L’euthanasie, négation du caractère sacré de la vie

Publié le 15 avril 2021 - par - 24 commentaires - 434 vues
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Il faut aujourd’hui parler d’un projet de loi que la Macronie, fidèle à la conception qu’elle se fait du bien commun, a voulu examiner et qui vise à instaurer une assistance médicalisée active à mourir. Ce texte demande un « droit à une fin de vie libre et choisie ».

On relèvera le soin apporté au choix de trois de ces mots : « droit », qui traduit la légitimité d’un acquis, « libre », qui pourrait s’opposer à la liberté ?, « choisie », qui pourrait s’opposer à la décision personnelle et individuelle ? La sémantique est importante. Mais derrière cette périphrase se cache en réalité le terrifiant visage de l’euthanasie, terme plus explicite qui fait peur, à juste titre d’ailleurs. Et puis, n’y a-t-il pas un paradoxe à vouloir examiner un tel sujet alors que depuis maintenant un an, et face au coronavirus, le mot d’ordre des soignants est de sauver des vies ? À moins que l’usage ordonné du Rivotril dans les Ehpad, lors du premier confinement, n’ait donné des idées à ces apprentis-sorciers que sont ces députés de nouvelle génération dont on connaît le mode de sélection.

La loi Claeys-Léonetti de 2016 créant de nouveaux droits pour les malades et personnes en fin de vie accentue déjà la prise en compte de la volonté de la personne en matière de refus de traitement, proscrit l’acharnement thérapeutique et introduit la possibilité de la sédation profonde et continue jusqu’au décès. Avec ce dernier projet, c’est bien d’une loi sur l’euthanasie dont il s’agit, une loi sur la mort, sur la mort administrée, une mort qui devient donc un soin comme un autre. C’est effrayant et abominable ! Mais la technique utilisée est toujours la même. Comme pour l’avortement, le mariage pour tous, la PMA, la GPA, chaque loi prépare la suivante toujours présentée comme un progrès. Après le mariage pour tous, par exemple, on a savamment manipulé le principe de liberté pour faire accepter la PMA. Et comme ce nouveau droit concerne les femmes, le principe d’égalité cette fois permettra aux hommes d’obtenir le même droit avec la GPA. Le mécanisme est imparable ! La comparaison avec l’étranger est également souvent présentée : si c’est interdit en France, les candidats réaliseront leur projet à l’étranger, là où c’est permis. Un argument infaillible.

Ce projet de loi sur l’euthanasie est la porte ouverte à toutes les dérives car il constitue une rupture majeure que ce soit sur les plans philosophique, juridique, anthropologique, en accordant à quelqu’un la faculté, donnée par la loi, de tuer une personne fragile. C’est bien ce que signifie l’euthanasie ! La vocation du médecin s’en trouve totalement bouleversée, pervertie même car donner la mort ne relève pas de la médecine. Ce n’est pas la fonction des soignants qui sont soumis d’ailleurs au serment d’Hippocrate. Par ailleurs, pourquoi vouloir associer le médecin à un geste qui relève finalement de l’autodétermination ? Et pourquoi vouloir, comme pour l’avortement, supprimer la clause de conscience des médecins ? Un médecin ne saurait être forcé de participer à une euthanasie ou à aider une personne à mettre fin à ses jours, pas plus qu’il ne devrait être tenu d’orienter une personne à cette fin. Vouloir supprimer la conscience chez le médecin, c’est du totalitarisme inacceptable. Mais en poursuivant avec une telle dérive, certains évoqueront bientôt, pour aller encore plus loin dans l’abomination, des arguments sordides liés à l’économie comme certains qui ont déjà insisté sur le prix que coûte à la collectivité le maintien en vie des très vieilles personnes !

