L’exploitation sexuelle des femmes syriennes réfugiées en Turquie

Parmi les réfugiés syriens, les femmes représentent le groupe le plus fragile. A cause de leur dénuement et de la misère, elles s’exposent à toutes sortes d’extorsions, de chantages, d’odieuses exploitations. Cette situation s’est généralisée dans tous les pays limitrophes où les Syriens se sont réfugiés. La Turquie est l’un de ces pays.  Elle a été la première à accueillir ces réfugiés. Elle leur avait même préparé des tentes, bien avant l’arrivée du premier réfugié. On peut considérer qu’aidant la rébellion syrienne, elle s’attendait à un afflux de populations.

Dans son numéro du 26 janvier 2014, le journal turc Milliyet (La Nation) vient d’ exposer la situation des femmes syriennes réfugiées dans le sud-est de la Turquie et notamment dans la région d’Iskenderun (district de Hatay).

Pour le journal, la femme syrienne, avant la crise, était « désirée et réclamée » par les hommes turcs mais, après le déclenchement de la guerre, la demande s’est accentuée et le nombre des « imams de fornication » a progressé. Les Turcs ont fait de la femme syrienne la seconde, la troisième et la quatrième épouse et, très souvent cela s’est fait sous la contrainte de la part de la famille même de la femme. Mais ce qui a poussé au développement de ce phénomène, c’est que les « frais » d’un mariage avec une Syrienne sont nettement moindres que les frais d’un mariage avec une Turque.

Et le journal poursuit : « Les frais d’un mariage avant la guerre se situaient entre 5.000 et 7.000 $. Ils sont tombés à 1.000 $ après le déclenchement de  la guerre. Le « prix » varie selon la beauté de la femme et son âge, et souvent, l’âge oscille entre 14 et 15 ans ».

La  majorité des réfugiés syriens ne peuvent payer un loyer qui atteint 400 $. Le propriétaire, pour « résoudre » le problème, propose donc aux parents d’épouser leur fille.

    MARIAGE SYRIENNES TURQUIE  Tractation en cours

Le rapport dit que « les formalités de mariage avec des Syriennes sont devenues un commerce. Un témoin, cité dans le rapport, précise que les second et troisième mariages des hommes Turcs se font avec une femme syrienne. Et il arrive donc : que des hommes de 60 ans épousent des filles dont l’âge ne dépasse pas 20 ans ».

Pour Milliyet, plus de 90% des hommes mentent quand ils déclarent leur intention de se marier. En réalité, ils exploitent les Syriennes pour « passer le temps ». Une de ces femmes, âgée de 23 ans, raconte que l’homme de 55 ans qui s’était présenté  à elle avait déclaré qu’il était célibataire. Ce n’est qu’après avoir accepté le mariage, poussée par le besoin, et que, lors de la recherche de logement, elle s’est rendu compte qu’il était marié et père de quatre enfants.

Des enquêtes ont prouvé aussi qu’un nombre important de Syriennes, dans les camps et à l’extérieur des camps, sont exposées aux violences et aux viols. Si le nombre officiel des réfugiés syriens en Turquie est évalué à 577.000, les estimations dépasseraient un million. Le plus grand nombre vit hors des camps officiels et n’a pas de papiers. Selon la loi turque, on leur donne l’appellation d’ «invités ». Ils vivent dans des immeubles en construction ou squattent les hangars.

Sur un autre point, le rapport cite le nombre d’enfants nés dans les camps de réfugiés, en Turquie seulement. Ce nombre a atteint 8.000 enfants en 2 ans et demi.  Un grand nombre de garçons ont reçu le prénom de « Rajab », en hommage au premier ministre turc. Et si c’est une fille, « Amina », en hommage à la femme de Rajab …

Triste condition que celle de la femme syrienne en ce moment de guerre et d’exode.

Bernard Dick

 

 

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