Librairie du Bourget : grille sabotée, colis volés…

Publié le 21 novembre 2013 - par - 2 256 vues
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Dans le brouhaha d’un jour de marché, plus proche d’ailleurs du souk que du marché provençal, je n’ai pas prêté plus attention que cela, à la déflagration ressentie au cours de la matinée.

Mais à vingt heures, lors de ma fermeture, il me fut impossible de descendre mon rideau de fer. Après de multiples tentatives au niveau du compteur, de la prise, du bouton, il était évident que ce dernier était en panne.

Je me sentais observée, la panique me gagnait, mon bien, ma boutique, ils allaient l’attaquer, c’était une évidence; vite la protéger en enclenchant les alarmes.

Je vous laisse imaginer ma stupéfaction, lorsque je constatais que là aussi, il n’y avait plus aucune connexion avec la télésurveillance… sabotage!

Que faire, un samedi soir, sur la terre, seule, face à ces ombres tapies, attendant juste que la rue se vide peu à peu.

Marie-neigecouteauxJe décidais rapidement de monter la garde pour la nuit, impossible d’abandonner ainsi mon petit coin de France. Je gonflais un matelas de fortune, pris une couette; je coinçais la porte avec des présentoirs, des tabourets, plaçant à mes côtés de quoi me défendre, soit des armes ne faisant pas dans la dentelle.

Allongée ainsi dans le noir, j’avais peur tout en me sentant forte.

Les cieux ne pouvaient que me venir en aide. La nuit me parut interminable, à maintes reprises ils approchèrent de la porte, mais à chaque fois j’allumais toutes les lumières de la boutique …

L’aurore pointa son nez, je m’endormis.

Le dimanche, je ne pus que constater les dégâts avec les dépanneurs du rideau; le moteur de ce dernier avait complètement grillé et c’est sans doute un miracle si l’échoppe ne s’était pas embrasée. Il fallait commander un nouveau moteur pour un rideau de plus de 350 kilos et là, l’affaire n’était pas dans le sac; soixante douze heures de délais et des nuits de veille encore en perspective.

Le bilan était lourd, mille cinq cents euros pour le rideau, deux cents euros pour les alarmes et cette solitude face à ces attaques… je me suis crue au far-west, le feu de bois et le banjo en moins.

Cassée, brisée, désespérée chaque nuitée, je me levais pleine d’espérances au petit matin…. je devais m’en sortir, je devais pouvoir financer cela, peu importe que mon assiette soit vide, si la boutique était toujours debout. Je me fendis d’un mail à Monsieur Le maire, pour le cas où j’eusse à me battre, mais celui-ci fit autant d’effet qu’un emplâtre sur une jambe de bois.

Attristés par ma situation et mes  trois nuits consécutives de garde, armes à la main, les responsables de la société de réparation se démenèrent  pour accélérer la cadence et réparer tout au plus vite.

Ils venaient de terminer, tout fonctionnait, nous nous quittions fatigués mais heureux du résultat, quand soudain, par l’arrière boutique deux individus se précipitèrent sur les colis livrés par kiala pour mes clients. Nous courûmes, en vain…..

On m’assassine à grosse dose, chaque heure un peu plus, ils pensent se livrer à l’assaut final en m’écrivant ce genre de commentaire:

« LEBREL75 à CELLEQUIDITNON93350

LA RACISTE QUE TU ES MARIE NEIGE SARDIN , JECRIS SE QUE JE VEUX CAR JE SAIS QUE TU ES UNE MENTEUSE DE FOUTEUSE DE MERDE !! BIEN FAIT POUR CE QU IL T4ARRIVE !!! J HABITE AU BOURGET JE TE FERAI LA MIS7RE TOUT LES JOURS JUSQU 0 QUE TU TE SUICIDE , SALE RACE QUE TU ES !!! »

Ce n’est pas parce que l’impensable rejoint l’inconcevable qu’ils gagneront pour autant la guerre.

Marie-Neige Sardin

Expression Libre: http://m.neige.free.fr  et http://le-bourget.over-blog.com/

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