L'irrésistible ascension, de Luc Paul Roche

Marcel Ferry, éminent professeur de philosophie (1968-2061) devient ministre de l’Instruction en 2050, à l’âge de 82 ans ! Voilà le délire dans lequel l’auteur, qui ressemble étonnament au héros de ce pamphlet, nous entraîne, tout au long d’un petit essai de 175 pages. Dans un ouvrage qui arrache souvent des éclats de rire, l’auteur nous raconte que notre pays a survécu à de nombreuses épreuves, tout au long de la première moitié du 21e siècle. Ainsi, nous apprenons que de 2022 à 2037, nous avons eu un président nommé Baille-Roux, un premier ministre appelé François Khâgnes. Episode croustillant, nous aurons droit également à l’anecdote du ministre de Travail de gauche, appelé Jean-Luc Mesplanctons, qui resta, en 2036, un mois à son poste, mais marquera l’Histoire. En effet, légitimement révolté par la durée du temps de travail du personnel de l’hôtellerie-restauration, il décida que les journées ne devaient pas durer plus de 12 heures dans la branche, et imposa sa vision au Premier ministre ! Résultat, les salariés, encouragés, déclenchèrent une grève de trois semaines. On donna de nouveaux droits aux inspecteur du Travail… et plus un restaurant n’ouvrit le soir ! Mesplanctons fut remplacé au bout d’un mois, mais personne ne remit en cause la loi qu’il avait fait voter, et donc, depuis, le Français ne vont plus au restaurant le soir ! Marcel Ferry, syndicaliste de Force ouvrière dans l’Education nationale, sait conserver une lucidité sur certains travers de l’école publique, et n’a guère de sympathie pour les principaux dirigeants syndicaux du secteur, qui tiennent à leur décharge syndicale comme à la prunelle de leurs yeux.
Les circonstances dans lesquelles notre héros sera nommé ministre de l’Education nationale sont d’un comique irrésistible. Le président de la République d’alors s’appelle Olivier Besancerneau, mais il n’a plus de pouvoir, et est légèrement gâteux. Le vrai pouvoir est exercé par la Première ministresse, Clémentine Haut-Thym, qui n’est plus de la première jeunesse, elle non plus. Mais en sept ans d’exercice du pouvoir, notre nouveau ministre remettra l’Education nationale sur de bonnes rails, avant de prendre une vraie retraite, et de mourir paisiblement en 2061, à l’âge de 93 ans.
Avec un sens de l’humour souvent irrésistible, l’auteur croque tous les travers d’une gauche bobo qu’il a du mal à supporter, se moque allègrement des écolos, et éreinte comme il faut la droite libérale, et une de ses bêtes noires, Alain Minc. Il se montre aussi féroce avec le peuple, à qui il reproche de préférer les matches de foot aux manifestations syndicales, à qui il ne pardonne pas de ne pas se syndiquer, et de préférer un médiocre médiatisés comme Meyrieu, qui ne raconte que du vent, à une personne comme lui et bien d’autres, qui ont vraiment des choses à dire.
Cruel, féroce, mais interpellant, Luc Paul Roche pourrait écrire dans Riposte Laïque, les colonnes lui sont grandes ouvertes !
A lire sans modération, si vous avez envie de concilier politique et humour.
Pierre Cassen
Pour commander le livre, (9 euros) s’inscrire directement sur le site de l’éditeur : http://www.thebookedition.com
Si vous ne voulez pas payer en ligne, contacter l’auteur : lucpaulroche-ecrivain@orange.fr

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