Liberté de l’individu et devoir d’informer de la presse…

Publié le 30 juin 2018 - par - 16 commentaires - 640 vues
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Depuis plusieurs années, une guerre sourde s’allume entre les individus qui se disent condamnés de facto par la presse locale ou nationale et les journalistes qui se donnent la liberté d’exprimer ouvertement leurs avis et de prendre pour cible tout citoyen.

Mais cette pratique n’est pas nouvelle car ceux qui fournissent les informations plus ou moins personnelles sur de nombreux sujets se croient à l’abri de par les lois de la vengeance personnelle de ceux qu’ils auraient offensés.

C’est ce qui vient de se passer à Annapolis, la capitale du Maryland, l’un des états les plus ouverts politiquement.

Je rappellerai simplement cette phrase prononcée par Gaston Calmette, assassiné le 17 mars 1914 par Henriette Caillaux, femme du ministre des Finances de l’époque :

« Dites bien que je n’ai pas voulu faire du mal à personne et que j’ai fait mon devoir »

Là est toute l’ambiguïté du journaliste. Lorsqu’il prend en charge une affaire et qu’il fouille dans le passé de celui qu’il veut volontairement ou inconsciemment accuser d’un fait grave, veut-il lui faire du mal ou simplement rechercher la vérité ?

La ligne rouge peut-elle être facilement franchie vers le bien du public au détriment d’un individu ? Quel recours a alors ce citoyen ? Le tribunal ? Ou la vendetta, vengeance personnelle ?

En réalité l’Histoire est remplie de ces incidents sanglants : seule l’arme change quoique des moyens simples peuvent être encore utilisés : le couteau de cuisine, le marteau. Mais maintenant l’arme la plus prévisible est l’arme à feu : rapide, efficace. Aux Etats-Unis plus qu’ailleurs puisque l’achat d’armes est autorisé quasiment partout.

Vengeance sordide pour un fait banal surtout de nos jours : harcèlement sexuel.

Un dénommé  Jarrod Ramos avait été accusé de harcèlement sexuel par une ancienne copine de lycée à qui Jarrod envoyait des messages plutôt chauds. Fatiguée, elle avait porté plainte et le tribunal avait tranché : condamnation avec sursis à plusieurs mois de prison. L’affaire aurait dû en rester là, l’actualité à présent en étant bourrée. Mais le drame débuta lorsqu’un journaliste du « The Capital » édition locale à Annapolis, ne sachant que traiter avait alors choisi cette banale anecdote pour en tirer un article grand tirage : « Jarrod wants to be your friend » (Jarrod veut être ton ami) dans lequel il relate l’agression sexuelle, la condamnation que Jarrod avait purgée. Il s’est alors senti visé dans sa vie privée et exposé au pilori du grand public. Surgit alors dans sa pensée l’idée de la vengeance (syndrome d’Ilkya, du roman du même nom qui se traduit par « I’ll Kill You All », je vous tuerai tous ou j’en tuerai la plus possible que Jarrod a déclaré à la police).

La suite est apparue dans toute sa violence après le rejet de sa plainte pour diffamation contre « The Capital ». Il a paru ne rester qu’une seule solution : prendre sa vengeance dans ses propres mains et ce fut un massacre.

La question essentielle est de savoir comment trouver un équilibre entre l’information « importante » et l’anecdote banale. Dans ce cas-là, l’erreur vient des deux côtés, d’abord du journal puisque l’affaire avait eu lieu en 2011 et que le journal avait publié l’article en 2015, soit quatre ans plus tard pour un simple harcèlement qui aurait dû tomber dans les oubliettes. La rage a été relancée chez Jarrod et le crime était apparu comme la meilleure solution.

L’offensive des féministes avec « dénonce ton porc » ou « Me Too » a déclenché la possibilité de tels faits et celui d’Annapolis ne sera pas le dernier.

Car on n’a aucune réponse à ce dilemme : jusqu’où peut aller la presse et quelle est la meilleure défense de l’accusé ? Nous avons connu Charlie Hebdo et l’affaire Fillon pour démontrer la force des médias dans les affaires publiques.

Public contre individualisme ? Résistance à la presse ? Dénonciation de faits reprochables ? Etalement de la vie privée ?

Y a-t-il véritablement une solution équilibrée ?

André Girod

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Notifiez de
crap2sp

Le problem reste que trop de journalists laissent leur ethique,au placard,pour favoriser leurs convictions politiques,et cela peut aller jusqu’a des humiliations,mals digerees,et quand cela arrive,la personne vise,n’a plus rien a perdre.car aux EU ,des cas comme celui-la vous perdez tout,sauf votre flingue,alors dans votre tete,reste la vengeance,ou finir a la rue.

