L’État profond américain veut-il la peau d’Elon Musk ?

Le 2 décembre dernier, le journaliste d’investigation Matt Taibbi révélait sur le compte Twitter du nouveau patron de Twitter, Elon Musk, comment l’ancienne équipe dirigeante avait fait de l’entreprise un temple de la bien-pensance, en censurant des messages dérangeants pour certaines personnalités, démocrates comme de juste.

Selon Taibbi, jusqu’à 2020, des demandes de censure émanant aussi bien de la Maison-Blanche, sous la présidence de Donald Trump, que du cabinet de campagne de Joe Biden, étaient « reçues et honorées » par la direction de Twitter. Mais comme le personnel des cellules de censure était en quasi-totalité démocrate – par le même phénomène sociologique qui veut qu’en France la quasi-totalité des journalistes des médias mainstream soient de gauche –, les « désactivations » finirent par ne frapper que des personnalités républicaines, leurs adversaires démocrates étant quant à eux protégés par les cellules dédiées.

C’est ainsi qu’en octobre 2020, le New York Post publia un long article sur les turpitudes d’Hunter Biden en Ukraine à une époque où son père Joe Biden était le vice-président de Barak Obama. L’article se fondait sur les e-mails trouvés en 2019 sur un ordinateur portable porté en réparation dans un atelier du Delaware et « oublié » par son propriétaire qui n’était autre – de nombreuses expertises l’ont confirmé – que Hunter B. soi-même. Ces mails étalaient entre autres les liens troubles entre Hunter B. et un oligarque ukrainien, Mykola Zlochevsky, propriétaire de la holding Burisma, la plus grande entreprise privée de production de gaz naturel en Ukraine. Les mails échangés entre les deux hommes contredisaient les affirmations de Biden père selon lesquelles il n’était jamais intervenu dans les « affaires de son fils Hunter à l’étranger ».

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Commentaire de Matt Taibbi : « Twitter a pris des mesures extraordinaires pour supprimer cette histoire, en supprimant les liens et en affichant des avertissements indiquant qu’elle pouvait être “dangereuse”. Ils ont même bloqué sa transmission par message direct, un outil jusqu’ici réservé aux cas extrêmes, par exemple la pornographie enfantine. » Édifiant.

La responsable juridique, politique et financière de Twitter, Vijaya Gadde, joua un rôle-clé dans cette affaire de giga-censure.

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Dès son arrivée à la tête de Twitter fin octobre 2022, Musk opère des mesures de licenciements massifs dans le but de rendre l’entreprise profitable. Selon Musk, au moment de son rachat, Twitter perdait quatre millions de dollars par jour.

Cette diminution drastique du nombre de salariés de l’entreprise inquiète l’État profond américain – en quasi-totalité gagné à la cause démocrate – en ceci que Musk entend « économiser » sur les cellules de censure particulièrement à l’honneur sous l’ancienne équipe dirigeante.

Elle inquiète aussi du côté de Bruxelles, pour les mêmes raisons : la Commission européenne s’interroge sur la manière dont le réseau social ainsi reconfiguré par Musk pourra se conformer au « Digital Services Act » (DSA), un ensemble de règles pour « responsabiliser les plateformes numériques » et « lutter contre la diffusion de contenus illicites ou préjudiciables » [N.d.A. : comprendre « préjudiciables aux élites bienpensantes »…]. La DSA doit entrer en vigueur en février 2024. En cas d’infraction, les amendes prévues peuvent atteindre 6% du chiffre d’affaires mondial annuel de la société visée à ce titre. Une somme qui, dans le cas de Twitter, pourrait se monter à 180 millions de dollars US par infraction. De quoi couler sûrement le réseau social…

Par l’intermédiaire de Matt Taibbi, Musk démonte les critiques qui l’accusent de libérer la parole sur son réseau social au risque de promouvoir la désinformation.

