Les tueurs de la pensée libre sont aujourd’hui musulmans

Publié le 22 octobre 2013 - par - 1 692 vues

En 1967, peu après la Guerre des Six jours opposant l’Egypte à Israël, Salvatore Adamo compose une de ses plus belles chansons, dont le titre est Inch’ Allah. Le disque est aussitôt interdit dans de nombreux pays arabes, et son auteur pendu en effigie (1). Adamo finira par modifier les paroles de cet authentique chef-d’œuvre, pour qu’elles deviennent islamo-compatibles.

En 1989, tandis que le monde est secoué par l’affaire des Versets sataniques, de Salman Rushdie, Véronique Sanson enregistre une chanson intitulée Allah, qu’elle évitera de chanter lors de son passage à l’Olympia, des menaces de mort lui ayant fait comprendre qu’elle devait la retirer de son répertoire.

En 2010, alors que la burqa a déjà fait son apparition en France (!), Pierre Perret nous offre La femme grillagée, mais pour peu de temps, les paroles et leur mélodie ayant vite disparu de nos radios et télévisions.

Par contre, la chanson de Jean-Jacques Goldman, intitulée Je te donne, fleurit sur nos antennes depuis 1985, et ce, à juste titre, car elle célèbre, de fort belle façon, la fraternité humaine au cœur même de nos « différences ».

Il reste que ces fameuses « différences » risquent à leur tour de tomber sous le coup de je ne sais quels intégristes, qui les interpréteront comme une insulte à leur foi, Jean-Jacques Goldman étant de religion juive !

Les lâchetés individuelles ou collectives, sont, en ce domaine, aussi graves que l’augmentation quantitative de ceux qui entendent tout régenter, y compris par la terreur !

A cela s’ajoute l’absence générale de mémoire, car un fait divers chasse l’autre, si bien qu’il ne se passe jamais rien !

Certes, il y a toujours eu des œuvres interdites, à commencer par Les Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire. Certes, la liste des auteurs maudits, bâillonnés ou condamnés ne tiendrait pas dans un Bottin. Mais à laisser faire ceux qui veulent censurer de la sorte, on laisse entrer le terrorisme – qui, soudain, ne laisse plus faire ce qu’on est en droit de faire.

Comme l’a déclaré Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur, suite aux  menaces dont Véronique Sanson fut l’objet pour sa chanson Allah : « Il y a le terrorisme qui tue et le terrorisme qui veut terroriser en voulant tuer la pensée ».

Pierre Joxe avait d’autant plus raison que ces « tueurs » entendent aujourd’hui peser politiquement sur l’Europe de demain. Ils pèsent d’ores et déjà sur les libertés fondamentales, dont l’une des plus précieuses est la liberté d’expression. Accepter leurs agissements sans rien dire, et, a fortiori, sans rien faire, par peur de dire ou de faire ce qu’il faudrait pourtant dire ou faire en de telles circonstances, c’est renoncer à la vie politique et sociale, et, finalement, renoncer à sa propre vie !

Maurice Vidal

(1) Cf. La colère d’un Français, p. 204.

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