Georges S

Monsieur Girod, si vous êtes intéressé d’écrire un article sur les dingos de la gauche voici la petite derniere américaine: 2 soeurs Allison Hayes-Conroy prof a Conroy U. et Jessica Hayes-Conroy t instructrice de santé des femmes ont déclaré dans un livre que manger sain est désormais raciste (et non elles ne sont pas des californicatiennes)
https://www.naturalnews.com/2018-06-28-if-you-believe-in-healthy-eating-you-are-a-bigoted-intolerant-american-say-leftist-professors.html

patphil

la presse aux ordres ne se lit plus, ne s’achète plus, pourquoi?
les débats télévisés sont de moins en moins regardés, surtout sur les chaines d’info en continue, pourquoi?
les sites de réinformation sont en constante hausse , pourquoi?

Simone GUTIERREZ

Les fameux  » débats  » télévisés font , en fait , » débattre  » des gens qui sont d’ accord entre eux .
Quand on se résout à inviter un opposant au  » politiquement correct  » ( comme chez Ruquier avec Dupont Aignan ) c’ est pour le faire flinguer par une meute de hyènes au service du Système .

Pierre

Le devoir de la presse est d’informer, certes, mais ne faudrait il pas d’abord que nous informions la presse ?

Pierre

Quand reviendra le temps de l’éthique ? Le temps des cerises est bien revenu…

Georges S

N’ayant pas suffisamment d’espace pour finir je voudrais ajouter que comme vous vouliez le prouver « Get your facts straight »
Si vous voulez des infos sur les US contactez moi, je suis certainement plus au courant que les sources d’info françaises

Georges S

« Aux Etats-Unis plus qu’ailleurs puisque l’achat d’armes est autorisé quasiment partout »
1) Pour acheter une arme LÉGALE il faut aller au magasin payer le produit acheter et faire une demande au FBI ce qui demande 15 jours, Après cela si la demande est accepté on récupère le produit
2) Le Maryland est l’un des Etats ou il est le plus difficile d’acheter une arme légale (après Washington DC et Illinois)
3) Les plus grands crimes ont tous ete commis dans des gun free zone
Je suis Ricain

Pierre

Georges S vous devriez apporter des précisions à notre journaleux Bourdin qui use des poncifs primaires sur les armes aux US.

Georges S

En 2009 il y avait une emission de ft1 qui disait que tout le monde aux USA pouvait avoir des mitrailleuses lourdes a la maison (ce qui totalement interdit depuis les années 70) Seuls les club de « reenactment » ont le droit et les armes sont répertoriées régulièrement. J’ai appele tf1 pour signaler le fait on m’a interdit de rappeler encore une fois.
Post Scriptum, si vous lisez l’anglais regarder eric holder fast and furious interessant

crap2sp

3 jours est le delai,pour recuperer l’arme que vous venez d’acheter,si vous possedez un ccw,vous n’en avez pas besoin.votre carte ccw est delivrer,après 15 jours ,certe,mais c’est une commission,qui donne son feu vert,celle-ci est compose,de sheriff et chefs de police a la retraite,la duree peut changer suivant,les etats,et quasiment dans chaque etat,il y a des villes qui sont gun free zone.les lois sont differentes d’un etat a l’autre.

Georges S

Je le sais bien, je suis Ricain. Connaissant la quantité de mot que l’on peut laisser sur chaque commentaire j’ai essayé de simplifier au maximum. Ayant possédé un ccw dans l’Etat du Colorado pendant 5 ans avant de venir en France je suis parfaitement au courant des lois du Colorado et de tous les Etats offrant la réciprocité

Joël

Quelquefois pourtant, l’info va très vite. Plenel est ravi, son médiapart vient de faire virer l’ambassadeur de France en Hongrie qui soutenait Orban :
http://www.fdesouche.com/1033305-lambassadeur-de-france-en-hongrie-soutient-viktor-orban-et-juge-que-les-accusations-dextremisme-portees-contre-lui-relevent-du-fantasme
L’histoire ne dit pas comment il s’est procuré cette note « confidentielle ».

Pierre

On sait au moins qu’il existe des ambassadeurs sérieux, surtout si Dieu les vire.

Allonzenfan

La liberté d’informer a un prix… Il faut être prêt à le payer !

La Mécréante !

-« y a-t-il véritablement une solution équilibrée ? »

réponse : non, car il est impossible d’éradiquer toutes les p… et tous les minables qui grenouillent dans le monde de la presse.