L’Italie et la France peuvent être à l’origine de l’explosion de l’euro et de l’UE

En Italie, le gouvernement de Mario Draghi est au bord de l’implosion. La péninsule a été longtemps à la traîne en zone euro : entre 1999 et 2019, son PIB n’a augmenté que de 7,9 % contre respectivement 30,2 %, 32,4 % et 43,6 % en Allemagne, France et Espagne. La goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les électeurs et de nombreuses élites italiennes, ce sont les sanctions lourdes contre la Russie, avec de terribles conséquences pour l’Italie dépendante du gaz russe, qui avait besoin de tout, sauf de ce coup de poignard supplémentaire ! Depuis l’intervention russe en Ukraine, le prix de l’électricité a augmenté de 91 % et celui du gaz de 70 %. La crise énergétique pourrait jouer le rôle de détonateur dans la crise politique italienne. La dette de 2500 milliards d’euros qui dépasse celles de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande et de l’Espagne cumulées pourrait faire exploser toute l’Europe !

Les chantiers de modernisation du pays sont à l’arrêt et la capacité de Mario Draghi à désendetter le pays, malgré les dizaines de milliards d’euros de l’UE, est remise en question. Bruxelles redoute de perdre son homme de confiance, ancien président de la BCE, ancien de Goldman Sachs, pur produit de la Pensée unique, valet de l’OTAN et de l’Amérique, comme il l’a montré en incitant Macron et Scholz à accepter l’impossible et inacceptable candidature de l’Ukraine dans l’UE ! Avec un taux d’intérêt italien qui remonte à 3,26 % et un écart de taux de 2,25 % par rapport aux taux allemand, le maillon faible de la zone euro fait de nouveau trembler les marchés. Il n’est pas impossible qu’à terme, Moscou trouve en Italie son deuxième allié dans l’UE, en plus du hongrois Viktor Orban !

En France, avec la fameuse loi sur le pouvoir d’achat en cours de discussion à l’Assemblée nationale, la dépense est devenue une vertu. Le RN, Renaissance, Nupes, et même LR ont une telle frénésie de dépenses qu’il semble qu’il n’y a pas d’autre alternative (le fameux TINA anglo-saxon de Margaret Thatcher) que de vider les caisses de l’État alimentées par l’argent emprunté ! En raison de la dégradation de la balance énergétique, suite aux achats de gaz et de pétrole sur le marché, le déficit commercial global français annuel atteint le chiffre faramineux de 114 milliards d’euros. Pour amuser la galerie et réconforter les chefs d’entreprise, il a été décidé, après une première baisse de 10 milliards d’euros d’impôts de production en 2022, sur un ensemble global de 70 milliards d’euros, d’alléger de nouveau ces impôts de production de 8 milliards d’euros en 2023, alors que, pour être compétitif avec les autres pays européens, il aurait fallu procéder à une coupe de 35 milliards d’euros !

La Cour des comptes s’inquiète de la dérive des dépenses publiques tandis que la dette française se rapproche dangereusement des 120 % du PIB ! Alors que les taux d’intérêt sont encore très faibles, la charge de la dette atteint déjà 50 milliards d’euros, soit le budget de l’Éducation nationale. La gabegie, l’imbécillité de nos technocrates incapables lorsqu’ils jouent avec l’argent public qui n’est pas le leur, Macron étant l’un d’entre eux lorsqu’il était ministre des Finances, n’a pas de limites ! On apprend ainsi que 10 % des obligations françaises d’État (OAT) à dix ans de la dette publique sont indexées sur l’inflation ! Cela va donc coûter une fortune à l’État français pour avoir voulu grappiller quelques maigres et ridicules dixièmes de points lors de l’émission de ces obligations. Le remboursement chaque année du principal de ces obligations, tout comme les taux d’intérêts, sont en effet indexés sur l’inflation, avec un indice qui est le plus souvent, celui de l’IPC (index des prix à la consommation). Suite à cette erreur gravissime de gestion par les fonctionnaires français, l’inflation, contrairement à ce que disent certains médias, ne concourt donc plus à diminuer le coût de la dette française, mais bien au contraire l’accroît ! L’inflation n’est donc plus l’amie de la dette publique française ! Merci, Monsieur Macron, le Mozart raté de la finance !

