Les tyrans de l’islam : le cas Kadhafi, détraqué sexuel et violeur international !

Il est terrible ce livre (1) d’Annick Cojean, terrible et courageux et il est certain qu’elle a pris beaucoup de risques pour l’écrire. Aujourd’hui il existe. On savait le Colonel Kadhafi mégalo, violent, sanguinaire mais ce que nous apprend cette journaliste dépasse l’entendement….

En octobre 2011, elle enquête pour le journal Le Monde sur le rôle des femmes dans la révolution de Lybie. Ses collègues masculins ayant assuré n’avoir jamais croisé que quelques ombres furtives drapées dans des voiles noirs, elle découvre cependant que les femmes «  avaient encouragé, nourri, caché, véhiculé, soigné, équipé, renseigné les combattants ». Une femme lui déclare : « il est vrai que les femmes avaient un compte personnel à régler avec le Colonel ». Elle s’interroge sur ce que peut signifier cette phrase. Le guide Kadhafi : « N’avait-il pas sans cesse clamé l’égalité entre  hommes et  femmes ? Ne s’était-il pas présenté comme leur défenseur acharné, fixant à 20 ans l’âge légal du mariage, dénonçant la polygamie et les abus de la société patriarcale, octroyant plus de droits à la femme divorcée que dans nombre de pays musulmans, et ouvrant aux postulantes du monde entier une Académie militaire pour les femmes ? Balivernes, hypocrisie, mascarade ! lui dira plus tard une juriste renommée. Nous étions toutes potentiellement ses proies ». Une image d’Epinal alors tout cela ? Un conte pour séduire le peuple ? Une devanture islamique  moderne à présenter afin  de devenir le chef du monde musulman pour rivaliser et  s’opposer à l’Occident honni ? Ce qu’elle va découvrir est pire que tout, car elle rencontre Soroya une jeune femme de 22 ans et Soroya, contrairement à bien d’autres,   parle…..

Ce qu’elle   raconte  est terrible, et à l’image du vécu de milliers d’autres jeunes filles et femmes qui ont servi d’esclaves sexuelles au Sieur Kadhafi.  Au cours d’une visite dans son école, elle a 15 ans, il pose la main sur ses beaux cheveux. Ce qu’elle prendra pour un geste affectueux sera, en fait, un signe explicite pour les rabatteurs de proies, qui l’accompagnent, voire qui vont au devant de ses exigences. La « choisie », qui est vite baptisée la « nouvelle » du maître, doit être  le plus rapidement possible dans son lit…. Prise de sang règlementaire, à cause du sida,  puis viol et obligation de consommer tabac, hachisch, alcool, cocaïne, mais il met aussi dans son lit de jeunes hommes. Le respect des règles de l’islam est bon pour le petit peuple, pas pour le guide (2), même s’il fait semblant d’être un croyant zélé en se mettant sur le  devant de la scène internationale lors des fêtes de l’Aïd. Les femmes qui lui servent d’escorte  sont toutes traitées de cette manière….Malheur à celles qui résistent, qui s’évadent, qui parlent… La terreur est partout, Kadhafi tient ces jeunes femmes en faisant peser des menaces sur les autres membres de la famille. Il a une propriété Bab al-Azizia spécialement conçue pour son activité sexuelle débridée.

Cas unique Kadhafi ? Non, il a entraîné dans sa folie prédatrice une partie de ses proches  cherchant même à séduire leurs femmes, leurs filles. « Kadhafi et sa clique ( commandants, gouverneurs, ministres) étaient aux aguets. Qu’une femme retienne leur attention et ils se servaient sans vergogne. Viols, enlèvements, mariages de force » écrit A Cojean. « Les filles ont eu peur d’apparaître trop jolies, de parler en public, renonçant aux postes de notoriété et restreignant leurs ambitions » confie la juriste Hanah al-Galal originaire de Benghazi. « Elles ont même renoncé à la coquetterie, abandonné les jupes courtes et les chemisiers portés dans les années 60 pour adopter le voile et des vêtements amples couvrant leurs corps. L’attitude low profile était une règle d’or.»( 3)

