Leur obsession de l’extrême droite les rend aveugles

La bête immonde est de retour. Qu’on se le dise ! Depuis le temps qu’on l’annonçait ! Il a suffi d’une opération de police dans les Bouches-du-Rhône pour interpeller une dizaine de jeunes qui s’apprêtaient, paraît-il, à commettre une série d’attentats. Rien de très précis n’est cependant sorti des auditions. Les projets d’attentats auraient visé des personnalités politiques comme Christophe Castaner et Jean-Luc Mélenchon, mais aussi des mosquées aux dires des enquêteurs. Tout cela reste bien vague, sent l’amateurisme… et surtout le coup monté. De quoi, néanmoins, apporter de l’eau au moulin de Patrick Calvar, l’ex-patron de la DGSI qui avait déclaré en mai 2016 devant la commission de la Défense nationale que ses services étaient « en train de déplacer des ressources pour (s’) intéresser à l’ultra-droite qui n’attend que la confrontation ».

Les fins limiers de l’antiterrorisme ont eu beau chercher, ils n’ont pas trouvé chez ces « dangereux terroristes » le moindre préparatif en vue d’un passage à l’acte. « Ce n’était franchement pas la bande la plus sérieuse qu’on ait arrêté ces derniers temps » a reconnu Gérard Collomb. Ce qui n’a pas empêché le juge d’instruction de les mettre en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et de les mettre en prison.

Qu’importe qu’il s’agisse d’une équipe d’amateurs, plus familiers des réseaux sociaux que du maniement des armes. Il fallait jeter en pâture à l’opinion publique le vieux fantasme du « danger de l’extrême droite », obsession permanente du monde politico-médiatique depuis des décennies.

Quelques jours plus tôt c’est encore l’extrême droite qui avait été utilisée comme repoussoir politique par le gouvernement. Agacé par l’appel aux « casserolades » lancé par Mélenchon contre la réforme du code du travail, Gérard Collomb a bien tenté, tout comme le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, de discréditer l’initiative du leader de la France insoumise en glissant que « c’était au Chili que l’extrême droite tapait sur des casseroles sous Allende ». Une affirmation infondée car s’il est vrai que les poujadistes dans les années cinquante, tout comme les partisans de l’Algérie française quelques années plus tard, organisaient des concerts de casseroles pour se faire entendre, les « casserolades » ne sont pas l’apanage de la droite. Nombre de mouvements politiques y ont eu recours ces dernières années, tant en Islande, durant la crise financière de 2009, qu’en Espagne avec le mouvement des « Indignados » dans les années 2011 et 2012.

Une obsession de l’extrême droite qui vire même parfois carrément à la paranoïa. Ainsi, après le meurtre des trois militaires en mars 2012 à Toulouse et Montauban, les enquêteurs avaient-ils envisagé un temps la piste de l’extrême droite avant de découvrir que ces attentats avaient été commis par l’islamiste Mohammed Merah, « le tueur en scooter » !

Tout est bon pour accuser l’extrême droite et manipuler l’opinion 

On se souvient de l’affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990 et de l’énorme émotion qu’elle avait suscitée en France. Avant même l’ouverture de l’enquête, le Premier ministre Laurent Fabius tient le Front national comme responsable et le ministre de l’Intérieur Pierre Joxe a même, à ce qu’il dit, le nom des coupables « dans une enveloppe ». Or, le Front national n’avait rien à voir ni de près, ni de loin avec cette macabre mise en scène, comme l’enquête allait le montrer.

Personne n’a oublié l’affaire Méric. La violente bagarre qui avait opposé, le 5 juin 2013 à Paris, des skinheads à des militants d’extrême gauche, au cours de laquelle le jeune militant antifa Clément Méric, 18 ans, avait trouvé la mort. Sans rien connaître des circonstances de la rixe, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur de l’époque, avait désigné les coupables. Il parlait « d’assassinat » et de « résurgence des violences d’extrême droite ». Sur le champ il décidait de dissoudre l’organisation « Troisième voie » et son service d’ordre, les « Jeunesses nationalistes révolutionnaires ».

Or, l’enquête établira que la rencontre entre les deux groupes de militants était « fortuite » et le juge ne retiendra pas la préméditation. Les skinheads seront poursuivis pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Mais le mal était fait. Pour l’opinion publique, peu importait qu’il fût ou non l’agresseur, le jeune Méric était mort sous les coups de militants d’extrême droite. CQFD.

D’extrême droite, donc forcément coupables !

