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Lettre à mes amis juifs à propos du Front National

Une partie de nos concitoyens, de confession juive (mais pas seulement), se laisse porter par un courant de vindicte et d’aversion viscérale pour le Front National, mettant en avant cette antienne éculée -, selon laquelle ce parti politique serait antisémite – à l’endroit des juifs essentiellement – mais «islamophile », comme le sont les partis – Front de Gauche, Parti Socialiste, MoDem et autre Droite Molle qui eux montrent – depuis longtemps et encore – leur islamo-compatibilité.

Ils font preuve notamment, d’une bien mauvaise connaissance des hommes qui ont fondé le Front National et de leurs intentions. De vrais patriotes au-dessus de tout soupçon de compromission (Roger Holeindre, Jean Marie Le Pen et bien d’autres). Là où cela devient démocratiquement et humainement gênant, c’est que les opposants au Front National s’adressent maintenant, également, aux «imbéciles », aux «idiots » et autres «incultes » qui composent le corps des électeurs fidèles à ce parti dont je me compte parmi. Il est aisé d’observer cette animosité, par exemple, chez nos compatriotes de religion juive proches de la LICRA (un paradoxe), ou bien encore chez les «Insoumis «(sauf à l’Islam) mais également, ce qui est beaucoup plus gênant, chez la plupart des membres qui se revendiquent d’une droite républicaine et patriote.

S’agissant de nos compatriotes de religion juive, j’ai depuis longtemps autour de moi des amis de cette confession. Je respecte toujours leurs positions comme ils sont toujours très assidus à respecter les miennes, pourtant pas toujours au diapason. On en discute, on en convient ou disconvient, mais toujours dans l’espoir de faire un peu de chemin, dans un sens ou bien dans l’autre, pour tenter de se rejoindre.

Je laisse de côté les contempteurs historiques de la droite molle, présents sur les fils de discussion des réseaux sociaux, qui nous imposent leurs courts et stériles avis insignifiants, sans apport constructif au débat autre que des onomatopées indigentes habituellement réservées aux dialogues des adolescents.

S’agissant de la majorité intelligente et «raisonnante » de nos amis de confession juive, il me semble que leurs réactions, bien compréhensibles, tiennent en premier lieu au fait qu’ils sont, pour la plupart, pratiquants assidus de leur religion. Je respecte cette pratique comme je respecte celles des autres religions, en précisant toutefois que les juifs n’ont jamais revendiqué une visibilité, une exigence ou une prééminence comme le font les musulmans, dont la voix du muezzin, le foulard, les prières de rues et autres indélicatesses sociétales sont des provocations carrément insupportables.

Malgré tout, il faut comprendre la position des dirigeants du Front National même si, disons-le, elle reste à clarifier sur certains points. Ils se placent sous l’angle strict de la loi de 1905. Dès lors, il n’y a pas à faire une différence entre les citoyens, quelle que soit leur religion. Cela dit, soulignons que beaucoup de nos compatriotes juifs ne portent pas la kippa en dehors de leurs rites religieux, à la synagogue ou à la maison, respectant en cela le principe de laïcité. Il faut même être parfois très perspicace pour connaître leur religion.

La loi de 1905 n’est pas une loi laïcarde «culticide »

La stratégie du Front National consiste, comme n’importe lequel des partis prétendants à la magistrature suprême, vise à rassembler tous les Français. Pour cela, elle doit faire abstraction, puisque c’est là l’un des socles de notre démocratie, de toute interférence religieuse dans la construction de son programme. Elle ne peut en effet clairement pas annoncer que « seuls les juifs, les chrétiens et les bouddhistes auront le droit de porter leurs signes religieux, car ils ne troublent pas l’ordre public, les musulmans eux, n’y étant pas autorisés. » Ce serait une infraction à la loi sur la laïcité. Même s’il est parfaitement louable et juste de rappeler les origines judéo-chrétiennes de la France, il n’est pas nécessaire de considérer tel ou tel citoyen comme un Français de moyenne qualité parce qu’il ne serait pas juif ou chrétien.

