L’Iran offre 3,9 millions de dollars au futur tueur de Salman Rushdie

Publié le 27 février 2016 - par - 5 commentaires - 1 694 vues
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Unknown

En 1989, l’ayatollah Khomeini, mourant, lança une fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie. Celui-ci avait commis le crime blasphématoire de mettre en scène Mahomet dans Les Versets sataniques. Le titre de son roman fait référence à un épisode hypothétique de la vie du prophète musulman. Celui-ci en tentant d’établir le monothéisme à La Mecque, face au polythéisme de l’oasis, aurait alors énoncé des versets autorisant d’autres divinités qu’Allah.

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Suite à cette fatwa du moribond de Téhéran, Salman Rushdie a vécu des années dans une sorte d’arrière-monde, sous haute protection. Il raconte à la troisième personne dans Joseph Anton, sa vie en marge, la trahison de confrères comme John Le Carré et John Berger, l’alliance de la gauche britannique et des religieux pour le poursuivre de leur haine.

La mort rôde. Des attentats sont déjoués. Ses traducteurs japonais et italien sont poignardés, son éditeur norvégien grièvement blessé.

La fatwa fut neutralisée en 1998 par Mohammed Khatami, alors président de l’Iran. Mais, en 2005, elle est confirmée par le Guide suprême, Ali Khamenei, et un an plus tard, la presse conservatrice annonce que la condamnation à mort est permanente. Toutefois, d’après les services secrets, la menace était de basse intensité. Rushdie sortait, publiait, vivait dans la lumière.

La fatwa resurgit pour le 27e anniversaire de sa publication. 600 000 $ sont ajoutés au pot commun terroriste. La vie de Salman Rushdie vaut aujourd’hui presque quatre millions de dollars.

Cette réévaluation de la prime sur la tête de l’écrivain met en lumière la lutte que se livrent conservateurs durs et un peu plus mous (j’hésite à les nommer réformateurs) dans les couloirs des palais du pouvoir persan.

Ce 26 février, les 55 millions d’électeurs iraniens votent pour renouveler les 290 sièges du parlement et les 88 sièges des religieux de l’Assemblée des experts dont les membres sont chargés de désigner le Guide suprême de la révolution. L’actuel titulaire de la fonction, l’ayatollah Ali Khamenei, étant âgé de 76 ans, il se pourrait que les Experts de Téhéran aient à désigner son successeur.

Les deux assemblées sont tenues par la théocratie la plus autoritaire du pays. Ses membres sont opposés à l’accord sur le nucléaire et à l’ouverture à l’Occident. Ils y voient une gorbatchevisation de l’Iran qui aboutira à la chute du régime. Ils veulent que la fermeture idéologique de l’ancienne Perse demeure totale. A la chinoise. Un pouvoir sans pitié, allié à une économie libérale. Le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière.

Dans l’autre camp, aux côtés de l’actuel président, Hassan Rohani, on trouve deux anciens présidents, Khatami et Akbar Hachémi Rafsandjani. Ce dernier a déclaré: «Nous devons prouver au monde que le radicalisme… et l’extrémisme n’appartiennent qu’à une minorité et que la vérité de l’islam est d’éviter la guerre, l’effusion de sang et d’insister sur la paix et la fraternité.»

Ces propos ont été perçus comme une attaque par les gardiens de l’orthodoxie iranienne. Leur réponse a été des arrestations et des châtiments corporels d’artistes (le réalisateur Keywan Karimi a été ainsi condamné à six ans de prison et 223 coups de fouet pour «outrage aux valeurs sacrées de l’islam» et «relations illicites») et 600 000 $ supplémentaires pour récompenser le futur tueur de Rushdie. Une façon de démontrer que la vérité de l’islam c’est plutôt d’éviter la paix, de favoriser l’effusion de sang et d’insister sur la guerre et la violence.

