L’esprit laïque français contre tout affichage religieux dans l’espace public

laicitevoileLa soumission dhimmie, en vogue dorénavant en France, a été encore illustrée à l’occasion de l’évocation de l’élue municipale voilée à Argenteuil. On ne peut même pas parler de polémique, car il n’y en a pas eu. Les indignations ont été si rares qu’on a assisté à une nouvelle défaite sur le front de l’islamisation de la France. Bourdin a même donné l’onction médiatique à cette reculade de la République en banalisant le fait, par l’octroi d’une propagande de 10 minutes d’antenne à une autre élue enfoulardée.

De nombreux apprentis-sorciers justifient le droit à cette expression prosélyte islamique au nom de la liberté individuelle. De plus, disent-ils, l’Etat n’aurait pas à interdire l’expression religieuse sur la voie publique, puisque aucune loi n’indique une quelconque interdiction. Pas même celle de 1905, de séparation des Eglises et de l’Etat. Raisonner ainsi, c’est réduire la laïcité à son seul aspect juridique, et c’est nier que la laïcité est, avec nos racines gréco-romaines, judéo-chrétiennes, humanistes et la philosophie des Lumières, un aspect fondamental de l’esprit français.

C’est cette négation de l’esprit laïque français que commet un article du Monde, intitulé « L’espace public doit-il être neutre ? », reflet de toute une défaite de la pensée des Français et de leur renoncement à défendre leurs valeurs. L’interrogation du titre sent déjà bon son renoncement.

Sous un vernis modéré et qui se veut objectif, l’auteur, avec appel à forces sociologues, laisse entendre que la neutralité de l’espace public vis-à-vis des manifestations religieuses ne serait qu’une préoccupation toute récente. En argumentant qu’avec la loi de 2004 interdisant le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse à l’école, pour la première fois, l’exigence de neutralité au regard des convictions religieuses, jusqu’alors réservée à l’Etat et à ses agents, aurait été étendue à des usagers du service public. Avec la loi de 2010 interdisant la burqa, pour la première fois, l’Etat ferait intrusion dans l’espace public pour le neutraliser.

Un autre sociologue évoque que « l’idée s’est répandue que la laïcité serait la privatisation du religieux, réservé au for intérieur, et qu’il faudrait le rendre invisible dans les lieux publics ». Bref, l’article veut faire croire que la laïcité n’a jamais évoqué d’empêcher les manifestations et exhibitions religieuses dans l’espace public. On retrouve là l’arme des tenants d’une laïcité molle, ouverte, inapte à résister aux offensives d’une religion conquérante qu’est l’islam.

Or, n’en déplaise à ces négateurs de l’esprit laïque français, l’aspiration des Français à la neutralité de l’espace public n’est pas une nouveauté. Les Français, croyants ou non-croyants, ont depuis la fin de la lutte entre cléricaux et anti-cléricaux, consciemment et même surtout inconsciemment intégré cette disposition d’esprit, qui, plus encore que la loi de 1905, est la marque de la laïcité. Y renoncer, c’est mutiler une part de nous-même. N’en déplaise aux adeptes d’Habermas, la spiritualité d’un pays ne se réduit pas à ses lois et à une Constitution.

C’est ce qu’avait bien souligné en 2003 Chirac alors président de la République, montrant ainsi qu’il était parfois capable d’avis pertinent : « Jusqu’à récemment, en vertu d’usages raisonnables et spontanément respectés, il n’avait jamais fait de doute pour personne que les élèves, naturellement libres de vivre leur foi, ne devaient pas pour autant venir à l’école, au collège ou au lycée en habit de religion. »

D’ailleurs la loi de 2004 n’était nouvelle que pour ceux qui étaient frappés d’amnésie. En effet, le ministre radical-socialiste Jean Zay avait établi en 1936 et 1937 des circulaires très précises : « Je vous prie d’inviter les chefs d’établissements secondaires à veiller à ce que soient respectées les instructions interdisant tout port d’insignes. […] Vous voudrez bien considérer comme un signe politique tout objet dont le port constitue une manifestation susceptible de provoquer une manifestation en sens contraire […] » ; « […] Il va de soi que les mêmes prescriptions s’appliquent aux propagandes confessionnelles. L’enseignement public est laïque. Aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise dans les établissements […]. »

1905

Enfin, l’article 28 de la loi de 1905 indique bien l’aspiration de l’Etat à ce qu’il n’y ait plus de propagande religieuse au cœur de l’espace public, à l’exception de tout ce qui relève de biens patrimoniaux : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

Cet article est malheureusement incomplet, car il n’envisage pas les emblèmes ambulants que constituent les pièces vestimentaires. Nos législateurs de 1905 ne s’étant pas montrés visionnaires en n’anticipant pas l’intrusion islamique actuelle. Mais qui aurait pu l’envisager à l’époque ?

