LFI : la roche tarpéienne est proche du Capitole

400 ans avant Jésus-Christ, Rome était bâtie sur 7 collines. Le Capitole en était la plus petite mais la plus importante puisque le temple consacré à Jupiter fut construit à son sommet et devint le symbole de la force et de l’honneur. C’est là que le Sénat de Rome organisait des cérémonies pour récompenser les généraux victorieux qui avaient l’honneur de mener leur chars depuis le Champ de Mars jusqu’au temple de Jupiter.
Mais sur l’autre versant de cette colline se trouvait la Roche Tarpéienne, un surplomb rocheux d’où les condamnés à mort étaient précipités dans le vide.
C’est de là que vient l’expression… « la roche Tarpéienne est proche du Capitole », signifiant que le pouvoir et les honneurs sont proches de la disgrâce, voire de la mort.

C’est exactement ce qui se passe en ce moment chez LFI.

Samedi 10 décembre au matin s’est tenue une réunion de 160 personnes. Des cadres de LFI, et des membres du parti tirés au sort.
Jean-Luc Mélenchon y a pris la parole afin d’annoncer la création d’un think tank « insoumis ».
La réunion a également pris connaissance de la réorganisation de LFI, notamment de sa direction. Cette réorganisation a été décidée par un petit noyau sans aucune concertation avec les militants ni avec l’ancienne direction de LFI.

À l’occasion de cette réorganisation, plusieurs « vedettes » de ce parti connaissent aujourd’hui la disgrâce et sont mises à l’écart de l’appareil LFI. Et pas des moindres.
Ainsi, le couple Garrido-Corbière, François Ruffin, Clémentine Autain et Eric Coquerel passent à la trappe.
Ils ne seront pas dans l’organigramme de la « coordination », la structure du Parti qui pilote.
Pour lot de consolation, il leur est proposé d’être membres du « conseil politique », structure où ils pourront blablater mais qui ne sera le lieu d’aucune prise de décision.
En clair, cela s’appelle se faire descendre en flamme, ou si vous préférez se faire « placardiser ».

Manuel Bompard, le nouvel homme fort du parti, le confirme de manière assez cynique :
« Il faut différencier la coordination, qui est la direction opérationnelle du mouvement, et le conseil politique, où on va débattre de l’actualité, préparer les grands moments politiques, discuter des grandes questions. Ce n’est ni méprisant ni insultant. »

Au fait, qui sera dans cette fameuse « coordination » ?

En y regardant de plus près, on s’aperçoit que ce changement d’organigramme est en fait un changement politique majeur.
Tous ceux qui sont de la « vieille » époque, le Parti de Gauche, sont évincés. Pourtant, ils ont de l’expérience. Malheureusement pour eux, ils ont connu la « gauche » avant qu’elle ne devienne l’extrême-gauche actuelle.
Et ça c’est rédhibitoire. Ils pourraient branler dans le manche du fait des valeurs qu’ils défendaient dans un passé certes de plus en plus lointain, mais c’est quand même un risque pour LFI.
Seuls survivent dans la « coordination » ceux qui sont des trentenaires, n’ayant connus que la LFI récente, celle qui est totalement convaincue de la bascule vers le wokisme, la soumission à l’islam, au néo-féminisme et à l’écolo-totalitarisme.

Cette réorganisation de l’appareil LFI est donc un message politique on ne peut plus clair.

Pour preuve de la pertinence de cette analyse, le cas de François Ruffin est exemplaire.
Depuis les élections présidentielles, il se répand régulièrement dans la presse avec des appels à « reconquérir les couches populaires des zones géographiques dites « périphériques » ».

Il agace donc la direction de LFI car il n’a manifestement pas compris que LFI n’a que faire des couches populaires. Son nouvel électorat est constitué des immigrés et des minorités, notamment sexuelles auxquelles il convient de rajouter les bobos écolos et les néo-féministes.
Il est donc dans la catégorie des « has been », ceux de la vieille école, et fort logiquement est écarté de tout poste de direction.

Ce sont donc les plus « fous » et les plus sectaires qui sont poussés sur le devant de la scène.
Ainsi, outre Manuel Bompard, nouveau grand chef à plumes, nous retrouvons : Mathilde Panot (très bien nourrie) présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale et l’eurodéputée Manon Aubry, Clémence Guetté responsable des programmes, Louis Boyard (ex dealer assumé et provocateur intarissable) responsable des actions envers la jeunesse, Sarah Legrain et Antoine Léaument (bien connu pour ses saillies politiques outrancières) responsables à la vie du mouvement, Aurélie Trouve et Bastien Lachaud responsables aux initiatives du mouvement.