Dans Joseph Anton, Salman Rushdie écrit: «Un nouveau mot avait été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles: l’islamophobie. Critiquer la violence militante de cette religion dans son incarnation contemporaine était considéré comme du fanatisme. Une personne phobique avait des positions extrêmes et irrationnelles, c’était donc elle qui était fautive et non pas le système religieux qui revendiquait plus d’un milliard d’adeptes à travers le monde. Un milliard de croyants ne pouvaient avoir tort, les fautifs devaient donc être ceux qui avaient l’écume aux lèvres. Quand, voulut-il savoir, était-il devenu irrationnel de détester la religion, quelle qu’elle soit, et de la détester avec force? Depuis quand la raison était-elle définie comme la déraison? Depuis quand les histoires fantaisistes des superstitieux étaient-elles hors d’atteinte de la critique, de la satire?»

De bonnes questions que la caste occidentale refuse de se poser.

Il a également écrit: «Les intégristes (…) sont contre la liberté d’expression, un système politique pluripartite, le suffrage universel, la responsabilité du gouvernement, les Juifs, les homosexuels, les droits des femmes, le pluralisme, la laïcité, les jupes courtes, la danse, le fait de se raser, la théorie de l’évolution, le sexe… L’intégriste croit que nous ne croyons en rien. Dans sa vision du monde, il a ses certitudes absolues, tandis que nous sommes plongés dans des satisfactions sybaritiques. Pour lui prouver qu’il a tort, il faut d’abord savoir qu’il a tort. Nous devons nous mettre d’accord sur ce qui compte: s’embrasser dans les lieux publics, les sandwiches au jambon, les différences d’opinion, la mode d’avant-garde, la littérature, la lingerie fine, (…) le cinéma, la musique, la liberté de pensée, la beauté, l’amour. Telles sont nos armes. (…) c’est en choisissant de vivre sans avoir peur que nous vaincrons. Vous voulez vaincre le terrorisme ? Ne soyez pas terrorisés. Ne laissez pas la peur dominer votre vie. Même si vous avez peur

J’espère que devant cette menace renouvelée sur son existence, Salman Rushdie ne laissera toujours pas la peur dominer sa vie.

Marcus Graven

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Notifiez de
Franck DEBANNER

Voilà la pourriture à laquelle s’est alliée la vermine nazislamophile du monde entier. En commençant par la déjection polluant la Maison Blanche. Mais nous l’avons vu. Dés que la crotte en question a donné le ton, les collabos de francekipu, et du reste de la vieille europe, se sont précipités en Perse, pour passer de juteux contrats avec les radirans.

Kader Oussel

Que vaut la vie d’un homme libre ?Vous les avez vus tous les patrons français avec leur contrat à la main ?Ils sont prêts à sacrifier Rushdie si on les laisse faire leurs affaires, gouvernement français en tête. Le monde des affaires est ignoble de bassesse. Et ça fait longtemps que Hollande ne dit plus rien. Quand il combattait la finance, c’était avant les présidentielles !

Spipou

A propos… Il a dit, récemment « A l’époque, c’était la droite qui refusait de soutenir ma liberté de m’exprimer. Mais aujourd’hui, c’est la gauche qui refuse la liberté d’expression en ce qui concerne la critique de l’islam. »

Je ne garantis pas l’exactitude du propos, mais en substance, c’est à peu près ça. C’est une déclaration très récente, d’il y a quelques semaines, je pense.

Spipou

Salman Rushdie, je crois, a l’habitude de maîtriser la peur ! Il faut lire aussi son excellent livre « Franchissez la ligne », dans lequel il raconte sa vie (tant avant qu’après la première fatwa) par anecdotes. C’est un pur régal d’humour et de sensibilité.

Frederix

Et personne ne s’ inquiete du fait que l’ obsurantiste et terroriste Republique Islamique d’ Iran possede deja les composants (technique nucleaire + missiles ballistiques) pour produire la Bombe atomique et la lancer !!!
Nous devons cela aux Etats-Unis du Mollah HUSSEIN Obama, a la lachete de l’ Occident mais aussi a la volonte quasi-generale de detruire Israel par le biais des fanatiques Iraniens…. (Excusez-moi, je n’ ai pas les accents sur mon clavier d’ ordinateur).