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Lorsque les policiers de la route se transforment en agents du fisc, il y a un souci

Lettre ouverte aux policiers et gendarmes garants de la démocratie

Messieurs,
J’ai eu autrefois dans ma famille gendarme et policier, ces gens étaient craints et respectés de la population car ils détenaient le pouvoir de remise en ordre local. Ils étaient aussi aimés de ceux qui voulaient une vie normale sachant qu’il existe des lois que chacun dans la société doit observer si nous voulons vivre ensemble.

Les citoyens dans leur majorité ont tous un jour ou l’autre dépassé la ligne ne serait-ce que de la limite de vitesse logique imposée (je ne parle pas là des 80 km/h du Premier ministre oligarque). J’ai moi-même provoqué des infractions à la légalité routière.

Exemple :
Il y a longtemps, sortant d’Agen après une longue semaine de travail pour rejoindre ma famille dans le midi, je passais à 90 km/h dans une limitation à 60 km/h. Arrêté par un CRS de 100 kg et de 2 m de haut, furieux qu’il arrête ma descente vers mon week-end bien gagné, je lui envoyais un chapelet d’injures toutes plus percutantes les unes que les autres. Au bout de cinq minutes, cet homme calme me dit :
« Vous avez terminé ? Vous venez de m’injurier alors que vous êtes en tort, vous risquez tout simplement que j’immobilise votre véhicule et vous passerez la nuit au commissariat… Mais voyez-vous, je comprends qu’un homme qui a travaillé durement toute la semaine puisse dépasser la mesure, dans l’euphorie de retrouver sa famille. »

Cette phrase inattendue fit l’effet d’une vague bienfaitrice sur mon ego outragé. Je me suis confondu en excuses pour mes paroles, comprenant que le policier ne faisait que son travail et dans ce cas le faisait bien.
Il me laissa partir en m’ayant auparavant demandé de me calmer pour la suite de la route.
Cet exemple fut pour moi comme une thérapie définitive.

Les policiers et les gendarmes sont là pour assurer un bon fonctionnement de la société et doivent être aidés par les citoyens respectueux des lois. Cette base ne peut être autrement car aucune société au monde ne fonctionne sans une régulation.
Mais lorsque les forces de l’ordre se transforment en agents du fisc en exagérant leur autorité sans tenir compte d’une certaine compréhension, cela revient à dire qu’ils ne sont plus dans leur fonction de garants de l’autorité mais délégués d’une oligarchie, qui elle ne tient aucun compte de la situation des citoyens. A partir de là, la fonction de policier dépasse ses attributions et devient un élément au service d’un pouvoir dévoyé contre le citoyen.

Au regard des agressions qu’ils subissent par ceux qui refusent d’obéir aux lois de la République et que nous connaissons tous, les forces de l’ordre qui sont souvent victimes, sont aimées et soutenues par l’ensemble de la population, il faut donc que ces attributions régaliennes subsistent et aident les citoyens tout en faisant leur travail de répression sur la délinquance routière ou autre. La distinction de ces délinquants est relativement facile à faire pour le policier ou le gendarme dans la mesure où il sait immédiatement à qui il s’adresse : délinquant systématique, consommateur de drogues ou d’alcools ou citoyen qui franchit un peu la ligne, il y a une nuance.

Lorsqu’un agent de la force publique dresse une contravention pour le manque de ceinture de sécurité, un rappel à l’ordre est sans doute plus efficace qu’un PV à 90 € qui va plomber le budget d’un travailleur et lui donner définitivement la haine du flic. C’est aussi moins rentable pour ceux dont la fonction est d’encaisser.

C’est sans doute à cela que la réflexion du policier ou du gendarme est citoyenne et intelligente.
La multiplication des radars ne fait absolument pas baisser la mortalité sur les routes, c‘est prouvé par les associations spécialisées, mais sont au contraire des tirelires et des impôts supplémentaires assénés par nos autorités.

Aux forces de l’ordre de savoir quel est leur but premier dans notre démocratie dont ils sont en principe les garants et que nous voulons tous conserver, et non des nervis au service de gens qui font disparaître la démocratie.

Pierre Esclafit