Sur ce point, mettre dans le cœur d’un programme électoral la notion de chrétienté. C’est ce que fait par exemple le micro «Parti de la France » dont le dirigeant, Carl Lang, qui a été durant quarante ans membre du Front National, rappelons-le, défend l’héritage chrétien de la France et de l’Europe. Cela me semble contre-productif. Être Français, ce n’est pas être obligatoirement chrétien, comme nous l’avons vu plus avant, car cela exclurait de facto le sentiment d’appartenance, notamment de nos concitoyens juifs, bouddhistes, agnostiques et athées, ces derniers n’étant pas obligatoirement des “laïcards” ! Précisons ici également que lorsque l’on ne représente qu’une infime partie du corps électoral, il semble difficile d’accéder au pouvoir, sauf à le prendre de force. Ce n’est pas l’idée que je me fais d’une démocratie. En revanche, si tous ces micro partis, avec l’aile majoritaire de la droite traditionnelle aujourd’hui dirigée par Laurent Wauquiez, acceptaient de faire « Front Commun » avec le Front National, il deviendrait possible de faire avancer le pays dans la bonne direction électorale. Nous en sommes loin, les ego semblent plus importants que les ergots du Coq national qui pourrait enfin se (re)dresser ! Malheureusement, ce n’est pas le nouveau nom du Front National – Le Rassemblement National – qui apportera la solution. Pas plus que « l’altruisme électoral » des autres partis, mis à part, peut-être celui de Nicolas Dupont-Aignan qui a montré et montre toujours sa clairvoyance sur ce point.

Le Front National doit être juste dans l’équilibre des contraintes de visibilité des religions dans l’environnement social et cultuel en France. Mais, sur ce point, il convient d’être ferme, contrairement à tous les dirigeants que nous avons eus depuis quarante ans : dès que le seuil de tolérance est franchi – comme il l’est depuis longtemps s’agissant des musulmans avec leur agenda politique de conquête -, la visibilité dans notre démocratie n’est plus de mise ; sauf à être aveugle !

Dans certains pays comme le nôtre, il y a encore quelques décennies, notamment entre 1950 et 1970, les communautés juives, chrétiennes et musulmanes – cette dernière dans une moindre mesure car ses fidèles étaient alors très peu nombreux, discrets et tentaient de s’assimiler -, s’entendaient bien. Il existe encore aujourd’hui – un très petit nombre, j’en conviens – de musulmans, – vous en connaissez, j’en connais et nous pouvons sincèrement en convenir – qui pratiquent silencieusement leur religion sans faire de bruit. Si discrètement que l’on se demande s’ils en ont une. En revanche, dans le cas maintenant possible où un pouvoir islamisé viendrait à la tête du pays, on peut légitimement se demander si ces Français de confession musulmane discrète, feraient allégeance aux règles d’un Saint-Coran rigoriste et à la Charia, au lieu d’obéir strictement à celles de notre République. La question se pose très sérieusement aujourd’hui !

Ces quelques lignes n’emporteront pas l’adhésion de ceux qui vouent une haine viscérale, souvent irrationnelle et irraisonnée au Front National, (dont certains ne sont pas de confession juive, je vous rassure, mais chrétienne ou « laïcarde”). Elles auront pourtant le mérite d’une tentative de clarification nécessaire aujourd’hui devant le déluge de la désinformation qui touche essentiellement le Front National en France, seul parti de réelle opposition, à la condition d’un aggiornamento sérieux – pas seulement sur le nom – mais aussi sur le meilleur des dirigeants qu’il pourrait se donner pour continuer le combat.

Je souligne également que le Front National n’est pas exempt de critiques. Mais il a au moins le mérite d’être clair depuis toujours sur une ligne idéologique structurée – même si elle a connu quelques avatars – face à celles des autres formations qui ont, malgré leurs grandes envolées patriotiques, mené la France dans une impasse, idéologique, économique et sociale, fortement dangereuse pour son avenir.

La grande priorité aujourd’hui est le nettoyage drastique de la chienlit qui pollue et pourrit la France – suivez mon regard en direction de La Mecque ou de la rue de Dunkerque à Paris, pour ne citer qu’eux – et l’union des (vraies) droites. Ensuite, nous pourrons ensemble nous attaquer aux autres problèmes, économiques, sociaux et culturels de notre pays en grande souffrance.

Patriam sana in societas sana !

Jean-Louis Chollet