Ce sont ces personnes qui vont être nommées ce week-end « chefs de pôles », c’est à dire responsables d’un secteur d’activité de la LFI.

À ceux-là, il convient bien sûr d’ajouter Jean-Luc Mélenchon lui-même… qui est celui qui tire les ficelles en coulisse. Le vrai chef d’orchestre. Il dirigera très prochainement l’Institut La Boétie, think tank « insoumis ». Et à ce titre sera officiellement dans l’organigramme de la coordination.

N’oublions pas de souligner, pour faire bonne mesure, que c’est jeudi, par voie de presse que les insoumis ont appris que Manuel Bompard allait être nommé ce week-end, « coordonnateur » de la LFI. C’est à dire leur « chef ».

Est-ce bien étonnant ?

En effet, ce parti fonctionne sans aucune démocratie interne et est en réalité un parti qui n’a rien à envier à ce qu’était le Parti Communiste de l’Union Soviétique.
Piloté d’une main de fer par Mélenchon qui n’a jamais oublié qu’il fut biberonné tout jeune chez les trotskystes aux méthodes du « centralisme démocratique ».
D’ailleurs, dans toutes les organisations et partis qu’il a dirigés, il a agi ainsi. Et ce n’est pas maintenant qu’il va changer.

La réorganisation en cours de LFI peut donc à juste titre être qualifiée de « verrouillage de l’appareil ».
D’une part, afin de garantir l’homogénéité de la ligne politique et son impossibilité d’un retour en arrière vers une politique de « gauche plus classique ». C’est certain.

D’autre part aussi, du moins de nombreux militants LFI le pensent, afin de garantir un éventuel retour de Mélenchon pour une candidature à la présidentielle de 2027.

Les prochains jours nous diront si le « coup de force » de la direction de LFI de ce week-end est accepté par les militants ou si une crise interne en découlera.

Quant à un éventuel retour de Mélenchon, nous saurons dans les prochains mois si ce retour est envisageable ou s’il s’engage dans un processus définitif de passation de pouvoir au sein de LFI.
Reste qu’il n’est pas certain que Bompard (ou un autre) accepte éternellement de n’être que le perroquet du leader maximo.

Ce qui pourrait précipiter les échéances…

Bernard Germain

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9 Commentaires

  1. Sur la photo ; Pol pot « ménlonne,chone » le chef et ses khmers rouges . Et dire qu’il y a encore des décérébrés pour « veauter » pour ces destructeurs de société . Ces « islamôgôchistes » suceurs de babouches .

  2.  » François Ruffin est exemplaire. » ça c’est ben vrai, ça, c’est le seul de la bande qui défend systématiquement et sans arrières pensées les travailleurs de ce pays; toutefois il a (comme les autres) voté macron … « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » mais ruffin rétorquera qu’il est athée!

  3. Des cons qui remplacent d’autres cons, pas d’évolution ! Mais ils seront détruits par leurs amis islamistes qui sont pas franchement wokistes ou LGBT compatibles !

    • Sa c’est clair ils ont commis la même erreur en Iran..
      Ils ont aidé les islamistes à prendre le pouvoir contre le sha d’Iran….résultats …la première choses que les islamiste ont fait en prenant le pouvoir…c’est recompensé les communistes en les massacrent jusqu’au dernier …ils croyais (les communistes partagé le pouvoir avec les islamiste)…🤗🤭
      🤣😅😆😁😂🤣😅

  4. Et bien sûr, que des blancs dans cette « coordination » qui prend des allures de comité de salut public sous la terreur…

  5. La mise au placard de ces quelques abrutis de première catégorie est plutôt une bonne nouvelle en soi, mais hélas elle est gâchée par l’accession à des postes de premier plan de trois spécimens tout aussi nuls et malfaisants que les « sortants », avec dans l’ordre hiérarchique : Manuel Bompard, Mathilde Panot et Manon Aubry, sans oublier la cerise sur le gâteau, en la personne de l’ineffable Louis Boyard, le zozo devenu député au mépris de toute décence, mais dans ce parti de branquignols il n’est pas le seul, hélas ! Quant à Mélenchon qui se prend pour une triple réincarnation à lui tout seul, de Robespierre, Fidel Castro et Hugo Chávez, il aura 76 ans en 2027 mais il ne veut pas renoncer à ce qui serait l’aboutissement de sa mégalomanie, être le premier président de la République Islamique de France, passer de chef de LFI à chef de RIF… Vade retro Satanas !

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