L’extrême-gauche et internet : des blaireaux de compétition

Publié le 30 janvier 2019 - par - 2 commentaires - 1 187 vues
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Sur les sites d’extrême-gauche, les guides pour se sécuriser sur internet et éviter de passer sous les fourches caudines des Gafa ou de l’État prolifèrent. En réalité, les militants sont incapables de gérer leurs propres sites internet, comme l’explique le courrier alarmiste de l’ex-administrateur d’Indymedia Grenoble, publié sur le miroir en .onion (Tor) du site et sur Indymedia Nantes.

L’ancien administrateur explique ainsi : « l ‘an passé, pour des raisons personelles et vu la pression policière, je me préparais à passer la main techniquement au reste de l’équipe. Des réunions pour ceci ont été organisées. Malgré cette proposition de partage des compétences, les occasions ne sont presque pas saisies par l’équipe. En pratique, je me suis épuisé à reprendre les bases à chaque fois avec les un·e·s puis les autres. Une personne toutefois a réussi à mettre suffisament de bonne volonté pour récupérer les accès au serveur, et apprendre comment le redémarrer au besoin. Une autre personne tient absolument à ne pas être équipée d’un ordinateur, tout en affirmant vouloir continuer à s’occuper d’Indymedia Grenoble (!) ».

Sur ce, il quitte l’équipe du site en juillet, à cause d’une « enquête de police en cours et incompétence de certains membres de l’administration alors en place », précise un militant. Le site plante et n’est pas redémarré pendant des mois. « Au bout de deux mois, presque hors délai, je reçois enfin une demande de rendez-vous pour récupérer les accès […] en brisant les protocoles de sécurité mis en place des mois auparavant. Je n’y réponds donc pas », explique l’ex-administrateur. Qui n’est pas au bout de ses surprises : « J’apprends que la personne qui avait les clefs du serveur et leur sauvegarde les a en fait supprimées par erreur, se coupant elle-même l’accès au serveur et perdant du même coup la capacité de remettre Indymedia Grenoble en ligne. Une seule personne vient équipée d’un ordinateur ». Et – roulements de tambour – « les mots de passe ont été oubliés ».

Bref, conclut l’administrateur, « Indymedia Grenoble est tenu en partie par des gens qui sont à la fois incompétents techniquement, maîtrisent mal les enjeux de la communication et, de surcroît, mettent en danger leurs camarades par défaut d’information. C’est un comble d’impéritie pour des gens qui veulent s’occuper d’un média sur internet, en particulier quand il est susceptible d’être ainsi visé par la police avec l’attention que l’on sait. Voilà, au moins maintenant vous savez exactement où vous mettez les pieds quand vous envoyez un texte sur Indymedia Grenoble ».

Le site a fini par être remis en ligne en novembre. Mais les « statistiques de fréquentation d’Indymedia Grenoble lors du mois de décembre 2018 [sont] largement à la baisse ». Fermez le ban.

Ce qui n’a guère été apprécié par l’équipe du site, signale un contributeur : « J’avais copié/collé l’article sur le site Indymedia Grenoble le jour même de sa découverte par mes soins, en page locale précisément. Dans les heures qui ont suivi, le site fut inaccessible durant plusieurs heures et je n’osai imaginer qu’il s’agisse d’un phénomène de cause à effet, une sorte de réflexe panique à la lecture des mots de l’ancien administrateur système… Près de vingt quatre heures plus tard Indymedia Grenoble était de nouveau accessible mais l’article avait entièrement disparu ! Pas « débattu », pas même « refusé », aucune trace de cet avertissement critique !!! ».

Petite précision supplémentaire de l’ancien administrateur : « Autre information intéressante : l’équipe actuelle ne maintient aucun lien avec aucune autre personne des autres Indymedia, que ce soit en France ou à l’international ». Indymedia est en effet un réseau de 175 médias militants de gauche et d’extrême-gauche dans le monde, financé par la Glazer Progress Foundation (Seattle), l’Open Society Institute de Georges Soros, la fondation Ford, la Tides Foundation (San Francisco). Les sites sont hébergés aux États-Unis, chez Layered Technologies Inc. (Texas) ou Swift Ventures Inc. (Seattle).

On comprend mieux pourquoi nombre de militants – y compris à Grenoble – ont délaissé Indymedia pour la simplicité du réseau Mutu. Ses 17 sites locaux (dont le Cric à Grenoble) ne sont d’ailleurs guère que des panneaux d’affichage des mouvances d’extrême-gauche : ils ne permettent ainsi pas les commentaires et sont basés sur des structures plus simples.

En revanche la tradition de planquer les sites aux États-Unis s’est maintenue : ainsi Paris-Luttes Info, mais aussi à l’Ouest (Rouen) ou Barrikade (suisse alémanique), mais encore le Cric (Grenoble) et bien d’autres… sont hébergés sur le même serveur de Riseup Network à Seattle, autour de l’ancêtre (et agrégateur) Mediaslibre.org créé le 22 juin 2012. À l’époque, une flopée d’Indymedias faisaient d’ailleurs partie des sources. Autre similitude : motus et bouche cousue sur le financement ; les sites mutu sont « ouverts et participatifs », mais touche pas au grisbi !

Emmanuel Goldstein

 

 

 

 

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Notifiez de
Marie Claude

C’est très réjouissant,pour nous ,Patriotes…mais finalement tout à fait logique. Quand on a un pois chiche à la place du cerveau,complètement occupé par la merde gauchiasse,plus de place pour l’informatique…ou autre technologie!

patphil

ah les gafa pourraient être taxés en france au même taux que les petites entreprises en 2022…parait il!