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Les relations entre Jacob et Esaü éclairent notre époque

 Je lis avec beaucoup d’intérêt  les articles de notre server, concernant Eric Zemmour, ainsi que ceux concernant d’autres personnalités  comme Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali, Alain Minc, Barbara Lefebvre.

Qu’on les loue ou qu’on les condamne, ils ne laissent pas indifférent. L’on sait qu’ils sont tous juifs. D’une manière générale, pour beaucoup de gens, les juifs ne sont pas indifférents.

Pourquoi donc ? La réponse à cette question risquerait d’être très longue. De nombreux facteurs, théologiques et philosophiques, sociales et économiques, ont déterminé cet intérêt et ces sentiments, positifs, ou, plus souvent, négatifs.

Il se fait que le samedi 6 novembre les juifs lisaient à la synagogue un passage de l’Ancien Testament intitulé Toldot (La Genèse 25,19-28,9). L’on y lit au sujet des relations entre Jacob et Esaü, les deux frères jumeaux qui s’entre-poussaient déjà dans le ventre de leur mère Rébecca.

D’après les rabbins, Esaü serait l’ancêtre des peuples occidentaux. Jacob – qui a reçu le nom d’Israël, après avoir lutté toute une nuit avec un ange – serait l’ancêtre des Juifs. Le chapitre Toldot raconte comment Esaü vendit son droit d’ainesse à Jacob pour un plat de lentille et comment ensuite Jacob, sur l’instigation de sa mère, s’appropria par la ruse de la bénédiction que son père Isaac avait voulu donner à Esaü.

Pour en revenir à ce qui paraît dans notre server, je dirais que pour la plupart de ceux qui y écrivent, le conflit essentiel que nous vivons actuellement est le conflit opposant ceux qui veulent préserver l’identité française et ceux qui veulent la faire disparaître dans un grand ensemble mondial.

Je pense que l’être humain a un besoin naturel de s’identifier à un groupe, à une famille, à une tribu, à une nation. Tous les garçons aiment jouer aux soldats, former des bandes qui sont rivales des autres.

Ceci dit, si ce besoin est bien naturel, il faut encore pouvoir s’identifier avec un groupe. Il faut que ce groupe veuille bien admettre l’individu concerné comme l’un de ses membres. Chez les franc-maçons, à la question : « Êtes-vous maçon ? » il ne faut pas répondre : « Oui, je le suis », mais : »Oui, mes frères me reconnaissent pour tel ».

L’on peut donc se poser la question de savoir dans quelle mesure les partisans du cosmopolitisme et de la globalisation le sont par un vrai choix, ou plutôt parce qu’ils ne se sentent pas pleinement admis au sein de la collectivité qui les entoure. Encore que, bien sûr, on peut aussi se demander s’ils n’ont pas été admis parce que cette collectivité avait ses raisons de ne pas leur faire confiance.

En aucun cas, je ne crois à un universalisme authentique. Je ne crois pas qu’un Français de souche ou un Tchèque de souche puisse se sentir réellement aussi proche d’un Papou ou d’un noir d’Australie que de son compatriote blanc. Je pense qu’il y a un faux universalisme par culpabilité pour le passé colonial, ou un universalisme intéressé des entrepreneurs et des financiers, et enfin un universalisme par dépit de ceux qui ne se sentent pas vraiment admis dans la collectivité qui les entoure.

Dans un des articles récents, publiés ici, l’on dit que la situation actuelle de la France est tellement grave qu’il faut former un front le plus large possible de tous ceux qui s’opposent à l’islamisation et au « grand remplacement ». J’adhère entièrement à cette affirmation.

Le 5 novembre dernier, Mme Eva Christian a écrit ici : »Merci aux patriotes juifs de la 25ème heure. Nous saurons nous souvenir de votre silence qui a duré plus de 40 ans face à l’invasion de la France. Invasion, pour laquelle votre communauté a œuvré sans relâche. »

Quelle soit fondée ou non, cette accusation me semble contre-productive. Aujourd’hui, les juifs sont encore plus menacés par l’islamisation de la France que les chrétiens. Et ils commencent en être conscients, de même que beaucoup de juifs ont compris que le capitalisme vaut mieux que le collectivisme marxiste.

