On s’en réjouira, mais sans pour autant lui permettre d’assumer, par rapport à nous, une posture de père, de professeur ou de maître spirituel.

Le christianisme, pour sa part, est un syncrétisme. Ses racines sont à la fois juives et greco-romaines.

A l’époque où naît le christianisme, existent, tout autour du bassin méditerranéen, plusieurs cultes à mystères fondés sur le même schéma : un dieu meurt et ressuscite, et ses tribulations l’inclinent à quelque compassion vis à vis des mortels, qui s’adresseront à lui pour leur salut. Le récit de la résurrection de Jésus est une des déclinaisons de ce modèle.

Si nous acceptons l’hypothèse (et rien ne nous gêne pour la formuler, à la résurrection près) que Jésus puisse avoir existé historiquement, il aurait vécu dans le contexte multiculturel de la “Galilée des nations” ; son village de Nazareth est à quelques kilomètres de grandes villes romaines nouvellement construites (Sepphoris, Tibériade), sur les chantiers desquelles on avait, en principe, eu besoin de charpentiers.

Les Évangiles sont écrits en grec. L’esprit grec de liberté souffle dès l’origine sur le christianisme, balayant ce que l’ Ancien Testament a de pire ; refusant le formalisme et le juridisme (“Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat” ; “Ce n’est pas ce qui entre dans sa bouche qui rend l’homme impur, c’est ce qui en sort.”). Mettant fin d’une phrase sèche à un projet de  lapidation (“Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre.”).

La théologie chrétienne n’a pas ses principales racines dans l’Ancien Testament. Le néo-platonisme la marque bien plus profondément, et sur des points fondamentaux. Ainsi, même si, officiellement, le christianisme promet la résurrection des morts à la fin des temps, cette idée n’a pas été adoptée en profondeur. La plupart des chrétiens croient plutôt en une survie de l’âme immédiatement après la mort, idée qui vient de Platon et non de l’Ancien Testament. Elle est pourtant prêtée au Christ lui-même quand il s’adresse au bon larron (“Ce soir même, tu seras avec moi en paradis.”).

Présent dès l’origine du christianisme, ce caractère syncrétique se renforce encore au fil des siècles, car l’Eglise, en Europe, se développe en jouant volontairement l’ambiguïté. Elle avance masquée, christianisant des fêtes païennes, construisant ses églises sur des temples préexistants, reprenant à son compte des idées issues du monde grec et romain ; elle y ajoute des éléments populaires générés par le terroir gaulois, épaississant son masque d’une deuxième couche de paganisme. Bien malin qui dira leur origine, à tous ces saints villageois …

En tous cas, le texte biblique parait bien difficile à “vendre” à nos ancêtres.

Tout au long du Moyen-Âge, le christianisme s’écarte de plus en plus de ses sources bibliques.  Il devient véritablement européen. Certains vont jusqu’à dire que les droits de l’homme sont des valeurs chrétiennes laïcisées. Peut-être, mais on pourrait aussi faire aller la flèche dans l’autre en sens, et dire que l’humanisme grec, laïc avant la lettre sur plus d’un point, a influencé favorablement le christianisme et l’a rendu sensible aux droits de l’homme.

Vaste débat quand même … La féministe que je suis se rappelle quand même que chaque progrès dans les droits de la femme nécessita un combat contre l’Eglise. Mais je suis cependant disposée à admettre que le christianisme est complexe. Il a reçu, dans son code génétique, quelque chose de la “laïcité” et de l’humanisme de la Grèce antique,  et il le restitue parfois.

En même temps, la pensée christiano-critique est présente tout au long de l’histoire européenne, depuis l’auteur de fabliaux qui raille le moine glouton et libidineux, jusqu’à Voltaire et ses successeurs.

En réalité, nos vraies racines mentales sont gréco-romaines, on y revient toujours. Il suffit de voir comment les Européens ont nommé la période où ils ont retrouvé ces racines : la Renaissance. Ce mot dit tout. Il marque le début de l’époque moderne. Oh ! certes, à l’époque, nos ancêtres vont encore à la messe tous les dimanches, mais le Roi impose un strict gallicanisme, et l’art sacré est confiné dans les églises. Les oeuvres littéraires prennent leur source dans l’antiquité gréco-romaine, et les palais des rois se couvrent de peintures et de sculpture représentant Zeus, Athéna, Artémis. Madame de Maintenon, la favorite bigote de Louis XIV, commande bien à Racine deux tragédies bibliques (Esther et Athalie), mais la tentative est sans lendemain.

