Les curieux arguments de l’avocate de Patrick Henry

PatrickHenryPlus idéologue qu’un marxiste, plus gauchiste qu’un prof du SNES, plus fumeux qu’un psy, plus naïf qu’un catho de gauche, il y a les avocates. J’ai bien dit avocates, n’en déplaise aux féministes de tous poils et je m’en honore quand on voit ce que les féministes sont, ont été et surtout, sont devenues.

C’est un lieu commun de la littérature et de la cinématographie policières qui sont sans doute bien inspirées et nourries de faits réels: les pires criminels reçoivent en prison la visite de bonnes âmes, assistantes sociales entre autres, des déclarations d’amour et des demandes en mariage d’inconnues. Plus les crimes sont atroces, plus les déclarations d’amour sont nombreuses. A noter que dans les cas inverses, rares il est vrai mais existants, les Agrippine, Lucrèce Borgia et autres Marie Besnard, n’ont pas fait l’objet de tant d’empressement.

Personne n’a oublié l’affaire qui, il y a quarante ans, avait défrayé la chronique et fait dire à Roger Gicquel : La France a peur.

En 1976, à Troyes, un enfant de sept ans, Philippe Bertrand, est enlevé à la sortie de son école. L’enquête mène vite à Patrick Henry, qui, ami de la famille, n’avait eu aucun mal à persuader l’enfant de le suivre. C’est ce criminel qui avait eu le cynisme de déclarer que le meurtrier de l’enfant méritait pour ce crime odieux la peine de mort. L’un de ses avocats, Maître Badinter, ne va pas le suivre et orientera sa plaidoirie, non vers la défense de l’indéfendable, mais contre le principe même de la peine de mort. Contre toute attente, l’assassin échappe à la peine capitale : « Stupeur! Patrick Henri sauve sa tête », titre le Parisien, tandis que l’Humanité, avec « La peine de mort en échec », salue le verdict.

Soit. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’abolition de la peine de mort. Mais force est de constater que la peine de perpétuité s’en est trouvée du coup elle aussi abolie, que cela fût prémédité ou non.

En effet, on se souviendra encore que cet assassin ayant fait de nombreuses demandes, bénéficia en 2001 d’une liberté conditionnelle et d’un emploi dans une imprimerie du Calvados. Liberté conditionnelle que l’individu s’empressera de mettre à profit en essayant de monnayer ses mémoires auprès de maisons d’édition, en volant à l’étalage dans une grande surface de bricolage, enfin montant toujours d’un cran, en se livrant au trafic de drogue : il sera arrêté en Espagne en 2006 en possession de 10 kg de résine de cannabis.

De retour à la case prison sans toucher la prime, l’individu demande à nouveau sa libération conditionnelle, et entame une grève de la faim.

Chacun en tirera les conclusions qu’il juge pertinentes, mais on a bien l’impression d’avoir affaire là à un pervers manipulateur de première catégorie. Difficile d’accorder du crédit  à la parole d’un homme qui a su se montrer exemplaire en prison – en même temps, quand on a commis ce genre de crime, a-t-on le choix ? – et récidive à la première occasion, alors qu’il a un travail et de l’argent.

Pas son avocate, Me Carine Delaby-Faure dont la ligne de défense semble un modèle de ce que l’empathie peut produire de pire.

Il a changé, dit-elle sur les ondes en général, et ce matin sur RMC, en particulier. C’est une constante chez les femmes de croire que l’être humain, l’homme surtout, peut et va changer. Cela me rappelle le propos d’un humoriste: Quand une femme n’est pas heureuse avec son homme, elle veut le changer. Quand un homme n’est pas content de sa femme, il change de femme. C’est bien là tout le drame de la condition féminine. D’ailleurs, n’est-on pas  le plus souvent victime de soi-même? Et l’avocate d’ajouter: S’il ne sort pas maintenant, il ne sortira plus jamais. N’est-ce pas le propre d’une condamnation à perpétuité?

Poursuivant un  argumentaire qui ne nous épargne pas les clichés, elle ajoute: laissons-lui une deuxième chance. Rappelons à cette dame que ce criminel  a déjà eu sa deuxième chance, mot qu’il s’est d’ailleurs empressé de prendre au pied de la lettre en saisissant une nouvelle chance … de commettre des méfaits.