Ce projet de loi sur l’euthanasie constitue une étape supplémentaire qui conduit, en fait, vers le transhumanisme et vers une technoscience sans âme, totalement déconnectée de toute humanité et qui sera régie par l’intelligence artificielle et des robots capables de remplacer le médecin que ce soit par la pratique de consultations médicales à distance, l’établissement de diagnostics ou des opérations de chirurgie fine. Le médecin deviendra un praticien augmenté assisté par l’intelligence artificielle. Cette nouvelle médecine sera bien évidemment au service de l’industrie pharmaceutique et des grands laboratoires.

Ainsi, l’euthanasie, c’est-à-dire la suppression d’une vie, est élevée au rang de soin comme un autre, et la vie devient, elle, un bien comme un autre, une marchandise comme une autre avec son propre marché. La vie alors perd son caractère sacré. Mais tout cela s’inscrit dans la droite ligne de la loi bioéthique actuellement en examen, une loi qui participe à la destruction programmée de notre société jusqu’ici fondée sur des valeurs humanistes, car elle est contraire à l’ordre naturel et à l’éthique. Avec la PMA, c’est-à-dire la création d’enfants sans père, elle autorise la recherche sur l’embryon et le fœtus, permet la conception de bébés-médicaments, le tri des embryons en fonction de leurs chromosomes et admet la création de chimères animal-homme. Elle va encore plus loin dans la négation même de la personne humaine en autorisant une monstruosité masquée sous l’appellation d’ « interruption médicale de grossesse » puisqu’il s’agit de supprimer un enfant à naître parfaitement sain jusqu’au terme de la grossesse pour des raisons fallacieuses de détresse psychosociale grave ! Nous assistons donc à une véritable opération de marchandisation et d’instrumentalisation du corps humain qui favorisera les lobbies pharmaceutiques et financiers qui sauront en tirer profit.

Dans la tribune signée par des députés favorables à l’euthanasie, ces derniers déclarent : « Le législateur se doit de reconnaître et de garantir un droit nouveau ». L’euthanasie fait donc désormais partie de la panoplie progressiste. Mais la mort n’est-ce pas précisément ce qui échappe à la toute-puissance de l’individu, car on ne choisit ni l’heure ni le lieu ? Prétendre domestiquer la mort par le droit, n’est-ce pas être à la fois naïf et arrogant, en tout cas apprenti-sorcier ? N’est-ce pas tout simplement refuser notre condition humaine ? Mais le nouveau monde que les progressistes veulent imposer, n’est-ce pas celui de l’inversion des valeurs ?

Général (2s) Antoine MARTINEZ

président des Volontaires Pour la France

candidat à la Présidence de la République

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Notifiez de
Lanlignel Armand

Heureusement, de nombreux commentaires sont opposés à l’intolérance de ce monsieur oubliant de respecter les libertés individuelles. Nous sommes tous différents, chacun doit se déterminer librement pour ce qui le concerne lui-même.
Par ailleurs, j’ai connu il y a plus d’un demi-siècle des couples ayant des difficultés de procréation: si la gestation pour autrui avait été possible, cela aurait pu les aider et la femme porteuse aurait été récompensée. Ces libertés individuelles devraient être respectées et possibles. Non à la dictature des abrutis à courte vue !!

Pascale

Le seul problème réside dans le fait que ce soit l’état qui décide pour l’individu s’il doit rester en vie ou pas.
Si un individu désire mourir et se faire aider par quiconque, médecin ou pas, ça ne regarde que lui et l’autre individu, libres tous les deux, ayant passé un contrat librement entre eux.
Que vient faire un tiers, en l’occurence l’état, dans une affaire qui ne concerne que deux individus libres et consentants ?
Donc pas d’accord avec l’article écrit par un individu qui se permet de vouloir diriger la vie des autres..

Necas

En février et mars 2020 , la pratique a fait des émules dans les Ehpads , non ?

