L’urgence démocratique, de Philippe Arnon : la fin de la bestialocratie ?

Publié le 18 mai 2019 - par - 13 commentaires - 501 vues
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Plus qu’un « animal politique », pour reprendre la formule d’Aristote, l’homme est dans sa très grande majorité une « bête brute » pour reprendre cette fois la formule de Pascal. Il en résulte que l’Histoire, en toute logique, est toute imprégnée de ce que l’auteur appelle la bestialocratie. La bestialocratie est le triomphe et donc la domination violente des mâles dominants sur le troupeau des hommes.

Prenant de multiples apparences que Philippe ARNON analyse pour bien étayer ce qu’il avance, elle est donc la forme essentielle de l’Histoire.

Mais l’homme a une âme, un esprit et une conscience aigus. Il est animé, avec tous ceux qui, comme lui, souffrent de cet enchaînement et depuis la nuit des temps, par une volonté irrépressible de substitution à la bestialocratie, c’est à dire et inconsciemment, par le désir qu’arrive enfin en ce monde la démocratie ,qui est donc une lutte sur les mâles dominants et une construction permanente pour la justice et donc, pour le respect de tous.

Mais malgré les quelques réalisations qui confirment un certain progrès, la perversion historique de l’économie – qu’Aristote avait parfaitement saisie quand il avait fait la distinction entre chrématistique naturelle et chrématistique commerciale – signe en fait le triomphe de la bestialocratie. Le capitalisme, qui est le règne des mâles dominants et que Philippe ARNON analyse exhaustivement, est l’expression la plus réussie de cette perversion en ce sens qu’il est la domination totale de la bête sur l’économie par la recherche pathologique – et donc, bestiale !!!- du profit. Les dégâts qu’il cause, non seulement à l’homme mais également à notre planète, ont pris une ampleur renversante.

Nous en sommes là aujourd’hui ! Pour sortir de ce cercle vicieux, il n’y a qu’ une solution – non pas détruire la bête ; c’est impossible puisqu’elle est en nous -, mais mettre en place des structures institutionnelles capables ,dans un premier temps de la maîtriser, en soustrayant l’économie de la domination de la bête. On y parviendra par étouffement du capitalisme, c’est à dire par une transformation générale des entreprises en coopératives, l’entreprise aujourd’hui, en effet, étant un héritage de la lointaine féodalité, une époque où le mâle dominant régnait en maître sans que la moindre contestation ne lui soit opposée. Cette mutation nécessaire, Philippe Arnon l’appelle tout simplement la coopérativation. Il s’agit là en fait de l’élimination de la verticalité dans l’économie. Or, parce que le pouvoir politique est tombé dans les mains des capitalistes et qu’il ne passe son temps qu’à soigner, en faux médecin qu’il est, les maux de leur système, l’élimination de la verticalité dans un second temps devra se poursuivre dans son propre domaine. La logique saute aux yeux : le décès du malade conduit inévitablement à l’inutilité de ceux qui tentaient jusque-là de le guérir. C’est à une horizontalité totale qu’aspirent aujourd’hui les peuples. Le mouvement des Gilets jaunes montre qu’il ne s’agit pas là d’une ténébreuse utopie. Ce n’est pas le fait du hasard qu’il refuse toute représentation institutionnelle auprès du pouvoir. Tout en ce monde est mortel – les Gilets jaunes en voulant se préserver de toute récupération sont la preuve qu’une époque est en train de disparaître-  et l’on ne voit pas pourquoi les systèmes politiques échapperaient à cette règle impitoyable. Il est aisé de constater ainsi que le système représentatif est à l’agonie. Philippe Arnon considère qu’il est temps de l’achever et de laisser place à l’expression directe puis institutionnelle de la volonté populaire qui trouvera tout naturellement sa voie dans l’organisation ou plutôt, les organisations qu’elle voudra mettre en place.

Mais il n’y a pas que la France qui souffre de cette inadéquation entre les pouvoirs politiques représentant un temps révolu et les peuples du monde qui depuis longtemps les ont dépassés dans leur appréhension de l’Histoire qui elle, développe sous leurs yeux, sa logique. Il est donc urgent dès aujourd’hui, de proposer aux peuples du monde une pédagogie et une organisation internationale pour les aider dans ce qu’il faut tout logiquement appeler, la débestialisation. Pour Philippe Arnon, la débestialisation est désormais incontournable. C’est elle ou une violence planétaire inouïe. Fermer les yeux en effet a toujours conduit à des drames.