Le guide achète par des promotions, de l’argent, des maisons des voitures, des bijoux, du luxe. Il a formaté ses rabatteurs, ses recruteuses qui vont partout en  Afrique dans les pays du golfe, du Moyen Orient et  jusqu’en Europe dénicher les filles susceptibles de plaire…On appâte avec des invitations en Lybie tous frais payés pour venir voir ce beau pays et ce guide suprême si merveilleux ! Certaines femmes repartent avec des valises pleines de billets. Le chef finit toujours par mettre dans son lit ses proies, par milliers, et par les violer. La gravité des actes commis  est telle qu’on frôle quelquefois l’incident diplomatique. Il lui en faut 4 par jour, il adore les vierges, souvent de toutes jeunes filles. Il peut aller jusqu’à justifier son comportement en citant  le Coran. Ces jeunes filles finissent détruites et rejetées par leur propre famille. L’islam, qui fait de la virginité d’une jeune fille l’alpha et l’oméga de l’honneur familial, voire de la tribu entière, a des conséquences terribles pour les  victimes, le viol est la honte ultime. On évite le scandale, on se tait. Si la dictature  de Kadhafi a duré aussi longtemps n’est-ce pas, en grande partie, à cause de ce sacro-saint « silence islamique pour sauver l’honneur ». Or l’honneur n’est-ce pas justement autre chose et tout le contraire ? N’est-ce pas avoir le courage de dénoncer la barbarie, la violence faite aux femmes quitte à provoquer le scandale ?    Au final après le viol la jeune fille est rejetée et quelquefois  assassinée par ses frères.

Au-delà du témoignage de Soraya, Annick en a cherché d’autres. Quelques rares femmes ont accepté de raconter leur propre histoire  à condition qu’on taise ou qu’on transforme leurs noms. Les viols ont, dans les derniers mois de la révolution, été l’arme de guerre par excellence des partisans de Kadhafi. Viols en série, quelquefois toutes les femmes d’une famille, y compris de petites filles 7 ou 8 ans,  commis par de jeunes soldats obéissant aux ordres de supérieurs hiérarchiques, viols filmés pour être  envoyés aux  opposants rebelles.

Il faudrait rendre justice à ces femmes victimes, il faudrait un tribunal international. La fin du livre ouvre une porte avec le témoignage de Mohamed Al Alagi, aujourd’hui Président du Conseil suprême des Liberté publiques et des Droits de l’homme en Libye. Cet homme veut : « des enquêtes, des auditions publiques, des condamnations des réparations. Pour aller de l’avant, réunir la société, construire un Etat, le peuple libyen doit savoir ce qui s’est passé pendant quarante deux ans. Pendaisons, tortures, séquestrations, meurtres de masse, crimes sexuels de tous ordres. »  Mais…. Annick Cojean ne se fait aucune illusion, face à la détermination de cet homme, le pouvoir assumé par les hommes après la chute de papa Kadhafi ne va pas  laisser beaucoup de place aux femmes. Certains veulent au contraire taire les exactions du guide pour ne pas nuire au pays, et veulent remettre les femmes sous l’éteignoir. Les « vraies victimes » ne seront que les courageux hommes rebelles qui aujourd’hui en factions rivales se disputent les postes, voire certains soutiens de Kadhafi résistants de la dernière minute.

Certaines femmes ont pleuré d’entendre les premières affirmations des nouveaux dirigeants. « Pas un mot sur leurs souffrances ni leur apport à la révolution … J’étais choquée, furieuse, révoltée ! avoue Naima Gebril, juge à la cour d’appel de Benghazi. Tout ça pour ça pour ça ? demande-t-elle avec tant d’autres ».

Y aura-t-il maintenant un autre  combat, celui des femmes libyennes ? Arriveront-elles à modifier leur société  profondément islamique et patriarcale, ou subiront-elles les lois de la charia déjà programmée ? Resteront-elles comme les hommes dans la Révolution du « Allah Akbar  » et dans la résignation du « Inch Allah » ? S’il y a des procès oseront-elles témoigner? Tout va se décider sur ce courage là à ce moment là!   Si elles veulent avancer, ne  devront-elles pas dénoncer, ne devront-elles pas  oser s’affirmer contre les hommes, et vraisemblablement contre ce lourd carcan religieux qui semble vouloir leur revenir dessus comme un boomerang ?

Si l’auteur incite les femmes à se mobiliser pour défendre leur propre cause, elle n’engage aucun pronostic.

Chantal Crabère

(1)   Les Proies : Dans le harem de Kadhafi Editions  Grasset

(2)   Au delà du cas Kadhafi n’y a-t-il pas  d’autres puissants dans d’autres pays musulmans  du même acabit? …Ne fait-on pas  venir des femmes, notamment d’Ukraine et des pays de l’Est pour satisfaire les Princes et garnir les harems ? A quand une enquête de grande ampleur sur le sujet afin d’en finir avec l’hypocrisie ?

(3) Elle devient aussi une règle d’or  dans  notre pays où fleurissent des milliers de tenues « low profile ». De quoi est-ce donc le signe chez nous ? D’un même  destin prévisible? D’un même danger? 

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