L’EUROPE EST-ELLE LA SEULE SOURCE D’HUMANISME ?

L’Europe a-t-elle tout inventé de ce qui est positif aux yeux de l’homme moderne  ? Les autres peuples ont-ils été incapables de contribuer à la naissance de l’humanisme ?

Non, bien sur.

On soulignera que la Grèce a beaucoup emprunté à la sagesse égyptienne, en reconnaissant honnêtement sa dette.

L”Egypte ancienne nous apparaît exotique par certains aspects, comme les dieux à tête animale, mais sa morale et sa conception de l’au-delà sont proches des nôtres sur plus d’un point. Déjà, le salut se démocratise au fil du temps : la vie après la mort, au départ privilège du Pharaon, devient peu à peu une promesse pour tous. L’individu existe assez pour que la religion s’intéresse à son sort. Aucun sadisme dans la description de l’au-delà : après une pesée de l’âme et un jugement, celui qui le mérite gagne un séjour heureux. Les âmes mauvaises sont dévorées et leur seul châtiment est la privation d’éternité.

Les “confession négatives” (3) des Livres des Morts nous décrivent une morale dans laquelle l’humaniste moderne se reconnaît parfaitement : “Je n’ai pas affligé. Je n’ai pas affamé. Je n’ai pas fait pleurer. Je n’ai pas tué. Je n’ai pas ordonné de tuer. Je n’ai fait de peine à personne.

Osiris (3), dieu des morts égyptiens, est le premier et le modèle de ces dieux morts et ressuscités auxquels les contemporains des premiers chrétiens aimaient confier leur salut. Victime d’un assassinat, démembré, ressuscité, reconstitué par son épouse Isis mais pas complètement, ressuscité par elle mais pour un temps seulement, c’est un dieu qui connait la souffrance, qui conserve une fragilité. C’est le roi des morts, mais c’est aussi un mort lui-même. On pourrait presque dire qu’il est sur pied d’égalité avec ceux qui comparaîtront devant lui ; en tous cas, il n’a pas, sur eux, cette supériorité indépassable que le vivant a sur le mort. Hellénisé en Sérapis (4), il connaît une popularité qui s’étend bien au delà de l’Egypte et devient un des dieux les plus aimés de son époque.

Outre cette morale et ce mythe d’Osiris (dans lequel nous reconnaissons le modèle de la mort et de la résurrection du Christ), l’Egypte nous a aussi donné une belle iconographie : l’image de la Vierge à l’enfant trouve ses racines dans celle d’Isis tenant Horus.

On le voit, nos racines spirituelles et humanistes peuvent venir d’ailleurs. Il ne s’agit pas de nier le métissage quand il a vraiment eu lieu, ni de le rejeter sans inventaire préalable.

Pour autant, nous n’avons pas à accepter qu’un bourrage de crâne ayant des motivations purement politiques vienne falsifier l’histoire et nous inventer des filiations imaginaires au profit d’un monothéisme à trois têtes qui évolue parfois positivement, mais dont les racines de violence ne sont pas entièrement coupées, et dont la brutalité peut toujours resurgir.

Les trois monothéismes n’ont cessé de se combattre depuis 2000 ans. Ils ne peuvent se supporter entre eux, et ils ne peuvent supporter non plus païens et athées. Leurs violences, tant mutuelles que dirigées vers le reste du monde, et en particulier vers les femmes, constituent une très grande part des maux de l’humanité. Ôtez mentalement de la carte du monde l’islam, Israël et le Vatican (ne l’oublions pas, celui-là ; il a joué son rôle dans l’éclatement sanglant de la Yougoslavie), et vous aurez pratiquement inventé le monde sans guerre ; vous en aurez délivré des territoires entiers, du Nigéria au Caucase, des Philippines à l’Afghanistan, du Soudan à la Thaïlande, pour ne rien dire du Proche-Orient. La contribution à l’humanisme moderne de la lapidation, des bûchers de sorcellerie, de la condamnation de Galilée, de la prétention à être “le peuple élu” ou “la meilleure communauté”, je ne la perçois définitivement pas.

Catherine Ségurane

(1) http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta10/FRES1743.htm

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_des_morts_des_Anciens_%C3%89gyptiens

(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Osiris#Le_mythe_d.27Osiris
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Serapis

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