Les voitures électriques sur le corps d’Harvey Weinstein

Entre la circulation des voitures à Paris (ou autres grandes villes)  et l’affaire Harvey Weinstein, il n’y a certes aucun rapport. La diversité de l’actualité est pourtant relative, si l’intérêt suscité par ces problèmes implique les mêmes obsessions, inexprimées. On peut croire aux méfaits de l’essence, rendue responsable, dit-on, de tant de morts — mais quel âge avaient donc les victimes ? Et pourquoi ne pas s’en prendre à la banalisation des voyages d’agrément en avion, dont l’avantage égotique se limite aux photos touristiques ? Non moins polluantes, les parades spatiales aéronautiques, hantées par le « modèle américain »… Les pouvoirs publics ne disent mot de la consommation d’énergie requise par les appareils supposés nous servir, à commencer par les ordinateurs à usage purement ludique, un des facteurs occultes d’un asservissement de la personne, qui est la marque de notre nouvelle ère. La criminalisation des voitures à essence a bien pu être impulsée par l’ancien maire, dans son désir de faire pédaler Paris ; un projet couronné par l’asocialité de ses bénéficiaires, qui brûlent systématiquement les feux rouges. Aujourd’hui, certains élus surenchérissent, en programmant l’extermination de toutes les voitures intra-muros.

Les fantasmes aimantés par la voiture (à essence), objet de force et de pouvoir, se révèlent comme tels dans le cinéma américain, lui-même représentation d’un pouvoir ou d’une grandeur conspués par la France, dans un vain désir d’imitation. Les préoccupations urbanistiques liées au souci de la pollution ont moins d’éclat dans l’actualité que le projet du « Grand Paris », en amont duquel se devine une autre forme de la même concurrence : la Seine Saint Denis serait à Paris ce qu’Hollywood est à Los Angeles ? Ce choix urbanistique exalte une volonté de décentrement, non moins révélatrice de notre époque. Il s’agit de saper les valeurs qui s’attachent à l’idée du centre, comme principe et lieu du pouvoir. Les autochtones de cette banlieue réputée délinquante seront-ils métamorphosés par le voisinage de studios de cinéma et des centres artistiques ? L’optimisme de ce credo est aussi aveugle que celui qui, dans un tout autre domaine, oblige les enseignants des classes préparatoires à régenter une salle de classe en proie au délire de quelques enfants mentalement perturbés.

Les médias cet automne se partagent entre ces problèmes urbanistiques et l’affaire Weinstein, qui fait tache d’huile sur la planète entière… Le rapport de ces problèmes semble inexistant ; un lien pourtant les associe, qui n’a rien d’ésotérique. On ne compte plus les aveux des actrices qui ont clamé le haro sur ce producteur. Le talent des actrices de cinéma, qui ne sont pas des actrices de théâtre, tient essentiellement à la manière dont elles sont dirigées. Il n’est pas si étonnant que certains producteurs leur manquent de respect (mais se respectent-elles elles-mêmes, quand elles miment des orgasmes devant une caméra ?). Rien ne les a d’ailleurs obligées à taire parfois si longtemps un « viol », qui semble devoir ce nom à la loupe grossissante d’un vieux souvenir. Un homme comme Weinstein a d’ailleurs toujours eu l’embarras du choix, parmi les candidates éperdues qui hantent Hollywood. Le mouvement vengeur de ces actrices illustre plutôt la volonté de castration, dont témoigne justement le cinéma contemporain, où les héroïnes terrassent les mâles, quand elles ne leur arrachent pas le sexe (dans certains films d’épouvante américains).

Lea Seydoux, qui a reconnu à Weinstein le charme de son intelligence, a parlé de l’adiposité de cet agresseur : autrement dit du saindoux, que signifie le patronyme de cette actrice, qui s’est déjà plainte de la transpiration de son partenaire dans La belle et la bête. C’est tout dire de l’effet miroir  qui caractérise aujourd’hui le rapport des hommes et des femmes. Les accusations souvent citées par les médias de Angelina Jolie, relèvent les fantasmes que cette actrice réalisatrice  a projetés (d’après ma lecture) dans son film Invincible, où maints détails apparaissent comme autant de transpositions virilisées de l’ablation de ses attributs féminins, subie avant le tournage de ce film. Or, Weinstein incarne moins le phallus honni que la maîtrise économique, devant laquelle l’actrice productrice se pose en concurrente défavorisée.