Ainsi, actuellement Raphaël Glucksmann est à Taïwan à la tête d’une délégation des députés du parlement européen, venus soutenir l’île menacée par la Chine dite populaire. Cet homme est le fils d’André Glucksmann (1937-2015), une des vedettes de mai 1968, d’abord communiste orthodoxe, puis maoïste, avant de joindre les « nouveaux philosophes », ayant pris leurs distances d’avec le marxisme.

En 2008, il écrivait : »Souvenez-vous : en 1968, Daniel Cohn-Bendit apostrophait les « crapules staliniennes », les chefs de la CGT et Aragon, à qui il demandait : »Que faisais-tu pendant les déportations et les famines organisées dans l’U.R.S.S. des années 1930 ? Tu as du sang sur tes cheveux blancs. »

L’on me rétorquera peut-être que si je suis tellement préoccupé par le communisme, c’est en fonction de mon passé. Mais que ce passé est révolu et maintenant nous avons d’autres soucis. Sans doute. Aujourd’hui le principal souci de tous les bons Français et de tous les amis sincères de la France est d’éviter le fameux « grand remplacement », ainsi que la disparition des traditions et des valeurs qui ont fait cette nation.

Ce sont, pour simplifier, d’une part les valeurs chrétiennes, d’autre part les valeurs de 1789. L’on sait que ces deux traditions ont longtemps été en conflit. Mais finalement le rapport de force entre elles s’est stabilisé. Les deux forment aujourd’hui un ensemble harmonieux. Et ensemble, elles doivent faire face aux défis que leur présente l’islamisation d’une part, le matérialisme de la société de consommation mondialisée d’autre part.

Quelle place peuvent avoir les juifs dans tout cela ? Quel rôle peuvent-ils jouer ?

Je pense d’abord qu’il y a une différence fondamentale entre les juifs qui sont croyants et pratiquants et ceux qui ne le sont pas. Les premiers devraient se sentir tenus par les principes et les commandements de leur religion.

Le judaïsme est connu comme une religion qui, contrairement au christianisme et à l’islam, ne cherche pas à convertir ceux qui ne sont pas nés juifs. Mais il n’en était pas ainsi toujours. A l’époque du Deuxième Temple notamment (VIème siècle avant J.-C. – Ier siècle après J.-C.), les juifs cherchaient à répandre leur religion. Plus tard, les chrétiens et les musulmans ne le leur permettaient pas. Finalement s’est constitué une tradition, d’après laquelle le peuple juif, composé de descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, est un peuple, élu pour maintenir la croyance en un D.-eu unique. Ses membres sont assujettis aux 613 commandements de la loi de Moïse. Les membres des autres peuples sont assujettis seulement aux sept lois de Noé (le patriarche ayant réalisé l’Arche à l’époque du Déluge). Ces sept lois noachides constituent une base de vie sociale. Et parmi elles figure en premier lieu l’interdiction de l’idolâtrie, du polythéisme.

Le rav Abraham Isaac Kook (1865-1935) a défini l’idolâtrie comme le fait de prendre une partie pour le tout. Par exemple, nous savons que la sexualité est une force importante. Les anciens Grecs se représentaient cette force sous forme d’une belle femme, nommée Aphrodite, déesse de l’amour. Et ils lui apportaient des sacrifices.

C’est quelque chose qui existe toujours. Par exemple, les Américains idolâtrent une certaine conception de la liberté. Et ils ont érigé dans le port de New York une grande statue de la Liberté qui, comme par hasard, a la forme d’une idole grecque ou romaine.

Il faut reconnaître que des juifs infidèles ont malheureusement joué souvent un rôle majeur dans l’idolâtrie. Ainsi, Sigmund Freud, en érigeant la libido en une sorte d’absolu, pratiquait en quelque sorte un culte de la déesse Aphrodite.

Une certaine conception de l’égalité a été érigée en absolu par Karl Marx et ses disciples. Et l’on a sacrifié des millions de vies humaines à cette idole-là.

Actuellement, les hassidim de Loubavitch sont les seuls qui non seulement s’efforcent de ramener les juifs assimilés à l’étude et à la pratique de la Thora, mais aussi de faire comprendre aux non-juifs l’importance des sept lois noachides.

Un chrétien me dira que c’est peut-être gentil de leur part, mais que cela ne l’intéresse pas. Il a sa propre tradition. Comme si le christianisme tout entier n’était pas issu du judaïsme ! Comme si le Nouveau Testament pouvait exister sans l’Ancien !