L’avocate, cela ne nous étonnera pas, ne recule pas non plus devant le sempiternel argument « c’est la faute à la  société » qui prend chez elle la variante de l’absence de suivi psychologique dans les prisons. A quoi l’on pourrait rétorquer que si la justice ne se dédisait pas elle-même et appliquait la perpétuité réelle, point ne serait besoin de suivi psychologique en vue d’une réinsertion. Que l’aide psychologique serait mieux employée envers les victimes. Que tout ne relève pas du traitement psychiatrique comme tout ne relève pas du social.

Autre angle d’attaque: les parents de la victime sont d’une grande dignité.

Incontestablement. Ce n’est pas eux que l’on voit brailler devant les micros et caméras de toutes les chaînes. Et d’ailleurs, on ne leur donne pas la parole. Mais ce que l’on peut craindre d’entendre derrière les propos de l’avocate, c’est que si les parents ne se plaignent pas, il serait mal venu à la société de le faire. Nous serions plus royalistes que le roi, en quelque sorte. Rappelons à cette avocate que, jusqu’à présent, la société est partie civile dans une affaire criminelle quand bien même la victime serait sans famille ou consentante. La justice est rendue en fonction de la nature et de la gravité du crime et non en fonction des dégâts que ce crime a produits sur une victime et ses proches.

Baratin habituel d’avocat, direz-vous. Jusqu’ici,  oui.

Mais ile meilleur est pour la fin mot avec la réponse que fait l’avocate à la question d’une chroniqueuse qui, interpellée par ses déclarations, lui demande si elle est personnellement touchée par cet homme: Oui, avoue-t-elle, c‘est un homme profond. Le pire, c’est qu’elle doit être sincère. Je serais tentée de faire à l’intention de cette dame quelque blague obscène autour du mot profond, mais je m’abstiendrai par respect pour toutes les victimes et vu l’extrême gravité de la situation.

D’où j’en reviens, après mes considérations sur l’absence de perpétuité réelle et des problèmes que la Justice s’est ainsi créés, à mon premier propos sur cette empathie dévoyée, ce syndrome Mère Thérésa que l’on trouve si communément répandus dans notre société et dont les femmes hélas, se font tristement les championnes.

Verdict le 31 mars.

 

 

 

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8 Commentaires

  1. sOIT remettre la PEINE MORT en vigueur dans la prochaine constitution elle nous éviterait de loger nourir un être abject par les CONTRIBUABLES à merci, soit réouvrir le BAGNE DE CAYENNE ET LES Y OUBLIER je pense que si l’on remettait la peine de mort celà dissuaderait bien des criminels bien des violeurs à venir….signé paule di Malta..

  2. Merci, Monsieur Badinter; beau et louable boulot que votre loi supprimant la seule peine possible dans des cas semblables.

  3. Le terroriste Carlos était considéré même par ses anciens acolytes interviewés par la BBC comme une ordure abjecte ; quelques jours après être devenue son avocate, Isabelle Coutant-Peyre nous a confié que c’était un grand homme et qu’elle l’épouserait ( Le Parisien ) . La femme est intrinséquement moralement supérieure à l’homme paraît-il …
    C’est pourquoi S.Royale n’a pas perdu toutes ses élections simplement comme un homme, mais parce que les électeurs étaient misogynes.

  4. Landru, dans sa prison, recevait des lettres d’amour enflammées de femmes dont l’une disait: « mon, chéri, avec toi jusqu’au fourneau… ». Il a tout de même fini sous le couperet de la guillotine. Espérons que pour Patrick Henri, il ne sortira de prison que pour aller au cimetière.

  5. un avocat ou une avocate fait ce qu’il peut avec les moyens qu’il a et ce n’est pas lui qui juge mais des magistrats irresponsables en outre ce n’est pas le juge qui écrit la loi mais des clampins qui dorment à moitié sur les bancs de l’Assemblée Nationale

    • Il s’agit ici de parler d’empathie dévoyée, pas du rôle des avocats et des juges. Et n’oublions pas qu’un avocat peut toujours refuser un dossier.

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