L’islamisme est à l’islam ce que l’hitlérisme est au nazisme

muftiSSIl n’y a pas plus d’islam politique que de nazisme religieux

Il n’y a ni islam politique, ni islam cultuel, ni islam civil, ni islam accommodé à toutes les sauces et pour tous les goûts. C’est le Coran et le glaive, Mahomet a laissé en héritage aux musulmans un islam dictatorial, raciste, antisémite, génocidaire, expansionniste, impérial, destructeur des peuples et des cultures, liberticide, unitaire et totalitaire qui veut créer un modèle standard pour tous les humains, façonnés dans le même moule sans qu’ils aient la moindre latitude d’y remédier à cause de son essence divine le rendant immuable et intemporel.

Il n’y a pas d’islam politique dérivant de l’islam comme on l’appelle abusivement islamisme laissant sous-entendre ainsi que l’islam est bipolaire et fragmenté en politique et en religieux, et il y a la politique de l’islam dont la finalité est de doter la communauté musulmane (l’oumma) d’un Etat musulman régi par les seules lois d’Allah ( la charia) ayant comme constitution le Coran, détenant entre ses mains les pouvoirs spirituels et temporels

Ainsi comme le souligne Saïd Ramadan (islam, doctrine et mode de vie, Lyon, éditions Tawhid, 1993, p.17):

« L’islam fournit à l’humanité un système de lois complet et équilibré. L’islam n’est pas seulement une “ religion ” dans le sens où l’Occident entend ce terme. Il est plutôt un ensemble de règles pour la vie matérielle et spirituelle. »

Il est exclu par conséquent de procéder à une séparation entre le temporel et le spirituel et de réduire l’islam à la stricte sphère de religion. Alors que l’islam n’a pas vocation à se cantonner à sa seule dimension métaphysique comme le christianisme il est une politique multidimensionnelle et globalisante où tout « doit relever de la Loi » comme le rappelle à juste titre Youssef Qaradhaoui. Il ne saurait exister un islam amputé ou laïcisé où chacune des sphères de la vie sont indépendantes les unes des autres avec des frontières étanches. Dans l’islam, les frontières ne sont pas seulement poreuses, elles n’existent simplement pas. Le musulman ne peut et ne doit agir de lui-même et élaborer son propre canevas de vie. Il doit obéir à la seule volonté d’Allah et imposer une quelconque obligation à son coreligionnaire s’il n’est pas lui-même détenteur d’un pouvoir provenant d’Allah lui-même selon les propos de l’imam al Ghazali.

Le musulman dépourvu de volonté propre en tant que propriété de son créateur ne peut accomplir les moindres actes de la vie même les plus insignifiants s’ils ne sont pas dans l’esprit de sa religion et conformes à sa Loi. La religion est le seul moteur de sa vie, elle est son seul mode de gouvernement en vertu de la règle inaliénable la Loi d’Allah, lois des hommes. Inutile pour les hommes de légiférer, concevoir, penser, élaborer des règles pour la vie courante, définir des cadres pour leurs relations sociales, économiques, politiques, sexuelles, il leur suffit d’appliquer à la lettre la Loi parfaite d’Allah qui est la seule Loi qu’ils sont tenus de suivre en dehors de toute autre s’ils ne veulent pas dévier du chemin tracé minutieusement par le grand Topographe.

Contrairement aux chrétiens qui ont toute la liberté de mettre en place une société qui semble le mieux convenir à leurs valeurs, qui ne sont plus les esclaves de Dieu mais ses fils comme le rappelle dans ses épîtres Saint Paul, sans qu’ils soient pour autant soumis à un code immuable ou à la seule autorité de la Loi divine selon Saint Pierre, les musulmans ne jouissent d’aucune marge de liberté dans la réalisation de leur vie temporelle qui émane uniquement d’Allah. Le pouvoir dans toutes ses formes est à Allah et à celui qui l’exerce en son nom , le Calife, qui concentre entre ses mains le politique et le religieux. Il est pape et roi à la fois aux antipodes du christianisme où le spirituel est au pape et le politique est au roi. L’islam est fondamentalement théocratique, il est l’antithèse-même du christianisme. D’où l’impossibilité d’imaginer l’émergence de sociétés démocratiques dans un système de croyance aussi totalitaire qui se veut dine (religion), dawla (Etat), dounia (monde ou cité).

hamassaluteUne démocratie dans une culture qui ne laisse à l’homme aucune liberté de choix est un mirage, une illusion d’optique, une utopie pour nourrir les fantasmes des musulmans qui aspirent à créer un consensus entre la religion et la politique, sans se rendre compte que le seul fait d’y penser est un sacrilège, une hérésie. Dans l’islam, la cité de Dieu est la cité des hommes, elles s’imbriquent, s’emboîtent pour n’en faire qu’une seule qui ne ressemble en rien à celle de Saint Augustin qui oppose la cité divine à la cité terrestre.

Ibn Khaldoun (Al-Muqaddima, trad. Vincent Monteil, Beyrouth/Paris, commission libanaise pour la traduction des chefs-d’œuvre/UNESCO, 1967, 3 vol, III, p. 408. ) explique parfaitement la différence notable entre les visions du monde qui caractérise le christianisme et l’islam :

« Dans l’institution religieuse islamique, la guerre sainte est une prescription religieuse en raison de l’universalité de l’appel en vue d’amener la totalité des hommes à l’islam de gré ou de force. C’est pourquoi le califat et la souveraineté temporelle y ont été établis de telle façon que ceux qui en ont la charge puissent exercer leur force dans les deux domaines à la fois. Pour les autres institutions religieuses (chrétiennes), leur appel n’y est pas universel, pas plus que la guerre sainte n’y est prescrite, sauf seulement pour se défendre. Celui-ci donc qui est en charge de la religion ne s’occupe en rien de la conduite des affaires politiques. La souveraineté temporelle échoit seulement à quelqu’un de façon accidentelle et pour des raisons autres que religieuses (…). Ils ne sont pas chargés, en effet, de se rendre maîtres des nations comme c’est le cas dans l’institution religieuse islamique. Il est seulement requis d’eux qu’ils observent leur religion en leur privé. »

Vouloir délimiter l’islam au seul champ cultuel est mission impossible car elle signifie l’arrêt de mort de l’islam. Et c’est justement la hantise de ce qu’on appelle abusivement l’islam politique conscient que toute tentative de compartimentation de l’islam présente une réelle menace pour sa survie. En effet, l’islam tient grâce à son seul pouvoir de compression de la vie des hommes dans un seul carcan, le seul fait de vouloir le fissurer, ouvrir la moindre brèche peut le précipiter vers sa perte. L’islamisme est une digue étanche contre l’intrusion des utopies politiques occidentales périlleuses pour la pérennité de l’islam et les masques de l’islam tomberont. Ainsi passera-t-il du statut de religion globalisante à une banale idéologie politique au même titre que le nazisme auquel il est apparenté en tous points de vue et qui sera éradiqué comme son prédécesseur et enfant naturel.

Salem Ben Ammar

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