L’inexistence de la femme d’affaires algérienne : allô Macron…

Publié le 17 mars 2017 - par - 1 commentaire - 994 vues
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Messieurs les Algériens, que votre bel ami Macron vous aide à la sortir du néant !

 On a abondamment glosé sur – et passablement vilipendé – les déclarations assurément choquantes d’Emmanuel Macron, économiste en cars et figure montante de la politique française, sur la prétendue extrême nocivité de la co-lo-ni-sa-tion française en Algérie.

Quelle que soit la fatuité du personnage, n’oublions pas que ce sont les Algériens, et eux seuls dans le monde, qui de façon récurrente reviennent lourdement sur ce thème. Combien de temps encore cela permettra-t-il de faire oublier ainsi qu’en tout (performances économiques, qualité de la vie et de l’environnement, niveau de l’enseignement), ils sont les derniers de la classe africaine, pour ne pas dire mondiale ?

Pour être édifiés sur la véritable situation de ce pays, j’invite les observateurs de la vie politique à prendre connaissance, dans l’édition du 5 au 11 mars 2017 de l’hebdomadaire Jeune Afrique (1), du classement des 50 femmes d’affaires les plus influentes. Il s’agit de 50 femmes africaines évidemment. Pas une seule Algérienne ! C’est honteux pour l’Algérie et symptomatique de la condition qui est assignée aux Algériennes.

Honte à ce pays dirigé depuis bientôt 60 ans par les mâles combattants du prétendu « Front de Libération Nationale ».

On trouve dans ce classement des représentantes de pays de bien moindre taille, comme la Tunisienne Selma Babbou (6ème), la Gabonaise Huguette Oxini (10ème), les Rwandaises Diane Kabusisi (30ème) et Chantal Umutoni Kagamé (31ème), la Togolaise Kayi Rose Mivedor (41ème) ou  même la Mauricienne (le plus petit Etat par la superficie) Karina Bhoojedhur Obeegadou (38ème). L’on s’en serait douté, les Camerounaises, femmes entreprenantes, sont assez bien représentées. Un bref instant, j’ai cru que l’honneur était sauf pour l’Algérie, en relevant que Rym Hachida Othmani, classée 43ème, était répertoriée dans la rubrique Algérie. Fausse joie : l’intéressée est tout simplement l’épouse tunisienne d’un ressortissant algérien ; de surcroît elle a développé (d’après Jeune Afrique) son agence de communication non dans notre ancienne province d’outre-Méditerranée mais en Tunisie et au Moyen-Orient.

Cela ne surprendra personne, les femmes d’affaires les plus entreprenantes du continent sont les Marocaines. Maroc, Maroc, Maroc…pour les cinq premières ! Miriem Bensalah-Chagroun, Mama Tajmouati et la ravissante Rita Zniber constituent le trio de choc. Bien sûr, ces femmes sont souvent épouses de ou filles de, comme la N°1  Miriem Bensalah-Chagroun, fille d’Abdelkader Bensalah, une des figures de l’indépendance et notable du Maroc oriental, disparu en 1993. Mais cet état de fait ne saurait en aucun cas invalider leurs qualités (compétences multiples, pugnacité et endurance)… !

Alors, Messieurs les Algériens, arrêtez de nous bassiner avec le « crime contre l’humanité » commis par la France (même certains esprits libres comme Akram Belkaid et Kamel Daoud s’y mettent peu ou prou) et parlez-nous enfin de ce qui urge vraiment dans votre pays, à commencer par la mise en cause du code de la famille ! Ne nous dites pas que vous n’êtes pour rien dans cette situation consternante. C’est de l’avenir de vos sœurs, de vos filles et de vos mères dont il est question ! Remettez-vous enfin en cause et n’invoquez pas tantôt la discrimination, tantôt l’islamophobie et tantôt le racisme, et toujours la co-lo-ni-sa-tion, évidemment française !

Jean-Michel Weissgerber

Colmar, mars 2017

(1) Votre serviteur ne tient évidemment pas ce périodique où officient pas mal d’opportunistes et d’affairistes comme une référence absolue mais il recèle à l’occasion des faits intéressants.

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Une réponse à “L’inexistence de la femme d’affaires algérienne : allô Macron…”

  1. JACOU dit :

    On va rigoler jaune quand Bouteflika cassera sa pipe. Certains prévoient un raz de marée d’algériens sur la France.