L’obsession de Taubira : vider encore davantage les prisons et remettre les racailles en liberté

Le projet de réforme pénale de la garde des Sceaux, parfaite illustration du laxisme judiciaire ambiant, a au moins le mérite de mettre au grand jour le désaccord profond entre Manuel Valls et Christiane Taubira sur le traitement de la délinquance. La comédie de l’entente parfaite entre la place Beauvau et la place Vendôme, qui restera en matière d’hypocrisie un modèle du genre, n’aura pas résisté à ce texte explosif, élaboré au mépris des victimes et du travail des policiers.

Jean-Marc Ayrault a beau vouloir minimiser le clash, en déclarant qu’il est normal qu’il y ait des différences d’appréciation entre les ministres de la Justice et de l’Intérieur, la situation conflictuelle entre les deux responsables de la sécurité des Français est bien réelle. Elle est le résultat prévisible d’une erreur de casting majeure de François Hollande, qui a choisi comme garde des Sceaux une fervente adepte de la politique du renoncement permanent et du laxisme à tout va. Hostile au principe de la tolérance zéro et de la réponse pénale immédiate et incontournable, qui ont pourtant fait leurs preuves depuis des lustres, madame Taubira n’a qu’une obsession : vider les prisons en supprimant les peines plancher pour les récidivistes et les tribunaux correctionnels pour mineurs.

TaubiraIl est pourtant prouvé que 5% des délinquants sont des multirécidivistes, « bien connus des services de police » selon la formule consacrée, qui sont responsables de 95% des délits. Mais visiblement, notre ministre de la justice n’a que faire des chiffres et des sondages d’opinion qui disent que deux Français sur trois ne se sentent en sécurité nulle part, que trois sur quatre estiment que la justice fonctionne mal et que quatre sur cinq sont favorables à la construction de nouvelles prisons. Beau déni de démocratie ! Il serait temps que nos élites comprennent que la sécurité des Français n’est ni de droite ni de gauche, elle est tout simplement un droit élémentaire de chaque citoyen dans une démocratie digne de ce nom. Or, selon les enquêtes de victimisation, seul véritable thermomètre de la délinquance étant donné le tripatouillage permanent des statistiques officielles, ce sont 12 millions de crimes et délits qui chaque année frappent les citoyens. Soit un vol toutes les 7 secondes, une agression toutes les 40 secondes, un viol toutes les 7 minutes et une voiture incendiée toutes les 12 minutes. Sans oublier les attaques de trains ou de cars pour détrousser les voyageurs, les bandes à l’assaut des commissariats ou les émeutes de quartiers qui ont transformé nos banlieues en bande de Gaza. Aussi longtemps qu’il n’y aura pas d’union sacrée pour combattre le fléau de la violence, la situation ne fera qu’empirer.

Jacques Guillemain

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