Libertés sans expression, de Christine Kelly : le journalisme d’une qualité rare

LIBERTÉS SANS EXPRESSION

ou le journalisme d’une qualité rare

Libertés sans expression* est un tout récent livre de Christine Kelly, la présentatrice de l’émission Face à l’info sur CNews, dont on aimerait tant voir les qualités prises en exemple par l’ensemble de ses consœurs des autres chaînes ; la noblesse de la féminité gagnerait ainsi de nouvelles ambassadrices. Il relate un parcours personnel et surtout professionnel passionnant et chaque page est un régal de pertinence et de justesse. Bienheureux sont ceux qui travaillent avec elle, harmonisés par son objectivité rationnelle et mesurée.

En début de texte, nous sommes dans sa Guadeloupe natale, parmi sa famille issue de tant d’horizons différents que la voici multicolore, hétérogène par les yeux, la peau, les cheveux… tous créoles et français, mariant avec bonheur les deux langues et les deux fiertés. Ses parents fort sévères ne la laissent pas disperser son temps, ses talents et ses forces. Christine est alors conduite à développer une détermination et une droiture de pensée qui l’amèneront à être telle que nous avons la chance de la voir aujourd’hui, l’une de nos meilleures journalistes, celle que l’on retrouve toujours avec plaisir et soif de la qualité qu’elle prépare et insuffle dans ses émissions. Elle ne craint pas de parler de spiritualité, cette dimension si manquante aujourd’hui où écrire le mot Dieu est souvent synonyme de superstition d’un autre temps. Il est vrai qu’à notre époque de vanités, genou à terre pour les racailles ne va pas avec genoux à terre pour le divin.

Voici Christine découvrant Paris et ses foules pressées regardant droit devant mais pouvant tout écraser, ses concierges bas de gamme préférant les gens « comme il faut » selon eux et ses chambres de bonnes plutôt mauvaises. Elle a du mal à ressentir l’application des trois termes de notre devise républicaine. La première, cette liberté si chère à prétendre, subit l’épreuve de la pratique journalistique qu’elle conçoit comme étant celle de « … ceux qui mettent en jeu leur propre liberté pour que d’autres puissent goûter la leur. » Elle la voit « non pas sous un drapeau, mais dans les rangs d’un métier que je crois noble… » Mais le drapeau de la bien-pensance est pourtant le point de ralliement de bien des journaleux, fussent-ils très connus ! Dans ce milieu-là, elle fait l’expérience d’un surnom qui, à défaut d’être raciste – puisque on y est dans la gôche – n’en souligne pas moins sa couleur de peau à moindres frais puisqu’il est prétendu affectueux. Donnerait-on le même aujourd’hui à une politicarde bronzée qu’il provoquerait une tornade dans l’hémicycle national comme on en a vu récemment. Elle découvre aussi la drague lourde de laquelle elle s’amuse et les grossières tentatives d’approche parfois gestuelles avec une gifle en retour ou une démission. Elle ne se laisse pas faire mais constate une évolution en ce domaine au fil des années.

Maintenant elle trouve dommage que la séduction ordinaire et galante soit chassée des relations par les excès des féministes.

Voici que Christine observe les travers des médias : « Le décalage entre ce que pouvaient voir les téléspectateurs et ce qu’on voulait leur montrer à tout prix. » Cela à propos de sa couleur de peau. Après qu’elle ait atteint un niveau très apprécié par ses seules qualités au travail, ce qu’elle revendique naturellement, voici qu’on lui demande, qu’on lui ordonne quasiment de briller non pas en tant que professionnelle, mais en tant que Noire. Voilà encore avec quoi les médias et les amateurs de politique sociale desservent la cause qu’ils prétendent défendre, en cloisonnant les individus, en leur attribuant une identité à laquelle ils n’attachent pas d’importance, en fabricant des castes au lieu d’unir les gens dans la grande famille de France. Christine ne veut pas être l’objet de cette sorte de transfert de notoriété que beaucoup pratiquent plus ou moins consciemment, en s’attribuant par un ricochet imaginaire une part des mérites ou de la réussite d’un membre connu de leur « communauté ». Christine refuse non seulement de participer à cette mascarade où l’on s’attribuerait une part de ses compétences, mais en plus que cela porte atteinte à sa liberté qu’elle présente comme ayant « toujours été ma seule convoitise… Toute concession tout compromis me plongeait dans un état d’inquiétude et de tristesse mêlées. » Une normalité personnelle à la pertinence fondamentale, et pourtant si peu considérée par les foules innombrables qui ont récemment troqué un peu de liberté contre un peu de sécurité, finalement marché de dupes et test à grande échelle quant à leur docilité… On savoure vraiment chaque page de ce livre finement écrit.

