L’homme-masse contemporain, grand allié passif de la Triplice capital-islam-gauchisme

Publié le 9 avril 2012 - par - 1 381 vues
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Lorsqu’on vit, comme c’est le cas aujourd’hui, dans un monde qui pue le totalitarisme à plein nez, il est bon de se replonger dans la lecture de philosophes parfois méconnus, qui ont écrit et publié eux-aussi avant que ne se produisent de grands bouleversements. C’est le cas du penseur espagnol Ortega y Gasset (1883-1955) dont l’ouvrage fondateur, La rebelión de las masas (La révolte des masses), fut édité en Espagne durant l’entre-deux-guerres, en 1929. On trouve chez ce penseur peu connu en France des intuitions étincelantes, non seulement de ce qui allait advenir, à savoir la montée du fascisme et du bolchevisme débouchant sur la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi une claire analyse de ce qu’est l’homme-masse, el hombre-masa, complice passif, aveugle et servile de tous les effondrements civilisationnels.

 

« Ahora bien: una vez que se ha visto esto, la probabilidad de un Estado general europeo se impone necesariamente. La ocasión que lleve súbitamente a término el proceso puede ser cualquiera: por ejemplo, la coleta de un chino que asome por los Urales o bien una sacudida del gran magma islámico. »

 

La rebelión de las masas, Prólogo a la edición francesa

 

Traduction :

Or, une fois qu’on a vu cela, la probabilité d’un État général en Europe s’impose nécessairement. L’occasion qui mènera soudainement ce processus à terme peut être de n’importe quelle nature : par exemple, la natte d’un chinois qui se montrera dans l’Oural ou bien une secousse provenant du grand magma islamique.

 

[Ortega anticipe la pensée identitaire actuelle, en voyant dans un vaste État européen le seul moyen de défense efficace contre une menace chinoise… ou islamique ! Rappelons que nous sommes dans les années 1920. Rappelons aussi qu’Ortega ne souhaite par contre en rien la construction d’une Union Européenne à la manière d’aujourd’hui.]

 

Disons le clairement : nous vivons aujourd’hui le retour de l’homme-masse, malgré le coup de matraque reçu durant la Seconde Guerre Mondiale et les conflits plus locaux postérieurs à elle. Quand je dis le retour, c’est peut-être abusif : l’homme-masse n’a vraisemblablement jamais cessé d’exister, et il se porte excellemment aujourd’hui. La Seconde Guerre Mondiale et les conflits « décoloniaux », qui auraient dû le réveiller, le secouer, l’inciter à plus de bon sens et de courage, n’ont peut-être fait, en définitive, que renforcer son caractère, tissé d’indocilité pathologique et de servilité profonde. Tel était l’homme-masse de 1929, tel est encore l’homme-masse d’aujourd’hui, encore plus écœurant à voir sans doute que celui de 1929, mais identique en nature (seul le degré change).

 

Indocilité et servilité… Ces deux caractères semblent contradictoires ; ils sont en réalité indissociables. On a ici la préfiguration de la « rebellitude » ou de la rebelle-attitude contemporaine, si caractéristique des bobos parisien en France, qui ne sont que le haut du panier des hommes-masses, dont la figure la plus basse est la « racaille de souche » débraillée, qui éructe sa bière affalé sur les trottoirs, en insultant les passants occidentaux, et en donnant du « mon frère » au dealer maghrébin du coin qui les fournit en shit. Ces jeunes blancs décérébrés, qui en France grossissent les rangs des convertis à l’islam (en prison notamment), qui ressemblent aussi à ceux que les américains appellent des « wiggers » ou les anglais des « chavs », sont les grandes figures de l’homme-masse actuel, dans ce qu’il a de plus abject.

 

Ortega y Gasset observe l’Espagnol moyen des années 20, tel qu’il l’a sous les yeux, tant il est vrai qu’on ne peut guère dissocier la philosophie de l’expérience, fût-elle la plus quotidienne. Certes, à l’époque d’Ortega y Gasset les gens savaient encore un peu se tenir, la « décivilisation », la « déculturation » n’atteignaient pas les profondeurs abyssales d’aujourd’hui, la nuit européenne tombait, il ne faisait pas encore nuit noire. Mais enfin, cet homme-masse de 1929 manifestait déjà toutes les caractéristique du crétin d’aujourd’hui : il ne respecte plus ni instruction, ni culture, ni tradition, ni convenances. Il n’a aucun sens de l’effort et méprise toute aristocratie de l’effort. S’il est illettré, il l’est sans intelligence ; s’il est instruit, il l’est d’une manière ultra-spécialisée qui en fait un crétin en dehors de son domaine (Ortega y Gasset voyait dans le savant spécialiste de son époque une figure navrante de l’homme-masse). Syndicaliste, il est partisan de l’action directe, des coups de force… qui le plus souvent ne mènent à rien. Très indocile, rebelle, il est excessivement juvénile, « jeuniste », mais aussi dévirilisé, voire efféminé. Individualiste, il cantonne ses aspirations à la sphère de la cellule familiale (c’est pire aujourd’hui, où l’individualisme a provoqué des guerres de tranchées à l’intérieur même des familles ou des ménages, chacun devenant une monade hostile et fermée à l’intérieur du groupe). Pacifiste, il n’aime pas la guerre, mais il s’imagine sottement que la paix se maintient toute seule. Il ne s’intéresse pas à la politique, qui est pourtant la plus noble des préoccupations, et s’il s’y intéresse, c’est de pur carriérisme ; l’apolitisme et les politiciens-politicards remplaçant les vrais politiques.

 

En clair, ce qui caractérise l’homme-masse, c’est l’incapacité de servir des valeurs, l’absence de sens du collectif, l’obsession de la vie privée, individuelle, le mépris pour toute préoccupation de l’intérêt commun. L’homme-masse de 1929 bénéficie déjà d’une foule d’acquis techniques et sociaux, qui, sans être étincelants, ont tout de même considérablement amélioré la condition humaine. Mais l’homme-masse s’imagine que ces améliorations tombent du ciel, et il ne fait rien pour ne serait-ce que les conserver. Ortega y Gasset fait remarquer à juste titre que l’homme de 1929 profite comme jamais auparavant des bienfaits de la techno-science, et ne s’est jamais aussi peu intéressé… à la recherche scientifique. Idem pour la politique : l’homme-masse de 1929 vit dans un monde encore en paix, dans une Europe encore vaguement démocratique, mais il ne s’intéresse pas à la politique, ni nationale, ni internationale (ce qui laisse bien sûr les coudées franches aux leaders psychopathes, aux démagogues et aux crétins, aux collaborationnistes). Indocile et servile à la fois, par son mépris pour les « minorités excellentes » (les seules qui contribuent à maintenir un peu d’harmonie dans le monde, par leur travail militant, fût-ce en anticipant la guerre), l’homme-masse révèle sa vraie nature : il est fondamentalement un lâche et surtout un ingrat, d’une ingratitude qui passe l’entendement. Il reçoit les bienfaits d’une civilisation multiséculaire, en méprisant ou en ignorant (ce qui revient au même) les grands ancêtres et les obscurs contemporains qui continuent, souvent dans l’anonymat, parfois dans l’opprobre, le maintien vaille que vaille d’une aristocratie de l’effort. L’homme-masse est, au plein sens du terme, un dégénéré, le rejeton indigne d’une civilisation généreuse en excellence, dont il sape les fondements, par l’inertie de son crétinisme. Il est, pour employer ce terme actuel, fût-ce à des degrés divers : une racaille.

 

L’auteur de ces lignes a derrière lui dix années de militantisme syndical. Certes, il m’a fallu quitter le syndicalisme lorsqu’il m’est devenu viscéralement impossible de cautionner les positions immigrationnistes et antipatriotiques des grandes centrales syndicales, dont la mienne. Mais enfin, le syndicalisme demeure en soi une belle chose, à condition de ne pas le réduire bien entendu à cette « action directe » aveugle et contre-productive que vilipendait déjà Ortega y Gasset en 1929. Toujours est-il que dix années de militantisme, je devrais dire de bénévolat syndical, m’ont appris, comme jamais, l’ampleur de l’ingratitude humaine, et la catastrophe que représente la mentalité de l’homme-masse au sein du corps enseignant (mais c’est la même chose, je crois, au sein d’à peu près toutes les corporations). Mes collègues, de toute évidence, se comportèrent en hommes-masses (ou femmes-masses), c’est-à-dire en racaille. Du reste, les enseignants qui se plaignent de la racaille, tout en maintenant des positions angélistes et pédagogistes, devraient s’interroger un peu plus ; car cette racaille, c’est avant tout eux-mêmes. Lorsque j’étais délégué syndical et qu’une difficulté individuelle ou collective (c’est d’ailleurs toujours plus ou moins lié) se présentait, je commençais, en bon militant qui se respecte, par faire une réunion pour débattre des possibilités d’actions. Une fois sur deux la réunion capotait faute de participants, y compris les collègues les plus menacés. Sinon, je devais ferrailler contre environ la moitié des collègues, dont la principale visée consistait à saboter la réunion, en proposant des modalités d’actions totalement fantaisistes, ou, pire, en criant haro sur les syndicats, les syndicalistes, éventuellement moi-même (il m’a fallu beaucoup de self-control pour m’éviter d’en cogner quelques uns). Si d’aventure mon action réussissait : aucune reconnaissance de la part des collègues, même le plus concernés, et notamment aucune prise de carte syndicale. Si mon action échouait : haro contre les syndiqués et les syndicalistes. Bref : comment qualifier ce genre de comportement, sinon comme une comportement de racaille. Il suffit d’évoluer au sein de la racaille enseignante pour avoir une idée à peu près claire de ce qu’est l’homme-masse si bien décrit par Ortega y Gasset. L’arrogance des enseignants, leurs fausses rébellions perpétuelles, leur vraie servilité constante et indécrottable, leur crétinisme, leur individualisme ; comment ne pas voir en eux les successeurs du fameux homme-masse européen dégénéré de l’entre-deux-guerres ? Faux révolutionnaires, vrais esclaves aimant leur servitude, les enseignants, pour parler comme La Boétie, ne sont que les pantins vaguement privilégiés de la servitude volontaire. J’en reviens toujours à la même chose : de la racaille.

