L’immigration invasive des perruches à collier

Cet article que je vous soumets, chers lecteurs de RL,  en cadeau de Noël, est à double lecture. Première lecture, ce sont des extraits d’une enquête en 2017 de FR3 région ; deuxième lecture, le même texte où vous remplacez le mot « perruches » par « migrants illégaux ». Où l’on voit que les mises en garde, les principes de précaution et les possibilités de lutte contre une immigration invasive ne peuvent s’appliquer qu’aux oiseaux. Bonne lecture et bonnes fêtes à tous.

<< Leur nombre a explosé dans les parcs d’Île-de-France. Les perruches à collier, importées pour le plaisir de quelques propriétaires, ont quitté leur volière pour recouvrer la liberté. Loin de leur terre natale, elles ont su trouver de nouveaux repères. Mais au-delà de la sympathie qu’elles inspirent aux promeneurs, leur présence pourrait bien avoir des conséquences insoupçonnées sur la biodiversité. […] Venues des forêts tropicales d’Afrique ou des terres fertiles d’Inde, elles se donnent en spectacle, exhibant leur chatoyant plumage vert vif. […] Leur nombre a été multiplié par 100 en 30 ans. Et si leur croissance s’envole littéralement, la situation pourrait devenir incontrôlable.

Classées dans la catégorie des espèces invasives, les perruches risquent-elles de bouleverser l’écosystème ? Espèces menacées d’extinction, cultures en danger, nuisances… Les conséquences pourraient être nombreuses. Et pourtant, aucune action concrète n’est pour l’instant menée par les autorités publiques pour les réguler. […] Les perruches parviennent à s’implanter en […] France. Elles s’installent furtivement dans les cavités qu’elles trouvent. […] Elles deviennent inhospitalières pour les […] locaux, qui ne s’y sentent plus à l’abri […].

Dès décembre, les perruches se dépêchent de faire des petits. Mais avant de pouvoir pouponner, elles partent en quête d’un nid douillet. Et quoi de mieux qu’un habitat tout prêt ? Sans gêne aucune, les perruches voleuses squattent les nids d’autres oiseaux plus tardifs à engendrer leur descendance. […] Dans le jargon, on dit que les perruches sont « invasives ».

L’essentiel de leur nourriture provient pourtant des hommes […] malgré l’interdiction de nourrir pigeons et perruches. […] « mais les gardiens n’osent pas trop intervenir ». Et les perruches l’ont bien compris. Elles jouent de cet atout pour survivre, été comme hiver, dans les jardins et parcs franciliens.

En grand nombre, les perruches menacent les cultures. […] Pour les spécialistes de la biodiversité, il faut agir avant qu’elles ne soient trop nombreuses. Car ces oiseaux ont une extrême facilité à proliférer, comme si la France avait toujours été leur habitat naturel. Pour le sénateur André G., rien ne peut arrêter le développement de la perruche à l’état naturel. Si l’on s’en tient aux prospections de l’ornithologue Philippe C., il y a de quoi être inquiet : « À Londres, on les a beaucoup nourries. Aujourd’hui, il y en a 30 000. C’est gigantesque : on ne peut pratiquement plus intervenir sur l’espèce. » Depuis 2008, l’Observatoire de la faune britannique (Nature England) autorise les Londoniens à tirer sur les perruches sans posséder de permis. Une solution radicale pour le moment écartée en France. La loi reste encore floue.

Selon le ministère de l’Écologie, « l’article L.411-3 du Code de l’environnement », retranscrit à travers plusieurs articles, « prévoit la possibilité de procéder ou faire procéder à la capture, au prélèvement ou la destruction » des perruches. Tacitement, les autorités comprennent que la « destruction » dont il est question ne devra arriver qu’en dernier recours. « Avec le plan Vigipirate en ce moment, ce n’est vraiment pas possible ! », rappelle Laure A. de l’ODBU 93.

D’autant que les perruches disposent d’un capital sympathie très fort auprès du public. Certains experts évoquent la possibilité de stériliser les perruches. Mais le procédé est très complexe à mettre en place : opter pour la voie chirurgicale nécessiterait d’attraper les volatiles. Un coût et une dépense humaine trop importants. Quel que soit le dénouement, les colonies installées en Île-de-France sont bien ancrées. >>

Cette double lecture étant terminée, souriez et ne m’accusez pas d’inciter à la haine ornithologique. J’en veux pour preuve que la photo de la perruche ci-dessus a été prise dans mon jardin samedi où je la laisse se nourrir des boules de graisse destinées normalement aux mésanges.

Roger Champart

P.-S. – Le texte complet de l’enquête est sur : https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/invasion-perruches-collier-1069125.html

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19 Commentaires

  1. Cet article il faut le préciser n’a rien a voir avec des faits ayant existez ou pouvant exister

    et toutes ressemblances avec des faits réels ne seraient que pure coïncidence

    Bon Noël

  2. Il me semblait qu’il existait de graines stérilisantes pour les pigeons, il me semble. Ce procédé ne pourrait-il pas être utilisé en l’occurrence ? Quelqu’un pourrait m’éclairer ?

  3. Merci pour cet article qui ravit le passionné de psittacidés que je suis ! Les perruches à collier sont des oiseaux bruyants mais adorables quand elles sont apprivoisées. Je suis choqué qu’on puisse envisager de les tuer. Quel est ce pays qui autorise la peine de mort pour de tels gentils oiseaux, souvent apprivoisés en captivité, et laisse vivre encore les pires prédateurs du genre humain ?

  4. Votre article me rappelle celui de Guy Sebag du 10/07/2018 à propos du frelon asiatique.

    Si seulement les perruches pouvaient avoir comme menu des frelons.

    Merci et joyeux Noël !

  5. merci, un peu d’humour ça fait du bien!
    encore un gaulois réfractaire au premier degré

  6. ET oui, espèces invasives= capture, destruction, stérilisation, contrôle!!!!!!!!!!!!!!!

  7. Eh oui, sur les animaux on se permet n’importe quoi ! On envisage la « destruction » d’innocents oiseaux qui n’ont jamais demandé à venir sous nos contrées, à la différence des migrants malveillants et avides d’aides sociales. Mais eux sont intouchables car ils appartiennent à la sacro-sainte espèce humaine. Tout ceci est lamentable, la déification de l’humanité nous conduit à la catastrophe, la surpopulation détruit la planète, l’immigration massive détruit la société, mais il ne faut rien faire car l’homme est sacré ! Pour ma part j’ai rompu avec cet anthropocentrisme mortifère et cet humanisme délirant, je préfère nourrir les perruches que les migrants.

  8. je vous rappelle qu’on a subi vers 1994 la même panique avec la caulerpa taxifolia appelée algue tueuse, peste verte, fleur du mal, serpent des mers, Alien des mers, algue fatale, assassine, ravageuse, cancer ou sida des mers… Caulerpa taxifolia a défrayé la chronique depuis sa découverte en 1984, au pied du rocher de la Principauté de Monaco. Et puis soudain rideau, la Caulerpa a disparu comme elle était venue. ET cerise sur le gâteau, certains incriminent 3 hivers froids successifs, d’autres une modification génétique ..

  9. Il y en a beaucoup sur la Côte d’Azur 😉
    Elles se déplacent à plusieurs.
    On peut en faire 2 lectures comme l’article ci dessus.

  10. Je demanderais à d’autres ornithologues quel est vraiment l’impact de Psittacula krameri sur l’avifaune autochtone. De même qu’avec Leiothrix lutea..

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