Reprenant le thème de la liberté d’expression, Christine ayant été un temps membre du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) retient un concept dont beaucoup de prétendus démocrates feraient bien de s’inspirer : « … une démocratie laisse entendre des opinions et des idées qui peuvent être exécrables. Non pas pour les pousser vers le triomphe, mais pour faire en sorte que chacun, en écoutant leur contenu, puisse conclure de lui-même qu’elles sont détestables, voire dangereuses. On ne doit pas penser pour les autres, c’est à eux de le faire. C’est une insulte faite au peuple, c’est une offense à l’esprit démocratique que de choisir les idées supposément dignes d’êtres formulées. » J’ajouterai d’un autre point de vue que c’est une offense à l’esprit.

Ce passage au CSA est source de diverses expériences. Il arriva de nombreux courriers demandant la censure d’une publicité pouvant remettre en cause l’existence du Père Noël, source de désespoir parmi les enfants encore en âge d’y croire. Ainsi des parents voulaient déléguer une partie de l’éducation de leurs enfants au CSA, demandant toujours plus de directives de censure. Selon la proposition de Christine, le CSA n’obtempéra pas. Voici ce qu’elle en dit : « … il faut rendre service au téléspectateur. Lui rappeler les évidences, à savoir son pouvoir de réflexion et, surtout, sa liberté de saisir sa télécommande. En voulant le protéger de tout, il devient manifestement impossible au téléspectateur de développer un esprit critique. » Avoir l’esprit critique serait-il une corvée, voire une impossibilité pour nos contemporains ? Alors il ne faut pas s’étonner d’en arriver à ce qui est cité précédemment, la délégation active ou passive à quelques entités la charge de penser pour les autres ! Les interdits et la censure ainsi activés envahissent le monde universitaire et celui du spectacle, les médias et même les conversations personnelles. Les origines ? Voici ce qu’en dit Christine : « la peur de la controverse… La prédominance d’un consensus mou qui craint les débats… Un manque de réflexion… de culture politique et historique… » Elle dénonce le recul du franc-parler si bien français, de la liberté d’expression et de la réflexion en profondeur. Elle en cite des exemples concrets en précisant qu’ils se produisent à cause d’idées prétendument nouvelles mais qui ne le sont pas tant que cela et qu’il importe de savoir « à quel prix réel on les achète. »

La réflexion va ici fort loin, bien plus que les timides commentaires des innombrables tièdes.

Tout cela va plus loin encore, puisque des menaces de mort pleuvent depuis longtemps sur des individus exprimant des opinions, mais voici que depuis peu elles atteignent des journalistes faisant simplement leur travail sans exprimer une position personnelle. D’où le titre du livre :

« Que reste-t-il vraiment de la liberté ? Ce qu’il nous reste, c’est une liberté, sans expression. Des libertés sans expression. » Il est ainsi, le résultat des délégations sus-citées, du laisser-faire accordé à la bien-pensance, des démissions individuelles pour ne pas paraître un « facho », un « raciste », pour ne pas contrarier ceux se prétendant les gardiens de la morale et de la nouvelle normalité, celle qui accepte et permet tout comme si tout était acceptable et intrinsèquement porteur d’un droit fondamental, un droit sans devoir, évidemment. À ce sujet Christine cite les médias, grands sélectionneurs des sujets et des invités selon leurs critères se voulant moraux, avec le vocabulaire facile et tellement surfait qui les caractérise. Ainsi CNews (on aurait préféré un nom français) est qualifié de chaîne d’extrême droite puisque ne participant pas à renvoyer dans « le camp du mal » ceux qui ne pensent pas « bien ». Tout cela va plus loin encore, puisque alors qu’il est possible d’accéder sans véritable frein à des vidéos pornographiques, les prestataires de « réseaux sociaux » s’autorisent à censurer des reproductions de tableaux de maîtres où figurent des nus. Une sorte de nouvelle pudibonderie où là aussi « on » pense à la place des autres ce qui est bien pour eux. De plus, les internautes censurés n’annulent que rarement leur compte, privilégiant ainsi leur visibilité plutôt que leur liberté, et participant eux-mêmes à la censure des comptes d’autres utilisateurs de ces étranges « réseaux sociaux » où l’on a des « amis » sans les avoir jamais rencontrés. Les atteintes à la liberté passent aussi par la dénaturation des mots. Cette censure universelle semble être pour beaucoup de gens une sorte de protection et aussi une source de pouvoir personnel sur ce qu’expriment les autres. Bienvenue dans le meilleur des mondes censuré par tous ses habitants !