 

L’homme-masse d’aujourd’hui n’est, pour cette raison, pas même un gauchiste. Dans un article précédent, j’avais employé l’expression « infra-gauchistes » pour désigner les collabos passifs du mondial-Système contemporain, et notamment les enseignants. Les vrais gauchistes ont au moins le mérite de mener un combat, fût-il pervers, et de faire, par là-même, preuve d’un minimum de virilité sociale, même si le jeu est facile, le gauchisme étant, avec l’islam mondial-djihadiste et les oligarchies transnationales, l’un des trois piliers du mondial-Système (Triplice de l’horreur). Il n’y a plus lieu aujourd’hui de distinguer la gauche associative, syndicale ou politique, car ces trois gôches, malgré de fort tiraillements, diffusent et appliquent aujourd’hui rigoureusement la même « théologie » mondialiste. L’appellation « gauchisme » suffit aujourd’hui à les réunir ; il était de bon ton autrefois de distinguer le communisme du gauchisme, ce qui est caduc à présent, le communisme ayant été absorbé par le gauchisme. Il n’y a plus ni syndicalistes, ni trotskistes, ni marxistes, ni communistes, ni tout ce qu’on voudra, il n’est plus que des gaucho-mondialistes… Mais enfin, tous ces gaucho-mondialistes militent, se « battent », agissent, pensent, réfléchissent, donnent de leur temps : leur combat est pervers, mais ils sont encore des figures du combat comme le sont les islamistes et les oligarques, qui, contrairement à une croyance répandue, ne se contentent pas de passer le plus clair de leur temps à ne rien faire, puisqu’il faut bien qu’ils donnent des ordres, qu’ils « militent », ce qui n’est pas rien.

 

Le point commun entre Mélenchon, Laurence Parisot ou tel ou tel cheikh intégriste, c’est qu’ils se démènent. Certes, dans des conditions confortables, mais ils se démènent. L’islamisme, le gauchisme et l’oligarchie ont déployé d’immenses réseaux militants, une incroyable énergie pratique soutenue par des budgets conséquents et une incommensurable littérature théorique. Que ces choses soient détestables, soit ! Mais ces réalités, pour affreuses, pour « sataniques » qu’elles soient, ont, à tout le moins, le mérite de correspondre à un effort, un effort concret, l’effort d’une aristocratie du Mal si l’on veut, mais effort quand même. L’homme-masse, lui, ne fait aucun effort. Voilà pourquoi l’homme-masse est le grand complice aveugle, servile, abject de la Triplice de l’horreur. Il est un ventre mou que la Triplice déchire allègrement, sans qu’il n’y oppose la moindre résistance. Barbus, gauchos et oligarques sont encore, eux, des ennemis ; on peut encore ressentir, vis à vis d’eux, ce respect, minimal, qu’on a pour des ennemis. Mais l’homme-masse ne mérite aucun respect. Il n’est rien. Il n’est que vide, néant d’humanité. Si le gauchiste est un collabo, l’homme-masse est le collabo du collabo, une sorte d’infra-collabo. Le collaborationnisme est vil, mais c’est encore quelque chose, c’est encore agir. Les associations « antiracistes » qui nous attaquent actuellement poursuivent les buts les plus infâmes, les plus odieux qui soient, mais on doit leur reconnaître ce mérite minimal…. qu’elles nous attaquent !

 

L’homme-masse est en dessous du collabo. Il est en dessous des associations dites « antiracistes ». Il n’est même pas capable d’un combat perverti, puisqu’il est néant d’action et de pensée. C’est un infra-collabo, un infra-gauchiste. C’est lui notre véritable ennemi : son inertie, son indifférence pathologique, son mépris arrogant pour toute forme d’engagement, même perverse, peut faire basculer l’Europe dans le pire des totalitarismes. Parce qu’incapable d’agir, il aura laissé faire.

 

« Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » (Albert Einstein)

 

Jacques Philarcheïn

 

Le philosophe espagnol José Ortega y Gasset, penseur de l'homme-masse

 

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