Lettre ouverte aux évangélisateurs de l’Année de la foi

Publié le 3 septembre 2012 - par - 774 vues
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J’ai reçu de la revue Transmettre une information sur l’importance particulière du rôle des évangélisateurs de l’enfance durant l’année qui vient, et que le pape a déclarée Année de la foi. Parce que je crois moi aussi que ces évangélisateurs vont avoir à remplir un devoir de la plus haute importance, je crois utile de rendre publique ma réponse à la revue Transmettre.

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Chers amis évangélisateurs,

Benoît XVI vous dit que cette année sera l’Année de la foi, l’année du catéchisme, l’année de la redécouverte du Credo.

En 2012, en ce début de troisième millénaire, ce dont les enfants du catéchisme ont le plus grand besoin c’est que disparaisse la justification de la violence commise au nom de Dieu.

En rédigeant l’actuel catéchisme, ses rédacteurs – dont le responsable était le futur pape Benoît XVI – n’ont pas fait leur devoir et ils ont maintenu cette justification.

C’est donc toujours avec la complicité partielle et indirecte – mais bien réelle – de l’Eglise catholique que des musulmans tuent et maltraitent au nom de Dieu.

Cette persistance dans l’erreur gravissime des fondateurs du catholicisme est une trahison du merveilleux prophète juif Jésus par les catholiques et autres chrétiens qui se disent – et presque toujours se croient – ses fidèles disciples.

Les enfants du monde d’aujourd’hui et de demain semblent alors fatalement destinés à subir une violence islamique toujours plus grande comme on le voit, depuis quelques années déjà, en France et en Europe.

Le 15 septembre 2001, quelques jours après l’épouvantable attentat du 11 à New York, j’ai adressé un manuscrit à un premier éditeur : Pour en finir avec la violence religieuse. Il était prêt depuis plusieurs semaines et je n’ai eu, pour l’actualiser, qu’à ajouter quelques lignes à la conclusion. Elle se terminait ainsi :

« Encore aujourd’hui les religions justifient, cultivent, enseignent la violence religieuse, créant ainsi de dangereux schizophrènes. Pour en finir avec la violence religieuse il faut que cela cesse. Il faut exiger des religions qu’elles se rendent, dans l’interprétation de leurs textes sacrés, compatibles avec les droits de la personne humaine. Cette exigence ne doit pas être celle du monde athée contre le monde religieux, ni celle des religions les unes contre les autres. Elle doit être celle de tous les adeptes – croyants de toutes les religions, agnostiques et athées – de la communauté humaine tolérante, pacifique, égalitaire et solidaire. »

N’ayant pu publier mon manuscrit, adressé par la suite à une quarantaine d’éditeurs, j’ai renouvelé ma proposition sous diverses formes dans des interventions sur Internet.

En décembre 2007, puis encore en novembre 2009 en m’adressant à Irina Bokova nouvelle Directrice de l’UNESCO, j’ai tenté d’attirer l’attention sur le manque essentiel dans la belle démarche que constituait la Décennie au profit des enfants du monde.

Je commençais mon premier article en mettant en parallèle l’ignoble égorgement d’un otage américain par des islamistes devant une caméra vidéo, en 2004 en Irak, avec l’égorgement de 450 faux prophètes par « le bon prophète Elie » de la Bible. (1)

J’ai poursuivi ma démarche avec la publication de Benoît XVI, premier responsable de la violence religieuse. Mon titre, pas complètement faux mais délibérément provocateur visait surtout à attirer l’attention des croyants catholiques, les premiers concernés. Mais c’était une erreur, et j’ai pu constater dans mon entourage très chrétien que leur lecture et leur réflexion n’était guère allée au-delà de ce titre. (2)

Beaucoup d’autres articles ont précisé ma demande ici ou là sur Internet, mais c’est surtout celui qui met en relief le livre essentiel de Jean-Marie Muller sur la violence religieuse que je conseille aux chrétiens (3)

Plus récemment le livre Qui est Dieu ? de Jean Soler m’a confirmé dans une certitude : c’est tout de suite après Auschwitz que le judaïsme et le christianisme auraient dû rejeter fermement et publiquement leur croyance en une juste criminalité de Dieu.

Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

C’est une horreur désormais inexcusable que de continuer d’enseigner aux enfants du catéchisme que les maltraitances et massacres divers – allant jusqu’à de très explicites  génocides – attribués à Dieu dans l’Ancien Testament le sont avec raison « pourvu qu’on sache bien les interpréter ».

Vous devez, chers amis évangélisateurs de l’Année de la foi, en être conscients, et c’est le seul véritable message d’amour et de paix contenu dans les Evangiles que vous devez enseigner aux enfants, pas l’épouvantable justification de la violence attribuée à Dieu et que les religieux dogmatiques ont tenu à répéter aussi, une fois de plus, dans le catéchisme.

Vous avez aussi, je crois, à mettre le clergé de votre Eglise, son Pape et son Magistère devant leur immense responsabilité.

Pierre Régnier

ancien militant de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne

(si je précise cela c’est que, chaque fois que j’interviens contre les bases théologiques de la violence religieuse je le fais à partir des valeurs apportées chez moi par la JOC des annés 50, et que je n’ai jamais rejetées).

(1)    http://www.centpapiers.com/la-decennie-au-profit-des-enfants-du-monde-va-finir-en-catastrophe/76309

(2) à cause d’une erreur personnelle de mise en page la lecture en plusieurs fois sur Agoravox n’est pas la plus aisée et je conseille plutôt de cliquer sur l’une des deux autres adresses

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/benoit-xvi-premier-responsable-de-82099

http://www.centpapiers.com/benoit-xvi-premier-responsable-de-la-violence-religieuse-1/38279

http://blog.sami-aldeeb.com/2011/09/18/benoit-xvi-premier-responsable-de-la-violence-religieuse/

(3)      http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/il-faut-desarmer-les-dieux-80663

 

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