Laure

Mon père est décédé l’été dernier : douleurs, maladie incurable. Surprise: la loi Leonetti ne permet pas la fin de vie si un brelu du service des soins palliatifs déclare, sans voir le malade, que c’est seulement de la souffrance morale. Et donc… rien. Circulez.

Philippe@9.3

Si on en est au caractère ‘sacré’ de la vie, je suppose en référence biblique.
Les adeptes les plus assidus refusent la médecine, donc le prolongement de la vie.
Tout est relatif…

En passant

Un général qui bêle sur le «caractère sacré de la vie ?»
On aura tout vu !
Ignore-t-il que la servitude et la terrible grandeur d’un militaire est le devoir de tuer même des gens qui ne vous ont rien fait personnellement si l’intérêt supérieur de la Nation l’exige ?
Ce général a raté sa vocation, il aurait dû faire brancardier à La Croix Rouge.
À moins qu’il soit général de l’Armée du Salut, faudrait vérifier.

Annie

Il excite des soins palliatifs en France , et c’est très bien .Je vais vous raconter ce qui s’est passé voici une quarantaine d’année .Une mémée de la famille demandait qu’on lui fasse la piqûre qui lui permettrait de partir , après plusieurs demandes , un jour une infirmière lui dit ” je vais vous faire cette piqûre que vous demandez ” et là subitement elle n’a plus voulu .!

hello

entièrement en désaccord avec cet article – le choix personnel de sa fin de vie est fondamental et devrait être inséré dans la constitution – pour couper court à toute discussion oiseuse sur le sujet, la rédaction de ses “directives anticipées” est fondamental et c’est une loi qui exige leur application qui est demandée

Mia Vossen

Pourquoi le vie serait-elle sacrée? Je tiens plus à ma LIBERTE et veux être LIBRE jusqu’à ma mort!

Phil93

“L’euthanasie, négation du caractère sacré de la vie”

vous avez tout faux général :

“l’avortement à 14 semaines , négation du caractère sacré de la vie”
“l’avortement à 9 mois maintenant ,négation du caractère sacré de la vie”

comment des médecins, des chirurgiens , des infirmières peuvent ils participer à l’horreur que constitue un avortement à 14 semaines ?!!

Avez vous vu les photos d’un foetus de 14 semaines aspiré ?!!!

contrairement aux vieux qui souffrent et qui veulent en finir avec la vie, ils n’ont rien demandé, eux !!!

et puis que dire des 60 000 suicides annuels dans notre pays champion d’europe ?

des deux agriculteurs / jour qui se suicident ?
des centaines de commerçants qui se suicident actuellement ?

“macron , négation du caractère sacré de la vie”

Révolutionem

Je ne suis pas d’accord avec cet édito
Chacun doit avoir la LIBERTE de choisir sa fin de vie !
Ce Monsieur ne doit pas avoir vécu la souffrance d’un très proche qui a connu un calvaire de souffrance avant de s’éteindre, ce qui était inéluctable…
Par contre, l’encadrement juridique doit être sans faille, et, pour le moins, la personne doit avoir prévu cette disposition par acte manuscrit, à un moment de sa vie ou elle était en pleine possession de ses moyens intellectuels, et en présence de témoins attestant de la prise de décision par la seule personne concernée
Il serait préférable que les dits témoins soient extérieurs à la famille et aux proches
Un service de Mairie pourrait être investi dans cette démarche
Enfin, laissons de côté les religions, car tout le monde n’est pas concerné..

Une patriote

Mais il faut arrêter, l’euthanasie se pratique déjà depuis longtemps, il suffit de remplir une feuille indiquant que ” Vous refusez tout acharnement thérapeutique ” et le médecin administre à la personne une piqure qui la fait partir rapidement sans la moindre souffrance. Une de mes connaissance avait fait ce papier, sa fille l’a remis au médecin à l’hôpital et sa mère DE 95 ANS est partie doucement quelques heures après.

