L’Occident, ce n’est pas si mal

Publié le 30 septembre 2014 - par - 898 vues
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BouteilleRLEn ce moment, et depuis plusieurs années, c’est la grande mode : tout le monde y va pour casser ses œufs, ses casseroles et même ses enclumes sur l’Occident en général, mais aussi le capitalisme, les deux modèles qui nous gouvernent actuellement, qui existent depuis plusieurs siècles désormais et qui règnent depuis presque autant de temps.

Loin de moi l’idée d’idéaliser le capitalisme ni même notre culture, il est totalement justifié de critiquer ces modèles et de les remettre en cause, parce qu’ils ont provoqué et provoquent effectivement des problèmes de plus en plus évidents : différences de plus en plus pesantes entre riches et pauvres, exploitations, cupidité, égoïsme, perversions… Inutile d’allonger la liste, chacun arrivera à s’en faire une sans trop de problème. Cependant, tout n’est pas si noir, et cette dévalorisation systématique et généralisée est l’arbre qui cache la forêt, en l’occurrence, se focaliser sur l’Occident exonère les autres cultures et, plus généralement, cache soigneusement les travers de l’humanité, qui se retrouvent dans tous les systèmes ayant existé et existant encore.

On ne va pas retracer l’intégralité des apports de l’Occident, qui est malgré tout le fer de lance de toutes les nouvelles technologies du 20ème siècle, nous ayant donné accès aux voitures, avions, métros, building, téléphones, télévisions, ordinateurs, internet, j’en passe et des meilleurs : jamais l’humanité n’a progressé aussi rapidement, et cette évolution se doit en partie grâce à l’Occident. A l’opposé, toutes ces nouveautés ont transformé nos sociétés de façon rapide, les modifiant intégralement tant sur la forme que sur le fond : les campagnes sont devenues villes, les gens ont eu accès à un savoir qu’ils n’ont jamais eu, la mondialisation a rapidement englobé le monde entier, tous nos rapports, toutes nos idées, toutes nos vies ont été remis en question, tout a été mis à plat ou presque, de par notre volonté à rendre libre l’humanité toute entière, et c’est certainement là le point faible de l’Occident.

Car oui, le principal but de l’Occident, ou en tout cas celui qu’on nous fait croire, c’est la liberté, passant par la démocratie. Bien sûr, nos démocraties actuelles ont des limites qu’on a atteintes depuis un petit moment et on commence à se rendre compte de nos illusions, pour nous réapproprier notre but ultime : la liberté. C’est un mot qui fait rêver les occidentaux, c’est notre rêve, notre but, notre joie, notre souffrance, on fait tout pour elle, on la désire, on la veut, on l’aime. Et pourtant, bien que le concept semble alléchant, la liberté a aussi des défauts. Notamment les points de repère qui s’effacent peu à peu, on le voit avec les nouvelles normes dans nos sociétés : adoption, contraception, divorce, mariage homosexuel, mondialisation, mélange culturel, vivre ensemble, voile, burka… Je ne prétends pas que ces nouvelles normes soient bonnes ou mauvaises, à chacun d’en juger. Seulement, ces libertés absolues décomposent toutes les normes établies, et donc, tous les repères. Le gouvernement n’a plus le pouvoir absolu qu’il avait jadis, les différents échelons de la société non plus, régions, communes, quartiers… Et même la famille en vient à être décomposée. Jadis, les liens familiaux étaient très forts et très clairs : mère, père, enfants, cousins, oncles, tantes, grands pères, grands mères, etc, etc. Les liens sociaux étaient tout aussi clairs, puisque la vie toute entière tournait autour d’un quartier ou d’un village, les gens se connaissaient toutes et tous, les rapports étaient donc cordiaux. Désormais, au sein d’un même quartier, d’un même immeuble, ce sont des étrangers qui cohabitent… Et même dans la famille, plus rien n’est simple, avec les nombreux divorces, remariages, changement de sexualité, j’en passe et des meilleurs. Que les anciennes normes soient bonnes ou mauvaises, peu importe : le fait est qu’au moins, ils établissaient des normes rassurantes auxquelles la majorité des gens pouvaient se raccrocher à tout moment. A côté, il y avait effectivement une minorité qui se sentait étouffée par ces liens, et ils ne pouvaient surmonter ces liens que difficilement. Pour eux, ces liens étaient une prison, s’en libérer fut leur liberté. Mais à l’opposé, leur liberté est un cauchemar pour une majorité, qui n’a plus aucun modèle auquel s’accrocher… Il est ainsi facile pour les ennemis de la liberté, islam en tête (islam signifiant « soumission »), qui profitent de ce gouffre ouvert pour accuser l’Occident de tous les maux, de tous les vices : plus de limites, donc plus de morale. Et c’est ainsi que de nombreux occidentaux, voulant se raccrocher à des repères, ou perdus dans toute cette liberté, se raccrochent à l’islam qui leur donne des valeurs, même si certaines sont infâmes.