Je dirais encore autre chose. Les chrétiens (et même les personnes seulement d’origine chrétienne) sont trop souvent paralysés par un complexe de culpabilité. La culpabilisation de la libido (cf. par exemple Mt 19, 6-11) entraîne la culpabilisation  de la richesse (Mt 19,23-24). Les juifs ne sont pas pareillement culpabilisés, même s’ils ne sont pas pour autant nécessairement « un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », pour reprendre l’expression jadis célèbre du général De Gaulle.

L’on peut se demander si l’ascension fulgurante d’Eric Zemmour n’est pas en rapport au fait qu’il n’est pas paralysé par le sentiment de culpabilité. Ainsi il apparaît comme une figure de prou pour beaucoup de Français de souche, même pour ceux qui ont traditionnellement soutenu le Front national, puis le Rassemblement national.

Il est soutenu aussi par beaucoup de juifs. Par ceux qui comme Didier Blum se veulent avant tout Français. Mais aussi par beaucoup de ceux qui perçoivent les intérêts spécifiques de leur communauté et comprennent que même si les nationalistes d’extrême droite ne les aiment pas, ils ne sont pas aussi dangereux pour eux que les islamistes.

Quant à ceux qui soutiennent la cause nationale française, ils ne sont pas nécessairement des « patriotes de la 25ème heure », pour reprendre l’expression d’Eva Christian.

Il se fait que le dimanche 7 novembre au soir, sur la chaîne C News, Ivan Rioufol dialoguait avec Mme Bat Ye’Or. De son vrai nom Gisèle Littman-Orebi, c’est une essayiste britannique, née au Caire en 1933, dans une famille juive.

Elle dénonçait avec vigueur la politique menée par de nombreux dirigeants européens. Voulant à tout prix éviter un conflit armé avec les musulmans, ils organisent  une sorte de reddition sans combat. Ils tolèrent non seulement une immigration massive et incontrôlée, mais ils organisent une disparition progressive de nos valeurs spirituelles, culturelles et morales, pour faire la place à une conquête islamiste non-militaire.

Déjà en 1980, Mme Bat Ye’Or publia le livre »Le dhimmi : Juifs et chrétiens sous l’islam », préfacé par Jacques Ellul.

En 1991, elle publia « Les chrétientés d’Orient entre jihâd et dhimmitude :VIIe – XXe siècle. »

    En 1994, elle publia «  Juifs et chrétiens sous l’Islam : les dhimmis face au défi intégriste ».

    En 1996, elle publia « Le déclin du christianisme oriental sous l’islam : du djihad à la dhimmitude ».

En2005, elle publia « Eurabia : l’axe euro-arabe ».

Je ne cite que ses livres les plus importants. Et je crois savoir que c’est surtout grâce à elle que l’expression « dhimmi » a été adoptée par les médias français.

Eva Christian qui est une chrétienne libanaise aurait intérêt à lire les livres de Bat Ye’Or. On peut espérer que cette lecture lui rendra moins antipathique ma modeste personne et surtout Eric Zemmour.

Pour ce qui me concerne, elle devrait au moins me reconnaître que j’ai souffert pour la foi chrétienne de mon père. D’ailleurs, avant d’être un ardent sioniste, j’ai été un enfant de cœur. Je servais la messe au père Nedbal que les communistes ont condamné à 16 ans de prison pour avoir lu en chaire une lettre de l’archevêque Josef Beran. Son courage a donné le courage à mon père de refuser d’entrer au parti communiste. Et cela m’a donné le courage de quitter mon pays natal.

Je pense d’ailleurs qu’il n’y a pas une si grande rupture entre la foi de mon enfance et mes convictions actuelles. Quand je me suis fait circoncire, dans ma 33ème année, mon père m’a dit : »Au moins, tu a gardé l’Ancien Testament. » J’ai compris : » ….à la différence de ton frère qui est resté en Tchécoslovaquie, a adhéré au parti, a rejoint nos oppresseurs ».

Cette été, à Ashkelon, j’ai lu dans le « Jerusalem Post » que l’ambassadeur d’Israël à Washington avait dit : »Les principaux défenseurs d’Israël aux Etats-Unis ne sont pas les juifs américains, mais les chrétiens sionistes ».

