L’Europe c’était de l’emploi et de la croissance, qu’ils disaient…

22 ans après la ratification du Traité sur l’Union Européenne (TUE, 1992), plus communément connu sous le nom de Maastricht, force est de constater que les bienfaits qu’il devait nous apporter ne sont pas au rendez-vous. Pire, il semble que toutes les prophéties évoquées se soient retournées en leur contraire.

A droite comme à gauche, à l’exception de Laurent Fabius – parce qu’il se prononçait, sans rire, contre l’ultra libéralisme que l’Europe allait engendrer- tous chantaient en chœur la même chanson.

Martine Aubry :

«  L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion ».

C’est ainsi que 8 ans plus tard, en l’an 2000, quand le taux de chômage atteignait 8,5 %, les entreprises françaises qui souquaient ferme ont été contraintes d’adopter les 35 h avec le succès que l’on sait, laminant, par ricochet, petits salariés et ouvriers. Et comme si cela ne suffisait pas, en 2012, les socialistes revenus au pouvoir supprimaient la défiscalisation des heures supplémentaires, instaurée par un gouvernement de droite, ce qui faisait dire à un interviewé :

– »Ca va me faire 550 euros en moins dans l’année : le prix d’une semaine de location d’un mobilhome dans un camping ». 

Il est un fait établi que depuis Mitterrand, les socialistes ont remplacé leur traditionnel électorat ouvrier, en voie de disparition, par celui des immigrés, en voie d’expansion. Michel Sapin, alors ministre des Finances , le 20 août 1992:

« Le Traité d’Union européen se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité » Sur ce dernier point, la mission a été remplie au centuple par un honteux effet de vase communicant.

Une croissance en berne, 1 500 emplois détruits chaque jour cependant que, pour exemple, l’Aide médicale d’Etat (pour les étrangers irréguliers) voit son budget grimper à 650 millions d’euros pour 2014. Une augmentation que Marisol Touraine justifie avec une implacable logique : les candidats à l’AME sont de plus en plus nombreux.

Michel Sapin voyait aussi dans l’Europe une monnaie unique, la plus forte du monde -qui a plombé les exportations- un formidable marché de 340 millions de consommateurs qui ferait se développer les entreprises et créer des emplois.

L’Europe amorcée, la mondialisation pouvait démarrer.

En 1992, à la veille de voir se concrétiser un traité qui couvait, en réalité, depuis 1945, la fin de la seconde guerre mondiale, Pierre Bérégovoy prédisait une Europe tirant le progrès vers le haut ; Giscard d’Estaing promettait une croissance économique forte (celle-là même qui fuyait Sarkozy et après laquelle courrait Moi-mou Président), il se montrait cependant prudent quant à l’emploi, lequel devait être seulement amélioré.

Michel Rocard ne faisait pas exception aux précédents cités quand il voyait dans la monnaie unique moins de chômeurs et plus de prospérité, moins de bureaucratie et plus de démocratie. C’était joliment dit. Sauf que l’Europe, c’est 55 000 fonctionnaires. L’Europe, c’est de nouvelles lois qui s’additionnent à la multitude déjà existantes. L’Europe, ce sont des décisions prises à Bruxelles et auxquelles chaque pays membre se doit d’optempérer sous peine de rappel à l’ordre. Et de payer des amendes.

L’Europe, 22 ans plus tard, c’est une bureaucratie kafkaïenne et une démocratie en voie d’extinction. L’Europe, c’est une pieuvre que la France nourrit chaque année à coup de 21 milliards d’euros pour n’en récupérer que 14. La France verse donc à l’Europe 7 milliards d’euros par an.

C’est l’Europe qui ne serait rien sans la France et non l’inverse ; l’Europe ne serait rien sans les 27 autres pays membres qui lui versent, eux aussi, leur obole.

En 1992, pour convaincre les eurosceptiques, le gouvernement français usa, comme il continue de le faire plus de 20 ans après, de la peur. On ne change pas des méthodes qui marchent. Vous êtes contre l’Europe ? Alors vous êtes pour les nationalismes, l’assénait le BHL de service.