Les abus de Weinstein peuvent d’ailleurs se comprendre comme une nostalgie exacerbée des comportements qui, jusqu’à notre époque, manifestaient le désir masculin. La nature a beau les justifier, ils sont devenus impensables aujourd’hui. La fièvre de revendication attisée dans l’esprit des femmes par l’affaire Weinstein serait pourtant bien mieux justifiée si elle concernait la destruction de leur genre, dont témoignent les femmes soldats, emboitant le pas de leurs collègues mâles. Ces femmes sont censées protéger les parisiens d’une violence moins grave à mes yeux que celle dont elles sont victimes, elles et leurs sœurs, dans leur nouveau statut. Vaguement critiquées, les accusations de Asia Argento révèlent le même état d’esprit que les dentelles tatouées  qui, dans le haut de sa poitrine,  lui font une robe de peau, conjurant toutes les mises à nu. Si cette mode est un défi où se confondent les genres, on oublie qu’il intéresse l’interdiction par l’Ancien Testament de toute inscription sur la peau des hommes.

On touche ici à l’enjeu profond de cette rébellion qui, au-delà des abus du pouvoir masculin, concerne celui que Marcel Gauchet et ses émules fustigent en parcourant trop vite l’Ancien Testament. On aurait tort d’objecter que le nom de Weinstein a très vite été éclipsé par celui d’autres abuseurs, d’une tout autre origine (un peu comme se succèdent les noms des terroristes avec lesquels jonglent les médias). L’antisémitisme en effet a moins disparu que muté dans la psyché contemporaine, où il a pris la forme d’une remise en cause des valeurs (très schématiquement considérées) qui sont celles de la tradition d’un Weinstein. La dilution du signe juif est pour ainsi dire consacrée par la haine multiforme de tout objet incarnant la hiérarchie, ou la dépendance que l’on peut se ressentir à son égard. Une hiérarchie ou une dépendance dont le sens religieux se perd totalement dans ces avatars aussi dégradés que négatifs. Reste que le nom de Weinstein a servi de détonateur à cette soi-disant prise de conscience, indifférente à la judéité, mais qui s’acharne sur l’aura d’un pouvoir réputé paternel : c’est tout ce qui reste de l’Unité sacrée, conspuée par maints philosophes contemporains.

On ne s’étonne pas que cette affaire ait rejailli sur Donald Trump, cet homme que l’on dit être à femmes, et protecteur des juifs. L’instinct qui l’a conduit en Israël, kippa sur la tête, n’est pas si éloigné de son anti-écologisme, si l’on songe à la mauvaise réputation d’Israël chez les défenseurs de l’écologie… Comme si Trump avait senti, à travers les préoccupations de ces derniers, un désir d’anéantir l’imago paternelle, chargée de tous les méfaits par ces esprits modernes, qui ne lui reconnaissent aucun sens religieux.

On peut expliquer ainsi les attaques, il y a quelques années, des conducteurs d’autobus ; en raison du pouvoir vaguement paternel qu’ils incarnaient aux yeux de leurs agresseurs. C’est encore la raison de l’incendie des voitures par la même faune. Les voitures à essence sont la cible  de délinquants  désignés justement par le mot « jeunes ». Le sort qu’ils feront aux voitures électriques est moins certain ; ils auront vieilli alors, et ne s’en prendront qu’à eux-mêmes, à défaut d’autres proies ?

Les voitures électriques matérialisent-elles, pour leurs défenseurs, le fantasme d’une condamnation de l’ordre ancien ? Il en irait de leur promotion, si justifiée soit-elle sur le plan des réalités atmosphériques, comme de l’incendie des voitures à essence. Si l’écologie sert de masque ou de lame à la table rase des fondements discrédités de notre culture.