Philippe Arnon est conscient de l’immensité de l’œuvre à entreprendre. Il faut lire ce livre absolument !

Bernard Bayle

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Notifiez de
Paul Massis

Pas de discution.Exécution .

voir

Je reprends mon commentaire puisqu’il n’apparaît pas: cet article est un scandale au sens biblique du terme. Il recommence à vouloir régenter l’anthropologie, refaire l’homme, le priver de ce qui lui a permis de traverser les millions d’années qui nous séparent de l’origine, et de le rabaisser au rang de gibier, d’individu hors de la « bête » quand c’est elle qui l’autorise aujourd’hui à être en vie. Il y a des « barbares » qui ne savent plus tuer et des hommes de bien qui peuvent le faire pour la survie des leurs. Quant à « l’expertise » économique et sociale de cet auteur et de l’auteur de l’article, je les renvoie à la fin des utopies criminelles de l’URSS et de l’est de l’europe, et à celles qui perdurent dans la misère et la répression à Cuba, au Vénézuela et autres paradis Nord Coréen

Paul Massis

Etouffons le capitalisme, c’est à dire établissons le communisme. Pourtant ça n’a pas très bien marché jusqu’à présent. La chine communiste se sert elle même du capitalisme pour survivre.Les autres pays communiste ont soit disparu soit dans un état lamentable.Voyez le Venezuella.

Patapon

Le libéralisme,l’economie de marche n’ont rien de condamnable.Ce qu’il faut réguler par tous moyens,c’est l’hyperpredation qu’un capitalisme sauvage étend a tous les domaines,si on ne lui met pas un frein.C’est le rôle des États quand ils veulent bien s’en donner les moyens,et qu’ils sont assez forts pour faire respecter les règles,en ne perdant jamais de vue l’interet général.

voir

Mais on n’en finira jamais avec ces Prométhée de pacotille qui reviennent indéfiniment nous « sauver » du capitalisme et des « mâles dominants ». Il ne leur a pas suffi du communisme, des billevesées de « l’autogestion » des Zimbabwe ou autres Cuba et Vénézuela, il leur faut SE déclarer experts en démocratie et en économie?

Et sur RL qui plus est?

Larapède

Il y aura guerres et famines, non pas à cause du réchauffement climatique, mais de la surpopulation planétaire.

François BLANC

la dévirilisation fait partie de la panoplie de l’ internationalisme de marx pour supprimer les nations, quant à la hiérarchie, c’est dans la nature de tout être vivant, de s’en doter d’une, pour ma part je situe plutôt la bestialocratie dans l’égalitarisme contre nature du marxisme et la méritocratie dans le capitalisme, allez donc en parler dans les pays de l’Est

Paul Massis

C’est qui ce connard de Bernard Bayle?

Lisianthus

Un néo-marxiste consternant…

Jonathan

il y urgence démocratique ? Pour que des veaux puissent voter et élire un Macron ?
Vous n’avez pas encore compris que la démocratie, ce n’est pas l’harmonie qui mène au consensus, mais la cacophonie qui précède le chaos ?

Il faut L’AUTORITE, mais une autorité intelligente, c’est-à-dire seulement préoccupée par l’intérêt supérieur du Pays et de la Nation.

Prenez exemple sur Poutine au lieu d’aller exhumer le cadavre poussiéreux d’Aristote.

Jonathan

La démocrassie, c’est comme les valeurs de la raiepublique. On entend parler que de ça depuis trop longtemps. Les oreilles m’en sifflent.

Bibendum

Je m’inscris totalement en faux par rapport à ce discours d’essence seulement philosophique et qui n’est pas nouveau.
Ce que vous oubliez de dire, c’est que votre belle démocratie a des limites et pas qu’un peu ! Il n’y aurait eu ni immigration-invasion, ni islamisation, ni les attentats qu’on a eus à partir de 2015 si la France n’avait pas été une démocratie. La démocratie engendre la décadence de la société jusqu’à la faire crever. Exemple de la France d’aujourd’hui.
A toutes les utopies – telles que la démocratie – il faut opposer l’ordre naturel, qui implique une structure et une autorité, et la seule autorité qu’il faut, c’est celle qui sert le bien de la nation et de la patrie.

patphil

la civilisation c’est justement lutter contre la bestialité en chacun de nous
l’islam, le gauchisme etc. ne le permettent plus