Pour Musk, ses détracteurs ont bonne mine de le critiquer sur une possible désinformation, alors qu’ils ne se sont pas gênés pour pratiquer la censure la plus débridée. Sur son propre compte, Matt Taibbi annonce que les révélations sur les méthodes de censure de l’ancienne équipe Twitter ne font que commencer…

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Mais les élites ont, semble-t-il, d’autres arguments en poche pour faire entendre raison à Musk. C’est ainsi que lors d’une discussion samedi 3 décembre – soit le lendemain de l’intervention de Matt Taibbi sur le compte de Musk – sur le Twitter Spaces, à propos de la liberté d’expression, le nouveau patron de Twitter a déclaré qu’il y avait « certainement un risque » pour sa sécurité personnelle :

« Franchement, le risque que quelque chose de grave se produise, ou même que je sois carrément assassiné, est assez important. Je ne ferai certainement pas de défilés de voitures en plein air, permettez-moi de le dire ainsi [N.d.A. : allusion à l’assassinat de J.F.K.] Ce n’est pas si difficile de me tuer si quelqu’un le voulait, alors j’espère qu’ils ne le feront pas. Je n’ai aucune pensée suicidaire. Si [on vous annonce que] je me suis suicidé, ce n’est pas vrai. »

Musk a rappelé l’importance de la liberté d’expression : « Nous devons donc nous battre de toutes nos forces pour conserver la liberté d’expression. » Ajoutant que les révélations de #TwitterFiles ont montré que Twitter « avait agi comme un bras du Comité national démocrate à l’approche des élections présidentielles de 2020 ».

Musk a alors enfoncé le clou :

« Il y aura prochainement d’autres révélations qui obligeront les médias sociaux à prendre exemple sur Twitter. Nous allons faire en sorte que toutes les informations soient accessibles au public et cela obligera les autres sociétés de médias à être également plus consciencieuses, sinon elles perdront leur audience. »

Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni 

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4 Commentaires

  1. Monsieur Musk à la chance d’être connu et il peut donc être entendu lorsqu’il annonce qu’il n’a pas l’intention de suicider pour le cas où on le retrouverai mort bientôt. Corine Gouget n’a pas eu cette chance avant de se « jeter sous un train » alors que son livre allait sortir. Ni cette femme qui s’est « noyée » à Saint Malo à 23h00, alors qu’elle avait un rdv à 08h00 le lendemain à Paris pour des révélations sur brichel.

  2. il est obligé d’aller au front seul, face à un peuple perpétuellement gauche-droite/démocrate/républicains soumis à la puissance d’un pouvoir normalement élu ou par la fraude et dont le pouvoir judiciaire se fixe automatiquement à la remorque, il n’y a que des kannie west et elon musk pour tenter d’unifier si possible les forces groupées de résistance qui attendent le feu vert pour se dire c’est le moment de foncer ; c’est du moyen-long terme. de toutes manières, s’ ils abattent les 2 ils en auront d’autres qui les remplaceront, c’est la Loi Divine.

  3. Elon Musk, c’est Trump, ou à un moindre niveau c’est en France Bolloré.
    Ces chevaliers du capitalisme débridé veulent faire toujours plus de fric pou eux, en se libérant du carcan de la finance mondialiste. .
    Toujours plus, c’est le moteur, le « pétrole » du capitalisme.
    Mais le temps n’est plus aux cavaliers seuls. La finance mondialisée veut et DOIT TOUT contrôler.
    Aujourd’hui, les Bilderberg, les G20-10, 5… et bientôt le grand « G » tout seul veulent contrôler toute la planète financière. SEULS!
    Seuls les peuples pourraient empêcher la mondialisation.
    Mais il n’y a plus de grands courants politiques Nationaux -et non mondialistes- pour fédérer ce combat pour notre survie Française.
    Le RN aux portes de l’exécutif, oui! Mais avec les diviseurs qui s’agitent en face, l’Union Nationale n’est pas pour 2027!

  4. tant qu’il menace il ne lui arrivera rien, s’il publie, il sera dans la ligne de mire d’un colt

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