L’éparpillement de ces impressions est relatif. Ce lien de l’écologisme et de la délinquance se vérifie dans le film The last girl (2016), dont j’ai fait l’analyse dans un article paru dans Riposte Laïque. La contamination d’un virus qui transforme les hommes, et même les enfants, en redoutables cannibales, trouve une sorte de justification métaphorique dans la végétalisation spontanée de Londres, comme  un effet secondaire de ce virus qui semble aussi frapper les voitures à essence, sinistrées parmi les rues herbues. Les personnages du scénario qui n’ont de féminin que ce nom, n’ont d’ailleurs cure des hommes ; la jeune héroïne, une métisse, fait de ces derniers sa pitance. Et le portrait de ses pareils est celui de la jeunesse des banlieues défavorisées…

Michel Arouimi

 

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13 Commentaires

  1. Je trouve cet article confus et lourdingue. L’auteur, pourtant universitaire (!), croit visiblement en jeter.
    Quant aux idées… « Il n’est pas si étonnant que certains producteurs leur manquent de respect (mais se respectent-elles elles-mêmes, quand elles miment des orgasmes devant une caméra ?).  »
    Donc si des femmes se font agresser c’est leur faute. Bienvenue au Moyen Age!

  2. Des superhéroines au cinoche peut être, mais dans la réalité ça donne des maroquinades de cologne . On ne peut pas lutter contre cet invasion afro-musulmane avec des assistantes sociales, il faut des tueurs.

  3. On ne comprend pas tout l’argumentaire.m, mais après tout, il s’agit peut être d’un des effets pré-version du changement d’heure.
    L »articulation entre la chasse à l’homme, au juif, à ce qu’il reste de paternalité (?) déclenchée par l’affaire weinstein, et le projet d’éradication de la voiture à essence par des socialos vibrionnants et déchaînés paraît pour le moins incertaine. Néanmoins, il ne faut pas décourager les bonnes volontés. In fine, ce que montre cet article, c’est que tout est dans tout, et réciproquement.

  4. Article très habile et non dénué d’intérêt. Mais derrière le délicat ouvrage d’orfèvre, je crois discerner la motivation secrète d’une solidarité.

  5. « Les abus de Wenstein peuvent d’ailleurs se comprendre comme une nostalgie … »
    Article verbeux, confus, qui manifeste une rancoeur malvenue contre les femmes qui dénoncent des abus subis. Beurk.

    • Autant je suis pour les vraies victimes dans la vie de tous les jours que personne n’écoutent, autant je me fous totalement des pétasses du showbiz (complices de ce système promotion canapé) qui jouent les rosières aujourd’hui.

  6. Bien fait pour la gueule du « féministe » weinstein qui dégueulait continuellement sur les blancs qui ont voté pour D.Trump en les traitant de sexistes, de blancos suprémacistes etc…
    La gauche morale de pédhollywood est anti-blanc , pro black lives matter, pro tueur de flics, et maintenant que ce minable (financier du parti démocrate ) est accusé par des pétasses promotion canapé, ça couine ouin ouin au secours les méchants blancs.
    Cher weinstein féministe, tu veux la suppression des frontières, t’as vomi sur les affreux blancs , ben maintenant démerde toi tout seul, t’as qu’à demander le soutien des terroristes de black lives matter.

  7. Du rien et du tout… dans cette confusion des genres…
    Harley (Oswald ?) Weinstein (Pierre de Vin ?) porte bien son nom !
    Prédateur alcoolique face à des « suce pensions » ?

  8. La gauche morale :
    http://lesobservateurs.ch/2017/10/29/les-archives-du-dossier-kennedy-revelent-quun-president-democrate-etait-membre-du-ku-klux-klan/

    Mouahahahaha ! Les faux cagoulés étaient de vrais gôôôchistes, mais quelle surprise hein .
    Je redis amicalement aux jeunes natios , ne perdez pas votre temps précieux à adhérer à des mouvements folkloriques noyautés par l’extrême gauche comme à charlotteville.
    Car le vrai but de ces groupements est de discréditer les natios en les poussant à la faute .

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