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Lille : la méthode originale d’Aubry pour lutter contre la racaille

 

La ville de Lille a une méthode originale pour résoudre les problèmes des habitants. Au lieu de s’attaquer au cœur du problème pour le déraciner, elle s’en prend aux accessoires.

En novembre dernier, mes voisins et moi avons contacté la mairie au sujet de nuisances provoquées par des bandes de racailles qui se permettaient de fumer des joints et de dealer tranquillement dans un petit jardin situé devant chez nous. Ces visiteurs indésirables salissaient les lieux, vociféraient, criaient et faisaient leurs besoins dans le petit jardin. Les agents de la mairie passaient sans prêter attention aux déchets et aux immondices qui s’accumulaient.

Nous avions reçu deux adjoints au maire pour discuter de la situation. Nous leur avons exposé les faits. Ils nous ont promis des solutions.

Quatre mois après, un commando d’agents de la mairie investit le petit jardin non pour le nettoyer, mais pour enlever le mobilier urbain. Les deux bancs qui ornaient un passage traversant le petit jardin ont été enlevés.

La mairie a résolu notre problème !

La racaille a été dissuadée. Elle a fait marche arrière. Plus de bancs, plus de shit. Sauf que, privés des bancs, les guetteurs s’adaptent. Ils rapportent leurs chaises.

Cette tactique visant à priver les jardins de leurs bancs, fait-elle partie de l’opération « reconquête républicaine » initiée à Lille pour « lutter contre la délinquance » et « renouer le lien avec la population » d’après les éléments de langage de la mairie ?

Pourtant, depuis des années, les «Tours de la mort » défraient la chronique à Lille. «Tours de la mort » est le nom que la presse a donné à deux tours dans lesquelles les trafiquants ont pris les habitants en otage et occupent des appartements. Le deal bat son plein en plein jour au nez et à la barbe de la brigade spéciale de police, des bailleurs (Lille Métropole Habitat. LMH) et des habitants forcés à se taire.

Malgré les saisies et les arrestations annoncées à grand renfort de communication, les « Tours de la mort » restent toujours le repère du trafic à Lille. Leur réputation dépasse la frontière. Les pouvoirs publics sont incapables de résoudre le problème.

La mairie de Lille, aura-t-elle l’audace de supprimer les « Tours de la mort », comme elle a dévissé nos deux bancs, pour mettre un terme à la délinquance et sauver les habitants des dangers qui génèrent les différents trafics ? Ou bien choisira-t-elle « la paix sociale » chère aux socialistes agonisants en permettant encore aux trafiquants de prospérer au détriment de la sécurité des habitants ?

Aksil Yafelman