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L’hypocrisie de la « protection animale » ! 


Savez-vous que nous avons un ministre de l’Agriculture qui est aussi ministre de la protection et du bien-être animal ?
Nos animaux doivent en être bien aise…

Récemment, suite à un nouveau clash (un de plus…) de nos dirigeants gouvernementaux, deux ministres ont été surpris à assister à une corrida, avec mise à mort, à Bayonne. Il s’agissait de Didier Guillaume (agriculture et protection animale) et de Jacqueline Gourault (cohésion du territoire), en compagnie du maire de Bayonne.
https://www.francetvinfo.fr/animaux/bien-etre-animal/le-ministre-de-l-agriculture-en-charge-de-la-protection-animale-photographie-en-train-d-assister-a-une-corrida_3578823.html

La photo a été prise par un journaliste du Sud-Ouest et la fondation Brigitte Bardot s’est exprimée en ces termes :
« Aucune limite dans l’indécence, le ministre de l’Agriculture, en charge de la protection animale, @dguillaume26 assiste en ce moment même avec @j_gourault (autre ministre du gouvernement) à une séance de torture animale dans les arènes de Bayonne… Scandaleux ! »

Suite à cette affaire gênante pour ces ministres, la porte-parole de LREM, Aurore Bergé, a souhaité mercredi l’interdiction des corridas aux mineurs.
Ça fait joli, c’est plein de bons sentiments et ça ne sera jamais appliqué, comme tout ce qui vient de ce gouvernement de guignols.
https://www.liberation.fr/depeches/2019/08/21/berge-lrem-souhaite-l-interdiction-des-corridas-aux-mineurs_1746371

Le ministre a d’ailleurs également déclaré :
« Je suis le premier ministre de l’Agriculture à avoir une collaboratrice, une conseillère au cabinet en charge du bien-être animal, je suis le premier ministre de l’Agriculture qui a pérennisé le Conseil de surveillance des abattoirs. »

Je n’ai, pour ma part, aucune confiance en ces personnes qui sont, comme leur Président, perpétuellement dans la communication, mais jamais dans l’action.
Et je ne crois pas un instant que les animaux soient le moins du monde mieux traités dans les abattoirs où ils sont traités vivants comme s’ils étaient déjà morts.

La vie dans les abattoirs est une horreur, tant pour les animaux que pour les humains. Ce sont des conditions de travail effroyables pour ces salariés.
Des articles éprouvants :  
https://www.huffingtonpost.fr/jean-jacques-rault/abattoir-vigan-viande-animaux-agriculture_b_9346176.html

https://blogs.mediapart.fr/edition/droits-des-animaux/article/290314/dire-lhorreur-des-abattoirs

Je préfère ne pas mettre d’images.

L’homme est omnivore. C’est-à-dire qu’il se nourrit naturellement d’animaux et de végétaux. Dans la nature, il existe des animaux qui se nourrissent seulement de végétaux, d’autres de viande animale et d’autres des deux. L’homme fait partie de ces derniers. Lorsque le lion dévore une gazelle, personne ne lui en fait procès. L’homme doit donc pouvoir se nourrir aussi de viande. Pour cela, afin de multiplier les ressources, il pratique l’élevage d’animaux destinés à la boucherie. Élevage et abattage ne doivent pas forcément être synonymes de barbarie ni de mépris de ce que ressentent les animaux destinés à cet usage.

Il est évident que des mesures pratiques devraient pouvoir être prises afin que les animaux ainsi abattus ressentent le minimum de stress et de souffrance physique. Ce serait une avancée morale importante pour l’homme.
Mais je sais aussi que cela reviendrait plus cher et rendrait la consommation de viande plus coûteuse pour le consommateur.
Là est le problème.
Je n’ai pas de solution idéale.
C’est à la société de savoir ce qu’elle veut.
Manger plus de viande dans le mépris total de l’animal, ou non.

Aujourd’hui pas plus qu’hier, je pense que rien n’est fait ni ne sera fait dans le sens d’améliorer la condition animale. C’est une chose qui est à des années-lumière des préoccupations des politiciens.
Le bien-être animal est le dernier de leurs soucis.
Et c’est leur mépris souverain du bien-être du peuple humain qui en est le plus éclatant des indicateurs…
Celui qui méprise les hommes méprise aussi les animaux.
https://www.liberation.fr/france/2019/08/22/bien-etre-animal-la-majorite-noie-le-poisson_1746702

Après cette présentation d’un fait divers, je pense qu’il faut aussi voir les choses avec une certaine hauteur.
Pour ce qui concerne la corrida avec mise à mort, j’y suis opposé depuis longtemps. Je pense que la corrida serait tout aussi spectaculaire si le taureau n’était ni blessé ni tué et seulement marqué par des cocardes autocollantes multicolores posées par le torero à des endroits de l’animal qui lui donneraient plus ou moins de points. Il est important que le torero, lui-même, risque sa vie à chaque instant jusqu’à la fin du spectacle (limité dans le temps).
Car le taureau, lui, ne possède ni banderilles ni muleta.

J’ai entendu à la radio une personne défendre la corrida, la bouche pleine du mot « respect », respect du taureau dans l’élevage, respect du taureau dans l’arène, etc…
Je suis désolé, mais élever un animal pour le tuer de manière festive n’est pas la plus grande marque de respect. Mais ces gens-là se donnent bonne conscience comme ils le peuvent…
Conserver les traditions est une bonne chose. Mais certaines traditions ont disparu depuis longtemps, comme les jeux du cirque, dans la Rome antique, au cours desquels des hommes et des femmes étaient tués par des hommes ou par des animaux.

Je pense qu’à notre époque un spectacle qui consiste à tuer un animal pour le simple plaisir de spectateurs avides de sang est un spectacle indigne de l’homme évolué. Depuis des milliers d’années l’homme a avancé et évolué et ne vit plus, aujourd’hui, de la même façon.

Pour ce qui est d’interdire les corridas à des mineurs, c’est d’une grande hypocrisie et ça ne servirait à rien. Il y aurait toujours des mineurs qui passeraient, la surveillance serait très relâchée (spectacle = argent) et, de toute façon, les mineurs pourraient voir les corridas à la télévision, comme en Espagne.
C’est donc du pur foutage de gueule.
Par contre, la condition animale n’en serait pas améliorée…

Enfin, puisque la protection et le bien-être animal semblent les prérogatives de certains de ces fantoches, je leur indiquerais bien un domaine dans lequel il y aurait sans doute énormément à faire, c’est l’abattage dit « halal » pratiqué par des millions de barbares dans notre pays, sans aucune surveillance, dans des conditions totalement clandestines, illégales et absurdes, ne respectant aucune loi humaine ni aucune loi dans l’intérêt du bien-être animal.

Laurent Droit