Mais cette liberté a aussi abattu les barrières de la réelle nature humaine, comme je l’indiquais au début, cette liberté a montré au grand jour nos vices les plus profonds : exploitation, cupidité, égoïsme, perversion, sadisme, luxure… La liste va bien au delà des 7 pêchés capitaux, car le recul des lois face aux comportements jugés déviants les a d’autant plus légitimés, d’une certaine manière. Bonne chose ? Mauvaise. Chacun sera accusé en même temps que juge. Cependant, dans tous ces travers humains, une bonne chose indéniable en ressort : notre hypocrisie s’en trouve d’autant diminuée. Car bien que nos technologies ont progressé de façon exponentielle ces derniers siècles, force est de constater que l’humanité, elle, n’a pas changé d’un iota : nos travers sont les mêmes, jugez en à l’Histoire, vous y trouverez, même au sommet des gouvernements, les mêmes perversions que les nôtres : luxure, sadisme, goinfrerie, égoïsme, perversion, j’en passe et des meilleurs. Il est ainsi courant de trouver, derrière les grands évènements de l’Histoire, de simples histoires de fesses, de trahison ou d’amitié, comme de nos jours. Les différentes sociétés ont tenté de contenir ces travers, en vain : alors, bien souvent, on les dissimulait, quitte à attraper de temps en temps l’un ou l’autre déviant qui n’aura pas été assez discret. Pour les autres, surtout pour les plus riches et les plus puissants en fait, le secret de polichinelle sera conservé, quant bien même tout le monde est au courant. Et si ça vous rappelle un certain DSK qui ne se cachait même pas de ses travers durant des années, c’est bien normal : l’humanité est la même qu’il y a plusieurs siècles. Et c’est ainsi que les soi-disant défenseurs de la vertu et de la morale, religieux en tête, s’en donnent à cœur joie : hypocrites jusqu’au tréfonds de leur âme, mais croyant dur comme fer à leur propre discours, ils accusent ainsi l’Occident d’être le principal coupable de tous les travers alors même que la cause en est bien l’humanité et non pas le système, quel qu’il soit.

Il est ainsi très simple pour l’islam d’accuser l’Occident de perversité, lui qui interdit tout amusement, toute musique, tout alcool, tout sexe hors mariage, toute homosexualité, toute pensée de liberté. Mais ce que les musulmans ne disent pas, et ne diront jamais, c’est qu’ils sont tout autant en tort que l’Occident qu’ils accusent constamment ! Les musulmans restent des humains totalement classiques, et totalement soumis à leurs vices, et ce n’est pas parce que vous êtes musulmans que vous allez être forcément plus ou moins pieux qu’un autre. Ce n’est pas parce que le coran indique « vous êtes la meilleure communauté qui soit » que tous ses membres sont sans reproche, c’est un peu trop facile, mais certains qui sont ou qui deviennent musulmans le croient vraiment : ce sont certainement les personnes ayant le plus de mauvaise foi, au fond, les plus hypocrites qui soient, et ce sont eux qui vont donner des leçons…

L’Occident a bien des torts, mais ces torts découlent de la nature profonde de l’humanité. Que l’Occident décline, continue de prospérer ou disparaisse, cela ne changera pas la nature humaine : bien des empires prospères sont tombés, et pourtant, l’humanité est restée la même. On peut donc reprocher à l’Occident beaucoup de choses, à raison, mais dans ce cas, encore faut-il répercuter ces reproches aux autres cultures, qui sont rarement meilleures. Ni la liberté, ni la démocratie, ni l’Occident, ni le capitalisme ne sont parfaits, tous ont des défauts, des petits, des moyens, des énormes, mais en contre partie, ils ont aussi des qualités, qualités qui les ont fait dominer nos sociétés jusqu’à présent, preuve s’il en fallait que les autres cultures ont des défauts puisqu’elles n’ont même pas réussi à supplanter nos systèmes ! Bien naïfs ceux qui croient réellement que l’islam est meilleur, bien crédules sont ceux qui pensent qu’en détruisant l’Occident, tout deviendra meilleur. Bien hypocrites ceux qui se réfugient derrière les valeurs de l’islam, ou plutôt, ses interdits, pour se prétendre vertueux. L’habit ne fait pas le moine, vous pouvez vous parer de toutes les lois, tous les versets, tous les psaumes que vous voulez, vous en restez néanmoins humain, avec vos nombreux travers. Ce n’est pas en vous parant de la religion que vous en devenez spirituels. On peut être spirituel sans être religieux ; la quasi totalité des religieux ne comprennent pas cela.

Un musulman vous dira que puisqu’il est musulman, il ne peut pas mentir. Sauf que de nombreux musulmans se servent de la règle de la taqiya pour mentir plus que de raison, alors qu’une personne sincère ne mentira pas, ou le moins possible. Dans cette affaire, qui est le plus spirituel ? La personne qui tâche d’être sincère régulièrement ou le musulman qui se cache derrière la taqiya pour mentir quand ça l’arrange ?

L’Occident a le mérite de se faire moins hypocrite que les autres. Certes, cela crée d’autres problèmes, notamment en ce qui concerne les limites qui sont toujours repoussées plus loin, le meilleur exemple restant à l’heure actuelle le mariage homosexuel. Bien, pas bien ? L’adoption par des homosexuels ? La naissance assistée ? Et la suite ? Seule l’Histoire nous dira où cela s’arrêtera, mais ce sera à l’Humanité toute entière de juger, en son âme et conscience, mais aussi de par les faits, voir si cela a amélioré la société ou au contraire l’a détériorée.

Alors, oui, l’Occident n’est pas parfait, oui, l’Occident crée des problèmes, l’Occident peut être totalitaire, il peut ne pas savoir ce qu’il veut, il peut se tromper mais, comparativement aux autres systèmes, mais aussi et surtout par rapport aux religions et à l’islam, décidément, l’Occident, ce n’est pas si mal, sans oublier que, de par sa quête de liberté sans fin, il est la plus à même de pouvoir évoluer dans le bon sens, se refusant de rester figé.

Olivier Pfister

Je développe ce concept -et bien d’autres- sur mon ebook « Déresponsabilisation sociale » : http://www.amazon.com/dp/B00KZZPTG0

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