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L’inculte et inquiétant Macron

La Guyane serait une île.

C’est la dernière macronerie du futur bourrin de l’Elysée.

Maintenant il prétend qu’il pensait à l’île de Cayenne ou que c’était une image, la Guyane comme une île dans la forêt amazonienne, une île cernée par l’enfer vert du Surinam et du Brésil.

Avant d’avoir fait de la Guyane en ébullition une «île» qui doit retrouver son calme sans, au passage, rien proposer pour que ce calme revienne, l’expert géographe niveau 6e collège Belkacem, candidat à la Présidence, a partagé un selfie avec un lycéen. Son commentaire tweeté est alors éloquent sur la façon dont il perçoit l’Outre-Mer Français : « Avec Mathias, lycéen à Bourg-en-Bresse. Il rejoint sa mère expatriée en Guadeloupe pour Noël. » La Guadeloupe étant un département français et le lycéen rejoignant sa mère sur une partie du territoire national de la République, le mot expatrié est plus qu’une erreur, une faute. A moins qu’en bon socialaud, Macron veuille élargir aux DOM le processus de largage engagé en Nouvelle-Calédonie contre la majorité de la population.

Dans son Opus Magnum intitulé Révolution, Macron, toujours En Marche vers la bourde, prévient que «lorsqu’on habite Stains en région parisienne ou Villeurbanne en région lilloise, il est plus simple de créer son entreprise et de chercher des clients que d’avoir un entretien d’embauche». Villeurbanne dans la banlieue de Lille voilà qui va faire plaisir aux lyonnais. A croire que Gérard Collomb n’a pas relu la rédaction du gamin.

Son inculture est également historique.

Rappelons-nous sa saillie sur la colonisation française en Algérie qualifiée de crime contre l’humanité. Cette insulte adressée aux Pieds Noirs s’étendait dans l’esprit du bonhomme aux habitants des autres DOM / TOM et « Pays » d’Outre-Mer qui ont tous à voir avec la colonisation.

Que l’intelligentsia française, notamment parisienne, cloue la colonisation au pilori, montre à quel point l’Histoire de France est muselée par la pensée unique d’essence gaucho-marxiste, que l’on appelle aujourd’hui la bien-pensance.

Macron a d’ailleurs méprisé une deuxième fois les Pieds Noirs lorsque, voulant se raccrocher aux branches après son insulte, il s’est permis de leur dire un «Je vous aime» qui sonnait aussi faux qu’un crottin de cheval se faisant passer pour une glace au chocolat.

La troisième fois est sans doute la pire de toutes. Il s’agit de son tonitruant «Je vous ai compris» qu’il a asséné aux naufragés de l’histoire, ces mots de la trahison gaullienne qui résonnent comme oraison funèbre dans l’esprit des Pieds Noirs.

Macron méprise les peuples qui ont fait ou subi l’Histoire coloniale. Il tord et insulte le passé, faisant preuve dans ce domaine d’une inculture coupable.

 

Sous sa mine de jeune loup politique télé évangéliste qui prétend « révolutionner » la société, c’est un type méprisant, et donc méprisable. Avec lui, les ultramarins des DOM, des TOM et de Nouvelle-Calédonie ont du souci à se faire pour leur identité et pour leur futur. Celui-ci pourrait ressembler à un vieux refrain entendu en Algérie: « La valise ou le cercueil ». Mieux vaut pour les ultramarins qu’ils ne lui accordent pas leurs suffrages. A l’exemple des Réunionnais.

https://youtu.be/OU_B1ePENXs

Macron méprise aussi le petit peuple français de l’Hexagone, souvenons-nous des ouvrières bretonnes qu’il traita d’illettrées.

Souvenons-nous également de son arrogance face aux deux grévistes, quand il leur lâcha: «Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler». «Mais je rêve de travailler, monsieur Macron», lui avait répondu un de ses interlocuteurs.

Et Macron a affirmé qu’«il n’y a pas de culture française». Pensée ultra libérale de ceux qui haïssent les frontières, la nation, la souveraineté.

Macron est au service d’un club qui défend ses intérêts contre le reste du pays. Ce club est le Médef.

Derrière Macron, on trouve entre autres, Elie Cohen, un économiste européiste prêt à appliquer toutes les recommandations de la Banque européenne. Parmi celles-ci, faire payer uniquement aux salariés par des réductions de salaire, une augmentation des heures de travail hebdomadaire, un allongement de l’âge de départ à la retraite, une diminution des retraites, la compétitivité mondialisée.

Macron qui est à la philosophie ce que le fromage à tartiner est au Roquefort vient d’affirmer « On ne peut pas faire du neuf avec du vieux » lors d’une conférence de presse sur le renouvellement politique.

Pour lui, le neuf s’appelle donc Robert Hue, Alain Madelin, Corinne Lepage, Bernard Poignant, Jean-Yves Le Drian, François Bayrou… Des figures de la politique française qui font partie du paysage depuis des décennies.

Ce recyclage de vieux chevaux de retour est un magnifique foutage de gueule de la part de l’amateur d’anciens (et d’ancienne), créature de Jacques Attali, premier collaborateur de François Hollande à l’Elysée, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique entre 2014 et 2016.

Le poulain des supposées élites, des médias, de la bobosphère, le cheval de Troie du hollandisme finira bien par se prendre les sabots dans la haie présidentielle. Et enfin se casser la gueule. Du moins, je l’espère.

Marcus Graven