Quant à l’Allemagne, elle décroche subitement, son modèle mercantiliste étant provisoirement sévèrement touché. Les taux de croissance en 2022 et 2023 devraient être respectivement de 1,4 % et 1,3 % seulement, avec une inflation de 7,9 %, ce qui est inhabituel pour ce pays. La raison principale est sa forte dépendance énergétique à la Russie, d’où une hausse subite des coûts de l’énergie, suite aux sanctions économiques suicidaires de l’UE et aux représailles russes, avec en plus la perte de marchés importants en Russie ainsi qu’en Chine. En mai 2022, l’Allemagne a connu son premier déficit commercial mensuel de 1 milliard d’euros depuis janvier 2008.
Avec les sanctions anti-russes, l’UE, selon Viktor Orban « s’est tiré une balle non pas dans le pied, mais dans les poumons ! ». « Les sanctions n’aident pas l’Ukraine ; en revanche, elles sont mauvaises pour l’économie européenne et si ça continue comme ça, elles vont tuer l’économie européenne », a-t-il encore déclaré. Selon le professeur Jacques Sapir, alors que les importations normales de gaz russe sont de 160 milliards de m3 dans l’UE, le manque actuel de gaz russe est de 118,5 milliards de m3, mais en fait de 95 milliards de m3, si l’on tient compte d’approvisionnements supplémentaires venant d’autres pays. Selon le site de la société Nord Stream, le gaz russe qui arrive en Allemagne, dans la ville de Lublin, est ensuite transporté vers la Belgique, le Danemark, la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et d’autres pays.

La Russie a de plus totalement coupé le gaz à l’Allemagne pour 10 jours de maintenance. 35 % des importations actuelles allemandes proviennent encore de Russie, contre 55 % avant la guerre. Le chauffage des foyers allemands est toujours assuré à plus de 50 % avec du gaz russe. L’industrie chimique allemande est particulièrement vulnérable, dépendant aussi fortement du gaz russe. Les industriels se préparent au scénario du pire avec une lourde récession à la clé. Le géant BASF étudie la possibilité de mettre une partie des salariés en chômage partiel : « Si nous ne recevons plus de gaz russe, les quantités actuellement stockées ne suffiront que pour un ou deux mois. »

L’État allemand vole donc au secours de son secteur énergétique. Une loi doit être votée en urgence pour sauver Uniper, principal importateur allemand de gaz russe. Ce dernier pourrait recevoir jusqu’à 5 milliards d’euros d’aides de l’État. La société Uniper a perdu en quelques mois plus de 70 % de sa valeur en Bourse. Une éventuelle chute d’Uniper fait craindre à l’Allemagne des faillites en cascade, comparables à un « Lehman Brother » de l’énergie !

Quant à l’euro, il s’effondre tandis que le dollar s’envole, suite aux différences de taux d’intérêt entre la zone euro et les États-Unis. À Moscou, l’euro est passé sous la barre des 55 roubles, le rouble s’appréciant à la fois par rapport au dollar et à l’euro. La dépréciation de l’euro contribue à augmenter l’inflation des prix des marchandises importées, ce qui n’est malheureusement pas souhaitable dans le contexte actuel.

La folle politique de l’UE pour combattre le soi-disant réchauffement climatique non prouvé par l’homme est une source supplémentaire d’inflation et de gaspillage de ressources dans l’UE. Lors de la visite du Président Biden en Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane s’est non seulement refusé à livrer des quantités supplémentaires de pétrole, pour faire baisser les prix, comme le lui demandait Biden, mais il a pu déclarer : « Les politiques irréalistes visant à réduire les émissions de CO2 entraîneront une inflation exceptionnelle et une hausse des prix de l’énergie ».

Rien ne va plus dans le monde, les sanctions occidentales causant un mal terrible à de trop nombreux pays : les Bourses chutent et les craintes de récession l’emportent. L’économie américaine échaudée par l’inflation de 9,1 % est au bord de la récession et le moral des consommateurs s’effondre (indice de Michigan à 60 au lieu de 100 en 2020). Les taux d’intérêt à 2 ans sont souvent au-dessus des taux à 10 ans, ce qui annonce souvent une récession aux États-Unis. L’indice Vix de volatilité du marché boursier a trop souvent des accès de fièvre. L’économie chinoise, elle, s’effondre, suite à une politique draconienne trop stricte de confinements pour le covid. La croissance en Chine, au second trimestre n’a été que de 0,4 %, ce qui équivaut à une lourde récession pour la Chine !

Le ciel économique s’assombrit donc pour l’UE, au-delà de ses graves difficultés ci-dessus mentionnées qui lui sont propres. L’Autorité des marchés financiers (AMF) en France est très inquiète ; elle tire la sonnette d’alarme craignant une forte chute supplémentaire des marchés. Alors que l’or a baissé ces derniers temps, suite à la montée des taux américains, la banque d’investissement Goldman Sachs a cependant relevé à la hausse ses prévisions pour la fin de l’année à 2500 $ l’once, ce qui n’est pas un bon signe pour les économies occidentales !
Si l’Italie ou la France s’effondre, suite à une violente crise politique interne ou en raison de la montée des taux d’intérêt à 10 ans, par l’effet de boule de neige, cela peut conduire jusqu’à l’effondrement complet des Bourses et des économies occidentales trop dépendantes et interconnectées, avec à la clé l’éclatement de la zone euro, un envol du prix de l’or, et l’hyperinflation en France, en Italie ainsi que dans tous les pays très fragiles de l’Europe du sud (Grèce, Espagne, Portugal).

