L’interdiction du voile à l’école : La mère de toutes les batailles suisses

Publié le 29 mars 2016 - par - 3 commentaires - 1 383 vues
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UDCvoileecoleSi nous perdons le combat sur l’interdiction du voile à l’école, nous perdrons la guerre me déclarait un internaute en commentaire à mon précédent article « Lettre ouverte au comité V.I.V.E.». Je crois que cette phrase est juste. Elle synthétise bien pourquoi on retrouve dans ce comité des forces dites progressistes et leurs ennemis d’hier : les forces réactionnaires islamistes qu’ils avaient combattues jadis et qui seront demain les exécuteurs du progrès social, y compris et surtout celui pensé par la Gauche. Les ennemis s’entendent parce chacun des deux pense gagner à la fin.

L’union contre-nature mais logique entre la détermination de la Gauche à détruire tout ce qui nous enracine dans une culture protectrice et la bien-pensance opportuniste d’un PDC dénaturé qui ne sait comment se départir de son appellation de Parti Démocrate « Chrétien » sans perdre le peu l’électeurs qui lui reste, font clairement le jeu de l’Islam. Ses penseurs ont depuis longtemps compris les deux axes de l’implantation de leur modèle basé sur la Sharia en Occident : La peur et la lâcheté des sociétés modernes face à la terreur, associées à la croyance désespérée et aveugle en une négociation perdante. On relit les intentions louables, à la Daladier – Chamberlain, qui nous amèneront lentement mais sûrement à une destruction progressive de notre modèle de vie.

Le constat de l’idéologie qui prédomine à l’école est effrayant. La vidéo de Marion Sigaut est on ne peut plus explicite. Certes elle parle de la France, mais son affirmation ne résonne pas sans écho du côté de nos classes. Selon cette enseignante expérimentée, « La France éduque et forme un peuple homosexuel, pervers et de racailles ! » Brutal et exagéré me direz-vous ? L’école bien sûr ne doit pas être le lieu d’enseignement de la sexualisation des individus ou de la perversion de ces derniers. Mais est-ce si certain que cela ? Ne prenons-nous pas nos certitudes pour des réalités ?

Or c’est ce que les nouvelles lignes pédagogiques socialistes et l’Islam obtiennent par des voies différentes : sexualiser l’école avant d’en faire un lieu de propagande anti-homophobe d’un côté et anti-chrétien et anti-modernité de l’autre. Que ce soit du côté de Najat Vallaud Belkacem ou de nos chers gauchistes progressistes moralisateurs (et ils ne sont pas tous socialistes) c’est le même discours : destruction des Lumières et religions occidentales et remplacement des racines culturelles par des concepts qu’ils ne savent même pas définir. Une sorte d’humanoïde réformé pensant juste et naturellement expurgé de sa nature humaine, ne procréant qu’au mérite ou par procuration, le tout sous assistance. Disons une sorte de truc encore mal défini mais en tout cas un serviteur du progrès pour lui-même, et surtout, non homophobe. Les penseurs de l’Islam se marrent et placent leurs pièces sur le jeu, les intellectuels de la modernité des Lumières sont tellement ostracisés qu’ils s’époumonent sans se faire entendre.

L’Homophobie c’est quoi ? Personne ne le sait. Peut-être est-ce tout ce qui n’est pas en accord avec la théorie du genre. « Si on m’avait mieux éduqué je serais une femme » disait Éric Zemmour. Farida Belghoul, qui après avoir été militante antiraciste, change complètement de cap en comprenant les dérives et les dangers de cette théorie déshumanisante dont elle parle brillamment. Personne ne semble vouloir de cette création artificielle de futurs bienpensants asexués au service d’une liberté dénaturée. Personne n’affirme en vouloir à tout le moins.

Vincent Peillon ministre français de l’enseignement écrit aux recteurs et principaux des collèges « La lutte contre l’homophobie en milieu scolaire, que ce soit public ou privé, doit compter au rang de  vos priorités. » On est déjà passé d’une école dans laquelle l’enseignement n’était qu’accessoire,  formatrice d’ignares ne sachant pas écrire et à peine lire au-delà des mots simples, à une école dans laquelle la priorité est d’enseigner à ne plus savoir et à ne plus être homophobe. Quel programme pour demain !

Et le voile à l’école me direz-vous ? Le lien est évident, trop évident, et on finit par l’oublier. Dans ces écoles pour bisounours de demain, l’Islam, avec la complicité de nos bobos d’aujourd’hui, prend les mesures pour que les racines du dogme soient préservées. Le voile sur la tête n’empêche pas de réfléchir avait pompeusement affirmé Marlene Carvalhosa Barvosa du Collectif V.I.V.E.  au journal Le Matin ; on a rarement entendu rhétorique plus navrante. Je ne vais pas ici réécrire toute la contre argumentation (*) mais disons clairement que la catégorisation des jeunes filles en « femelles » du jour de leurs première règles au vu et au sus de leurs camarades de classe et de récréation ne produira pas du tout la même pensée ni le même questionnement que l’esprit libre et non stigmatisé pour son sexe de la petite fille qui elle aura vécu sa transformation intérieure en secret ou dans l’intimité avec sa maman, la copine de son choix, parfois un papa particulièrement proche et protecteur, mais en tout cas pas en l’affirmant haut et fort avant même de savoir l’assumer. L’argumentation des « Progressistes » fait peine à entendre. Elle en est révoltante.

C’est à l’école que se forgent le plus sûrement les humanoïdes dénaturés de demain. L’Islam l’a bien compris qui veut partout que les musulmans reviennent à leurs valeurs. Ecoutez le discours de Tarek Ramadan à Moscou, c’est édifiant. Les musulmans savent que s’ils permettent à l’Occident d’offrir à leurs enfants un véritable espace de libertés, ces derniers poseront des questions qu’ils ne veulent absolument pas entendre. Les stratégies de la Gauche, complaisamment tolérées par un centre mou,  et celles de l’Islam, sont parfaitement complémentaires. Des jeunes formés à des préceptes offensifs dans leur famille et préservés des questionnements de l’école d’un côté, des lobotomisés de la pensée unique de l’autre. Des combattants d’un côté, des fuyants de l’autre, parce qu’incultes et sans modèles historiques. Le champ de bataille de demain sera fait de deux forces : l’une préparée pour vaincre, l’autre pour abdiquer. Le combat pour l’interdiction du voile à l’école est clairement la mère de toutes les batailles.

Christian Addy

* CF : articles connexes https://www.facebook.com/christian.addy/notes

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Notifiez de
Philippe Audergon

Il était temps qu’une telle initiative force nos politiques à prendre la mesure du problème. Pour cette même raison, sachez que ma fille de 12 ans a décidé de quitter l’école publique vaudoise en début d’année pour rejoindre une école privée. Elle ne peut consevoir que des jeunes filles puissent venir voilée à l’école, tout en portant atteinte aux principes de laïcité de nos institutions.

Pivoine

« mais disons clairement que la catégorisation des jeunes filles en « femelles » du jour de leurs première règles au vu et au su de leurs camarades de classe »
L’islam est très impudique. Il ne respecte pas l’intimité des femmes, pas + que la culture occidentale (post 68).
Et c’est regrettable.

BALT

Christian Addy, pas de voile dans l’espace public: