Levothyrox : une sale affaire pour Buzyn et l’ANSM

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Le Levothyrox, fabriqué par le laboratoire pharmaceutique allemand Merck, est prescrit contre l’hypothyroïdie. Son autorisation de mise sur le marché (AMM) date du début des années 1980.

En 2012, soit plus de 20 ans après, l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) s’aperçoit que, d’un lot de ce médicament à un autre, mais aussi au cours du temps pour un même lot, les comprimés de Levothyrox n’ont pas la même teneur en substance active (la lévothyroxine, une hormone thyroïdienne de synthèse qui permet de pallier le défaut de production d’hormones par la thyroïde chez le patient).

Ces fluctuations, qui sont dues à la présence de lactose dans le comprimé – un excipient à effet notable – sont d’une importance majeure dans l’action du médicament : une faible variation de la dose de l’hormone peut en effet avoir un impact important sur l’équilibre thyroïdien du patient. L’ANSM demande donc au fabricant de modifier en conséquence la formule du Levothyrox.

Ce n’est qu’en mars 2017, soit 5 ans après la requête de l’ANSM auprès de Merck, que le fabricant remplace le lactose par du mannitol, excipient a priori dépourvu d’effet notable à la dose où il est présent dans les comprimés.

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Cette nouvelle formule est loin d’être une réussite : de nombreux patients se plaignent d’effets secondaires gênants, voire invalidants : fatigues intenses, crampes musculaires, maux de tête, vertiges, perte de cheveux…

Une pétition lancée le 24 juin 2017 réclame le retour à l’ancienne formule. Elle rassemble rapidement plus de 300.000 signatures. « Quand on sait qu’il est très difficile de stabiliser la thyréostimuline (TSH), il est inadmissible d’avoir modifié ce médicament », s’indigne l’auteur de la pétition, une patiente opérée d’un cancer de la thyroïde.

Le 6 septembre 2017, la ministre de la santé de l’époque – une certaine Agnès Buzyn qui s’est également fait défavorablement connaître sur un autre dossier, celui de la gestion calamiteuse de la crise de la Covid 19…  – exclut catégoriquement tout retour en arrière sur la formule du Levothyrox. Agnès Buzyn ne reconnaît qu’un « problème d’information » tout en faisant état de 9.000 cas signalés d’effets indésirables avec la nouvelle formule.

« Il n’y a pas de fraude, il n’y a pas de complot, il n’y a pas d’erreur. Il y a eu un problème d’information des malades, les patients ont été surpris par une formulation qui avait changé et qui pour certains donnait des effets secondaires », martèle à l’époque la ministre de la santé qui explique que « beaucoup de ces effets secondaires sont liés à des difficultés à redoser correctement le Levothyrox mais (qu’)ils s’estompent quand on arrive à bien doser le traitement ».

Des déclarations fracassantes suivies quatre jours après d’un prompt rétropédalage de la ministre : face à la crise, Agnès Buzyn annonce finalement le retour à l’ancienne formule du médicament

Dès le 2 octobre 2017, l’ancienne formule du Levothyrox est de retour en pharmacie sous le nom d’Euthyrox. Curieusement, les deux formules seront en vente en parallèle dans les officines…

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Devant l’ampleur du scandale, la justice se saisit du dossier : une enquête préliminaire est confiée au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Marseille, dont la compétence s’étend jusqu’à Lyon, siège français de la société allemande Merck, qui, le 3 octobre 2017, est l’objet d’une perquisition sous la supervision de deux magistrats du parquet de Marseille.

Le 17 octobre 2017, le siège de l’ANSM à Saint-Denis (93) est à son tour perquisitionné. Au total, 365 plaintes ont été déposées à cette date auprès du tribunal de Marseille.

Une semaine auparavant, l’ANSM avait rendu public les premiers résultats de son enquête, laquelle recensait quelque 14 600 patients souffrants d’effets indésirables mais précisait néanmoins que « tous les effets indésirables témoignent d’un déséquilibre thyroïdien en lien avec le changement de traitement » et qu’« aucun effet indésirable d’un type nouveau, qui serait spécifique de la seule nouvelle formule, n’a été retrouvé ».

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Le 29 novembre 2017, l’hebdomadaire Ebdo fait paraître un article sur Twitter intitulé « Les 14 morts du Levothyrox cachées par les autorités sanitaires ».

L’ANSM dément formellement tout lien entre ces décès et la nouvelle formule du Levothyrox.