C’est ce postulat qui conduit les juges à avoir la main beaucoup plus lourde lorsqu’il s’agit de juger des patriotes. Qu’on prenne l’affaire des jeunes identitaires de Poitiers jugés le 20 octobre dernier pour l’occupation du toit d’une mosquée en construction. Cinq ans jour pour jour après les faits, ils sont poursuivis sur plainte de l’UOIF pour « provocation à la haine raciale ou religieuse et dégradation de bien appartenant à autrui ». Leur crime ? Avoir déployé sur le toit de l’édifice une banderole « génération identitaire » et mouillé quelques tapis de prière, parce qu’il pleuvait ce jour-là. Une occupation de six heures, pacifique et plutôt bon enfant. Or, il s’est trouvé un procureur pour réclamer à l’encontre des cinq jeunes prévenus 12 mois de prison avec sursis et une amende de 70 000 euros. Qu’aurait-il requis si les occupants avaient souillé les murs, moqué l’islam, voire dégradé le bâtiment ? Le tribunal rendra son jugement le 7 décembre. Espérons qu’il saura raison garder dans ce dossier où il n’y a pas de quoi fouetter un chat, même mécréant.

Casser la figure d’un député FN ne vous vaudra par contre que six mois de prison avec sursis. C’est la peine que le tribunal de Béthune a « infligée » aux deux agresseurs de Ludovic Pajot, député frontiste du Pas-de-Calais. Le benjamin de l’Assemblée nationale se trouvait dans un bar de sa circonscription lorsqu’il a été pris à partie et violemment frappé – cinq jours d’ITT – par plusieurs individus se réclamant de « l’extrême gauche antifa ».

Cette extrême gauche qui, décidément, peut tout se permettre dans notre pays, même brûler une voiture de police avec ses occupants à l’intérieur, comme ce fut le cas le 18 mai 2016, quai de Valmy à Paris lorsque des individus ultraviolents s’attaquèrent à coups de barres de fer et de cocktails molotov à un véhicule dans lequel avaient pris place l’adjoint de sécurité Kévin Philippy et sa collègue. Si ce jour-là il n’y eut pas de victime, c’est uniquement grâce au professionnalisme du policier qui sut garder son sang-froid et s’interdit de sortir son arme pour se dégager alors que, prisonnier de son véhicule en flammes, il était frappé à coups de barres de fer par l’un de ses agresseurs.

Le procès était placé sous très haute surveillance du fait de la présence dans la salle d’audience d’un public venu en nombre soutenir les prévenus. Sur les neuf mis en cause, deux ont été relaxés, bien que le tribunal ait reconnu leur participation à la manifestation interdite, mais pas aux violences. « Le seul fait de se dissimuler le visage ne suffit pas à caractériser l’existence d’une participation à un mouvement violent », avait estimé, bon prince, le président. Les autres ont été condamnés à des peines de 4 à 5 années de prison assorties partiellement du sursis. La plus lourde condamnation – 7 ans de prison – ayant été prononcée à l’encontre d’un citoyen suisse actuellement en fuite. C’est lui qui aurait provoqué l’incendie du véhicule en jetant un fumigène par la vitre arrière brisée.

C’est encore des militants de la mouvance d’extrême gauche qui ont organisé, le 12 octobre dernier, une « chasse aux DRH » dans le Bois de Boulogne, à proximité du Pré-Catelan, là où se tenait un congrès des DRH. 80 individus, dont une trentaine étaient cagoulés, ont mis le feu à des véhicules à proximité du lieu de la réunion et tenté de s’introduire dans l’enceinte d’un gymnase avant d’affronter les forces de l’ordre à coups de projectiles. La police a procédé à une quarantaine d’interpellations. Cinq casseurs seulement comparaîtront devant la justice pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, attroupement armé ou dégradations volontaires par incendies.

Nombreux actes de vandalisme

Il serait temps que les hommes politiques, les journalistes et toute la gauche bien-pensante cessent de jouer à se faire peur en agitant en toutes circonstances le « danger de l’extrême droite ». Il est urgent qu’ils changent de logiciel et considèrent avec moins d’indulgence la violence de l’extrême gauche qui se développe en France avec des groupes de plus en plus agressifs et dangereux.
Ce sont des militants de cette mouvance de l’ultra-gauche qui ont brulé des véhicules et causé d’importants dégâts matériels au cours de ces dernières semaines dans plusieurs casernes de gendarmerie à Grenoble et Meylan, dans l’Isère, ainsi qu’à Limoges.
Ce sont aussi des groupuscules d’extrême gauche qui ont revendiqué les nombreux actes de vandalisme commis depuis le 31 mai contre la société Enedis (ex-ERDF) dans la Drôme et l’Ardèche, au cours desquels des dizaines de véhicules et plusieurs antennes-relais ont été détruits par le feu.

Or, aucun de ces terroristes n’a encore été arrêté. Tout occupé à traquer les patriotes, le système politico-judiciaire n’a rien vu venir et se trouve aujourd’hui confronté à une violence qu’il n’avait pas prévue. Il est urgent qu’il se ressaisisse sous peine de voir resurgir les fantômes d’Action directe des années soixante-dix et quatre-vingt.

