L’inversion des valeurs, fer de lance du mondialisme – Jacques Philarcheïn à Clermont-Ferrand

Publié le 5 mars 2013 - par - 1 998 vues

Notre camarade Jacques Philarcheïn a administré une brillante conférence dans la métropole auvergnate, au cœur de ce curieux pays où le maître mot est « ’Faut voir… » et où l’on aime s’entourer de prudence roublarde dans tout ce qu’on entreprend.

Devant un parterre partiellement acquis, en réalité composé essentiellement de patriotes et de curieux, les propos et les idées développées furent plutôt bien reçus. Bien reçus malgré le reproche fait à notre professeur de philosophie d’user de « parler gras », un peu par tradition familiale, avoua-t-il pendant le débat, mais aussi par filiation qu’un auditeur amusé se plut à rattacher à une tradition rabelaisienne bien ancrée en France. Le langage politiquement correct n’était donc pas de mise, surtout quand il s’agit d’inversion des valeurs.

Il faut commencer par dire que la thématique de l’inversion des valeurs est un thème récurrent dans la réflexion de Jacques Philarcheïn et les lecteurs attentifs voudront bien se reporter aux articles qu’il a consacrés à ce sujet dans Riposte Laïque.

Dans la conférence clermontoise, structurée en quatre parties fondées d’abord sur les observations de nombreux philosophes, à commencer par Platon (la République, VIII), mais aussi et plus près nous l’espagnol Ortega Y Gasset (1883-1955), le belge Marcel de Corte (1905-1994) et la française Simone Weil (1909-1943). Chacun de ces philosophes a vu dans l’inversion des valeurs, à sa manière et selon les conditions du temps, la marque de la décadence frappant la société et le prélude à la fin de la démocratie par le triomphe de d’oligarchie ploutocrate. Ensemble de situations assez comparables dans le principe à ce que nous vivons aujourd’hui sous le joug mondialiste imposé par les despotes de ce temps. Cela renvoie immanquablement au livre prémonitoire d’Orwell, où la paix c’est la guerre et la liberté l’esclavage. La démocratie par la vertu des bombes en Libye, la déstabilisation meurtrière commandée par les droits de l’homme en Syrie et la racaille délinquante érigée en victime dans notre belle France en sont de contemporaines illustrations. 

Pierre Hillard est présent à l’arrière-fond de l’exposé, mais aussi Alain Soral, Michel Drac (1), François Asselineau  et tant d’autres, parmi lesquels, inattendu, le cheikh Imran Hossein. Mais il est à noter que Jacques Philarcheïn a pris le soin de préciser qu’il n’adhère pas forcément à tout ce qu’ils disent, mais qu’il reconnaît la valeur de l’éclairage qu’ils apportent et, dans bien des mesures, la pertinence de leur analyse.

Si le mécanisme de l’inversion des valeurs est démontré par le contrôle exercé par le haut sur l’appareil institutionnel, sur les moyens d’information et sur le dispositif juridique (qui inclut l’armée et la police), cela ne suffit pas à expliquer les raisons de son emprise. Il y a, en effet, en bas, la servitude volontaire sans laquelle il ne pourrait pas dominer. La Boétie, en écrivant tout jeune encore son Discours, nous a légué un formidable outil de compréhension. La servitude volontaire est systémique.

Les victimes qui trouvent des excuses à leur agresseur, les témoins qui ferment les yeux, se bouchent les oreilles et vont jusqu’à compatir au sort des racailles de préférence à celui de leurs victimes, les êtres veules qui détournent le regard devant les abus et, bien entendu, tous ceux que Riposte laïque désigne par bobos ─ terme inapproprié de mon point de vue ─ ; tous ceux-là donc, ne sont qu’eunuques auto-dévirilisés ayant consenti à leur servitude. Ils réclameraient encore plus d’impôts pour avoir le bonheur de se sentir socialistes, les bougres, ne manquant pas d’applaudir à la « salutaire » austérité régressive dictée par l’Union européenne.

Une fois cela posé, que faire ? dit Jacques Philarcheïn à la suite de Lénine.

Plusieurs possibilités existent et c’est à chacun de déterminer celle qui lui convient le mieux. La sienne inclinerait vers le concept de fractionnaire développé par Michel Drac. (1) On peut citer l’éthique de l’irréprochabilité locale ; le choix des métiers de préférence à la culture et celle-ci de préférence au divertissement ; le rejet du militantisme de posture, violent, fantasmatique et de toute façon récupérable par le Système ; la pratique du militantisme d’abstention ; le survivalisme tel que promu par Piero San Giorgio. Et le tout en pariant sur l’inévitable décomposition du Système, voué à la dégénérescence par consanguinité. En somme, il s’agit d’un état d’esprit qui privilégie l’information, recentre les dires sur l’inversion des valeurs et qui pousse à jouer l’inertie devant l’enlisement du Système plutôt que l’action directe. Dans cet ordre d’idées, il serait inutile de s’épuiser à informer les esclaves consentants car, comme le dit Pierre Hillard dans une récente vidéo, il ne sert à rien de demander à un trisomique 21 de passer son bac. Il s’agit plutôt de s’organiser pour l’après et de construire dès maintenant des réseaux fiables et solidaires.

La grande leçon de cette conférence est d’avoir montré combien « l’homme masse », selon Ortega Y Grasset, est commun à toutes les classes sociales et à tous les milieux.  Les clivages politiques et autres ne l’affectent pas. Il se rencontre aussi bien chez les islamo-racailles que chez les de-souche blonds aux yeux bleus.

La conférence fut suivie de longs débats, plus longs que la conférence elle-même, ce qui nous a montré que Jacques Philarcheïn a été écouté avec intérêt et, oserais-je le hasarder, compris.

La soirée se termina fort agréablement autour d’un couscous arrosé de vin de Carthage.   

Ahmed Ghlamallah

PS : La conférence de Jacques Philarcheïn ayant été filmée, une vidéo sera bientôt mise en ligne afin de permettre aux internautes avertis d’en prendre connaissance.

(1) Je recommanderais à l’attention des lecteurs les ouvrages de Michel Drac, ainsi que sa petite maison d’édition, le Retour aux sources, qui a notamment publié le roman d’anticipation Eurocalypse, les livres de Piero San Giorgio et mon préféré, Choc et simulacre, qui démonte l’escroquerie de la théorie du choc de civilisations

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