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Les USA, l’État voyou, antidémocratique et terroriste

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Les pipelines Nord Stream 1 et 2 ont été les objets d’une attaque réalisée par un ou plusieurs États. Personne ne le conteste aujourd’hui. C’est donc un acte de terrorisme international atteignant des infrastructures internationales. Pendant ce temps, les médias s’égosillent encore à propos des centrales électriques bombardées par les Russes, crime bien sûr, et sur leur position dans la centrale nucléaire de Zaporijia.

Mais parmi les États voyous, il en est un qui dépasse tous les autres et de très loin : les USA. Reprenons quelques petites histoires qui démontrent allègrement que les USA sont prêts à n’importe quoi pour défendre leurs intérêts : tuer, sacrifier, ruiner, polluer, génocider, etc.

Falloujah, ville des martyrs

Les USA organisent le siège de cette ville où se sont réfugiés des résistants, ville d’environ 300 000 habitants. La bataille bat son plein en 2005. Les ONG vont déplorer des milliers de victimes civiles dans cette destruction méthodique de la ville par les bombardements américains. Mais le plus grave est dans les suites de la guerre. Les enquêtes de journalistes d’investigation dont Angélique Férat, mais aussi l’étude de l’International Journal of Environmental Research and Health font état d’une situation dramatique. Les faits sont édifiants. Surmortalité infantile, malformations à la naissance, multiplication inédite des cancers chez les enfants, les adultes. Martin Meissonnier, auteur de : Uranium appauvri, la guerre invisible, s’inquiète des conséquences au fil du temps, car les armes utilisées n’ont pas été déclarées et leur composition inconnue. Les micro-particules radioactives se diffusent dans l’air. Inhalées, elles détruisent l’organisme à partir des poumons le plus souvent.

Les faits sont clairs : diminution des naissances, taux de cancer multiplié par quatre, cancers chez les enfants multipliés par douze, leucémie multipliée par trente-huit. Tout cela ressemble aux chiffres d’Hiroshima pour les survivants. C’est pourquoi de nombreux experts de santé accusent les Américains d’avoir utilisé des armes à l’uranium appauvri, dévastateur en termes d’efficacité, génocidaire à moyen terme sur les populations survivantes. Bel exemple d’une guerre de voyous qui ne respectent pas les populations civiles.

Pour s’en convaincre : Falloujah : un nouvel Hiroshima ? (radiofrance.fr)

Massacre de masse en Indonésie

Le PKI (parti communiste indonésien) est très actif dans les années soixante. Les USA et les Anglais craignent un compromis entre le Président Soekarno et le PKI, qui serait évidemment défavorable aux grandes firmes anglo-américaines. Les services des puissances occidentales vont soutenir et assister les forces armées locales pour exterminer les communistes locaux. Le bilan, difficile à établir selon les historiens, indique entre 500 000 et trois millions de victimes. Très méconnu là encore en Occident, il s’agit d’un des pires massacres de masse orchestrés par les USA.  

On pratiquera le crime, la déportation, une vaste purge qui n’a rien à envier aux méthodes khmères. « Un rapport de la CIA affirmait en 1968 que le massacre des communistes indonésiens ( Partai Komunis Indonesia, PKI), en 1965-66, constituait l’un des événements les plus tragiques de ce siècle, mais aussi l’un des plus ignorés. » écrit Jean-Louis Margolin dans son article de la Revue international de politique comparée : Indonésie 1965 : un massacre oublié. On parle alors d’États massacreurs.

La controverse durera quelques décennies autour de l’implication des USA, constitution de listes des principaux chefs politiques à abattre, renseignements, fourniture de matériels, désinformation des médias occidentaux, soutien diplomatique aux dirigeants.

Pour s’en convaincre : Indonésie 1965 : un massacre oublié | Cairn.info

Dictatures au Guatemala et Nicaragua

Ces pays ont tous été victimes des intrusions américaines pour éliminer les opposants politiques, au prix de persécutions et de régimes de terreur, tout particulièrement au Guatemala.