Alain MARSAUGUY

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14 Commentaires

  1. Il faudrait dire aux gens autour de nous (j’essaie de le faire) : Qu’entend-on par « extrême droite » ?
    – Le terme « extrême » désigne la violence et le non respect des lois, pas les partis politiques officiels comme le FN, dont les adhérents ne sont pas des délinquants ni des gens qui violent les lois.
    – Sachant cela, l’extrême droite réelle ne représente qu’une infime minorité de personnes, sans doute quelques « skinheads » et autres néo nazillons tarés.
    – Mais avec la même définition, l’extrême gauche, c’est une autre histoire : tous les casseurs blacks blocs, les zadistes, les antifas, les caillasseurs de flics, de pompiers, les brûleurs de voitures, les nuit debout, les militants antifascistes, etc, etc…
    Ça fait du monde ! Donc comme toujours, 2 poids 2 mesures.

  2. La Dialectique « Droite/Gauche » continue !
    Un Troisième larron s’est introduit ! L’ISLAM !
    Ultra Gauche pardonnée, Extrême Droite condamnée, islam oublié !
    Le Tiercé gagnant ?

  3. Copains-coquins, ça ne date pas d’hier.
    Depuis 1789, la bourgeoisie a pris le pouvoir, remplaçant la noblesse déliquescente. Ultra libéraux et socio libéraux, ces deux larrons ont toujours conservé le pouvoir, malgré les soubresauts de l’histoire, le stalinisme et l’hitlérisme.
    UMPS ou nigôchenidroate macroniste, c’est du pareil au même.
    Aucune voix ne s’est élevée à droite, pour condamner avec force le décret macroniste qui interdit de prononcer le mot « race », ce qu’aucune dictature n’avait jamais osé. L’insipide Accoyer a-t-il déposé un recours contre l’inique et totalement injuste suppression partielle de la taxe d’habitation, contre la fiesta annoncée pour mai 68-2018? Qu’ont-ils fait, sinon s’agiter devant les caméras, pour dénoncer avec force la fin de l’état d’urgence?

  4. CETTE OBSSESSION de l’ extrême- droite ( comme ils disent pour nommer les nationalistes francais patriotes ) ne les rend pas aveugles ( pourquoi aveugles ? ) .. Ca les rend malades c’est plus juste . Ce sont eux les persécuteurs , les tortionnaires et les garde-chiourmes ce n’est pas l’inverse !

  5. La résurgence du nazisme et du fascisme brandie comme un épouvantail par une gauche démonétisée depuis longtemps paralyse la droite et l’empêche de penser et d’agir juste… Si Wauquiez est élu, il faudra qu’il nous sorte de cette impasse mortelle !

  6. quant à birato, ça ressemble fissa à une entité impérialiste hispanique d’ext-gauche en action……modèle économique souhaité ? toute l’amérique du sud sociétalo-politique jusqu’à ciudad-suarez.

    • Et à la différence, dans ce cas, c’est un acte de terrorisme qui a été fait, on n’est plus de la supposition sur untel qui pourrait éventuellement le faire. Logan N. est, à la différence, en prison préventive pour une SUPPOSITION d’éventuel passage à l’acte alors que comme disait G.Collomb: « Ce n’était franchement pas la bande la plus sérieuse qu’on ait arrêté ces derniers temps » tout en ayant pas le moindre préparatif en vue d’un passage à l’acte… Si l’Etat français faisait cela pour tous les potentiels terroristes, déjà, il emprisonnerait préventivement comme le demande le FN, tous les fichés S pour radicalisation islamique, il pourrait en trouver également beaucoup dans les mosquées radicales (G. Collomb a préférer en réouvrir), il pourrait en récupérer aussi beaucoup dans les cités

    • (suite) En fait, avec tous les musulmans radicalisés en France, l’Etat français pourrait emprisonner préventivement peut-être quelques centaines de milliers…

      Quand à cet acte de terrorisme de ce groupe féministe de gauche, en fait, ce qui est en train de se passer à mon avis, c’est que l’islamisme fait des actes de terrorisme donc comme l’ultra gauche est très proche de l’islamisme (les néo féministes sont proches des islamistes par rapport qu’elles sont bienveillantes vis-à-vis d’eux), ça appelle également des actes de terrorisme de cette ultra gauche qui bénéficie comme l’islamisme en France, de beaucoup de bienveillance de la part de l’Etat et ils le savent. Ils savent qu’ils bénéficient d’une justice bienveillante à leur niveau donc ils n’ont plus de limites.

  7. tout dépend de qui et quoi se classent à l’extrême droite, tout est possible quand on voit que le parti censé être de droite extrême est en réalité gangréné par le marxisme

  8. À mon humble avis, ils ne sont pas eux-mêmes réellement convaincus de leurs accusations d’extrême-droite ; quant aux raisons qui les animent, c’est une autre histoire, je suppose que pour beaucoup d’entre eux elles sont trop complexes ?

    • Ce sont des litanies que ces gauchos ont appris par coeur et qu’ils débitent à propos de tout et de rien ,la méthode Coué a de beaux jours devant elle !!!!

  9. Ils ont décidé que l’Islam n’était pas l’ennemi ! Et comme il en faut un … il est tout désigné !

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