Voici comment Christine Kelly paye de sa personne ce monde de fous que nous créons à force de vanités, d’indifférence et de lâchetés : dès le début de son émission « Face à l’info » elle a été menacée de mort et vit, avec sa fille en âge scolaire, sous protection policière. Voilà ce qu’est devenue notre prétendue démocratie, le simple fait d’exercer son métier avec neutralité et objectivité suffit aujourd’hui à devenir une cible. Ce ne sont pas les journaleux-serpillières des deux sexes qui prennent ce risque en inondant leurs émissions de gages de servitude envers la bien-pensance. Non, c’est réservé aux vrais journalistes qui font véritablement un travail d’information et non pas de propagande. Aurait-elle le soutien des prétendus anti-racistes ? Non, ils lui reprochent d’inviter à son émission Éric Zemmour et de trahir ainsi les Noirs, la renvoyant elle-même à sa couleur de peau, très fort pour des anti-racistes !

La fin du livre est un hommage à ses discrets officiers de sécurité et surtout à tous les formidables participants à son émission. Une bien belle preuve de l’humilité qu’elle démontre à chaque instant et un vibrant éloge de la vie. Ne manquez pas de lire ce livre et d’encourager Christine à continuer. Continuer à être elle-même, à animer des émissions, à écrire des livres et à défendre la liberté, sa liberté, nos libertés !

Daniel Pollett

 

* Kelly Christine, Libertés sans expression, Éditions Le Cherche-Midi, Paris, 2022, 144 pages.

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16 Commentaires

  1. une courageuse, bienveillante, et excellente journaliste qui nous met devant une évidence terrible : en france il vous faut une protection policière si vous voulez vous exprimer hors de la doxa et de ses suppôts

  2. Oui, il est évident que cette Christine est exceptionnelle tant par son professionnalisme que par son charme naturel dont elle use sans en abuser, bravo ! elle impose le sourire à chacune de ses interventions. Je ne sais pas si c’est de son ressort ou de sa direction mais pourquoi, à vouloir jouer la pluralité, sur le dossier ukrainien, aucun son de cloche autre qu’ukroatlantiste n’est invité; on ne trouve au contraire que des discours pro-occidentaux alors qu’il y aurait largement de quoi à ouvrir le champ interprétatif des possibles, voire dans mon idée du vrai… En cela je commence à en avoir marre…

  3. J’adore Christine, elle a tout pour elle. Je la suis tous les soirs sur cnews avec son équipe extraordinaire. BRAVO

  4. Il va falloir demander sa béatification si elle est si parfaite.
    Pour ma part, je la trouve fausse. Sa façon de dire « mon Marc » et autres prénoms masculins, de parler de « mes mousquetaires », en omettant Charlotte, a quelque chose de condescendant. Il y a une semaine elle a décoché une phrase venimeuse à Bock-Cote qui pendant quelques jours a perdu sa jovialité, faute de lui répondre, sidéré sur le moment.
    Elle n’aime pas Bock-Cote, et je pense qu’elle aura de plus en plus de mal à le supporter.
    Elle est pour la liberté d’expression, certes, mais dans les limites du CSA. Rien qu’à sa façon d’appeler « ses mousquetaires » avec gourmandise, omettant Charlotte, on devine quel pied elle a pris dans son rôle de cerbère pour limiter la liberté de parole des blancs, rôle du CSA, car la diversité a toutes les libertés d’expression et ce, même, contre les blancs.

    • Je suis en partie d’accord avec vous , elle m’agace avec ses mielleries qui n’ont pas lieu d’être , par contre , elle tient bien son émission .

    • On peut lui reprocher son côté « maîtresse d’école des années 50 » quand elle fustige, reproche la diction trop rapide de l’un ou dénonce ( à juste raison ) les accrocs du smartphone pendant l’émission, mais qui mieux qu’elle pourrait animer ce « Face à l’info » politiquement incorrect, brillant par la qualité de ses intervenants et au ton si juste et sincère? Elle n’a rien contre Charlotte, au contraire, ni contre Mathieu mais c’est avec Marc que je lui reprocherais d’être parfois un peu condescendante…Personne n’est parfait! Bravo Christine pour votre courage!

