L’idéologie rend aveugle et méchant

Publié le 15 août 2018 - par - 10 commentaires - 900 vues
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Il ne semble pas qu’il faille attaquer ad hominem les idéologues parce que cela les renforce dans leur connerie et méchanceté et, plus embêtant, cela aveugle certains de leurs partisans qui, à force de réalités évidentes, commencent à se détourner d’eux.

Il faut plutôt démontrer l’inanité de leurs « arguments », pour la plupart écartés depuis longtemps par l’approche scientifique sérieuse, à commencer par la prédominance de la pression du milieu qui, mécaniquement, produirait délits et meurtres : à ce compte-là, les rues des quartiers les plus misérables seraient des coupe-gorge, les huit à treize millions de « pauvres » en France seraient dans les rues à assaillir le bobo, ce qui n’est guère le cas, en effet, tout est « tranquille », oyez ! oyez ! mais ce, parce qu’il faut un facteur déclenchant pour passer à l’acte et ce facteur est à chercher dans la psychologie et elle-même va puiser ses permissions dans les cadres culturels propres au groupe dans lequel est inséré le criminel supposé.

Dans ces conditions, et même si la généralisation n’est pas de mise, il apparaît des congruences de facteurs, comme on dit dans la science non idéologisée, établissant des corrélations non fortuites entre passage à l’acte, profil psychologique et modèle culturel.

Or, les idéologues actuels, issus du léninisme et de l’anarchisme nihiliste, en sont encore à ressasser les erreurs post-lamarckistes sur la prépondérance du milieu qu’un Bourdieu a tenté de mettre en statistiques avec une méthode qui a été réfutée dès les années 20 par Russel, Whitehead, Popper, dans la mesure où elle cherchait à l’exhaustivité des facteurs avant toute qualification, alors qu’il n’est, par exemple, guère besoin de comptabiliser tous les corbeaux pour établir la probabilité qu’ils soient pratiquement tous de couleur noire… De même, concernant les récentes attaques au couteau, point n’est besoin de chercher à l’exhaustivité des facteurs si l’on sait que les présumés coupables répondent au moins à ces deux facteurs principaux que sont le profil psychologique et le cadre culturel qui le légitime, en l’occurrence, pour ces attaques, l’islam dont nombre de passages justifient voire encouragent un tel passage à l’acte.

Idem en économie, où la richesse actuelle est moins produite par la domination clanique et tribale, comme au temps de Crésus, et bien plus par un système conflictuel de compétences mondialisées, de capacités à avoir de l’autorité charismatique, managériale et à savoir décider souverainement (est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle, rappelle Schmitt), soit trois facteurs au fondement de toute structure (ou stratification) sociale.

Or, il s’avère que lorsque les groupes à leurs commandes périclitent, déclinent, refusent l’accès aux nouveaux entrants, substituent le rapport de forces à la coopération, sont en perte de vitesse, refusent l’innovation, bref, s’accrochent à leurs héritage et privilèges, tous ces facteurs, en se corrélant, provoquent une crise politique, ce qui nécessite alors de les contester, d’où la fonction évolutive indispensable du facteur conflictuel, comme l’avait bien vu Machiavel (reprenant Platon dans son Politique), lorsque le premier voyait dans le conflit (par exemple, dans son Discours sur la première décade de Tite-Live) un élément positif pour consolider et faire avancer la République, ce pivot qui permet au demos (populo, bourgeois, rappelle Weber) de faire (la) Nation ; Platon rappelait, lui, au peuple que s’il voit le capitaine les conduire vers les récifs, il faut l’éloigner de la barre, idem pour le médecin aux potions sans effet…

D’où la nécessité de ne plus nommer ces idéologues qui, au fond, depuis Lénine, n’ont rien produit de consistant, même pas Foucault qui a réduit la notion de pouvoir à celle de domination, répétant ici Marx et Marcuse, oubliant l’autorité charismatique et la capacité de décider qui légitiment l’obéissance à la loi ; même Deleuze ne fait pas le poids ; il a, certes, réhabilité Bergson contre Sartre avec le primat du spirituel (de l’intention) dans l’acte de matérialisation, mais ce, en s’en servant pour des expérimentations sordides (Masoch) et terroristes (Brigades rouges, Autonomes, avec Guattari) tout en se lamentant que le communisme soviétique n’ait pas pu dominer toute la terre, revenant au fond à l’Idée (léniniste) d’une tyrannie totale, force à l’état pur, celle qui « donne » la mort à ce qui ne se soumet pas, cette donation faisant tant jouir Derrida et Lyotard, où l’implosion généralisée de toute raison (sens) au profit du ni-ni, du sans, du trans perpétuel (si b alors a, si a alors b, lénifiait Lyotard), déjà repérable chez Blanchot et Bataille, leurs maîtres (mètres, diraient Barthes, Lacan…).

