Le système des aides sociales est gangréné, au détriment des Français

Publié le 7 août 2013 - par
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Rien ne va plus dans le domaine de l’immobilier. Il y a d’abord eu cette histoire abracadabrantesque à Courbevoie où le gardien d’un HLM, par ailleurs employé de la mairie et se disant proche du maire UMP, faisait régner la terreur chez les locataires, les menaçait, encaissait des pots de vin pour faciliter l’entrée dans les lieux, sous louait leur cave en leur en interdisant l’accès sous peine de représailles, sous louant également leur logement en leur absence, faisait du chantage, etc. Il semble que ce curieux personnage ne soit que le maillon d’un système très opaque et très organisé de gestion des logements sociaux avec des règles hors de toute légalité. Malgré de nombreux courriers adressés à la mairie, ceux-ci n’ont jamais obtenu de réponse jusqu’à l’ébruitement public de l’affaire qui suit actuellement son cours.

Ces jours-ci c’est à Melun que l’histoire se passe, tout d’abord sous forme d’un pathétique fait divers où l’on apprend qu’un jeune couple dont la femme vient tout juste d’accoucher est privé d’eau par son propriétaire en raison d’arriérés de loyers impayés. Le jeune papa est contraint d’aller remplir des bidons d’eau au café d’en face.

Le DAL, sans doute échaudé par ses récents déboires avec cette mamie bordelaise à qui il avait illégalement subtilisé la maison pour l’offrir à des clandestins, a cette fois joué des coudes auprès de la mairie pour réclamer que l’eau soit rétablie.

On s’étonnera tout de même que la situation perdure depuis plusieurs mois et que rien n’ait été fait pour reloger ce couple bien de chez nous vivant dans 16m2, sachant que dans le même temps le gite et le couvert sont immédiatement offerts par la collectivité aux nouveaux entrants dans le pays, même si ces derniers sont chez nous illégalement et sont donc hors la loi. Dans ce dernier cas les structures d’accueil très officielles se mettent en place illico presto, les contribuables financent, cela coûte un bras à la collectivité et c’est totalement illégal mais pourtant toléré, voire encouragé…

Par contre, pour ce petit couple, rien, nada, que dalle. Trop français.

La jeune femme, dont le mari travaille, explique dans un commentaire édifiant posté sur Agoravox (et repris isolément et en entier ici) qu’elle n’est pas du genre à profiter du système : « on apprend que nous ne pouvons pas mettre nos loyers sous séquestres, il faut prouver qui est responsable, payer un huissier, prendre un avocat (payant) et donner des frais de justice pour saisir le tribunal. Procédure longue et coûteuse dont nous n’avons pas les moyens (la justice est juste pour ceux qui ont les moyens de se l’offrir !) Ah au faite nous ne touchons pas d’APL car le logement n’est pas homologué (on pouvait pas le savoir avant d’en faire la demande et la réponse demande des mois) et comme mon courageux mari se lève le matin pour aller travailler on a le droit à rien de la C.A.F. (on nous a conseiller de rester à la maison sans bosser et faire des gosses à la chaîne pour avoir des aides et un grand logement). Désolé mais on va pas devenir des gros fainéants et profiter du système comme beaucoup ! c’est pas le genre de la maison ! ».

Alors bien sûr, avant qu’elle ne donne des explications très détaillées, les commentaires vont bon train. Les internautes ne savent rien des tenants et des aboutissements de l’histoire mais comme toujours ils jugent, condamnent, émettent des hypothèses, tirent des plans sur la comète et font de la morale de comptoir, bien planqués devant leur clavier, car il faut bien se donner la sensation d’être utile à quelque chose n’est-ce pas…

Sauf que là les moralisateurs sont particulièrement à côté de la plaque avec leurs « on ne fait pas un enfant quand on n’a pas la sécurité » ou bien « encore des parasites, des assistés ». Tout faux ! L’affaire est plus grave que cela puisqu’il s’agit d’une arnaque pure et simple et parfaitement huilée du propriétaire bailleur qui use de prête-nom et loue même les services d’une fausse secrétaire ainsi que de faux bureaux.

Découvrant que son appartement n’est pas aux normes et ne donne aucun droit à l’APL, que les murs sont pourris et que d’autres locataires relèvent des anomalies similaires, la jeune femme décide de mener son enquête pendant que son mari est au travail, et découvre l’étendue de l’arnaque. Sans se démonter elle agite le cocotier, tente des voies de recours, alerte, rend visite au propriétaire, en vain. Le couple est alors menacé par les membres de la SCI aux abois qui décide de mesures de représailles en coupant l’eau de manière parfaitement illégale puisque cela ne peut se faire qu’à la suite d’une procédure judiciaire en bonne et due forme.

Bref, au-delà de cette histoire presque ordinaire, on se rend compte que c’est tout un système qui est gangréné avec la possibilité qu’ont de tricher et d’abuser les locataires les gérants de ces sociétés immobilières, qu’elles soient privées ou d’Etat comme dans le cas de Courbevoie, avec encore ces aides longues comme le bras offertes aux néo-arrivants, illégaux ou non, et dont ne bénéficient jamais – ou très rarement – nos propres compatriotes à moins d’être fortement médiatisés, comme cette fois à Melun ou le mois dernier à Bordeaux pour Odette Lagrenaudie, la vieille dame délogée de chez elle pour installer à sa place des étrangers illégaux.

Caroline Alamachère

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