    • C’est trés vilain la jalousie Anne-Marie, Christine es parfaite, alors vous devez être amoureuse de jupiter le faux menteur et la clique des bien-pensants, que venez vous faire sur ce site de patriote, votre bave de crapaud n’atteint pas la blanche colombe belle Christine.

      • Est-ce que je vous soupçonne, en termes fielleux, Million, de tenir des propos inspirés par votre bas-ventre, le ventre étant le deuxième cerveau chez les humains, mais peut-être chez vous le principal ?
        Il est vrai qu’à l’égard de votre idole, j’ai de l’animosité : car selon moi, elle se fait passer indûment pour une amoureuse de la France, ce qu’elle n’est pas.
        Comme la plupart des gens sont comme vous, se contentant des apparences, il est vrai que pour le public diversitaire et gaucho, animant une animation « facho », elle peut passer pour sympathisante.
        Mais après avoir fait du CSA, organe de censure des patriotes blancs, elle a été sollicitée pour assurer la cerbère de l’émission « facho » de Cnews, pour rassurer cet organe si sensible. Ce qu’elle fait avec habileté, mais pour des gens qui comme moi ont des antennes, elle ne trompe pas.
        Et je le maintiens : elle déteste Bock Cote et aura du mal à se contrôler.

  5. Dans ce monde journalistique de compromissions, madame Christine Kelly est facilement une étoile qui brille dans tant d’obscurité. Pourtant ce ne sont pas les chausse-trappe que l’on a glissé sur son parcours pour l’empêcher d’instruire le peuple qui ont manqués. Depuis deux ans je n’ai jamais manqué cette messe cathodique de la vérité et cela me rassure sur la dignité d’être français

  6. « je ne suis pas noire mais journaliste ». C’est pas bon mais « je suis noire et journaliste » c’est plus proche de la réalité de Dieu, par opposition à un discours institutionnel journalistique dominant qui veut que Noir, Blanc, Jaune revêtu par l’humain doit obligatoirement être suivi d’une couleur politique obligatoire, inventée par les seuls Blancs/faux Blancs pour une planète entière mondialisée, quand en Afrique toutes les couleurs politiques existent avec la même couleur de peau.

  7. La déontologie incarnée par une journaliste de très haut niveau qui parvient à nous faire croire que la liberté d’expression est encore possible.Une rare exception qui confirme hélas,la règle.J’adore cette femme!

  8. Aux « antiracistes » qui la ramenaient à sa couleur de peau, elle répondait invariablement: « Je ne suis pas Noire, je suis journaliste ». Mme Kelly est aussi belle dans tous les sens du terme. Si quelqu’un doit incarner la beauté intérieure, c’est elle. Son amour pour la France et pour son Histoire avec son émission « la belle Histoire de France » devraient en faire une Marianne magnifique et elle le mériterait largement.

  9. Est-elle allée jusqu’au bout de sa logique ? En demandant que toutes les lois instaurant des délits d’opinion, réinventés par le vichyste Mitran et renforcés par le véreux Chiracula soient abrogées ?
    A-t-elle observé que, dans une « démocratie », la possibilité donnée à des associations qui ne représentent qu’elles mêmes, de se substituer au procureur pour décider de l’opportunité des poursuites pénales, est une monstruosité judiciaire.
    Or ce n’est qu’en abrogeant les délits d’opinion et en retirant leur pouvoir exorbitant aux assoces anti-France qu’on pourrait faire un pas vers la liberté.
    C’était dans le programme de Zemmour, mais son maigre score permet de penser que les Français sont satisfaits d’être bâillonnés par le pouvoir et livrés à ses sbires.

    • J’adhère à votre raisonnement. Mais sous son apparence libératrice,l’abolition de tous « délits d’opinion » est discutable : Comment qualifieriez vous dès lors l’ANTISEMITISME ? Ses dangers n’ont ils pas été dénoncés depuis que cette opinion a été qualifiée de « délit » ???

  10. Hé bé! Si Christine Kelly lit cet article elle va probablement tomber dans les pommes; elle va ensuite se relever et retomber dans les pommes. moi aussi j’apprécie cette grande Dame.

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