Ces idéologues sont semblables à l’équipage du Titanic qui, voyant à l’horizon un iceberg, ne le sondèrent que comme un fait divers de plus, sauf que, la brume se dissipant, une montagne parut mais trop tard pour l’éviter. Aussi, les nommer leur donne de l’importance, les renforce dans l’idée qu’ils ont une fonction ; il suffit de lire les tweets pitoyables suivant cette rixe entre gens du voyage et jeunes délinquants nord africains pour y lire le degré zéro de leur « pensée », même pas une once de réflexion démonstrative, rien, seulement des propos de fin de soirée, fin de partie, lorsque le maquillage s’en va et que l’illusion s’évapore. Reste l’iceberg. Du Réel qui vient.

Du moins, si Godot ne cherche pas à le retenir, en vain.

Il ne faut plus se perdre en polémiques inutiles, les ignorer, autant qu’ils le font, d’ailleurs, sauf que… si le courant devient trop puissant, alors ils font appel à la justice en bons « trouillards » ou bien lâchent leurs milices nihilistes sans, d’ailleurs, que la maréchaussée ne bouge trop, tels ces Suisses qui se firent massacrer aux Tuileries en août 1792 faute d’ordres adéquats, Louis XVI leur demandant de déposer les armes, de Gaulle réitéra le même ordre en 1962, laissant 150 000 harkis sur le carreau pour les égorgeurs au couteau (déjà), égorgeurs payés par les nassériens pro-nazis et les wahhabites (déjà), bis repetita, même si comparaison n’est pas raison (surtout pour Louis XVI), au fond… de quoi ? Telle est la question devant nous, qui « nous » ?… En tout cas, faisons en sorte que les idiot(es) utiles deviennent inutilisables.

Lucien Samir Oulahbib

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Notifiez de
alice braitberg

« Il faut plutôt démontrer l’inanité de leurs « arguments », ça ne se passe plus dans le discours qui est depuis longtemps Vox clamantis in deserto car l’idéologie rend aveugle, méchant et sourd. Je dirais plutôt solidarité des patriotes, regroupement des actions

Lionel

Exercice de name-dropping particulièrement abscons selon moi.

Lsao

Je veux bien vous croire… Il semblerait bien en tout cas que les régiments autour n’aient pas bougé pour les aider…

bernard

Comme le recommande B. Latour il faut changer de sociologie.Passer de celle qui a déjà les réponses à celle, scientifique, qui passerait par les réalités (ce que disent et font les gens) et resterait ouverte à la critique d’elle-même comme toute science…

HERVE BOISMERY

Un texte remarquable qui dénonce avec pertinence les méfaits des ‘maîtres penseurs’.
Une question demeure: l’Histoire a-t-elle un sens?
Si oui, est-il réellement possible de le connaître?

Lsao

Lourde question :il y a des tendances, surtout lorsque l’ensemble devient stable, mais leur forme semble imprévisible. Un exemple qu’un prof me disait : reportons nous 2000 ans en arrière, qui à cette époque pouvait prévoir ce que nous vivons aujourd’hui hormis Nostradamus s’entend. Pourtant les éléments sont encore là :droit romain, christianisme judaïsme indouisme philosophie grecque…

Yves ESSYLU

vrai pour le marxisme et l’islam, les deux idéologies mondialistes et contre nature

Paskal

Le christianisme est mondialiste, tout au moins à l’origine. Sans nier les nations, il veut convertir le monde entier. Idem pour le jacobinisme qui voulait (veut ?) une république universelle.

Yves ESSYLU

NON, Par ces temps il existe deux communautés chrétiennes et deux communautés juives
1° l’identitaire qui est souverainiste
2° la formatée par le marxisme qui est internationaliste et donc immigrationniste