Au Nicaragua, la présence américaine a soutenu la création et la formation de la Garde nationale qui soutiendra la dictature de la famille Somoza jusqu’au coup d’État des sandinistes de Daniel Ortega en juillet 1979. Les Américains mettront sous embargo ce petit pays, organisant un terrorisme jusque dans les années 90, jusqu’à chasser Ortega du pouvoir, au motif que ses sympathies socialistes sont dangereuses pour les intérêts américains. Le FMI prendra le relais pour briser l’organisation sociale. Bilan, un effondrement du pays, une faillite de la distribution de l’électricité, une misère quotidienne.

Au Guatemala, le coup d’État de 1954 liquidera là encore les tentatives d’organisations sociales autochtones en faveur des paysans, pour redonner aux groupes américains leur propriété et droit d’exploitation. La défense des intérêts de ces compagnies conduit à l’organisation du coup d’État et à une période de dictature dont une guerre civile larvée qui fera plus de 200 000 morts.

Pour s’en convaincre : Coup d’État de 1954 au Guatemala : une opération téléguidée par la CIA (radio-canada.ca)

L’État voyou anti-démocratique et terroriste

Nous pourrions, malheureusement, multiplier les exemples. Coup d’État dans la plus vieille démocratie sud-américaine avec Pinochet au Chili et ses dizaines de milliers de victimes pour servir là encore les intérêts américains. Guerre du Vietnam et utilisation massive du napalm contre les populations civiles. Etc.

Cela correspond à quelques caractéristiques d’un État voyou. Il défend ses intérêts coûte que coûte, jusqu’au crime organisé, jusqu’au renversement des partis politiques démocratiquement élus, jusqu’au coup d’État et massacre des civils. Il utilise des armes de guerre sans vergogne, ne respectant aucun des accords internationaux sur la limitation des armes biologiques, chimiques ou nucléaires. Il s’oppose à toute forme d’organisations sociales et économiques alternatives au capitalisme prédateur, de peur qu’elle puisse démontrer une efficacité contagieuse pour d’autres pays.

J’emprunte ici quelques citations au très bel ouvrage de Noam Chomsky sur les États manqués, abus de puissance et déficit démocratique. Elles en disent long sur l’état d’esprit de cette Amérique profonde, guerrière, avide de puissance, cupide, et hostile au développement des peuples et de leurs nations :

« Mon objectif est de semer le chaos à Cuba », Robert Torricelli, représentant du New Jersey (p.156)

« Le peuple cubain est responsable du régime », Douglas Dillon, sous-secrétaire d’État (p.156)

« Castro sera chassé « par la désillusion et la désaffection nées des épreuves et du mécontentement économiques, donc, il faut vite mettre en œuvre tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique de Cuba, y faire advenir la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement ». » Leston Mallory, vice-secrétaire d’État (p.157)

Le sort de l’Europe en question

Tout cela inspire les plus grandes inquiétudes sur ce qui se déroule sous nos yeux à l’initiative des USA concernant la guerre en Ukraine. Il se pourrait bien que ce qui soit visé aille bien au-delà de l’affaiblissement de la Russie. Nous voyons bien que toutes les sociétés démocratiques européennes vont être progressivement menacées par un désordre social et économique. Tout le monde sait, par expérience de l’histoire, que cela conduira à des situations de guerre civile ou de prise de pouvoir par des dictateurs qui serviraient bien évidemment les intérêts américains. C’est bien pourquoi les Européens doivent à tout prix faire valoir une solution diplomatique, renouer toutes les coopérations utiles aux conditions de vie des populations et des entreprises, se détourner de toutes ces solutions absurdes, guerrières et criminelles dont les conséquences vont être fatales à nos économies et nos sociétés. Les Bulgares appelés aux urnes sont majoritairement favorables à rétablir des liens de coopération avec les Russes. Nous subissons une prise d’otage idéologique. Il faut s’en émanciper.

Pierre-Antoine Pontoizeau