Les religions continuent à chasser les sorcières

Publié le 30 mars 2009 - par
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Retour des clergés et chasse à la sorcière !
Des petites filles violées par des hommes, condamnées et persécutées par des religions !

Le mois de mars a aussi ses sorcières.
Oui, cette fois-ci, ce sont une petite fille brésilienne et sa mère qui ont été chassées et excommuniées par l’église catholique.
La fillette, violée par un homme de sa famille, a été aidée par sa mère et une équipe médicale pour se débarrasser des conséquences de l’acte du violeur, à savoir une grossesse à l’âge de 9 ans, et tous ont subit la condamnation de l’église.

A côté de cette petite brésilienne, persécutée deux fois, une fois par son agresseur- violeur, et une autre fois par « les hommes de dieux », se dresse le fantôme d’une autre « sorcière » :

La petite somalienne Esha, une fillette de 13 ans, violée par trois hommes et qui était allée se plaindre au commissariat de police : mais au lieu de recevoir la protection de la police, celle-ci l’accusa d’avoir eu des relations sexuelles hors mariage et la traduisit devant le tribunal islamiste, qui la condamna à mort par lapidation.

Sa mort, en octobre 2008, fut la mort la plus triste, la plus funeste, la plus sinistre , la plus silencieuse et la plus féroce, dans une absolue lâcheté humaine. En effet, si les médias s’indignent (heureusement !) devant l’excommunication de la petite brésilienne, et osent faire un tollé devant les clergés, en revanche, les cris d’appel au secours de la petite fille somalienne n’eurent aucun écho.

La petite Esha a été persécutée par trois violeurs, et fut torturée, fracassée, écrasée dans l’indifférence et la lâcheté générale car elle était née dans un pays dit musulman. Or, les médias et les occidentaux, au nom du « respect de la culture des autres », au nom du « relativisme culturel », abandonnent lâchement les filles et les femmes de cette partie du monde à leur triste sort aux mains des imams.

Pendant son exécution, cinquante hommes sauvages s’acharnèrent contre elle. Ils lui jetèrent des pierres. Sa famille révoltée s’insurgea contre cette torture et cette barbarie et un petit garçon mourut écrasé dans cette insurrection contre les persécuteurs. Mais aucun écho dans les médias ! Chut ! Il ne faut pas heurter l’islam.

Les hommes, exécuteurs au nom de la loi divine, n’ont pas laissé tranquille le petit corps de la fillette. Trois fois, ils l’ont retirée du trou dans lequel ils l’avaient enterrée vivante et, tant qu’ils n’étaient pas assurés de sa mort, ils continuèrent de lui jeter des pierres sous le regard indigné et révolté de sa famille mais dans l’indifférente lâcheté mondiale. Le monde demeura aveugle et sourd aux cris de la petite Esah et à l’effroi de sa famille.

Oui, dans notre monde il existe des persécutées, encore plus persécutées que les autres. Lorsqu’il s’agit des filles et des femmes nées dans des sociétés islamiques elles sont dans l’abandon total, comme le sont aujourd’hui les petites fille afghanes abandonnées pour ne pas gêner les négociations entre les instaurateurs de la charia et les nations complices.

Ici, je ne m’occupe pas de l’excommunication de la très sainte église contre la mère de la fillette et de l’équipe qui a pratiqué cet avortement.
Ici, je m’interroge sur la position de l’église catholique et des religions qui rêvent de conduire la vie des femmes et hommes sur terre. Qui culpabilisent, excommunient, lapident et condamnent, surtout les femmes.

Qualifier ces religions, d’archaïques, de rétrogrades, de misogynes, ne nous avance guère. Bien que ces religions qui se mêlent de la vie privée de leurs fidèles le sont forcément.

Il y a une autre pensée plus profonde dans ce que cherchent ces religions en persécutant les innocentes, en condamnant les « damnées », elles espèrent un retour en arrière. Car si les femmes et les hommes ont réussi à se libérer du poids des dieux, les religions n’ont jamais admis la liberté de l’être humain, de l’individu, et elles n’ont jamais cessé de rêver à leur pouvoir ancien.
Grâce aux luttes des femmes et des hommes, le vingtième siècle fut dans le monde entier un siècle de libération des individus, et surtout des femmes.

Ce processus de libération, commencé en Europe avec l’époque des lumières, est en route et, bien qu’encore inachevé, pas à pas, à mesure que les femmes gagnent leur liberté, les clergés et les imams perdent leurs pouvoirs.

Cependant, s’ils ne peuvent plus depuis très longtemps brûler les femmes, au nom de la chasse aux sorcières, ils s’autorisent tous les prétextes pour condamner les femmes. Le démon du pouvoir les ronge.

Ces imams et ces clergés crèvent d’envie de retourner à l’époque du plein pouvoir où, au nom de dieu, ils violaient, tuaient, massacraient faisaient la guerre et demeuraient tout-puissants. Les femmes leur obéissaient alors sans grands questionnements, avec une naïveté crédule et puérile, car elles leur appartenaient.

Avec ces condamnations des filles persécutées, des imams et des clergés cherchent à retrouver ce pouvoir, et à rétablir une domination absolue sur le corps féminin.
Une fille de 9 ans doit-elle porter la semence d’un violeur, doit-elle subir une grossesse et une maternité, alors qu’elle-même n’est qu’une enfant, en raison de dogmes religieux ?

La femme, pour la religion, n’est considérée que comme une terre à être ensemencée par l’homme, c’est ce que dit l’islam et ce que fait le christianisme. Elle doit tenir son corps au service de l’homme pour ses envies sexuelles ou pour l’enfantement.

En revanche, elle, elle n’est rien, elle n’a rien. Elle ne doit rien souhaiter pour elle. Si elle se rebelle, si elle dénonce le violeur, si elle veut éjecter cet embryon, le produit du viol, elle est alors excommuniée, lapidée. Voilà ce que signifie cette excommunication de la petite fille brésilienne.

Les hommes de dieu n’ont prononcé aucune sentence, aucun jugement, aucun châtiment contre les pédocriminels, auteurs de l’agression de cette petite fille brésilienne ou de la petite Esha. Le « châtiment » a une figure féminine.

Oui, lorsqu’une fille ou une femme osent dénoncer, apporter sur la place publique leur calvaire, en déposant plainte à la police, ou par l’avortement, elles sont doublement condamnées et persécutées. Car, dans leur acte, dans leur démarche, elles ébranlent la colonne de la domination qui veut les écraser. Cela leur vaut le châtiment des hommes de dieux, même à neuf ans !

Les religions continuent à chasser les sorcières!!!

Anne Assieh Pak

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