Marc Rousset

Auteur de « Comment sauver la France/Pour une Europe des nations avec la Russie »

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16 Commentaires

  1. Avant l’adoption de l’Euro, il était question d’harmoniser les économies des pays qui adopteraient cette monnaie. Comme cela n’était pas possible. Cela n’a pas été fait. Seuls les Britanniques qui avaient des hommes politiques responsables ne sont pas entré dans cette stupide affaire. Les concepteurs de cette monnaie ne l’ont fait que pour détonner le dollar. C’est pourquoi les Américains devaient bien rire lorsque il fallait un Dollar 20 cts pour avoir un euro. Pendant que les américains vendaient leurs produits les européens pleuraient. Nous avions des hommes politiques ne connaissant rien à la finance et au commerce international.

    • Concernant les obligations indexées sur l inflation a ai une autre hypothèse.
      Je ne peux pas me résoudre à penser que l agence France trésor doit bête a ce point.
      A mon avis ils ont anticipé le fait que les taux vont monter et plomber les oat existantes. Je crois malheureusement qu ils ont émis ces monstres afin d être toujours en mesure de fourguer la dette aux institutionnels tout en économisant quelques points de bases a l emission. Le but étant de satisfaire BlackRock.

    • Un rapprochement étroit de la France et la Russie serait impossible vu le virage pris par la France depuis le début des années 80 avec la
      glorification des LGBT PMA transexualité etc

    • Les lois économiques ne sont pas les lois physiques. Cela s apparente a de la sismologie. On sait qu il
      va y avoir un tremblement de terre mais la date exacte est inconnue. L explosion de l euro est un phénomène de temps long. Les erreurs ont été commises il y a 20 ans et on en paye le prix maintenant.Cependant il y a espoir car je ne vois pas comment ils pourront augmenter et baisser les taux en même temps. Ils vont devoir être créatifs pour le faire survivre un peu.

    • tout peut basculer assez rapidement……conflit Ukraine qui s’étant en europe.

      • kabout
        tout peut basculer assez rapidement……conflit Ukraine qui s’étant en europe.
        +1000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
        Ajoutez y l’incendie qui se propage a une grande partie de la France (meme en Bretagne)avec les pertes économiques que cela va représenter dans le tourisme et meme avec l’apport de 2000 tunisiens qui vont venir se faire entretenir a l’année

    • Après la fin de l’euro et j’espère de l’UE que j’ai toujours souhaité, vous savez que nos élites et beaucoup d’industriels pendant 30 ans ont consciencieusement délocalisés,vendus et ruinés une bonne partie de l’activité productive de la France. Lorsque reviendra le franc, 80% de notre consommation sera importé, ces gents auront tout fait pour ne pas revenir en arrière. Le mal endémique de la France a toujours été le déficit des importations depuis les 30 « glorieuses » et qui s’est aggravée depuis l’euro et les délocalisations; chose que les autres pays n’ont jamais faits aussi démentiellemment que nous.

  2. Toujours engager une bataille si on est sûr de la gagner. Une règle élémentaire que le premier venu doit connaître. La bande de fiers à bras au conseil de l’Europe ne doit pas connaître cette rêgle de prudence en s’engageant tête baissée dans des sanctions contre la Russie désignée comme le vilain petit canard. Ils sont donc les principaux responsables de la faillite qui nous guette parce que l’UE va perdre la guerre et s’enfoncer dans une crise économique majeure sans précédent.
    Merci à l’auteur avisé de cet article d’avoir tiré la sonnette d’alarme.

  3. Trump disait que tout ce que touchait Macron se transformait en merde.
    Donnez lui Monaco à gouverner, en 5 ans il vous le transforme en Mozambique

    • Coluche (d’heureuse mémoire) disait : « confiez le désert à un énarque , 20 ans après il n’y a plus de sable »

  4. Il n’y a jamais eu, il n’y aura jamais d’union monétaire sans union politique totale, c’est-à-dire une union qui ne soit ni de façade ni seulement technocratique comme c’est le cas pour l’Europe. Les prussiens, avant les allemands, avaient déjà montré l’exemple en réalisant l’unité politique des anciens États germaniques avant d’imposer le Reichsmark. L’union politique précède toujours l’union monétaire, le seconde consacrant la première …. et jamais l’inverse.

  5. L Italie avait de bons rapport avec la Libye, sarko les a poignardé, l Italie a passé des accords avec l Algérie pour de l ilictricitie solaire, avec quel financement

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  1. L’Italie et la France peuvent être à l’origine de l’explosion de l’euro et de l’UE – PAGE GAULLISTE DE RéINFORMATION . Les médias nous manipulent et nous mentent, sachons trier le bon grain de l ivraie

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