Mgr Dubost, en un mot, vous trahissez

Publié le 20 juin 2015 - par - 1 918 vues
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DubostMonseigneur,

A votre tour, vous éprouvez le besoin d’entrer dans la danse de mort au bout de laquelle, ivre, matraquée de toutes parts, vidée de ses dernières forces, la France, votre patrie livrée à l’encan, est supposée se savoir purement et simplement rayée de la lignée des civilisations.

http://oumma.com/220720/leveque-devry-prefere-eglises-deviennent-mosquees-plu?

Par cette affirmation sur laquelle vos pires ennemis se jettent comme le rapace sur la brebis égarée, vous êtes aussi entré, Monseigneur, par ces mots terribles, dans la vaste famille de la forfaiture française, négatif de notre Histoire où copulent, enlacés, Cauchon et Bousquet, Concini et Ganelon, Boudarel et vous-même béatifié par un Laval de passage à Sigmaringen.

« Plutôt des mosquées que des restaurants », dites vous. Quelle méconnaissance du génie de notre nation, qui a su, en maints endroits, donner à des vieilles pierres à l’abandon un souffle nouveau en en faisant tout simplement des lieux de mémoire et de fête. Comptera-t-on les abbayes, couvents, cloîtres promis aux ronces et au salpêtre, réanimés pour qu’on y célèbre la jolie musique des mariages, des baptêmes, des anniversaires, des réunions d’anciens et, sans doute dérisoire à vos oreilles de vieillard sans affect, celle d’un Schubert, d’un Mozart, d’un Bach ou d’un Prokofiev sous les doigts et les gorges inspirés d’un Casals espagnol, d’un Ciccolini italien, d’une Kanawa japonaise ou d’un Menuhin, juif universel en qui se rassembla tout entier le talent d’un Dieu amoureux de ses créatures.

La chrétienté, Monseigneur, ce luxe fécond que le caprice des hommes se sera offert pendant deux mille ans, meurt par des gens comme vous. À la sécheresse de votre visage et de votre coeur répond la voracité des prédateurs que vous faites, d’un trait de votre acide et méprisant désamour pour nous, propriétaires de votre domaine sacré. Fatigué, rictus aux lèvres, incapable de répondre au désarroi immense de vos ouailles, vous rendez enfin la clé du sanctuaire à ceux qui, tant de fois, se brisèrent les dents sur elle. En un mot très simple, vous trahissez. Voyez la joie à peine masquée de vos prochains maîtres ; elle est l’exact reflet de votre défaite.

Votre orgueil, dérisoire, en devient méprisable. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Quand votre devoir serait de dresser votre communauté contre sa mise sous tutelle programmée, vous livrez gens et choses, comme on le fit autrefois de comtés, de royaumes, de peuples, de communes destinées. Peut-être serait-il pertinent de demander aux intéressés d’aujourd’hui ce qu’ils en pensent. Qu’importe en effet la vacuité des églises et chapelles de France si leur silence, leur grâce, leur seule présence, autorisent que l’on y retrouve, esseulé, des choses de soi et des autres enfouies, oubliées, perdues ?

Ce sondage n’aura jamais lieu. La grande braderie a commencé, dont vous êtes le moteur.

Alors, croyez-vous que nous laisserons se courir cette étape supplémentaire vers l’hôtel de passe que des Attali, des Cambadelis, des Plenel, appellent de leurs sordides fantasmes ? Ici, au risque de vous décevoir, je vous dis qu’il ne peut plus en aller ainsi, car si des autorités morales comme vous se couchent afin qu’on les laisse dormir, il en est d’autres qui sont prêtes à prendre les décisions que votre petite lâcheté de prélat dédaigné vous empêche manifestement d’assumer.

Alain Dubos

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