L’esprit français, c’est retrouver l’usage des bons mots face au politiquement correct

Benoît XVI voit bien que le catholicisme européen est en perte de vitesse, et que le vent de l’Histoire souffle en faveur de l’islam, mais il réserve cette information pour ses cardinaux les plus fidèles : diplomatie oblige !

La gauche n’a aucune illusion sur les antinomies qui séparent ses valeurs des valeurs coraniques, mais le reconnaître publiquement provoquerait sa propre fin (1).

Le Pouvoir de Nicolas Sarkozy savait qu’il était en droit d’expulser les criminels étrangers, et qu’il avait le devoir de stopper l’immigration illégale. De même, le Pouvoir de François Hollande sait  que le droit de vote des étrangers et le refus de la préférence nationale sont des mesures à haut risque.

Mais la droite et la gauche sont dans le piège du politiquement correct, et, par suite, de l’islamiquement correct ! Leur problème consiste donc à se demander comment masquer telle ou telle évidence inavouable pour en parler politiquement. Que sont les «jeunes» ? Qu’est-ce qu’être «issu de la diversité» ? Que sont les «sans-papiers» ? Qu’est-ce que le «droit à la différence» ? Que désigne la «discrimination positive» ? Que signifie l’«islam de France» ? Que cachent les «accommodements raisonnables» ? Que cache surtout cette peur d’appeler un chat un chat ? Bref, quand cesserons-nous de «mal parler» ? En d’autres termes, quand oserons-nous «parler» ?

Même les mots les plus communs tombent sous la loi du silence ou de la suspicion. Le mot «travail» est tendancieux ; le mot «famille» inquiète ; le mot «patrie» fait peur ; les trois mis ensemble réveillent les heures les plus sombres de l’Histoire ! Le mot «haine» égale «fascisme» ; le mot «identité» égale «nationalisme» ; le mot «islam» égale «racisme» ; le mot «halal» est d’extrême droite ; le mot «civilisation» est «nauséabond». Quant au mot «banlieue», il défraye la chronique par sa charge ethnique, et le mot «race» doit disparaître de la Constitution !

A l’évidence, on a perdu la raison. Car que dit la raison ? Que les «jeunes» sont les jeunes maghrébins ; qu’être «issu de la diversité», c’est appartenir à d’autres valeurs que celles de la République ; que les «sans-papiers» sont des clandestins ; que le «droit à la différence» est un passe-droit ; que la «discrimination positive» est une discrimination légalement justifiée ; que «l’islam de France», c’est l’islam en France ; que les «accommodements raisonnables» sont les reculs de la République face à l’islam.

Elle dit également que le «travail» est socialement indispensable ; que la «famille» est une nécessité ; que la «patrie» est incontournable ; que la «haine» est à combattre, comme le «fascisme», c’est-à-dire comme tout régime politique de type mussolinien ; que l«identité» ne peut être nationale qu’en reconnaissant les autres nations, ce que ne fait jamais le «nationalisme» ; que l’«islam» est une religion, non une «race» ; que le «halal» est un label religieux ; que la «civilisation» est un degré d’évolution sociale dans l’ordre moral, intellectuel, artistique et technique ; que la «banlieue» est l’ensemble des agglomérations qui entourent une grande ville : que la «race» désigne les caractères physiques héréditaires représentant des variations au sein de l’espèce.

Elle dit surtout, avec Albert Camus,  que «mal nommer les choses ajoute au malheur du monde». A l’heure où l’on affirme vouloir moraliser la vie politique, il serait temps de mettre en pratique cette belle formule : cela pourrait rendre à la France ce qu’elle est en train de perdre, à savoir l’esprit français !

Maurice Vidal

(1) Du moins le croit-elle.

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