« Un Non à l’Europe serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir » comparaison qui fait maintenant hurler de rire mais que n’hésitait pourtant pas à faire, très sérieusement,  Jacques Lesqurne dans Le Monde, en septembre 1992.

L’Europe, c’était l’emploi et la croissance, qu’ils disaient.

L’année 2013 s’achève laissant sur le carreau, pour la 4ème année consécutive, un nombre record de demandeurs d’emplois  : 4 millions 733 000 dans sa définition la plus large. Dans ce chiffre sont inclus les catégories A, c’est-à-dire les inscrits sans aucune activité, les catégories B et C qui concernent les inscrits avec activité réduite, et les départements d’outre-mer.

L’année 2013 s’achève avec une Europe à 28, bientôt à 30.  Dès janvier prochain, Roumanie et Bulgarie y font leur entrée avec toutefois quelques restrictions de circulation ; leurs ressortissants ne pourront rester plus de 3 mois en France s’ils ne présentent pas quelques garanties comme celles d’être salariés ou de justifier de revenus suffisants, obligations les exemptant de devenir une charge pour les services sociaux. Ils ne se ficheraient pas un peu de notre goule ?

Des 6 pays d’Europe formant en 1957 la Communauté Economique Européenne, l’Europe est passée à 12 en 1992, pour compter en 2013, 28 Etats membres. Ce qui faisait souhaiter à Nicolas Sarkozy (1 ) et Angela Merkel, en 2011, la création d’un gouvernement de la zone euro. En somme, un gouvernement européen qui précèderait, grâce à l’extension « infinie » de l’Europe un gouvernement mondial.

(1) http://www.youtube.com/watch?v=aeXhEp7dhvw

« J’en appelle à tous les gouvernements, aucun d’entre nous n’en sortira en faisant sa propre politique dans son coin, isolés de ce que font les autres. On ira ensemble vers ce Nouvel Ordre Mondial, et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer »

Parallèlement à cette Europe qui ne cesse de grossir, le taux de chômage ne cesse d’augmenter.

Quelques repères pour saisir la situation :

1975 :Taux de chômage 3%. Nombre de demandeurs d’emplois 689 000.

1977 : Taux de chômage 4,5 % . Nombre de demandeurs d’emplois 1 million 044 000.

1981 : Taux de chômage de 6,9 %. Nombre de demandeurs d’emplois 1 million 673 000.

1995 : 10,2% pour 2 million 600 000 demandeurs d’emplois.

2013 accuse un taux de 10, 9 % avec, rappelons-le, 4 millions 733 000 demandeurs d’emplois.

L’Europe a permis de délocaliser des usines ou des entreprises ; l’Europe permet aussi d’embaucher de la main d’oeuvre étrangère à plus bas coût.  

Les salaires et le temps de travail sont ceux du pays d’accueil. Mais les charges sociales sont celles du pays d’origine. L’usine ou l’entreprise poussant le cynisme à demander à leurs futurs licenciés de former leurs remplaçants ET de leur proposer de s’expatrier en Roumanie ou en Bulgarie pour un tarif horaire de moins de 3 euros.

http://www.fdesouche.com/438823-marine-le-pen-accueillie-a-guerlesquin-par-le-pcf-sale-pute-video

Un tel projet n’aurait pu voir le jour sans la mise en place de l’idéologie immigrationniste antiraciste. En affublant du vocable « raciste » toute personne et tout mouvement politique privilégiant la référence nationale à l’emploi, l’oligarchie a ainsi disqualifié ses opposants et verrouillé toute contestation à la construction de l’ultra libéralisme. Le chômage semble être pour chaque pays d’Europe une maladie chronique, avec ses pics de fièvre et ses retours à la baisse qui feraient presque figure de rétablissement. Mais une maladie savamment entretenue, à qui est donné juste ce qu’il faut de remèdes, à intervalles plus ou moins réguliers, pour calmer les esprits échauffés et entretenir l’espoir de lendemains qui chantent.

Aux véritables programmes politiques se sont substitués des slogans creux.