Phil93

il faut déjà être dans un état où vous allez mourir rapidement !
Françoise Hardy souffre depuis des mois et cela peut durer encore des années…
l’euthanasie c’est AIDER les gens à partir paisiblement et non les regarder souffrir pendant des mois, des années…

Necas

Ou alors , il y a ” concertation ” avec les membres proches de la famille et la personne âgée s’envole tout doucettement vers les cieux…..

Paoli

Contre l’euthanasie à cause des dérives éventuelles ….aucune confiance …

guy

Alors qu’il change de métier! 50 millions de gens euthanasiés par les armes en 1945

L'Imprécateur

L’euthanasie ne concerne que les personnes hospitalisées ou celles qui à domicile, sont en fin de vie pour cause de cancer par exemple.
Mais il y a d’autres causes de décès: accidents de la route ou domestiques, du travail ou tout simplement crise cardiaque ou rupture d’anévrisme.
Ce qui ramène la mort à son caractère factuel: la mort est un fait, pas un droit – ce qui laisserait entendre qu’on pourrait très bien n’en point user… -.
C’est La Rochefoucauld, je crois, qui disait: “la mort est le seul ami sur lequel on puisse vraiment compter”.
L’euthanasie est donc un non-sens, en dehors de ce fait: un crime contre notre humanité.

Viktor

On pourrait penser qu’une nouvelle “solution finale” , insidieusement est en train de se mette en place, imbriquée dans le mein Reset de Klaus Schwab, le nouvel Adolf. L’objectif est de réduire la population pour préserver l’écosystème de la planète : c’est écrit sur les Georgia guide-stones. Pour se faire quoi de mieux qu’une piquouze de rivotril pour se débarrasser des improductifs des non essentiels avec en priorité les vieillards, les incurables, les handicapés. D’aucuns pensent recycler les corps en compost. Rien ne se perd tout se transforme pour les écolos. “Soleil vert”, le film de Richard Fleischer sorti en 1973, risque de ne plus être pour bientôt un film de S.F. !
Merci Mon Général pour cet article qui pourrait s’adjoindre au livre de Ph de Villiers “Le jour d’après”.

Viktor

Rappelons que l’euthanasie (littéralement la bonne mort) fut généralisée dès 1939 dans l’Allemagne nazie pour éliminer les handicapés physiques, mentaux et séniles. Ce fut le Rivotril dans nos EPHAD avant l’heure. Ce programme dit T4 précéda de deux ans l’holocauste.
Les historiens estiment que le programme T4 causa la mort de 200 000 personnes.
Hier c’était la pureté de la race, aujourd’hui c’est la “nouvelle normalité” que l’Etat hygiéniste va imposer en vue de créer des neuro-esclaves. S’y refuser c’est prendre le risque d’être euthanasié pour manquement à la discipline sociale et collective.

Mantalo

Faut arrêter l’hypocrisie. Il y a des lustres que les médecins abrègent les souffrances de certaines personnes avec l’accord des familles. En toute discrétion.
Je ne vois pas où est l’ “humanité” à laisser persister la douleur de ceux qui implorent la mort.
Les Belges ou les Suisses sont-ils plus cons que nous ? Quelle prétention….

Système

Le risque est que l’on en vienne, subrepticement, à agir demain contre l’avis des familles , selon le statut social et l’âge des malades. À valider administrativement l’euthanasie des faibles, des handicapés, des chômeurs… bref des pauvres.

D. Lajoie

Sauf erreur , la raison d’être d’un général, c’est la négation du caractère sacré de la vie des ennemis.

Système

Ce n’est pas l’euthanasie en soi qui est dangereuse ( car pratiquée par les médecins depuis des décennies, en relation avec les familles ), mais le risque que l’Etat la décrète OBLIGATOIRE dans quelques années, lorsque les malades coûteront trop cher à soigner ( les chômeurs, par exemple, ou les vieux, les handicapés )…

kasual

Très juste réflexion !!..

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