Le 5 décembre suivant, la ministre de la santé fait siennes les conclusions de l’ANSM : « L’analyse des 14 décès montre qu’il s’agissait plutôt de personnes très âgées, avec beaucoup de pathologies et qui prenaient beaucoup de médicaments », déclare Agnès Buzyn. Ajoutant : « Aujourd’hui, il n’y a pas de lien établi entre les décès et le Levothyrox. Il n’y a pas le moindre signal inquiétant. »

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L’action collective engagée le 24 octobre 2017 contre le laboratoire Merck dans l’affaire du Levothyrox comptera près de 8.000 inscrits. Plus de 500 dossiers seront transmis à la justice.

Le 25 juin 2020, la cour d’appel de Lyon a condamné le laboratoire Merck à verser 1 000 euros à plus de 3 000 plaignants pour « défaut d’information » sur le changement de formule du Levothyrox. Le laboratoire s’est pourvu en cassation.

Le volet pénal de l’affaire est actuellement instruit par le tribunal de Marseille.

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Hier 13 septembre 2021, Me Christophe Lèguevaques, avocat de milliers de victimes du changement de formule du Levothyrox, a annoncé poursuivre l’ANSM devant le tribunal administratif.

Il estime que l’Agence n’a pas joué son rôle de protection des patients.

Me Lèguevaques « espère la même ampleur que pour l’action contre Merck ». L’avocat souhaite faire reconnaître la co-responsabilité de l’ANSM dans ce dossier.

Le tribunal administratif de Montreuil pourrait ensuite être saisi à partir de janvier 2022.

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On connaît les actuelles démêlées d’Agnès Buzyn avec la justice française. On se souviendra que l’ANSM n’a pas hésité fin janvier 2021, sans réaliser la moindre étude sur le « vaccin » AstraZeneca, mais en se contentant simplement de contresigner la décision de l’Agence européenne du médicament (AEM), à donner son feu vert « sans restriction » à ce produit, alors qu’elle était parfaitement au courant de ses nombreux effets délétères. Un « vaccin » qui fut finalement interdit dans de nombreux pays.

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Il y a décidément quelque chose de pourri dans le royaume de la médecine française…

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni

 

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7 Commentaires

  1. Et que penser de la DEPAKINE (Valproate de Sodium) de Sanofi-Pasteur aux résultats de malformation ressemblant à ceux de la célèbre Thalidomide. Procédures en cours sous un fracassant silence.

  2. Suite
    Le 5 décembre suivant, la ministre de la santé fait siennes les conclusions de l’ANSM : « L’analyse des 14 décès montre qu’il s’agissait plutôt de personnes très âgées, avec beaucoup de pathologies et qui prenaient beaucoup de médicaments », déclare Agnès Buzyn. Ajoutant : « Aujourd’hui, il n’y a pas de lien établi entre les décès et le Levothyrox. Il n’y a pas le moindre signal inquiétant. »

    Même argument fallacieux utilisé aujourd’hui pour certains décès suspects!

  3. Et pendant ce temps :
    SUITE au CHU La Peyronie Montpellier (vidéo YT
    le maire , les flics et le personnel direction et les « vigiles » sans cartes de séjours Tous /Toutes des ordures aux ordres du tyran ,
    Bravo aux soignants qui résistent contre la dictature macronienne !

  4. Cette affaire est encore une fois une imposture!
    L’argument avancé serait que le lactose présent dans le Levothyrox ancienne formule provoquait des problèmes aux intolérants au lactose!

    Drôle d’argument! Il suffit de constater la présence de lactose dans une quantité impressionnante de médicament.

    C’est un problème de stabilité!

    Ceux qui ne veulent pas du nouveau Levothyrox sont des affabulateurs qui relèvent de la psychiatrie. Les malades sont des ânes. il y a trop d’ablation de la thyroïde!

    Pour ma part, je suis encore sur le stock que j’avais fait en Allemagne il y a 2 ans.
    J’arrive au bout et je me pose des questions.

    Enfin, bref, c’est le levothyrox, les 11 vaccins pour les BB, l’interdiction du plaquenil, l’obligation du vaccin etc

    Fais ce qu’on te t’ordonnes et tais toi!

  5. A ce niveau là, ce n’est pas une erreur ( bien humaine) mais des intentions de nuire.

  6. Je me sens concerné puisque j’ai fait une déclaration de pharmacovigilance à ce sujet……… plus d’effet à pi….er dans un violon !
    Déjà la mère buzyn était aux manettes….ces gens là c’est…..circulez, y n’y a rien à voir !
    J’ai la rage !

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