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Londres : l’indifférence de la voilée de service devant une victime de ses copains

Beaucoup de choses sont dites par cette photographie. Une femme voilée passe devant un corps allongé sur le bitume sans même lui accorder l’aumône d’un regard. La main sur la tempe, elle ajuste son bout de tissu, on ne sait jamais, un cheveu peut s’en échapper et c’est un petit détail comme celui-là qui vous gâche une journée. Peut-être téléphone-t-elle pour dire qu’elle va bien, quand l’allongée s’apprête aussi bien à claquer à moins d’un mètre d’elle.

Elle est musulmane. L’autre ? Rien, ou pas grand chose. Sans doute la foudroyée ne porte-t-elle pas, vissée sur le crâne comme la coquille sur le blanc de l’oeuf, l’étoffe signant l’appartenance donc la solidarité obligatoire, pilier du Dogme. Tant pis pour elle, d’autres s’en occuperont.

Crève donc, Infidèle. Que vaut la vie d’une mécréante qui agonise ? Le prix d’une burqa, et encore, d’occasion ? Vite, Houria, ou Fatima, ou Moufida, à la mosquée, c’est l’heure de la sourate qui raconte le sanglant triomphe du Prophète !

Je ne sais pas ce que cela fait à celui qui découvre une indifférence telle qu’elle s’apparente à du mépris, voire  du dégoût. Personnellement, je songe à la photo d’un gamin mort sur une plage de Turquie, qui fit le tour du monde et participa, sans doute, à en changer, pour notre grand malheur, la face.

Oui, vraiment, beaucoup de choses sont dites par cet instantané. Nombreux sont ceux qui vous diront qu’il convient de ne pas faire d’amalgame. Innombrables sont ceux qui resteront chez eux, méprisants et cyniques derrière de faux airs de compassion. La communauté ! Et ses petits télégraphistes bien de chez nous, qui lui servent la semoule et lui massent l’entre-jambes pendant que des bagnoles foncent sur les gens pour les tuer, au nom de l’Intangible.

Nous en sommes exactement là. Cibles désignées, nous subissons le châtiment tandis que l’étrangeté en promenade évite de se salir les souliers dans la flaque rouge qui s’étale à ses pieds.

Jean Sobieski