Le Front de Gauche en donne une parfaite illustration avec :

« L’humain d’abord » , »Je suis communiste et ça fait du bien », « La Force du partage. » C’est beau.

Pour Ségolène Royal en 2007, c’était « Pour une France métissée. »

Celui-ci avait au moins le mérite d’être clair.

L’Europe – et la mondialisation- sont les buts à atteindre pour que la grande finance, par le truchement d’une immigration massive qui, dans son terme abouti, condamne au  changement des peuples,  réalise son rêve de main d’oeuvre « à pas cher », interchangeable et manipulable.

Alors, pour maintenir et perpétuer un système qui détruit, et, in fine, remplace une catégorie de la population pour enrichir l’autre partie, de plus en plus petite, il leur faut digresser. La lutte contre le racisme a remplacé la lutte des classes. Il leur faut agiter des épouvantails destinés à semer le trouble et la terreur dans les esprits comme s’y applique le faux camarade Mélanchon, s’exclamant, emphatique : « La fin de l’euro serait une catastrophe mondiale ».

Il faut dire que Frère Jean-Luc n’est pas prêt de scier la juteuse branche sur laquelle il est très confortablement assis : 20 000 euros par mois en tant que Député de Sainte Europe vaut bien quelques petits et grands reniements.

Ils ne nous en parleront pas mais sans l’Europe, quelques pays ne s’en porteraient que mieux.

L’absence d’euro est assurément une chance pour la Norvège qui fait partie de l’Espace Economique Européen à l’intérieur duquel ont été adoptés le libre service des biens, des services, des personnes, des capitaux  mais qui n’est soumise qu’à un tiers des régulations qui sévissent dans les pays membres, et où le taux de chômage ne dépasse pas 3,25 %. 80% des Norvégiens ont voté NON à l’Europe à l’occasion des référendums de 1972 et 1994.

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/2339871-vit-mieux-l-europe-la-norvegienne

L’Islande affiche en octobre 2013 un taux de chômage de 5,6 %. A l’instar des Norvégiens, les Islandais ont voté NON à l’entrée dans l’Union Européenne. ET en 2012, son PNB était sur une pente croissante de 2,5%.

http://data.lesechos.fr/pays-indicateur/islande/taux-de-chomage.html

http://www.atlantico.fr/decryptage/islande-va-tres-bien-merci%E2%80%A6-mais-en-avez-entendu-parler-charles-gave-558353.html?page=0,1

Nos amis Helvètes qui ne font pas non plus partie de l’UE n’ont pas à rougir de leur taux de chômage, l’un des plus bas du monde : 3,1 % en décembre 2012.

Si l’Europe est une chance, elle l’est indubitablement en tant que réservoir inépuisable de postes de fonctionnaires-bureaucrates-technocrates, en tant qu’opportunités incessamment renouvelées qui assurent une vie entière et rentière, quasiment non soumise à l’impôt, et sans jamais aller pointer à la case emploi.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/598082-indemnites-des-deputes-45-millions-d-euros-qui-echappent-a-la-republique.html Si l’Europe est une chance, elle l’est pour le grand patronat qui applique déjà la préférence immigrée à l’embauche. D’ailleurs, l’Autriche européenne salue, à qualification égale, le recrutement des personnes issues de l’immigration.

http://www.fdesouche.com/411700-offre-demploi-a-qualification-egale-la-preference-sera-donnee-aux-personnes-issues-de-limmigration

Dans ces prochains voeux,  Moi- mou ne manquera pas de réitérer sa volonté d’inverser la courbe du chômage. Il va peut-être nous sussurer, rien que pour nous faire peur, que sans l’Europe, vous ne vous rendez pas compte, notre situation serait encore pire…

Caroline Corbières

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/noel-2013-appauvrissement-et-145425http://france-inflation.com/graph_chomage.php http://www.les-

crises.fr/promesses-maastricht/ http://www.upr.fr/dossiers-de-fond/quelle-etait-lanalyse-du-parti-communiste-francais-leurope-les-annees-1947-1980

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