C’est donc cet esprit laïque aspirant à la neutralité et à l’absence d’affichage religieux au sein de l’espace public, qui a besoin d’être revigoré par un fortifiant. Une loi interdisant l’exhibition religieuse de nos élus, hommes comme femmes, en est un préalable.

Mais plus généralement, un débat doit être initié afin de légiférer, avec l’appui de la majorité de la nation, l’exclusion des signes, emblèmes religieux dans tout espace public ou espace privé à vocation publique tels les commerces. Dans le cas contraire, les leçons, de l’Histoire, et même de l’actualité avec les conflits communautaristes au sein de l’aire islamique, montrent que nous risquons fortement de retourner à des guerres de religion dans notre France, alors qu’on la croyait, il n’y a pas si longtemps, préservée de cette folie.

Jean Pavée

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10 Commentaires

  1. Petite critique… quoique je sois sympathisant de Riposte laïque. Pourquoi tirer régulièrement sur le mariage homosexuel sur ce site ? Je ne vois pas quel est le rapport avec la laïcité. Ce pourquoi je préfère généralement lire Résistance républicaine, mais au fond il y a une grande parenté entre les deux sites. N’est-ce pas, de plus, prendre un risque de disperser l’action de ceux qui considèrent que l’islam n’a pas sa place en Occident et constitue une menace pour les principes républicains ? Et je trouve la ligne éditoriale trop proche de Boulevard Voltaire, du coup. Que l’on puisse considérer que le mariage homosexuel ouvrira la voie à la polygamie est certes un argument de taille en votre faveur, mais trop moraliste à mon avis et surtout, il y a alors l’art et la manière de le faire. La photo avec l’écriture rose « La cage aux folles » me dérange de ce point de vue. C’est dommage…

    • Allons Théodore … il faut relativiser !
      Il va vous falloir choisir votre camp … chez nous au moins personne ne vous prendra au Réverbère parce que vous fréquentez les backstage

    • Moi ce que je trouve dommage c’est qu’aujourd’hui, si on n’est ni pédé, ni muzz, on a l’impression de ne pas être normal …

  2. Moi je méprise ces musulmans sans fierté à l’amour-propre mal placé qui sont venus dans mon pays pour sa qualité de vie , à qui j’ai donné du travail et des allocations sociales payées par mes impôts et qui me remercient en m’imposant la vue des contraintes imbéciles de leur religion d’esclaves dans la sphère publique et jusque dans la cantine de mes enfants … qu’ils espèrent en plus convertir un jour à leur religion obscurantiste et liberticide qui est une insulte à l’intelligence .
    Une religion pour des demeurés mentaux qui t’envoie en enfer si tu ne te mets pas à quatre pattes 5 fois par jour et que tu ne te torches pas le cul avec la bonne main !

    • Idem Moktar nous aussi nous en avons plein les bottes français de papiers (billets de banque, allocs etc…chez eux ils ont l’eau pour la plupart (voir les barrages que les français leur ont laissé en Tunisie, Algérie et Maroc, ils ont le soleil les pelles et les pioches on peut ,leur ,livrer gratis (au lieu de leur donner allocs et retraites à vie et même à mort car de nombreux morts touchent encore leur retraites en AFN°) que leur manque-t-il à part LA COURAGE , PAS UNE SEULE FOIS FOIS CE MOT L0 N EST CITE DANS LE CORAN ALORS ILS SONT EN REGLE AVEC CE BOUQUIN DE MRD. signé paule di Malta

  3. tous ces hurluberlus semblent avoir oublié que cette laïcité est indispensable pour le « bon vivre ensemble », que permettre cet affichage de sa religion par un code vestimentaire marqué c’est créer du communautarisme ce qui débouche sur du racisme et la guerre ensuite comme au Liban !
    les préceptes de la République française complètement foulés aux pieds par ceux qui s’en réclament en permanence !

    • Les arrogants de la nomenklatura nous rebattent les oreilles avec le « vivre ensemble » , mais , dans le même temps, ces tartuffes favorisent le communautarisme coranique, histoire de mieux nous bâillonner et asservir.

  4. il faudrait quand même que Sarkozy fasse le ménage dans son parti car ce n’est pas en tolérant des voilées sur les listes municipales LR qu’il gagnera des voix.

  5. L’État français a toujours baissé son froc plus vite que son ombre et plus bas que l’abuseur ne le demandait. Quand ce connard d’Anselin a fait édifier, en partie avec des fonds publics, la statue de l’enflure vaticane sur une place publique de PLOËRMEL, à part Guillaume et son groupe de résistants qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient, tous se sont laisser mettre, Président, ministres, députés, sénateurs, préfets et sous-préfet, magistrats, pas un seul n’a fait l’effort de faire respecter la loi de 1905. Depuis, d’autres maires ont dirigé la commune et pas un n’est allé jeter la verrue vaticane dans le jardin à Anselin. La laïcité doit être moelleuse, tout le monde s’assoit dessus !

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