C’est un mouvement pratiquement inexistant en France. Mais il est très répandu aux Etats-Unis et dans d’autres pays anglo-saxons, de même qu’en Corée du Sud, voire en Chine continentale, partout, où le protestantisme évangélique se répand. Ces adhérents croient que pour que la Parousie, la deuxième venue du Christ, puisse avoir lieu, il faut d’abord que le peuple juif se regroupe de nouveau dans sa Terre promise.

Pour ce qui concerne les juifs comme le grand rabbin Haïm Korsia, ou Bernard-Henri Lévy, ou le « collabo mondialiste Alain Minc «  et tant d’autres qui continuent à se fourvoyer, espérons qu’ ils finiront par ouvrir les yeux, avant qu’il ne soit trop tard.

Et rappelons leur la paracha (le chapitre)Toldot. Elle se termine en disant que les épouses cananéennes d’Esaü ont tellement déplu à ses parents que celui-ci, pour leur donner une satisfaction, a pris une troisième épouse Mahalath, fille de son oncle Ismaël.

Aussi bien les juifs que les musulmans considèrent Ismaël comme l’ancêtre des Arabes musulmans. Je me rappelle à Jérusalem, Léon Askénazi, dit Manitou, nous commentait ce passage en disant : »C’est le plus grand danger pour Israël. Une alliance éventuelle du monde musulman avec le monde occidental. » Alors j’espère que les Juifs qui continuent à être hostile plus à ceux qui sont ennemis de leurs ennemis qu’à ceux qui les menacent ouvertement finiront quand même à ouvrir les yeux.

Il y en a qui commencent quand même à les ouvrir. En 1992, Bernard-Henri Lévy était parti en Bosnie soutenir le président Alija Izetbegovic. Apparemment, il n’était pas gêné que celui-ci, dans sa jeunesse, avait collaboré avec Hadj Amine el- Husseini, le grand mufti de Jérusalem, ayant organisé dans la Yougoslavie occupée des divisions de Waffen SS musulmanes qui participaient à l’extermination des Juifs et aux massacres des Serbes.

Mais il raconte qu’il voyait un enregistrement actuel des volontaires arabes en Bosnie, jouant au football avec la tête coupée d’un Serbe. Puis il est parti au Pakistan, faire une enquête sur l’assassinat de Daniel Pearl, un journaliste américain juif. Des Pakistanais, avec qui il avait discuté, lui disaient : »C’est vrai, c’était horrible. Mais c’était un juif. »

Actuellement, on n’a pas besoin de voyager au Pakistan pour se faire poignarder ou se faire couper la tête. Nous avons déjà assez de musulmans ici.

L’on me dira qu’ils ne sont pas tous méchants. Certainement. Mais ceux qui ne le sont pas, ne devraient pas rester musulmans, tant que l’islam continue à croire non seulement au djihad par la parole, comme les Ahmadians, mais aussi au djihad par l’épée, comme tous les autres musulmans.

J’ai été assez longtemps assis entre les deux chaises pour savoir que cela n’est pas confortable. Alors je dirais que les musulmans qui ne sont pas méchants n’ont qu’à faire comme Karim Ouchikh qui s’est converti au catholicisme et a fondé, en 2016, l’association SOS – Eglises de France. Son article sur Eric Zemmour, publié récemment dans notre server, m’a tellement plu que j’ai cherché à me renseigner sur lui sur Wikipédia. J’ai appris qu’il était né le 13 mars 1965, exactement le jour, où je suis venu en France.

Pour en revenir à notre insécurité et à ce qu’en disait Bat Ye’Or, je dirais que l’intention des technocrates de Bruxelles d’éviter une guerre ouverte avec les islamistes n’est peut-être pas condamnable en elle-même. Mais elle n’est pas réaliste.

Face à Hitler, les démocraties reculaient, jusqu’à ce qu’elles ne pouvaient plus reculer. Au moment des accord de Munich, Churchill disait :

»Vous avez accepté le déshonneur pour ne pas avoir la guerre. Vous aurez et le déshonneur et la guerre. »

Quand on est face aux gens qui ne cachent même pas leur agressivité et leur volonté de puissance, le mieux c’est livrer la bataille au plus tôt. Plus tard ce sera, plus difficile sera de vaincre.

Dr Martin JANECEK